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16/07/2012

De nombreuses transfusions sanguines sont inutiles

Un article du Figaro du 11 mai dernier s'intéressait à une étude américaine sur l'utilité des transfusions de sang. Le constat c'est qu'aux États-Unis de nombreuses transfusions sont bel et bien délivrées inutilement, 'ce qui expose le patient à un risque inutile'. Quelles sont les raisons avancées par cette étude ? 

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  Sous l'intertitre "Un acte médical non dénué de risque" on peut lire ceci:

«Selon le chercheur [le professeur Steven Franck, anesthésiste à l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore], l'usage excessif de la transfusion est pourtant problématique. Non seulement le sang est une denrée rare et coûteuse, mais les patients ne se portent pas mieux et même parfois plus mal, lorsque la transfusion est faite prématurément ou inutilement».

«L'introduction de sang étranger dans le corps initie une série de réactions immunitaires chez le patient qui développe des anticorps contre les globules rouges importés. Ce mécanisme de défense rend l'obtention d'une compatibilité plus difficile lors d'éventuelles transfusions ultérieures. La transfusion a également un effet suppressif sur le système immunitaire, qui augmente le risque de contracter des maladies opportunistes. Sans compter le risque, rarissime mais pas inexistant, de transmission d'une infection virale ou bactérienne ou encore d'être victime d'une erreur de groupe sanguin».

«Les recommandations américaines indiquent qu'une transfusion est nécessaire lorsque le taux d'hémoglobine chute au dessous de 6 ou 7 g/dL» alors qu'en France le seuil est plus haut soit entre 7 à 9 g/dL, ce qui signifie qu'en France on transfuse plus facilement vu que le seuil critique est porté plus haut !  

“Mais comme aux États-Unis, les recommandations n'empêchent pas une variabilité dans les pratiques”, constate le Docteur Lionel Velly, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital de la Timone à Marseille.

Un autre article du 30 janvier 2011 donne quelques précisions intéressantes en matière de risques post-transfusionnels:

«Il persiste néanmoins un risque variable de transmission virale par transfusion. En France, le risque résiduel est devenu très faible pour les virus pathogènes majeurs qui sont testés (hépatite B, VIH, hépatite C), inférieur à 1 pour 2 à 8 millions de dons. Mais il persiste un risque pour des virus connus, mais non testés systématiquement et des virus nouveaux émergents. Ce risque est accru chez les malades immunodéficitaires et après une chimiothérapie, une greffe de moelle ou une transplantation. Les modifications épidémiologiques des populations de donneurs et de receveurs consécutives aux modifications mondiales liées aux migrations des populations par la guerre, la famine ou les voyages et aux changements du climat font craindre l'apparition de virus nouveaux, émergents ou réémergent pour lesquels il n'existe pas de test de dépistage facilement utilisable à grande échelle en transfusion.

Les modifications du climat, les migrations des oiseaux et les voyages ont pour conséquences l'extension des zones d'habitat des moustiques vecteurs des arbovirus et la survenue de nouvelles épidémies. Celles dues au virus West Nile aux États-Unis ont ainsi causé des morts par transmission après transfusion. Celles dues au virus chikungunya sur l'île de la Réunion ont entraîné l'arrêt des collectes de sang et la mise en place de l'inactivation des pathogènes dans les plaquettes. Ces causes ont également favorisé l'apparition récente de foyers épidémiques autochtones du virus chikungunya et du virus de la dengue dans les Balkans, l'Italie du Nord et la région Paca autour de Marseille».-Je souligne

Ces données trouvées récemment dans le Figaro sont intéressantes puisque Le Figaro du 26 septembre 2002 signalait que des "centaines de personnes meurent chaque année au cours d'accidents de transfusion qui pouraient être évitées".

Cela rend le développement des alternatives à la transfusion d'autant plus nécessaire et souhaitable.

21:50 Publié dans Sang | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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