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19/04/2013

Le déferlement de mensonges des responsables politiques et religieux

C'est aussi répandu que l'air et pourtant ces derniers temps on assiste à un cortège de révélations sur les mensonges cachés des puissants de ce monde. Nul n'en est à l'abri; depuis l'institution catholique "gardienne de la foi et de la morale", la finance, jusqu'aux responsables politiques en passant par le grand rabbin de France. Sous prétexte de sauver les institutions beaucoup préfèrent démissionner. Faut-il s'en étonné ?

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 Les détournements de Don Saluste, Louis de Funès dans la "Folie des grandeurs"

 Des dirigeants espagnols embourbés sur fond de scandales

L’exécutif espagnol, empêtré dans une récession qui ne cesse d’empirer, vit aussi une crise de légitimité tous azimuts : non seulement il est mis en cause dans une affaire de corruption éclaboussant tous les dirigeants du parti au pouvoir - dont le chef du gouvernement, Mariano Rajoy -, mais il doit venir au secours de la monarchie, une institution en perte de vitesse depuis un an, qui, ces jours-ci, vit ses heures les plus noires, car elle est soupçonnée d’être partie prenante, ou complice, de fraudes.
Les ennuis de la monarchie sont liés à l’ancienne star de handball et gendre préféré du roi, Iñaki Urdangarin - l’époux de l’infante Cristina. L’été dernier, le juge José Castro a obtenu la preuve qu’entre 2003 et 2008, celui-ci et son associé Diego Torres ont détourné au moins dix millions d’euros (fausses factures, budgets gonflés…) versés par des gouvernements régionaux à Nóos, sa fondation à but soi-disant non lucratif. Au moins, jusqu’alors, les activités délictueuses du «gendre idéal», écarté de l’agenda officiel en décembre 2011, ne contaminaient pas le reste de la famille royale. Mais de nouveaux éléments sont récemment apparus : l’infante Cristina aurait été «très impliquée» dans les négoces de la fondation Nóos, tout comme Carlos Garcia Revenga, homme de confiance du roi.
L’étau se resserre donc sur la figure du roi et sur l’institution monarchique dans son ensemble. Selon l’institut de sondages Metroscopia, quelque 86% des Espagnols sont convaincus que l’infante Cristina avait «parfaite connaissance» des activités illicites de son mari, et 86% estiment que cette affaire a «sali l’image» de la Casa Real. Le chef du gouvernement Mariano Rajoy serait aussi mouillé dans ces magouilles. Dans un tel contexte, il est de plus en plus difficile pour lui d’exiger des sacrifices à des Espagnols qui - tous les sondages le disent - ont perdu foi dans leurs institutions au point d'exiger la démission du roi d'Espagne et du gouvernement !

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 Démission d'un ministre français suite à un mensonge

Jérôme Cahuzac alors ministre délégué au Budget (depuis mai 2012) fut accusé en décembre dernier par le site d'information Mediapart d'avoir possédé des fonds non déclarés sur un compte en Suisse, puis à Singapour. Le ministre clame à plusieurs reprises son innocence, y compris devant les députés à l'Assemblée nationale. Le jour de l'ouverture d'une information judiciaire, le 19 mars 2013, il démissionne du gouvernement puis finit par reconnaître les faits le 2 avril 2013 devant les juges d'instruction. Il est alors mis en examen pour blanchiment d'argent provenant de fraude fiscale.

Contrairement aux promesses de justice sociale faites par les politiques nous n'aurions pas évolué depuis la monarchie; combien y aurait-t-il encore de 'Don Saluste' dans les milieux fiscaux ? Bien qu'il y a des élus et des ministres honnêtes, ce qui est frappant c'est que le mensonge fut tellement gros, menaçant même la stabilité du gouvernement, que la démission du ministre sous pression s'imposa comme preuve d'aveu et de volonté d'apaisement...Ce scandale a permit de mettre à jour au cours de l'année 2012 une fraude fiscale de plus de 18 milliards d'euros, 10% de plus que l'année précédente.

Suite à cette affaire un sondage révèle que 70 % des français n'ont pas confiance dans les politiques ! Reste cette démission précipitée est une pratique ne se limite pas à l'affaire Jérôme Cahuzac...

