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08/08/2011

Le scandale caché des transfusés contaminés

Des rumeurs en vrac sur le web de 'patients morts pour avoir refusé une transfusion de sang' ont circulé comme un leitmotiv alors que les médias français omettent de citer les nombreux morts suite aux complications des transfusions sanguines. Y aurait-il en France une véritable omerta à ce sujet? Y aurait-il vraiment plus de morts suite à un refus du sang que de décès post-transfusionnels ? Quels sont les faits ?

Le retournement de situation avec une nouvelle prise de conscience

Il faut aller jusqu'en Suisse pour trouver ce genre d'information! Ainsi l'Association des Médecins du canton de Genève signalait ce cas malheureux:

  "UN ENFANT MEURT AUX HUG À LA SUITE D'UNE TRANSFUSION":

Téo.jpgTéo, un "garçon de 3 ans et demi est décédé le 21 février 2009 après avoir reçu des plaquettes sanguines trois jours avant (...). Il semble bien que c’est l’hypothèse d’une réaction immunologique aux plaquettes qui soit la plus probable (c’est du reste le problème le plus fréquent) (…). ‘Ces plaquettes, qui étaient censées sauver ce petit malade, ont infecté l’entier de son organisme', poursuit Me Hornung. 'Il a fait un malaise, puis un premier arrêt cardiaque, dans les bras de sa maman' (Les globules rouges ont une durée de vie de 35 jours et les plaquettes de 5 jours seulement).

"Je veux réveiller la justice, qu’elle me donne une explication!» crie la mère de Téo, (...) qui n’en peut plus: voilà bientôt deux ans qu’elle attend de connaître les résultats de l’enquête de la justice suite au décès de son fils; un enfant atteint d’une leucémie auquel elle venait de faire un don de moelle osseuse pour le sauver. Tant qu’elle n’aura pas reçu de réponse, il lui sera impossible de faire son deuil, affirme-t-elle, désespérée." Pour la mère, ce silence est incompréhensible. «Cela va faire deux ans, c’est dur".

Le 18 février, un adulte avait fait une réaction suite à une transfusion de plaquettes sanguines dans le même canton. L'enquête semble traîner en longueur alors que visiblement il y a un dysfonctionnement: pourquoi ? Mystère...

Certains diront qu'au moins les parents auront tout fait, mais la question n'est pas là; en réalité, si ce garçon atteint d'un cancer du sang et "dont l'état de santé s'améliorait" est mort, c'est par réaction post-transfusionnelle. Donc, on peut mourir suite à une transfusion de sang !

Ce cas dramatique serait-il une première ou un cas isolé ? Si l'on s'en tient aux faits: absolument pas !

 Le Digital Journal rapporte «une étude récente menée dans le Centre du Cœur maritime à Halifax, en Nouvelle-Écosse qui montre que les transfusions de sang pour les patients stables en chirurgie cardiaque accroit leur risque de décès, d'insuffisance rénale de septicémie ou d'une infection. (...) Après avoir fait les ajustements pour l'âge, le sexe et autres facteurs, l'étude a conclu que les transfusions sanguines augmentent de façon spectaculaire la morbidité et la mortalité par rapport à ceux qui ont reçu une chirurgie sans transfusion (...). Selon le site AllSands, les gens sont devenus si conscients du fait "que notre approvisionnement en sang ne peut jamais être totalement sûr et que, dans un récent sondage, 89 % des Canadiens préfèrent avoir une alternative aux dons de sang. (...). Il y a une vague croissante de dédain pour les transfusions sanguines et les dangers qui y sont associés."

Une avalanche de découvertes de risques post-transfusionnels

sang contaminé.jpgSi chaque année, en France 500 000 patients bénéficient de 2,5 millions de transfusions sanguines, le sang ne se conserve que 40 jours au maximum, et doit être compatible entre le receveur et le donneur [Sources]. De plus avec la pénurie des dons, la prise en charge globale est onéreuse. D'où l'idée de se passer des dons [1]

Tout d'abord, pour de nombreux scientifiques, l'Hépatite C sera un des grands problèmes de santé publique dans les prochaines années. En France, selon des estimations de 2002 il y aurait au moins 600 000 personnes atteintes d'Hépatite "C" !

