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12/08/2013

La France 'laïque' protège la construction de certains lieux de culte mais pas d'autres (2eme épisode)

Le 31 juillet dernier un lieu de culte des Témoins de Jéhovah à Ajaccio en Corse (près de la rocade) fut l'objet d'un ignoble attentat ayant occasionné des dégats matériels sur la porte d'entrée. Si l'incendie a été immédiatement maîtrisé, les conséquences auraient pu être bien plus dramatiques s'il y avait eu des fidèles à l'intérieur au moment de l'explosion.  Aucune réaction du côté des autorités ou des médias, alors que 2 jours après le ministre de l'intérieur s'était déplacé à Ozoir-la-Ferrière, en Seine-et-Marne pour afin de pourfendre les actes antimusulmans (seulement des inscriptions racistes) qui auraient été commis par des extrêmistes dans une mosquée locale " forte de 150 à 200 fidèles". Encore hier la presse et la classe politique ne cessent de s'émouvoir qu'un militaire arrêté ait essayé de commettre des attentats sur une mosquée de Vénissieux près de Lyon ! Les réactions ont pris un tournant politique. La laïcité française qui doit garantir la liberté de culte, l'impartialité et la neutralité de l'Etat envers les confessions n'a t'elle pas encore une fois deux poids et deux mesures ?

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                        La police technique et scientifique devant le lieu de culte des Témoins de Jéhovah en Corse

A Ozoir-la-Ferrière le ministre avait déclaré ceci: «Je ne laisserai jamais dire, ni ne laisserai croire, que les forces de l’ordre [...] privilégieraient davantage les actes antisémites que les actes anti-musulmans ou antichrétiens. Cette rhétorique-là est connue. Elle est fausse.»

Il est vrai que les forces de l'ordre ne peuvent pas protéger tous les lieux de cultes. Reste que ces faits montrent que le discours de protection des cultes par l’État semble s'appliquer à certains (ceux qui offrent un gros vivier de voix électorales) et pas à d'autres (les minorités). Ces réactions nient encore une fois le pluralisme religieux.

D'autant plus que selon Le Corse Matin un policier a déclaré qu'il "ne comprenait pas pourquoi ce groupe pouvait être une cible. L'article ajoutait qu'aucune inscription n'a été pour l'heure découverte sur les lieux. Les témoins de Jéhovah sont présents sur l'île depuis de nombreuses années et ne sont pas contrairement à une idée reçue considérés comme une secte."

Commentaires

Merci d'avoir noté cette différence de traitement entre les religions en France !

Il serait intéressant de souligner que les récentes " Orientations de l’UE relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction ", adoptées par le Conseil de l’Union européenne le 24 juin 2013, rappelle le rôle de l'UE et de ses Etats membres face à tout acte de violence perpétré contre un fidèle d'une religion ou contre un lieu de culte :

" Encouragera vivement l’État et d’autres acteurs influents de la société, qu’ils soient religieux ou non, à se prononcer contre les actes de violence et à dénoncer publiquement ces actes au plus haut niveau, notamment lorsque des responsables encouragent activement ou tolèrent les attaques dirigées contre des personnes ou des communautés ou contre les biens qui leur appartiennent, y compris les lieux de culte ou de réunion ou les sites religieux historiques. " (§ 30c)

" encouragera les États à assurer la protection des sites du patrimoine religieux et des lieux de culte (26), notamment lorsque les groupes de personnes réunies dans ces lieux sont l’objet de menaces. En cas d’actes de vandalisme, de profanation ou de destruction de sites religieux, les missions de l’UE et des États membres s’efforcent de se rendre sur les sites en question et d’attirer l’attention du public sur les destructions et leurs conséquences ; " (§ 42c)

http://www.droit-tj.fr/spip.php?article341

Écrit par : Davy | 14/08/2013

Merci Davy pour cette précieuse information. Si l'Union européenne souhaite que "l'État et d’autres acteurs influents de la société" ou des "responsables" ne tolèrent voire n'encouragent pas les attaques ou la stigmatisation des communautés religieuses quelles qu'elles soient que dire des députés antisectes ? Ils étaient donc condamnables quand ils rameutèrent des villes comme Deyvilliers... C'est intéressant comme orientation. Merci encore.

Écrit par : Administrateur | 14/08/2013

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