Le silence et l'opacité de l’Église catholique sur ses dérives

Le 11 février 2013, le pape Benoit XVI annonce sa renonciation pour le 28 février prétextant  une mauvaise santé. La plupart des commentateurs font remarquer que cette décision précipitée fut en réalité contrainte à cause des scandales qui risquent d'éclabousser davantage le Vatican.
Déjà en 2007 la chaîne italienne La7 filme, en caméra cachée, un prêtre semblant faire des avances à un jeune homme. L'ecclésiastique, un des responsables de la prestigieuse Congrégation pour le clergé, "ministère" vaticanais chargé des 400.000 prêtres officiant dans le monde, est suspendu.

Puis en 2010, un article de l'hebdomadaire Panorama lie la papauté à un réseau de prostitution. Un choriste du Vatican aurait fourni des hommes à un haut dirigeant italien, Angelo Balducci !
Citons aussi les affaires de pédophilie aux États-Unis et en Europe ; l'opacité totale de la banque du Vatican et ses 44 000 comptes secrets qui lui ont valu d'être épinglée sur la liste noire des paradis fiscaux ; les intrigues de couloirs dans la curie romaine; les rencontres « mondaines » de certains prélats dans des saunas, centres esthétiques du centre de Rome, et les pots-de-vin versés à des entreprises italiennes. Hélas, la liste s'est encore allongée depuis l'annonce de la démission du pape. Pas plus tard que la semaine dernière, la presse italienne révélait les chantages orchestrés par un lobby gay à l'encontre de plusieurs prélats de la curie. Et encore, l'un des cardinaux, qui devait participer au conclave pour choisir le futur pape, s'est vu rattrapé par son passé, accusé d'«actes inappropriés» de nature sexuelle.  En effet, le chef de l'Église catholique d'Écosse, Mgr Keith O'Brien, aurait eu des relations sexuelles avec plusieurs prêtres, parfois lors de soirées arrosées. Il dû démissionner avant le conclave.

Selon La Repubblica, la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge pourrait avoir été renforcée par sa vive contrariété après avoir pris connaissance des résultats de l'enquête ultra-secrète menée au sein de la Curie par une commission de trois cardinaux à la retraite concernant le Vatileaks. On ne voit là que la partie visible de l'iceberg ! Selon le journal, le cardinal espagnol Herranz aurait évoqué le 9 octobre devant lui le dossier "le plus scabreux", à savoir "un réseau transversal uni par l'orientation sexuelle" et, "pour la première fois, le mot homosexualité était prononcé" dans l'appartement pontifical. D'après La Repubblica, le rapport indiquerait que certains prélats auraient subi "l'influence extérieure" (autrement dit le chantage) de laïcs auxquels ils seraient unis par des liens de "nature mondaine". Deux jours plus tard, le pape, dans un discours improvisé au ton pessimiste, évoquait sous forme de métaphore "les mauvais poissons" qui sont pêchés dans le filet de l'Eglise, le soir même de l'ouverture de l'Année de la foi. Evidemment le porte-parole du Vatican a annoncé qu'il n'y aurait ni "démentis, ni commentaires, ni confirmations" sur les "affirmations et opinions" diffusées par la presse. Il juge, par ailleurs, faux ou fantaisistes plusieurs points de l'article. Mais comme on le sait bien il n'y a jamais de fumée sans feu !

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Les mensonges du grand rabbin de France

Le 12 avril dernier, lors d’un Conseil extraordinaire du Consistoire réunissant une trentaine de membres du corps rabbinique à Paris, le grand rabbin Gilles Bernheim, qui avait jusque là refusé de démissionner, a finalement accepté de se retirer. Depuis plusieurs jours, les révélations s’enchaînent et accablent Gilles Bernheim, 60 ans. S’empêtrant dans des explications laborieuses, il a dû reconnaître plusieurs plagiats révélés sur le net et qu’il n’était pas agrégé de philosophie contrairement à ce qu’il a «laissé dire». Encore un mensonge qui ne passe plus.

Après quelques jours de flottement, la communauté juive est en train de se diviser sur le cas Bernheim. Les pétitions commencent à circuler pour soutenir le grand rabbin ou, à l’inverse, réclamer son départ. Même parmi les soutiens de Bernheim, un doute s’est installé après les nouvelles révélations, lundi, démontrant que son texte contre le mariage homosexuel contenait plusieurs plagiats. En fait, parmi ses supporteurs, beaucoup redoutent une crise de succession.

