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16/12/2014

L'Ouganda et la République Démocratique du congo en proie aux milices religieuses

Selon France 24, en République démocratique du Congo, une opération militaire conjointe menée par la MONUSCO et l'armée congolaise serait en cours de préparation pour attaquer les factions meurtrières des ADF venant d'Ouganda en République démocratique du Congo. Un peu partout dans le monde des milices armées sauvages tuent aveuglement. S'ils ont des cultures, des origines et des langues différentes leur seul point en commun est leur fanatisme religieux.

L'Ouganda 'la perle de l'Afrique' face aux dirigeants fanatiques

dada2.jpgCe petit pays fut naguère entre les mains du dictateur musulman sunnite Ammin Dada entre 1971 à 1979,  qualifié de fou, violent, et sanguinaire (300 000 victimes).  L'Excentrique s’attribua  de nombreux titres comme celui de « roi d’Écosse » déclarant avoir vaincu les Anglais et portant la décoration de « Conquérant de l’Empire britannique ». Fuyant en Arabie saoudite en 1979, il est alors hébergé à Djeddah par le gouvernement saoudien « par charité islamique et en remerciement pour son rôle dans la diffusion de l’islam » sous réserve qu’il ne se mêle plus de politique. L’État saoudien lui fournit une maison, assez modeste, mais aussi un chauffeur et du personnel de maison, pourvoit à sa subsistance et lui verse une pension. Le nouveau gouvernement ougandais choisit de le laisser en exil là-bas où il mourra en 2003.

En 1986 le chrétien évangélique Yoweri Museveni mis sur pied l'Armée de Résistance Nationale et prend le pouvoir en Ouganda avec l'aide des exilés Tutsi rwandais. (En février dernier, il fit passer une nouvelle loi durcissant la répression de l'homosexualité.)

kony.jpgC'est dans ce contexte qu'est crée l'insurrection de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army - LRA) en 1988 afin de mettre en place un régime fondé sur les Dix Commandements de la Bible. Son chef est Joseph Kony. Ce mouvement rebelle, créé dans le Nord de Ouganda s'est distingué par la violence de ses attaques, les atrocités commises sur les civils et son recours extensif aux enlèvements d'enfants dans le but d'en faire des soldats ou des esclaves. Environ 2 millions de personnes sont déplacées par ce conflit et, au plus fort du conflit, jusqu'à 1,7 million d'entre elles ont vécu dans des camps où elles dépendent de l'aide humanitaire.

Le mouvement du 23 mars (M23)

runiga.jpgCe groupe est fondé par un évêque catholique rwandophone, Jean-Marie Runiga suite à un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Il a été placé le 13 novembre par les États-Unis sur leur « liste noire », car tenu pour responsable « d'horreurs à grande échelle » contre les civils. Pour les autorités de Kinshasa et certains observateurs, l'un des organisateurs, sinon le véritable chef du Mouvement serait en fait le général Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator », un chef de guerre accusé par la Cour pénale internationale de recrutement d’enfants soldats, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Les milices de l'ADF

adf.jpgParmi les opposants au président Museveni figure aujourd'hui les Forces démocratiques alliées (en anglais ADF), qui sont un groupe armé fondé en Ouganda en 1995 et qui sévissent surtout en RDC. Essentiellement composé d'islamistes du mouvement tabligh, l'ADF-Nalu est dirigé depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l'islam. Le mouvement qui conserve une certaine capacité militaire (autour de 500 combattants établis en RDC en 2005) est placé sur la liste des associations terroristes par les États-Unis.

Selon le quotidien Jeune Afrique  "l'ADF est soupçonnée d'être responsable d'une série de récents massacres dans l'est de la République démocratique du Congo. Le territoire de Beni a été endeuillé par une succession de massacres de civils ayant fait plus de 260 morts depuis le début du mois d'octobre."

"Des civils qui avaient été précédemment détenus dans des camps des ADF ont décrit avoir vu des meurtres par crucifixion, des exécutions de captifs ayant tenté de s’échapper (...)" selon Afrik.com.

"Les opérations continuent et viennent d'être élargies [...] afin de démanteler les résidus des ADF qui sont encore dans la zone, a déclaré le colonel Célestin Ngeleka, porte-parole de l'opération Sokola 1, l'offensive congolaise lancée en janvier contre les groupes armés au Nord-Kivu (dont le fameux M23). Les opérations ont été lancée d'abord sur les principaux axes que l'on croyait tenus par les ADF mais nous n'avons pas rencontré de résistance et les troupes progressent dans la forêt".

"La toute dernière vague d’attaques a commencé plusieurs mois après que l’armée congolaise ait chassé les ADF hors de leurs bases principales. Au cours des derniers mois, la MONUSCO a considérablement renforcé sa présence dans la région de Beni dans une tentative de mieux protéger les civils."

"Certains témoins ont affirmé n’avoir obtenu aucune réponse, ou qu’une réaction tardive, lorsqu’ils ont sollicité la protection de l’armée. Les officiels des Nations Unies ont indiqué que l’armée s’est opposée aux tentatives de l’ONU de coordonner la protection des civils, et a empêché les troupes de l’ONU d’effectuer des patrouilles dans certaines zones pour protéger les civils, selon Human Rights Watch. Des défenseurs congolais des droits humains ont documenté les meurtres de plus de 230 civils dans la région de Beni, depuis le début du mois d’octobre."

"De son côté, le gouvernement congolais a assuré avoir arrêté plusieurs combattants des ADF présumés et d’autres personnes soupçonnées de collaborer avec les ADF ou de les soutenir. Mais en attendant, les massacres se poursuivent en silence, dans l’impunité."

16:11 Publié dans ONU, Ouganda, RDC | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |