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05/09/2014

Le traitement médiatique honteux et discriminatoire de la famille King

Le week-end dernier, il y a eu une recrudescence des agressions verbales sur les Témoins de Jéhovah en France. En cause le battage médiatique autour des parents King qui auraient 'kidnappé' leur enfant de 5 ans de l'hôpital pour 'le soustraire à des soins vitaux'...En France sans connaître le fond de l'affaire et dans un contexte d'actualité de faits divers macabres sur des enfants, rien que cet info sonne comme un appel à la haine face à une 'religion jugée meurtrière' qui priverait ses enfants de soins ! Pourtant bien loin de ce cliché, c'est plutôt la liberté de choisir son traitement médical qui a été mise à mal...

Quelques nouvelles d'Ashya

king.jpgDepuis une semaine une vague de sympathie envers les parents dAshya King s'empare du pays après qu'ils se sont eux-mêmes présentés comme une famille venue chercher une alternative à l’échec et l'abus de pouvoir de l’hôpital Anglais. "Les parents ont pu voir l'enfant sans aucun problème, mais ils ne pourront pas le sortir de l'hôpital tant que la question de la tutelle n'a pas été résolue", a déclaré une source de l'hôpital pour enfants. Sa mère a passé la nuit avec lui à son chevet. Mais après l'avoir vu hier, le père précise: "Il ne va pas aussi bien que quand nous l'avons quitté. Ses parents lui ont tellement manqué qu'il est déprimé (...) Il était si content de nous voir, qu'il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait y croire ". Il semble en tout cas aller mieux près de ses parents. «Quand il a vu ses parents, ça l'a vraiment ému. Il n'arrêtait pas de pleurer, il était heureux», a témoigné jeudi l'avocat des parents, Juan Isidro Fernandez Diaz, à la télévision publique espagnole. Brett King, avait indiqué mercredi à la presse qu'il rencontrerait jeudi un oncologue pour discuter des possibilités de traitement pour son fils en Autriche.

Bilan de cette histoire médiatico-judiciaire sans précédent:

Si on s'en tient aux médias télévisés malgré ce dénouement une désinformation fut mise en œuvre. En effet, en martelant dès le départ que le couple est Témoins de Jéhovah, on laissa chacun s'imaginer des parents dangereux qui refusent les soins médicaux et qui vont laisser mourir leur enfant à cause d'une croyance supposée stupide ( Ce qui est incompréhensible, puisque la situation semble n’avoir eu aucun lien avec leur refus de la transfusion sanguine.)
Une fois ce message délivré, plus personne n'est choqué qu'on les pourchasse et qu'une fois retrouvés, on les mette en garde à vue et qu'on leur enlève leur enfant. Encore moins choqué d'apprendre que des parents kidnappent leur propre enfant ! Comment est-ce possible ? De plus personne ne remarque que le type de cancer dont est atteint l'enfant ne se soigne pas au moyen de transfusions sanguines !

Procès d'intention, infantilisation des parents King, sensationnel, demi-vérités, informations triées, sous-entendus, grossier montage et panique ! Tout pour court-circuiter l'analyse rationnelle et donc le sens critique. L’utilisation du registre émotionnel a permis d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient collectif pour y implanter des pulsions, des peurs et de la haine envers cette minorité religieuse... Le mécanisme de la manipulation médiatique est bien connu et rôdé.

Face à une polémique médiatique qui a vite enflé, le communiqué du Bureau d'information des Témoins de Jéhovah de France le jour même, a vite réagit comme pour dresser un contre-feux médiatique.

En somme, cette saga fait apparaître3 faits graves qui persistent:

  •  Des préjugés enracinées sur les Témoins de Jéhovah

Sur les réseaux internet l'affaire a été très commenté; les Témoins de Jéhovah, une fois de plus insultés, avec des propos stupides et réducteurs. (Il faut croire que les modérateurs ne sont pas encore rentré de vacances !) D'autres fidèles se sont fait copieusement agressés dans la rue . Ce furent des réactions démesurées au regard de la situation.