Un cortège de révélations embarrassantes

Et la liste est encore longue...Jour après jour nous voyons défiler tel sur un cortège antique le spectacle des grands de ce monde convaincus de mensonge ou tromperie, "exposés en public comme vaincus" (selon une pratique rapportée en Colossiens 2:15). Leur trône reçoit une coupe amère qui se déverse continuellement pour dévoiler l'incompétence de leur système imparfait et cynique. Comme le dit si bien Jean Dypréau « La vérité que l'on trouve dans le vin redevient mensonge dans l'eau claire. » Et c'est bien normal puisqu'aux mains des hommes le pouvoir corrompt bien souvent les hommes et fait couler le bateau. Il ne sert à rien de jeter par-dessus bord ces individus si on ne change pas de bateau ! Nous avons donc plus que jamais besoin d'un autre type de pouvoir d'une autre nature qui transcendera les limites de l'homme. Et il n'y a pas d'autres alternatives possible.

18/04/2013

Les scandales pédophiles: le silence des Eglises fait bruit

 Depuis quelques années, les affaires de pédophilie, longtemps soumises à la loi du silence, sortent au grand jour, révélant les abus perpétrés par certains prêtres. Dix ans après, le sujet est toujours tabou. En présence de Robin Renucci, interprète du prêtre pédophile dans le film «Le Silence des Eglises», de spécialistes mais aussi de victimes, Benoît Duquesne aborde cette délicate question dans Complément d'Enquête. Quelles sont les défaillances hiérarchiques au sein des ordres et des tribunaux qui ont causées autant de jeunes victimes en France ? Un petit décryptage sur les faits sera édifiant.


La vidéo de l'émission 'Complément d'Enquête' du 10 avril dernier a été curieusement censurée mais est visible  ci-dessous après avoir été récupérée :

 Outre le fait que la plupart des invités ont tenté de défendre de façon peu convaincante leur propre religion de souche seul Robin Renucci et 2 victimes de pédophilie ont su être objectif et clairvoyant en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Eglise. L'émission n'était pas à charge comme elle l'aurait pu l'être avec un autre groupement et bizarrement à aucun moment on a invoqué les dérives sectaires alors que la communauté a été épinglée par l'UNADFI et la MIVILUDES comme présentant un danger de dérives sectaires ! Il n'y a eu aussi aucune remise en question du célibat des prêtres qui est devenu tabou. Enfin comme le dit si bien un internaute (censuré aussi) bien que le film soit d'excellente qualité les belges et les canadiens sont moins complexés pour évoquer ce phénomène vu la portée d'autres films sortie à l'étranger sur ce sujet récemment. En France ce silence reste entouré d'une chape de plomb que peu de médias se risquent à briser.  Il n'y a pas de doute; tous ces éléments indiquent qu'il y a eu très probablement l'intervention de l'épiscopat pour étouffer les choses jusqu'au plateau télévisé. Concernant l'affaire Pierre Etienne justement revenons sur ses détails.

Une affaire parmi d'autres

En octobre 2011, pour l'émission 'Pièces à conviction' (elle aussi censurée) les journalistes d'investigation Linda Bendali et Romain Icard ont enquêtés au sein de la communauté catholique des Béatitudes dans la région toulousaine.
Celle-ci fut créée en 1973 et dirigé par Gérard Croissant, dit frère Ephraïm, parti en Afrique depuis le mois de février 2008. Cet ordre, qui mêle à la fois des familles, des laïcs et des religieux, est critiqué pour son mode de fonctionnement.
Les journalistes se sont penchés sur la vie de Pierre Etienne, membre de la communauté précitée, qui pendant plus de 20 ans, aurait commis des agressions sexuelles sur 57 enfants de 5 à 14 ans dans toute la France entre 1985 et 2000. Il dit avoir pourtant averti sa hiérarchie et demandé de l’aide pour soigner ses pulsions.
Pendant toutes ces années, il n’a jamais été dénoncé ou arrêté.
Pour résumer, connaissant la loi sur le délai de prescription, le clergé semble vouloir faire régner la loi du silence. Les dirigeants de la communauté en question se sont tus. Murielle Gauthier, une femme courageuse, témoin des faits à été réduite au silence, l’évêque a refusé d’entendre les faits et ne les a pas dénoncés comme la loi l’y obligeait. Les gendarmes n’ont pas cru les victimes. Et alors que le moine avait tout avoué de son côté, la juge d’instruction a fini par obtenir le classement après avoir demandé au moine de s’excuser par lettre auprès des parents des petites victimes. Heureusement, d’autres victimes se sont fait connaître. En 2011, il a écopé seulement de 5 ans de prison ferme.

