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14/06/2014

Quand la sortie du film Cristeros en France dérange

Beaucoup comme moi ont été troublé et touché par le film Cristeros, que j'ai vu avec beaucoup de mal puisque peu de salles le projetaient à Paris (serait-ce une forme de censure ?). C'est un film très dur (âme sensible s'abstenir et à déconseiller aux enfants) mais bien interprété qui montre de façon réaliste le martyr de certains catholiques engagés dans une lutte insurgée contre les autorités mexicaines dès 1926. Ce film a la particularité d'être un aperçu de ce qui risque d'arriver bientôt un peu partout...Je retranscrit en partie ci dessous un article très intéressant d'un blogueur anonyme sur le site AgoraVox:

"Le long-métrage de l'américain Dean Wright consacré à la guerre des Cristeros qui fit autour de cent mille victimes civiles au Mexique de 1926 à 1929 sort enfin en France. Il est étonnant que cette fresque, un des plus gros budget du cinéma méxicain, qui a réalisé plusieurs millions de dollars de recettes aux USA ne sortent que maintenant en France, deux ans après sa réalisation. Il est vrai que les valeurs portées par cette oeuvre historique ne sont pas en phase avec celles de "l'intellegensia" hexagonale...

calles 2.jpgPetit rappel historique. La guerre des cristeros est une insurrection de paysans catholiques contre un gouvernement laïc et franc-maçon qui entendait retirer à l'église, très puissante au Mexique à l'époque, son influence sur la vie publique. Le président Calles (photo ci-contre) a ainsi fait fermer de force des églises, arrêter des prêtres, maltraiter des fidèles... les manifestations hostiles aux projets gouvernementaux furent durement réprimées. Une réaction à la vendéenne s'est alors développée, une guerilla qui a viré à un affrontement virulent entre 100000 "chouans" insurgés et 50000 soldats de l'armée régulière. Les combats ont duré trois ans et se sont poursuivis au-delà d'un armistice de façade signé en 1929, après que le pouvoir mexicain eut fait quelques concessions suite aux pressions [tardives] du Vatican. Le bilan humain de cette tragédie fut effroyable, exécutions sommaires, massacres, viols de masse, pendaisons de prisonniers et de leurs familles à des poteaux télégraphiques (...).

 L'acteur principal, Andy Garcia, est convaincant dans le rôle du général rebelle. Peter O'Toole, dans sa dernière apparition à l'écran, est excellent, interprétant avec justesse le rôle du curé assassiné de sang-froid par les soldats gouvernementaux. La réalisation est efficace et prenante. Mais alors pourquoi cette œuvre n'a pas été diffusée plus tôt en France, et pourquoi les médias officiels n'en font pas une juste promotion ?

 

C'est que les thèmes évoqués par le film dérangent. Combattre pour défendre une foi, des valeurs morales, un mode de vie et d'une manière générale des principes conservateurs, cela est insupportable pour notre oligarchie culturelle de bobos bien-pensants tendance socialisme de salon ; une exception française. De plus cette production est sortie des boîtes au mauvais moment en France. Celui où une partie de la population était dans la rue pour protester contre les lois sur le mariage gay. (...)

Du coup la sortie en France d'un film comme "Cristeros" faisait mauvais genre et risquer de galvaniser une partie des "réactionnaires militants". Car il y a un parallélisme entre les deux causes, la remise en cause de principes moraux issus de la doctrine de l'église par un gouvernement certes légitime car élu, mais composé de nombreux membres de réseaux philosophiques à l'instar du président mexicain Calles. Conflits d'intérêts, de conceptions de la société, de principes.

Je ne suis pas "catho-tradi", ni franc-maçon. Je pourrais être l'un ou l'autre, on me l'a proposé (...). Le cinéma de propagande de type indigènes, mon colonel, 24 jours, la marche ou encore qu'est qu'on a fait au bon dieu ? très peu pour moi. (...)

Il s'agit bien là d'un problème culturel spécifique à notre pays. Les vendéens, les sudistes américains, les boers et les cristeros mexicains sont considérés comme des crétins refusant le progrès et le bon sens. Pour certains leur mort était donc justifiée, comme Staline et Beria ont justifié l'extermination de 6 millions de paysans ukrainiens en deux ans car ils trouvaient ces gens idiots et arriérés. Pire, ils ne pensaient pas comme eux, n'avaient pas leurs représentations mentales. Au fait, quels manuels d'histoire évoquent le triste sort des cristeros et des paysans d'Ukraine ? (...) 

Les véritables démocrates sont ceux qui acceptent la différence, les opinions et le mode vie de l'autre. Les extrêmistes sont les sectaires qui refusent toute discussion et toute réflexion ; pour eux il y a les "bons" et les "méchants" à combattre, point barre. Staline, Mao, Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet, Castro et autres ne formaient qu'un ensemble de dictateurs imposant leurs vues culturelles. Or les catholiques pratiquants, comme les athées, les gens de couleur, les musulmans, les gays, les royalistes romantiques, les paysans ukrainiens et les témoins de Jehovah ont le droit de vivre et de cohabiter pacifiquement, dans le respect de ce qu'ils sont. C'est le principe de base de la démocratie, a priori..."