Sur ce chiffre 250 000 des malades porteurs du virus "C" auraient été infectés par transfusion ! Et sur ce nombre 200 000 personnes, sont potentiellement contaminantes et susceptibles de développer une Hépatite chronique. Ces porteurs chroniques du virus peuvent évoluer vers une cirrhose et celle-ci vers un cancer du foie dans 20% des cas. Si 40 % des cas sont difficiles à traiter cela veut dire que 80 000 porteurs chroniques vont développer une cirrhose et finalement 16 000 personnes contaminées vont avoir un cancer du foie mortel, en latence ! L'Association des victimes ajoute:  "la contamination transfusionnelle par le virus "C" fera, à terme, beaucoup plus de mort que la contamination par le virus du SIDA". Comment cela? L'Hépatite C progresse lentement dans le corps. Il arrive que les symptômes ressurgissent 20 à 30 ans après la transmission ! Les complications de l'Hépatite "C", la cirrhose et le cancer du foie, sont moins rapides et moins spectaculaires que les complications liées au Sida, ce qui explique en partie le désintéressement des médias pour ces milliers de victimes. Voyez ici le témoignage de Daniel qui a contracté une maladie lourde suite à une TSF dans cette vidéo.

Un des risques les plus importants, le moins maîtrisé, et pouvant aboutir à des accidents mortels est essentiellement l'infection bactérienne, la contamination lors du prélèvement pouvant aboutir chez le receveur à des septicémies ou des chocs toxi-infectieux, surtout pour les concentrés de plaquettes qui se conservent à température ambiante (22°C) favorisant le développement des bactéries. En outre, il ne faut pas perdre de vue que les examens bactériologiques demandent beaucoup de temps, chose parfois difficilement compatible avec des produits à durée de vie très limitée, comme les plaquettes (5 jours) et que certaines souches de virus comme le HIV chez les donneurs ne sont visibles dans les tests sanguins que bien après les prélèvements effectués [2] !

La Société Canadienne de Pédiatrie signale aussi que « La transfusion de produits sanguins peut provoquer diverses réactions transfusionnelles telles qu’une surcharge circulatoire, une anaphylaxie, une contamination bactérienne et un syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel (TRALI), une complication rare mais potentiellement fatale. Le TRALI était la principale cause de décès post-transfusionnels déclarés à la Food and Drug Administration des États-Unis en 2003, représentant 22,3 % de ces décès. Puisque le TRALI représente la principale cause de décès post-transfusionnels, il est important de mieux caractériser son incidence et son issue (morbidité et mortalité) au sein de la population pédiatrique. »

20 nouveaux cas de TRALI seraient prévus chaque année chez des enfants canadiens transfusés !!! Il est difficile de comptabiliser les morts suite à la TSF parce qu’une personne qui décède à la suite de cela sera souvent inscrite sur le rapport avec la mention : « mort par arrêt cardiaque » ou par autre chose, surtout en France où la TSF est sacrée ! Signalons aussi que certains des membres du personnel soignant ne reconnaissent pas toujours les symptômes du TRALI ! Entre 2001 et 2005, 11 décès ont quand même été signalés en France.

Selon deux études du Centre médical de l'Université de Duke, révélée à l'AFP le 8 octobre 2007, les transfusions sanguines causeraient plus de mal que de bien, car le sang, quand il est stocké, perd de l'oxyde nitrique, un composant clé, dans les 3 heures qui suivent son prélèvement. Or ce dernier facilite le transfert d'oxygène des cellules des globules rouges du sang aux tissus. Les cellules des globules rouges deviennent plus dures alors que le taux d'oxyde nitrique diminue, rendant le passage dans les petits vaisseaux encore plus difficile."Si les vaisseaux sanguins ne peuvent pas s'ouvrir, les cellules des globules rouges refluent dans les vaisseaux et les tissus ne sont pas oxygénés." Des patients transfusés auraient une plus grande propension à faire des attaques ou défaillances cardiaques, ce qui peut entraîner la mort.