Une véritable omerta

Quelle a été la réaction de l'Eglise ? L’enquête met en lumière la manière dont un pan entier de l’Église aurait organisé le silence autour de cette affaire. Pour y parvenir elle n’aurait pas hésité à sanctionner en son sein ceux qui se sont opposés au secret. Quitte à laisser cet homme, avec les risques qu’il pouvait présenter, au contact des enfants.
L'AFP du 2 octobre 2008 citait le Parquet qui indiquait que "six responsables ou membres de la communauté catholique des Béatitudes ont été remis en liberté après une garde à vue dans une instruction ouverte à Rodez pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité".
"Trois d’entre eux ont reconnu avoir été informés des agissements du mis en examen », Pierre-Etienne Albert, un des frères de la communauté, « sans toutefois avoir connaissance de la gravité réelle des faits et du nombre de victimes », a précisé le procureur de la République de Rodez, Manuela Garnier, dans un communiqué. « Ils seront convoqués ultérieurement pour audition par le magistrat instructeur », ajoute le communiqué.
Curieusement la juge d'instruction a demandé quelque chose d'inhabituel: que Pierre Etienne écrive aux victimes pour leur demander pardon dans cette affaire en lui faisant une copie ! Ce n'est pourtant pas ce qu'on attend d'un juge ! Pierre Etienne n'a même pas été mis en examen mais seulement entendu comme témoin assisté par elle dans un cadre très conciliant, alors qu'il a reconnu avoir pratiqué des attouchements sexuels sur des mineurs..
Et cela s'explique puisque Fernand Sanchez, un moine de la communauté, a selon un procès-verbal eu "un entretien avec le Procureur de la république d'Avranches pour que les victimes ne soient pas contactés".

Cette histoire qui confine au scandale et que l’Église aurait tenté d’étouffer révèle de graves dysfonctionnements au sein du clergé et de la justice. Certains crimes pédophiles sont commis avec l'assentiment du clergé et la complaisance de la justice.

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L'Eglise se terre derrière un mur d'indifférence

Jamais celle-ci ne s’est excusée dans ce dossier, jamais elle n’a reconnu ses fautes, jamais elle n’a daigné tirer les conséquences des faits qu’elle a couverts et encouragés par son silence complice. Aucun des évêques mis gravement en cause dans le reportage n’a été appelé à témoigner, ni entendu en vue du procès qui s’annonce.

Ce reportage est troublant. La pédophilie n’est pas, loin de là, le seul fait de l’Eglise. L’école, les colonies de vacances, tous les lieux d’accueil de la jeunesse sont potentiellement dangereux à cet égard. Et dans certaines religions du Moyen-Orient, on peut certes marier de vieux messieurs à des fillettes de huit ans.
Mais ce qui s’est passé ici est inqualifiable parce que les personnes qui ont tenté de dénoncer ces crimes, remplissant leurs obligations de citoyens, ont été exclues de la communauté. Seule Murielle Gauthier, une simple membre des Béatitudes à l’époque des faits, a accepté de témoigner devant la justice et â la télévision. L’Eglise aurait dû la féliciter, mais non. Elle a tout enduré pour avoir osé rompre la loi du silence : comme dans la mafia. Pire elle fut même menacée de mort ! L’accusé, le moine Pierre-Étienne, attend son procès qui va avoir lieu dans quelques semaines. Les enfants victimes, eux, n’ont reçu aucun soutien de l’Eglise.

Ne serait-ce que la partie visible de l'iceberg ?

Une autre enquête pour « non-dénonciation de mauvais traitements » est aussi en cours et concerne une série de suicides parmi des élèves d'un collège d'Autrey (Vosges) dirigé par la communauté.
Le SNAP, une association américaine de victimes de pédophilie, a engagé une procédure pour traîner le pape devant la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité », se fondant sur le lien hiérarchique entre Rome et les prêtres mis en cause. Elle a récemment fait cette déclaration: ""Nous voulons dire aux prélats qu'ils arrêtent de prétendre que le pire est passé, malheureusement le pire est sûrement à venir"!
Aux Etats-Unis, on estime que, depuis 2002, les diocèses américains ont versé plus de deux milliards de dollars à 12 000 victimes de pédophilie pour les agissements de 5000 prêtres. Cinq diocèses sont maintenant en faillite, dont Boston et San Diego.
Le cardinal brésilien Claudio Hummes, préfet de la congrégation du clergé, a reconnu que le pourcentage de pédophiles serait de 4% dans les rangs du clergé, soit beaucoup plus que dans l’ensemble de la population. Ce qui peut s’expliquer d’ailleurs de différentes façons. Soit le clergé attire des personnes de cette tendance soit le refoulement de la sexualité incite à se fixer sur des objets plus faciles.