A ce propos, dans le journal La Croix du 3 septembre dernier, François Vialla, professeur de droit de la Santé à l’université de Montpellier confie : «Si l’on s’en tient aux éléments diffusés dans la presse, pour un juriste, cette histoire, c’est un constat d’échec. Les moyens utilisés étaient totalement disproportionnés. Comme si on sortait l’arme nucléaire pour écraser un moustique.»

Quelques perles de désinformation 100 % pures intox:

Fenech_image-carre130-0.jpg"Selon plusieurs sources, les parents, Témoins de Jéhovah, ont refusé le traitement proposé par les médecins pour leur fils en raison de leurs convictions religieuses"-Fait religieux.com du 1/09/2014.

Sur BFM TV, le 29 aout denier, Jacky cordonnier, membre de la MIVILUDES prétend que les Témoins de Jéhovah sont dangereux (la vidéo a bien sûr été retirée...). Hélas beaucoup d'articles de presse ou de déclarations dans ce sens ont été ôtées...

Le même jour le député Georges Fenech, qui a 'découvert' en pleine face que la reconnaissance du statut cultuel des Témoins de Jéhovah, ose  dénoncer dans un communiqué les "dangers de cette organisation porteuse de dérives sectaires et en appelle à la Ministre de la Santé et à la Miviludes pour renforcer les dispositifs de protection des populations vulnérables soumises à des pratiques à caractère sectaires parfaitement identifiées."

Compte tenu de l'incroyable basculement de cette affaire va-t-il faire un communiqué pour présenter ses excuses ?

 

  • Dès le départ la religion mise en cause...

Au même moment on constate un triste week-end pour l’enfance maltraitée :

  • 31/08/2014: Le petit Anas, 5 ans s’est noyé, samedi 30 août, dans une piscine municipale de Toulouse alors que sa mère voilée était à 20 mètres et qu'elle n'avait pas eu « accès au bassin ni à ses abords en raison de (sa) tenue vestimentaire ».
  • 1/09/2014:"Le corps du petit Loan âgé de 4 mois a été retrouvé dimanche près d'un étang dans la Creuse. Peu de temps avant, les parents du nourrisson étaient passés aux aveux."
  • 2/09/2014: " Un adolescent de 15 ans, en garde à vue depuis mardi 2 septembre après le meurtre de sa sœur, une fillette de 11 ans à leur domicile de Moernach (Haut-Rhin), a avoué être l'auteur du crime.
  • 2/09/2014: "Samedi soir, lors d'une soirée festive chez une jeune fille de 16 ans à Capens, dans le muretain, un coup de feu a atteint le visage de Dadi, 13 ans, un jeune garçon".

Pourtant tous ces faits ont été apportés par la presse sans qu'on mentionne la religion des parents !!!

Comme le faisait justement remarquer un de nos lecteurs, Noëlle Dubau: "les médias n'ont pas signalé la religion du père du petit bébé de 4 mois mort sous ses coups, enterré comme un déchet dans un sac plastique. Ces parents qui ont menti, pleurniché, faisant croire à un enlèvement. De quelle religion sont-ils ces assassins, ces monstres ? Punir un bébé !!! Lui donner des coups !!! Alors que les parents du petit Ashya font tout leur possible pour sauver leur enfant on les salit !"

Et chose encore plus consternante, comme le mentionne Pierre; une fois que l'affaire a basculé en faveur de la famille King bizarrement dans la presse on ne mentionne plus leur appartenance aux Témoins de Jéhovah ! Encore moins pour mettre en garde contre les amalgames ! Pire aux informations télé(prozac) on tait le dénouement de l'affaire laissant les téléspectateurs en rester avec la première (fausse) version celles des détracteurs des Témoins de Jéhovah !

A ce jour, de façon déloyale, la calomnie n'a toujours pas été démentie par les médias télévisés ! C'est une vile méthode de manipulation des masses médias !

  •  Le libre choix du traitement pour son enfant en question

Finalement, les parents d'Ashya furent accusés de...vouloir sauver leur enfant !  Serait-ce un crime ? Quels droits ont les médecins sur un enfant en France ? Le fond du problème amène d'autres questions; à qui « appartient » un enfant ? Est-il la propriété de ses parents ou celle de la médecine ? Et jusqu’où cette dernière est-elle autorisée à s’acharner sur un enfant manifestement condamné, dont l’ultime désir est sans doute de finir dans les bras de ses père et mère…?