 

En France, un accident post-transfusionnel ABO (d’origine humaine), une cinquantaine de cas par an, se traduirait par un taux de décès de 10 à 20 % : soit au moins 5 décès par an. Hors ce cas, la transfusion est considérée comme "sûre à 98 %" en France ce qui équivaut à 2% de risques de complications lourdes et onéreuses, voire même à la mort dans certains cas ; soit plus de 8000 français chaque année concernés par les ABO ! Pourtant, régulièrement des patients portent plainte contre leur hôpital suite à ces contaminations [3]

Ajoutons à cela la menace latente du prion; au Royaume-Uni, 3 cas de transmission de la maladie de Creutzfeldt-Jacob par le biais de transfusions sanguines ont été recensé en 2006.

Enfin, une autre étude américaine a révélé que les transfusions allogènes sont liées à un nombre accru d'infections des systèmes génito-urinaire, respiratoire, circulatoire, digestif, ainsi qu'à des infections de la peau. Davantage de septicémies et d'infections par Clostridium difficile ont également été observées.

Selon l'anesthésiologiste cardiaque Bruce Spiess "Probablement 40 à 60 % des transfusions sanguines ne sont pas bonnes pour les patients" (De la Virginia Commonwealth University de Richmond) [Lien ici.]

 

Tableau de quelques risques liés à la transfusion sanguine allogène en France:

RISQUES POST-TRANSFUSIONNELS

COMPLICATIONS

MORTALITE

Hépatite B

Maladies du foie: traitements très onéreux

Des maladies 'différées' car les virus peuvent évoluer vers une infection du foie !

Hépatite C

 

Cirrhose et cancer du foie

250 000 personnes contaminées par transfusion en France dont 80 000 developperont à la suite de cela une cirrhose puis 16 000 un cancer du foie et la mort !

Hépatite G

On ignore l’ampleur du risque que cela représente

Mortalité inconnue à ce jour

Virus TTV (découvert en 1997) , HTLV I

TTV: affection du foie et HTLV I responsable de la leucémie des Lymphocytes T

TTV: 10 % des donneurs japonais infectés; pathogénicité à découvrir

Réactions d'immunosuppression

Affaiblissements des défenses naturelles; avec souvent des traitements lourds à la sortie des soins. Réaction hémolytique transfusionnelle retardée en réactivant les virus déjà présent chez le receveur et "cliniquement silencieux"

Cas souvent  fatal chez l'enfant. Quelques décès constatés  dont l'origine est douteuse

TRALI

Voies respiratoires

Une dizaine de décès estimé mais maladie pas toujours bien associée à la TSF

Infections, septicémie

Germes du Palludisme ou de la syphilis qui, par exemple, allongent la durée d'hospitalisation

Septicémies pouvant entraîner la mort

Accident ABO, d'origine humaine

Fièvre, frissons et mises sous antibiotiques (prolongement des soins)

Au moins 8000 français/an concernés par ces incidents. Au moins 5 décés par an

Infections virales pandémiques

Maladie de Chagas ou infection à cytomégalovirus

Augmente le risque de récurrence du cancer

Anaphylaxie

Allergies à un constituant étranger mais connu par l'organisme comme allergène

Le choc en état fébrile peut provoquer la mort

HIV

Symptôme grippal qui évolue vers l'attaque immunodéficiente

Nombre de morts difficile à évaluer en raison de l'invisibilité du virus dans certains échantillons

Prion

Maladie de Creutzfeldt-Jacob

3 morts au Royaume Uni

Thrombose

Le sang n'arrive plus au cerveau

Mort assurée selon l'état du malade

Infections des systèmes génito-urinaires

Contamination par un MST

Traitement long

Surcharge circulatoire

Hypertension

Traitement long

Infections digestives

 Infection gastrique due à Yersinia enterocolitica présent dans les poches de sang, même à une température proche de la congélation

Intoxication en état de choc et parfois mort

Infections de la peau

Muqueuses affectées fragilisées

Conséquences nuisibles, cancer de la peau.