Ce « crime abominable » selon les mots du cardinal, est donc très fréquent dans le clergé, en Europe, ainsi qu'en Amérique (Mexique y compris) même s’il ne faut faire peser un quelconque soupçon systématique sur tous ! Selon ce pourcentage sur 400 000 prêtres catholiques il y aurait 20.000 de par le monde qui seraient impliqués. En Belgique c'est aussi un fléau voyez le reportage de 31 mn ci dessous par la RTBF:

 

 

Dans un entretien accordé à la revue « Vida Nueva », Claudio Hummes a tenu à souligner que l’Église ne pouvait fermer les yeux sur ce problème. «  Il n’y a pas de place dans le ministère sacerdotal pour des personnes qui ont commis ces crimes. Les prêtres pédophiles doivent être sanctionnés par des lois civiles comme par des lois canoniques. L’Église ne peut accepter la pédophilie. »

En France il existe hélas plusieurs cas d'immixtion de la hiérarchie catholique sur d'anciennes affaires de justice concernant des "prêtres" mis en cause dans des attouchements sur des enfants. L'Eglise semble s'en accommoder en silence sans remettre en cause le célibat des prêtres. Qui peut réellement croire qu'il n'y a aucun lien de causalité entre cette restriction et ces déviations ? Peut-on rappeler ici que la non dénonciation de crime est un délit, même quand il est commis par un évêque ?

A 12 ans elle humilie les dirigeants du monde

Severine Suzuki, une jeune canadienne de 12 ans, a prononcé un discours émouvant de 6 minutes 30 le dernier jour du sommet de la Terre organisé par l'ONU à Rio en 1992. Elle y a livré un message simple et convainquant qui depuis est laissé, hélas, lettre morte.

Traduction de l'intervention:

 « Bonjour, je suis Severn Suzuki, je m'exprime au nom de l'ECO, l'Environmental Children's Organization, un groupe d'enfants âgés de douze à treize ans qui tentons de nous faire entendre...Vanessa Suttie, Morgan Geisler, Michelle Quigg et moi. Nous avons trouvé l'argent nous-mêmes pour parcourir 5000 miles afin de vous dire que vous devez changer.

En venant ici aujourd'hui, je n'ai pas à cacher mes objectifs. Je me bats pour mon avenir. Perdre son avenir n'est pas comme perdre une élection ou quelques points en bourse. Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés du monde entier dont les cris ne sont pas entendus. Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent sur cette planète, car ils n'ont nulle part d'autre où aller.

J'ai peur de m'exposer au soleil à cause des trous dans la couche d'ozone. J'ai peur de respirer l'air parce que je ne sais pas les produits chimiques qu'il contient. J'avais l'habitude d'aller pêcher à Vancouver, ma ville natale, avec mon père, jusqu'à ce qu'on trouve il y a quelques années, un poisson criblé de cancers. Et maintenant, nous entendons parler d'animaux et de plantes qui disparaissent chaque jour, perdus à jamais.

Dans ma vie, j'ai rêvé de voir de grands troupeaux d'animaux sauvages, des jungles et des forêts tropicales remplies d'oiseaux et de papillons, mais maintenant je me demande si tout cela existera encore lorsque mes enfants voudront le voir.

Vous préoccupiez-vous de ces choses lorsque vous aviez été mon âge ? Tout cela se déroule sous nos yeux, et pourtant nous agissons comme si nous avions tout le temps que nous voulions et toutes les solutions. Je suis seulement un enfant et je n'ai pas toutes les solutions, mais je veux que vous réalisiez que vous non plus ! Vous ne savez pas comment réparer les trous de notre couche d'ozone. Vous ne savez pas comment faire revenir le saumon dans nos eaux polluées. Vous ne savez pas comment ramener un animal dont l'espèce est éteinte. Et vous ne pouvez pas ramener les forêts dans des zones qui sont devenues des déserts.

