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24/12/2017

LES VERITABLES FOMENTEURS DE L'ANTISEMITISME

 La recherche d’un bouc-émissaire facile aux maux de la société a été une constante de toutes les civilisations en crise. Il y a quelques décennies en arrière les juifs ont été livrés à un véritable lynchage médiatique. Mais savez-vous qui sont les véritables instigateurs de cette haine ? Un petit retour en arrière nous le révélera.

Du Sionisme à l'antisémitisme.

 L’histoire des juifs est particulière. Héritiers d’une riche et belle culture ils ont connus plusieurs diasporas. Le judaïsme qui est la religion dominante existait bien avant la venue de Jésus Christ et se basait essentiellement sur le talmud [1]. Jusqu’au moyen âge les juifs attendaient la venue d’un Messie. D’après l’Encyclopédie juive (angl.), entre 132 de notre ère et 1744 il y aurait eu 28 faux messies qui se sont présentés pour « sauver » le peuple juif. Au  XIIe siècle, le philosophe juif Moïse Maimonide échafauda l’idée selon laquelle le règne Messianique tant attendue n’est peut-être que l’image d’une société plus élaborée. On commença  à abandonner l’idée d’un Messie personnifié vers le XIXe siècle, en lui substituant l’attente d’une ère  messianique, synonyme de paix et de sécurité.

Vers 1896 le journaliste autrichien Theodore Herzl (1860-1904 ; un des fondateurs du Sionisme) expliqua que l’assimilation des juifs dans la société non juive était impossible à réaliser en raison de l’antisémitisme. Selon lui « si les juifs sont contraints par les pressions extérieures à former une nation, ils ne pourront mener une vie normale qu’en se groupant dans un même territoire ». Ce rêve s’est traduit en réalité par une attente politique. Depuis cette époque, à quelques rares exceptions près, on peut difficilement dire que l’ensemble des Juifs attendent un Messie personnel.

Mais les Tsars étaient influencés par l’Église orthodoxe, et donc avaient une certaine hostilité vis-à-vis des juifs. En réaction aux pogroms tsaristes de 1881 à 1903 des juifs d’Europe orientale ont encouragés l’installation de cultivateurs et d’artisans juifs en Palestine... L’horreur de la première Guerre mondiale et l’escalade de l’antisémitisme en poussèrent plus d’un à pressentir la catastrophe pour eux. La Grande-Bretagne prévoyait à cet effet l’établissement d’un foyer national juif en Palestine; la déclaration de Balfour en 1917 paraissait pour eux une issue de salut.

Les choses auraient pu se calmer avec le temps s’il n’y avait pas l’influence d’un document qui avant de se révéler n’être qu’un faux à allumer un incendie planétaire jusqu’à aujourd’hui difficile à éteindre…

Les protocoles de la manipulation de masse.

En 1903 Mattieu Golovinski –journaliste, faussaire et auteur russe- conçoit de façon partielle les Protocoles des Sages de Sion à Paris. Cet avocat radié pour détournement de fonds, et journaliste à scandales élabora ce document fallacieux à la demande de la police secrète du tsar (antisémite) pour en faire un instrument de propagande. [2] L’idée était de faire croire que des juifs influents s’étaient réunis secrètement pour comploter une domination mondiale…Ce fantasme a bien marché.

Le support est composé de récits supposés être les comptes rendus d'une vingtaine de réunions secrètes exposant un plan secret de conquête du monde. L’objectif: devenir «maîtres du monde» après la destruction des monarchies et de la civilisation chrétienne. Ce plan machiavélique prévoit d’utiliser la violence, la ruse, les guerres, les révolutions, la modernisation industrielle et le capitalisme pour mettre à bas l’ordre existant, sur les ruines duquel s’installera le pouvoir juif…

Le protocole sera édité d’abord en Russie, par Serge Nilus, un moine puis repris par le Times de Londres du 8 mai 1920, dont un éditorial intitulé « Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d’enquête». Ce dernier évoque ce « singulier petit livre », auquel il semble accorder du crédit. En 1921 le même journal revient sur son article en avertissant que c’est un faux ; mais trop tard : le poison de la rumeur qui tue avait fait son effet…

La Première Guerre mondiale, la révolution russe et le chaos en Allemagne semblent confirmer les prophéties du faux document: l’histoire dramatique dans laquelle sont plongées l’Europe et la Russie ont un effet d’authentification de ce texte, dont un exemplaire est d’ailleurs trouvé dans la chambre de la tsarine après le massacre de la famille de Nicolas II — indice, pour certains Russes blancs antisémites, qu’il s’agit bien d’un crime « judéo-bolchevique »...