 

Qu'en conclure ? Les défenseurs du 'sang' - qui y trouvent leurs intérêts - avouent qu'il est 'sûr à 98 % '(cela fait tout de même 2% de risques) ! Or, si l'on s'en tient aux faits, rien que 80 000 personnes seraient contaminées chroniquement dont 16 000 pourraient mourir de l'hépatite C; 8000 autres par ABO sont concernées, sans compter les nombreux autres cas difficiles à évaluer. Cela fait au moins 88 000 sur 500 000  personnes contaminées soit un risque minimum de 18 % !!! C'est donc que la transfusion de sang allogène est sûre à 82 % et présente un risque potentiel voire mortel dans au moins 18 % des cas ! Qui pourrait alors critiquer un patient qui désire une autre thérapie ? Il est un fait qu'en refusant la TSF allogène, les Témoins de Jéhovah se sont protégés du Sida et de l'hépatite B (dont le traitement curatif est onéreux) ou C et de nombreuses autres infections. Sans être Témoin de Jéhovah, de nombreuses personnes refusent également les transfusions. Sont-elles sectaires ? Difficile de le penser. Au vu de tous les risques connus de la TSF allogène, gageons que si aujourd'hui elle se présentait comme une nouvelle thérapie, elle n’obtiendrait certainement pas son autorisation de mise sur le marché. Il est grand temps de changer les mentalités !

 

[1] Il faut aussi savoir qu’avant de donner son sang, il y a une sélection par des médecins qui écartent évidemment les donneurs « non-sains » qui représenteraient 10 à 25 % des cas !!! Une analyse des coûts générés par une transfusion aux Etats-Unis et publiée au American Journal of Surgerya conclu que même si le don de sang lui-même est ‘gratuit’, les frais de  préparation, la conservation, le transport, et le déballage et le sang transfusé sont estimés entre 1003 et 1043 $ (environ 900 euros) par patient ( et ce chiffre ne comprend pas les frais occasionnés par les complications qui en résultent).

[2] Le Dr Philip Spinella, du Connecticut Children Medical Center (Etats-Unis), a déclaré au Timesonline : « Il serait plus profitable pour certains patients de ne pas recevoir de transfusion du tout, plutôt que de se voir administrer de vieux globules rouges. » Les globules rouges perdent leur capacité à se déformer s’ils sont trop longtemps stockés. Or, sans cette particularité, ils ne peuvent pas mener efficacement à bien leur mission de délivrer de l’oxygène aux tissus. De plus, trop âgés, ils ont tendance à diffuser des acides gras dans le corps, ce qui provoque inflammations et coagulation. Sur 202 patients étudiés, cela a provoqué des cas de thrombose et de déficience organique. Il semble donc qu’en plus d’être inefficaces, ces globules défraîchis soient dangereux.

[3] Exemples de jugements récents: "

- Cour d'Appel de Bordeaux -

Arrêt du 17 décembre 2008- Madame F..., âgée de 48 ans, a été contaminée en avril 1981, par une transfusion sanguine, lors d'une intervention chirurgicale, suite à un accident de la circulation. Elle présente une hépatite C chronique. Le tribunal a accordé une indemnisation : pour Mme F... de 86 560 € dont 60 00(0) € [sic] de préjudice moral spécifique de contamination et pour son mari et chacun des 3 enfants de 6 000 € de préjudice moral.

Arrêt du 4 février 2009: Monsieur M..., âgé de 35 ans, a été contaminé par des transfusions sanguines réalisées en 1983 et 1985 pour des interventions chirurgicales en raison de son hémophilie. Monsieur M... présente une hépatite C chronique après échec de 2 traitements. Le tribunal a accordé une indemnisation : pour Mr M... de 68 650 € dont 50 000 € de préjudice moral spécifique de contamination et pour son épouse et son enfant de 6 ans de 3 000 € de préjudice moral/

Arrêt du 19 mars 2009: Madame M..., âgée de 45 ans, a été contaminée par des transfusions sanguines réalisées en septembre 1986, suite à un accident de la circulation. Madame M... présente une hépatite C chronique avec asthénie. Le tribunal a accordé une indemnisation : Pour Mme M... de 53 041,25 € dont 30 000 € de préjudice moral spécifique de contamination et pour son mari de 5 000 € et pour son fils de 16 ans de 3 000 € de préjudice moral.

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