Si vous ne savez pas comment réparer les dégâts, s'il vous plaît, arrêtez la casse ! Ici, vous êtes des délégués de vos gouvernements, hommes d'affaires, journalistes ou hommes politiques. Mais, en réalité, vous êtes des mères et des pères, des sœurs et des frères, des tantes et des oncles. Et chacun de vous est l'enfant de quelqu'un. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous faisons tous partie d'une famille, forte de cinq milliards de membres, en fait, forte de 30 millions d'espèces. Les frontières et les gouvernements ne changeront jamais ça. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous sommes tous concernés par le même problème, et que nous devrions agir comme un seul et même monde, tendu vers un objectif unique.

Dans ma colère, je ne suis pas aveugle, et dans ma peur, je ne crains pas de dire au monde ce que je ressens. Dans mon pays, nous gaspillons tellement. Nous achetons et jetons, nous achetons, puis jetons. Et pourtant, les pays du Nord ne partagent pas avec les nécessiteux. Même si nous avons plus que ce dont nous avons besoin, nous avons peur de partager, peur de perdre certaines de nos richesses.

Au Canada, nous menons une vie privilégiée dans l'abondance de nourriture, d'eau et d'abris. Nous avons des montres, des vélos, des ordinateurs et des téléviseurs. Il y a deux jours, ici au Brésil, nous avons été choqués lorsque nous avons passé du temps avec des enfants vivant dans la rue. Voici ce qu'un de ces enfants nous a dit:

"Je voudrais être riche. Et si je l'étais, je donnerais à tous ces enfants de la nourriture, des vêtements, des médicaments, un abris, de l'amour et de l'affection."

Si un enfant de la rue qui n'a rien est prêt à partager, pourquoi nous qui avons tout sommes nous aussi avares ? Je ne peux m'empêcher de penser que ces enfants ont mon âge et que le lieu de naissance fait une si immense différence. Je pourrais être l'un de ces enfants vivant dans les favelas de Rio. Je pourrais être un enfant souffrant de la faim en Somalie, une victime de la guerre au Moyen-Orient, ou un mendiant en Inde. Je suis seulement un enfant, mais je sais que si tout l'argent dépensé pour la guerre était consacré à trouver des solutions environnementales et à lutter contre la pauvreté et les maladies, que ce monde serait merveilleux !

À l'école, même à la maternelle, vous nous apprenez à nous comporter dans ce monde. Vous nous apprenez à ne pas nous battre, à travailler dur, à respecter les autres, à faire notre lit, à nettoyer nos traces, à ne pas blesser d'autres créatures, à partager, à ne pas être gourmand. Alors pourquoi faites vous tout ce que vous nous dites de ne pas faire ?

N'oubliez pas pourquoi vous assistez à ces conférences, pour qui vous le faites... nous sommes vos propres enfants. Vous décidez dans quel monde nous allons grandir. Les parents devraient être en mesure de rassurer leurs enfants en leur disant "Tout va bien se passer, ce n'est pas la fin du monde et nous faisons de notre mieux."

Mais je ne pense pas que vous puissiez encore nous dire cela. Sommes-nous seulement sur la liste de vos priorités ? Mon père dit toujours : "Tu es ce que tu fais, pas ce que tu dis". Eh bien, ce que vous faites me fait pleurer la nuit. Vous continuez de nous dire que vous nous aimez. Mais je vous mets au défi, s'il vous plaît : faites que vos actions reflètent vos mots. Merci. »

La jeune fille témoignera de ce qui s'ensuit: "pendant six minutes, c’est mon cœur qui s’exprime. S’ensuit un long silence. Et puis le bruit assourdissant des fauteuils qui claquent. La salle entière se lève pour applaudir. Certains pleurent... En coulisses, quelqu’un que je ne connaissais pas s’approche de moi. « Votre discours est le meilleur que j’ai entendu ici, à Rio. » Plus tard, j’ai su qu’il s’appelait Al Gore [ancien candidat à la Maison blanche]..."

Quelques applaudissements polis, quelques larmes et puis voilà. Rien n'a changé. Rien ne changera...sauf un bouleversement mondial pour un système plus juste et transcendant les limites de l'homme qui remplacera tout cette désorganisation des nations désunies.