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10/03/2013

Le grand sacrilège de Benoît XVI

Qu'aura apporté pour les générations futures le 265ème pape de l’Église catholique ? Pour nombre de catholiques bien des choses. Pour les plus réalistes, outre ses propres turpitudes et contradictions, il commit une invraisemblable profanation qui sera bientôt corrigée. Après 3 ans de pontificat seulement, il s'en prit au nom propre de Dieu pour tenter de le rayer des usages au sein de la chrétienté. Certains y verront un mal pour un bien considérant que ce grand nom prestigieux et sacré ne doit pas être prononcé par n'importe qui*. Reste qu'à ce sacrilège s'ajoute bien des remous qui auront marqué son pontificat. Voyez les faits.

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Entre ombres et lumières

La nouvelle qui est passée presque totalement inaperçue au début de l’été 2008. Suite au Synode des évêques catholiques tenu durant le courant de l’été 2008 , la Congrégation vaticane pour le Culte divin a envoyé, le 29 juin 2008, une lettre aux Conférences épiscopales du monde entier, leur demandant de ne plus prononcer le nom de Dieu " Yahvé" et que ce nom doit être effacée dans la liturgie.

arinze.jpgCette lettre, signée par le cardinal Francis Arinze préfet et de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est explicitement présentée comme une directive du pape Benoît XVI. "La Congrégation rappelle son document "Liturgiam Authenticam", de 2001, sur les traductions liturgiques, où il était stipulé que le nom du Dieu tout-puissant exprimé par le tétragramme hébreu et rendu en latin par le mot Dominus doit être rendu dans les langues vernaculaires par un mot de sens équivalent. Et elle déplore le fait que malgré une norme aussi claire, la pratique s’est répandue de « prononcer le nom propre au Dieu d’Israël », de le vocaliser dans la lecture des textes bibliques repris dans les lectionnaires ainsi que dans les hymnes et les prières, sous diverses formes comme Yahweh, Jahweh ou Yehovah." L’Église reconnaît donc implicitement que Dieu a un nom mais souhaite qu'il ne soit désormais plus utilisé; pourquoi ? [Voir l'Encyclopedie catholique qui reconnaît ce nom]

Une décision dictée par les traditions juives et ecclésiales

La pratique de prononcer le nom « Yavhé » est particulièrement courante au Etats-Unis et de nombreux chants liturgiques telles que ”You Are Near," ”I Will Bless Yahweh" et ”Rise, O Yahweh", seront bientôt bannies des messes aux Etats-Unis selon l'evêque de Paterson (New Jersey) Arthur Joseph Serratelli. Il a explicitement demandé que le nom de ”Yaweh" soit supprimé des hymnes et des diverses prières d’intercession au cours de la messe ou des autres sacrements.
Comme le souligne un article de Zenit,"les différents courants du judaïsme moderne maintiennent cette tradition que le Tétragramme ne peut être prononcé que par le Grand Prêtre dans le Temple, et même que celui-ci ne le prononçait généralement qu'à Yom Kippour”.
Le Temple de Jérusalem ayant été détruit, ce Nom n'est jamais prononcé par les Juifs lors de rituels religieux, ni lors de conversations privées. Par conséquent c’est cette tradition du judaïsme que reprend et impose l’église conciliaire.
ravasi.jpgC'est ce qu'a révélé depuis le Vatican, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, bibliste, et président de la commission du Message du synode des évêques, en présentant ce message à la presse et en répondant aux questions des journalistes.

Le document affirme : « En plus d'un motif d'ordre purement philologique, il y a aussi celui de demeurer fidèle à la tradition ecclésiale, puisque le tétragramme sacré n'a jamais été  prononcé dans le contexte chrétien, ni traduit dans aucune des langues dans lesquelles on a traduit la Bible ». Dans cette affirmation il n'y a rien de vrai. Plusieurs traductions anciennes de la Bible ont traduit le tétragramme en latin et d'autres langues (anglais, français, italien, portugais  etc...) comme la version synodale, la Bible de Jérusalem, la Bible de Crampon (1905) par exemple. De plus les premiers chrétiens connaissaient et prononçaient le nom de Dieu. C'est ce qui ressort de l'étude des copies fragmentaires connues aujourd'hui. A ce propos le professeur George Howard de l'université de Géorgie, aux États-Unis, a écrit : “ Comme la Septante utilisée et citée par l'Église du Nouveau Testament contenait le nom divin sous sa forme hébraïque, les rédacteurs du Nouveau Testament ont sans doute conservé le Tétragramme dans leurs citations."-Biblical Archaeology Review, mars 1978, page 14. Si les traditions humaines occultent ces faits à quoi sert alors la Bible que des ecclésiastiques arborent comme sacrée ?