Les droits de l’enfant : à qui appartiennent-ils sur le plan juridique ?

juge.jpgIl semble qu'en Grande Bretagne les droits des enfants sont définit comme sensiblement les mêmes qu'en France. "Les titulaires de l’autorité parentale ont le droit et le devoir de veiller à la santé de leur enfant en leur prodiguant ou en leur faisant prodiguer les soins qui lui sont nécessaires. L’autorité des parents sur leur enfant est une liberté fondamentale. Mais cette liberté souffre des limites au nom de l’ordre public, du bien commun et  des valeurs  supérieures comme la protection due à la personne humaine. En vérité, l’autorité parentale est en liberté surveillée. Déjà la société peut imposer des obligations au nom de considérations de santé publique. Par exemple elle rend certaines vaccinations obligatoires, mais elle laisse aux parents le choix du thérapeute. Comme elle rend l’instruction obligatoire, quitte à laisser les parents libres, sous certains contrôles, du choix des modalités de la scolarisation. L’autorité parentale –on devrait enfin parler de la responsabilité parentale ! - est finalisée. Elle est reconnue aux parents pour veiller à sa sécurité, sa santé, sa moralité et assurer son éducation à l’éducation des enfants (article 371-1 du code civil). En d’autres termes si elle ne tient pas ses objectifs il peut y être porté atteinte. Le mot clé dans l’article 371-1 du code civil est le mot pour : " L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant.".(...) En l’espèce s’il y a un enjeu vital pour l’enfant (...) la justice française est en droit d’intervenir (art. 375 et s. code civil) (...) Le cas serait différent s’il y avait un conflit entre les thérapies ou stratégies proposées, les parents privilégiant l’une sur l’autre."-Le Juge  Jean-Pierre Rosenczveig au tribunal pour enfants de Bobigny

 En effet, un enfant est jusqu'à sa majorité sous la responsabilité juridique de ses parents. Toujours, Selon François Vialla, « Le patient est un agent, ce n’est pas un être passif. Il ne peut évidemment rien exiger d’un médecin. Mais lorsqu’un acte médical lui est proposé, il est libre de l’accepter ou de le refuser. ». Et c'est un droit absolu, sauf s’il y a urgence vitale ou lorsque le patient n’a pas le discernement suffisant. Ce qui est le cas des enfants – les moins de 13 ans, selon la jurisprudence. Les parents expriment alors leur volonté, qui doit être dans «l’intérêt de l’enfant». Dans l’hypothèse où les parents refusent un acte de soin, le médecin peut passer outre. «Il reprend la main et peut pratiquer les soins s’il juge que la santé de l’enfant l’exige», poursuit François Vialla. Le patient est aussi libre du choix du praticien, et donc de l’hôpital; «Et si un malade apporte la preuve que la thérapie qu’il souhaite n’est proposée que dans un pays, son assurance maladie prend les frais du traitement», précise le juriste.

 Une vision jacobine des enfants pour l’État en réponse à la tyrannie:

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, la famille est un espace privé obéissant à ses lois internes et l’Etat s’interdit de franchir les portes de la maison soumise à la puissance du père, parce que celle-ci est au fondement même de l’ordre social. Le père avait un droit de vie et de mort sur lui. La Révolution tenta  d'apporter des droits aux enfants. Citons Cambacérès ; en 1793, il a déclaré :

« Il n’y a plus de puissance paternelle. C’est tromper la Nation que d’établir des droits par la contrainte ».

Pour le despote sanguinaire Danton; « Les enfants appartiennent à la République avant d’appartenir à leurs parents ».

Cette vision jacobine des choses avait pour défaut de déresponsabiliser les pères de leurs devoirs éducatifs vis-à-vis de leurs enfants : dès 1791 on commença à  instituer des tribunaux de famille chargés de rétablir la concorde entre parents et enfants avec toutefois possibilité d’interner l’enfant qui crée des « sujets de mécontentement » à son père.