Des fantasmes qui alimentent toujours l'antisémitisme

Les Protocoles ne cessent d’être présentés en Europe comme la « preuve » du « complot juif international », tout au long des années 30. Le faux fait l’objet de nombreuses éditions, qui ne se limitent plus aux organes antisémites, même des maisons d’édition française tel que Grasset vont l’éditer. En 1923, la mention des Protocoles revenait régulièrement dans les discours d'Hitler: "Suivant les Protocoles des Sages de Sion, c’est en affamant [les classes ouvrières et moyennes] qu’on soumet les peuples". Dans Mein Kampf (1925), il écrit que « les Protocoles des Sages de Sion — que les juifs renient officiellement avec une telle violence — ont montré de façon incomparable combien toute l’existence de ce peuple repose sur un mensonge permanent », ajoutant que s’y trouve exposé clairement « ce que beaucoup de juifs peuvent exécuter inconsciemment ». Hitler était donc convaincu qu’un véritable complot se tramait. Dès leur arrivée au pouvoir, en 1933, les responsables nazis confient à leur office de propagande la tâche de diffuser les Protocoles et de défendre la thèse de leur authenticité. La propagande nazie exploite et diffuse largement les Protocoles. Des idéologues comme Rosenberg ou Eckart s’en inspirent généreusement et Hitler était lui-même convaincu de la véracité du texte. Il se sentit investi alors d’une mission universelle : éradiquer les Juifs, source de tous les maux de l’Allemagne et de la race aryenne. Le Juif était aussi l’ennemi de l’Eglise. Une fois Hitler nommé chancelier, le régime invoqua le contenu des Protocoles pour justifier le boycott obligatoire des magasins juifs, le 1er avril 1933. Dans l’édition allemande de 1933, les nazis rappelaient que c’est "le devoir de chaque Allemand que d’étudier les terribles aveux des Sages de Sion et de les comparer avec l’effroyable misère de notre peuple ; de tirer ensuite les conclusions qui s’imposent (...) La première tâche consiste à désintoxiquer le peuple allemand, et de lui faire prendre conscience de la noblesse de la race aryenne". Goebbels, le ministre de la Propagande, exploita fortement ce texte dès 1942. Quant à Himmler, il distribua des exemplaires aux commandants des camps d’extermination. L´objectif de la propagande hitlérienne était clair : il s’agissait de conditionner la conscience des individus et l’opinion publique, et ainsi d´inhiber tout esprit critique. L’Église catholique soutenait fermement ses visées dans la mesure où cela lui permettait de se promouvoir et de saper le judaïsme.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Protocoles, désormais interdits dans la plupart des pays européens, entament une seconde carrière, consécutive à la création de l’Etat d’Israël. [3] Une première édition en arabe paraît au Caire en 1951. Suivie de nombreuses autres, dans toutes les langues, y compris en français, dans la plupart des pays musulmans. [4] Les Protocoles servent alors à dénoncer un "complot sioniste". "La référence publique aux Protocoles est, par exemple, aujourd’hui présente dans les textes et les discours du FIS algérien et du Hamas palestinien" ajoute le chercheur Pierre-André Taguieff, qui a établi la plus importante bibliographie des éditions récentes de ce faux insubmersible. Le texte reparaît publiquement dans beaucoup d’États ex-communistes — il est en vente libre à Moscou. Certains l’utilisent même récemment pour entretenir l’anti-américanisme. Dans certaines banlieues françaises dont le terreau est favorable à la haine des juifs et des capitalistes on voit souvent des slogans propres au message subliminal que laissent encore aujourd’hui les Protocoles !

 

C’est finalement un cercle vicieux : la montée de l’antisémitisme et des nationalismes renforcent le Sionisme et celui-ci radicalise la haine du juif. [5] Par delà ce fait, on ne peut donc que déplorer que cette lutte entre Sionisme et antisémitisme trouve sa source dans l’influence qu’ont laissée des membres du clergé sur les peuples de la chrétienté. Pourtant le christianisme en lui même n'est pas à incriminé. La recherche d’un bouc-émissaire facile aux maux de la société a été une constante de toutes civilisations en crise [6]. Cette traque s’accompagne hélas de la manipulation et des mensonges les plus odieux. Les enjeux sont évidents: certains de ceux qui accusèrent les juifs de vouloir contrôler le monde avait cette envie en eux ! Ce n'était que la projection de leur propre fantasme. Leurs propagandes contiennent les raccourcis les plus abjectes. Combien de gens aussi se sont convaincus d’une chose par ce qu’ils désiraient y croire ? Les véritables chrétiens rejettent toutes idéologies racistes tout comme ils ne se sont pas laissés manipuler par les propagandes malfaisantes de l’époque. 