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L'importance du nom de Dieu

Est-il important de connaître la prononciation exacte en Hébreu du Tétragramme divin ? Non car la transcription de son verbe (qui signifie "il fait devenir" ) dans d'autres langues est suffisante. Prenons l'exemple du nom de Jésus; qui est une traduction de son nom hébreu Yehôshoua; il ne viendrait à l'idée d'aucuns européens de l'appeler Yehôshoua sous prétexte que c'est ainsi qu'on le nommer en hébreu ! Il doit en être de même pour le nom de Dieu. Si nous ne savons pas exactement comment il se prononce il doit y avoir une bonne raison. Le catholicisme a utilisé la transcription « Yahweh » durant tout le XXe siècle. Aussi des écoles Juives qui recopièrent en grec le canon des Écritures n'ont pas traduits le Tétragramme mais l'ont laissés tel quel en Hébreu, ce qui montre qu'ils étaient influencés par la tradition mais aussi qu'ils en connaissaient la prononciation sinon comment pouvaient-ils lire les versets? Il semble donc que sa prononciation s'est perdue avec le temps. Au sujet de l'usage du nom personnel de Dieu chez les juifs aujourd’hui, il est intéressant de noter cette remarque de l'écrivain A. J. Kolatch : "La référence biblique à Dieu comme Ye. Ho. Va. (Jéhovah), écrite avec les lettres hébraïques Yod, Hé, Vav, Hé est généralement considérée être le nom authentique de Dieu." - "Le livre juif du pourquoi", préfacé par le Grand Rabbin Joseph Sitruk, page 347, Genève 1990, Editions MJR.
Si l'on considére la prière que Jésus Christ a donnée comme modèle, elle commence de cette façon : “ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié. ” (Matthieu 6:9). L’honore-t'on vraiment en interdisant de l'utiliser ? Non car selon Jéremie Dieu condamna ceux qui 'pensaient à faire oublier son nom' (Jérémie 23:27) !

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Au-dessus d'une porte de l'église de Fermarn, en Allemagne
 
Une Église "sur des eaux agitées"

Le 27 février dernier, lors de son discours d'adieu devant 150 000 personnes, Benoît XVI a déclaré, en faisant allusion aux scandales et controverses (pédophilie, Vatileaks notamment) : "Il y a eu aussi des moments pas faciles, dans lesquels les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l'histoire de l’Église, et le Seigneur semblait dormir. Mais j’ai toujours su que dans cette barque, il y a le Seigneur et j’ai toujours su que la barque de l’Église n’est pas la mienne, n’est pas la nôtre, mais est la sienne et qu'Il ne la laisse pas couler", a-t-il souligné. Évoquant du même coup l'hypocrisie religieuse et les divisions au sein du corps ecclésiastique. Jésus dormirait-il au milieu des loups ?
Le sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir, lève le voile sur les raisons de ce départ: le Vatican est "'un gouvernement très particulier, dans lequel de nombreux cardinaux très influents n'en réfèrent pas forcément très correctement au pape. A quoi s'ajoute la Banque du Vatican, très opaque également. Elle a été au cœur de plusieurs scandales ces dernières années, accusée de traiter en grande partie l'argent de la mafia…Benoît XVI voulait réformer profondément ces institutions mais il n'y est pas parvenu."
 

Joseph Ratzinger avait déclaré en 1977 : " L’Église est en train de devenir l’obstacle principal de la foi. On n’y voit plus que l’ambition humaine du pouvoir, le petit théâtre des hommes qui, avec leur prétention d’administrer le christianisme officiel, semblent barrer la route au véritable esprit du christianisme.»

 
Après sa renonciation, Benoît XVI, devenu "pape émérite"» conserve sa soutane blanche (mais sans mantelette, petite capeline qu'il porte sur les épaules) mais remplace ses chaussures rouges (rappelant le sang des martyrs) par des souliers mexicains marron. Le dernier pape à avoir renoncé à la papauté avant lui fut Grégoire XII, il y a 6 siècles en 1406. En attendant le "Pontife" reste au Vatican ce qui le met à l'abri d'éventuelles poursuites judiciaires (affaires de pédophilie, manipulations mentales, blanchiment d'argents etc...). La citée serait elle devenue un nouveau refuge pour criminels ?  Remarquons que le simple fait qu'il y ait aujourd'hui deux pontifes pour ce même empire nous rappelle l'époque du déclin de l'empire Babylonien qui survint subitement contre toute attente alors que régnaient deux régents; Belshatsar et Nabonide son père en 537 avant notre ère...
 
*On trouve à juste titre ce passage dans la 2ème lettre à Timothée (2:19):"Jéhovah connaît ceux qui lui appartiennent ”, et : “ Que tout homme qui nomme le nom de Jéhovah renonce à l’injustice. ”-TMN
"Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; et: Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu'il s'éloigne de l'iniquité."-Bible de Segond

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