Ce débat sur l’appartenance des enfants à l’Etat ou non est en réalité un trompe l’œil puisque même si l’enfant n’appartient pas à ses parents du point de vue juridique, dans les faits c’est bien le cas puisqu'il en responsable devant la loi ce qui revient à dire la même chose...L’administration (les impôts par exemple) ne déclare-t-elle pas «nombre d’enfants mineure que vous déclarez avoir» ?Évidemment ça ne veut pas dire qu'il en fait ce qu'il veut ou qu'il ait le droit de vie ou de mort sur lui... Les parents ont (verbe avoir) des enfants tout comme ceux-ci ont des parents par affiliation et non simplement des tuteurs légalement provisoires.

  Cette affaire qui a été portée grâce à Interpol dans 190 pays est partie pour marquée durablement les esprits. Contrairement à ce qu'on a voulu faire croire, les Témoins de Jéhovah ne sont pas gens irresponsables qui ne soignent pas leurs enfants ! La justice britannique, a conclu que les soupçons de "cruauté envers un enfant" n'étaient pas fondé après que la presse à scandale avait crier aux loups ! C'est un désaveu de faiblesse cinglant pour son image dans ce genre d'affaires ! Reste que dans le cas de la famille King les médias se sont fait prendre la main dans le sac en flagrant délit de désinformation ! Souhaitons qu'à l'avenir pour ce genre d'histoire ils se montrent beaucoup plus prudent si jamais une autre affaire venait à concerner les témoins de Jéhovah ! Le fait que les hôpitaux publics soient limités ( volontairement ou non) dans l'offre de soin vitaux comme c'est le cas pour Ashya devrait durablement remettre en question les modalités de prise en charge des patients mineures.

Commentaires

Bonjour à tous,
le gros problème c'est que l'énorme majorité des gens ont suivi cette affaire, non par le biais des journaux papier ou internet honnêtes qui ont su rectifier le tir et fournir une enquête digne de ce nom , mais par le biais de ces pseudo-journalistes de propagande de la télévision française qui nous fournissent à chaque fois un peu plus, des raisons de les BOYCOTTER. On se rappelle entre autre de l'attitude de la deuxième chaine qui en 1998 nous donnait tort et nous traitait de tous les noms en ce qui concerne la taxation de nos offrandes, sans même enquêter; suivant en cela la propagande d'état (ce qu'elle fait de mieux d'ailleurs),et qui en 2012 a fait silence radio lorsque la France a été condamnée par la CEDH. Je pense personnellement, que les Témoins de Jéhovah de France doivent agir dans ce domaine, et contraindre ces chaines à rectifier les fausses accusations portées contre nous ces derniers jours...Les conséquences de ces calomnies sont certaines, mais encore incalculables.

Écrit par : Pierre2 | 05/09/2014

Tres interessant, notammnent la question de savoir a qui appartient un enfant, a l'Etat ou aux parents, en admettant qu'il doive meme 'appartenir' a quelqu'un: ce n'est quand meme pas un chat ou un chien, et certains 'proprietaires' d'animaux anglo-saxons n'utilisent pas les mots 'owner' ou 'master' mais a la place disent 'I am this cat's person' voire 'I am his servant'!
Au debut de l'affaire, un psychiatre britannique, le Dr Max Pemberton, avait ecrit un article intitule 'Ashya King belongs in the UK', accusant notamment les parents d'avoir reagi de maniere irrationnelle parce qu'ils etaient 'stresses'. L'article a recu plein de commentaires defavorables, et le titre a ete change: c'est maintenant 'Ashya King should be treated in the UK'. http://www.telegraph.co.uk/health/11068128/Ashya-King-should-be-treated-in-Britain.html
J'espere que cette affaire va secouer le NHS, et decider les patients et parents de patients a se montrer plus critiques. Quand on a besoin de conseils financiers ou juridiques, on ne se livre pas pieds et poings lies au premier venu, pourquoi cela devrait-il etre le cas pour les soins medicaux en Angleterre?!

Écrit par : Helene | 06/09/2014

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