 

[1] Les juifs orthodoxes considèrent que lorsque Dieu a donné la Loi (Thora) à Moïse au Mont Sinaï il lui a révélé aussi des explications précises sur la manière de l’appliquer; ces instructions orales ont augmentées avec le temps par maintes explications et commentaires, jusqu’à être compilés par des rabbins à partir du IIème siècle de notre ère.

[2] Il faut préciser qu’à l’époque sous Alexandre III (antisémite) plusieurs membres du clergé orthodoxe avait fomenté la haine envers le peuple juif  et avait réussi à influencer le Tsar dans ce sens. Par exemple la Sainte-Fraternité, organisation secrète fut l’une des premières « forgeries » de faux documents, fabricant notamment de faux journaux révolutionnaires. L’historien Mikhail Lépekhine écrira que « Constantin Pobiedonostsev [membre du synode orthodoxe] est obsédé par l’invasion de l’appareil d’Etat par les juifs, qu’il juge “plus intelligents et plus doués” que les Russes ». La Sainte Fraternité voulait convaincre le tsar qu’un complot judéo-maçonnique se cache derrière le courant libéral et réformateur. Tout en dissimulant cette hyperactivité sous les apparences tranquilles d’un banlieusard résidant à Bourg-la-Reine jusqu’en 1910 Golovinski sera aidé par Pierre Ratchkovski, qui dirige les services de la police politique russe en France. Or selon la Bible les juifs sont l'objet de la vengeance de l'adversaire de Dieu qui leur fait payer cher l'engagement de leurs ancêtres, comme c'est écrit (en Romains 11:28) "par rapport au choix [divin], ils sont bien-aimés à cause de leurs ancêtres"

[3] L'ouvrage a été interdit en France par un arrêté de mai 1990 alors qu’il l’était déjà interdit en Suisse depuis 1935. Il jouit d'une certaine popularité parmi les populations du Moyen-Orient où il est régulièrement réédité dans la plupart des pays musulmans.

[4] Sur le plan culturel il existe depuis des millénaires une rivalité entre juifs et arabes du fait du désaccord entre le choix de l’enfant béni d’Abraham à savoir Ismaël (né d'une servante égyptienne et descendant des arabes) et Isaac (par qui devait venir "l'enfant de la promesse")… La Genèse établit que c’est Isaac alors que le coran penche plutôt pour Ismaël en condamnant les juifs. Cette rivalité va être ravivée avec les revendications sur Jérusalem, « la ville des prophètes » selon les différentes traditions juives ou musulmanes. Juifs et arabes veulent en faire un lieu symbolique et jusqu’à aujourd’hui ne se résignent pas à la partager. Dans les faits cela se traduit par la haine et les clichés qu’on véhiculés à la foi certains prêcheurs musulmans et le message du Protocole. Ce dernier va donc dans leur sens et a donc de beaux jours devant lui, la plupart des arabes confondant souvent antisionisme et antisémitisme. Sans compter avec les revendications des Églises de Jérusalem; le Vatican a refusé de reconnaître l’État d’Israël de 1948 à 1993.

[5] Le sionisme étant  « la sécularisation du  messianisme juif » ; une idéologie politique nationaliste et non religieuse -conception qui selon l’ONU a abouti à l’expulsion de milliers d’Arabes palestiniens de leur pays natal dès 1947...C’est pourquoi le 10 novembre 1975 l’Assemblée générale de l’ONU adopta une résolution qui assimilait le sionisme à une forme de racisme et de discrimination raciale.

[6] A ce sujet on peut remarquer une étonnante corrélation entre tous les "rois du nord "que mentionnent la Bible dans le livre de Daniel au chap. 11; ils ont tous à un moment donné de leur histoire commis des génocides juifs (Syrie avec Antiochus IV, Rome avec Titus, Allemagne avec Hitler, et URSS avec Staline pour ses purges de dirigeants, écrivains, écoles et organisations juives entre 1948 à 1953 ...)