Contexte de l’époque à prendre en compte :

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Bien avant la France, depuis 1860 le Mexique pratique une politique de séparation de l’Église et de l’État ! Le dictateur Plutarco Elías Calles a vécu jusqu’en 1945, puisqu’il a quitté le pouvoir en 1934 et s’est réfugié aux États-Unis. Dans les années 20 certains politiciens voyaient d’un mauvaise œil les débordements publiques des manifestations pieuses de 'la classe mexicaine pauvre' ; les superstitions, les processions et les images en faveur de la Vierge de Guadalupe par exemple qui étaient courantesDes prêtres prenaient aussi facilement position dans les débats politiques. La plupart des biographes et historiens s'accordent sur le fait que Calles ait fréquenté les loges franc-maçonnes, sans être certains que cela soit à l'origine de ses opinions christianophobes*. En effet il semble qu'il soit devenu athée depuis l'enfance. Les sentiments anticléricaux étaient fortement exacerbés à l'époque dans 'la classe des instruits' (comme aujourd'hui). Face à l'anticléricalisme ambiant les Témoins de Jéhovah présents au Mexique à l'époque avait trouvé la parade; ils ont effectué une demande de reconnaissance  en 1930, en insistant sur leur neutralité dans les affaires politiques et les bienfaits sur le plan moral, culturel et mental de leurs enseignements sur toutes les classes de gens. Face à l'ignorance et au fanatisme l'aspect instructif était mis en avant. Le gouvernement accepta à condition que les témoins de Jéhovah ne violent pas les lois relatives au culte religieux et à l'ordre public...Aujourd'hui ils sont plus de 806 000 au Mexique !

*Rappel: si ce site pointe souvent l'influence des franc-maçons il ne souscrit pas aux différentes "théories du complot" en vogue. Mais il nie pas ce fait pour la bonne raison que certains dirigeants ou grands médias traitent ce sujet de façon dédaigneuse (ne serait-ce pas curieux ?), car jusqu'à preuve du contraire personne n'a démontré que les Illuminati n'existent pas et encore moins ( voir exemple récent ici) que l'influence des franc-maçons (aussi diverses soient leurs branches) ne se cantonne qu'aux  loges...

18/04/2013

Les scandales pédophiles: le silence des Eglises fait bruit

 Depuis quelques années, les affaires de pédophilie, longtemps soumises à la loi du silence, sortent au grand jour, révélant les abus perpétrés par certains prêtres. Dix ans après, le sujet est toujours tabou. En présence de Robin Renucci, interprète du prêtre pédophile dans le film «Le Silence des Eglises», de spécialistes mais aussi de victimes, Benoît Duquesne aborde cette délicate question dans Complément d'Enquête. Quelles sont les défaillances hiérarchiques au sein des ordres et des tribunaux qui ont causées autant de jeunes victimes en France ? Un petit décryptage sur les faits sera édifiant.


La vidéo de l'émission 'Complément d'Enquête' du 10 avril dernier a été curieusement censurée mais est visible  ci-dessous après avoir été récupérée :

 Outre le fait que la plupart des invités ont tenté de défendre de façon peu convaincante leur propre religion de souche seul Robin Renucci et 2 victimes de pédophilie ont su être objectif et clairvoyant en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Eglise. L'émission n'était pas à charge comme elle l'aurait pu l'être avec un autre groupement et bizarrement à aucun moment on a invoqué les dérives sectaires alors que la communauté a été épinglée par l'UNADFI et la MIVILUDES comme présentant un danger de dérives sectaires ! Il n'y a eu aussi aucune remise en question du célibat des prêtres qui est devenu tabou. Enfin comme le dit si bien un internaute (censuré aussi) bien que le film soit d'excellente qualité les belges et les canadiens sont moins complexés pour évoquer ce phénomène vu la portée d'autres films sortie à l'étranger sur ce sujet récemment. En France ce silence reste entouré d'une chape de plomb que peu de médias se risquent à briser.  Il n'y a pas de doute; tous ces éléments indiquent qu'il y a eu très probablement l'intervention de l'épiscopat pour étouffer les choses jusqu'au plateau télévisé. Concernant l'affaire Pierre Etienne justement revenons sur ses détails.

Une affaire parmi d'autres

En octobre 2011, pour l'émission 'Pièces à conviction' (elle aussi censurée) les journalistes d'investigation Linda Bendali et Romain Icard ont enquêtés au sein de la communauté catholique des Béatitudes dans la région toulousaine.
Celle-ci fut créée en 1973 et dirigé par Gérard Croissant, dit frère Ephraïm, parti en Afrique depuis le mois de février 2008. Cet ordre, qui mêle à la fois des familles, des laïcs et des religieux, est critiqué pour son mode de fonctionnement.
Les journalistes se sont penchés sur la vie de Pierre Etienne, membre de la communauté précitée, qui pendant plus de 20 ans, aurait commis des agressions sexuelles sur 57 enfants de 5 à 14 ans dans toute la France entre 1985 et 2000. Il dit avoir pourtant averti sa hiérarchie et demandé de l’aide pour soigner ses pulsions.
Pendant toutes ces années, il n’a jamais été dénoncé ou arrêté.
Pour résumer, connaissant la loi sur le délai de prescription, le clergé semble vouloir faire régner la loi du silence. Les dirigeants de la communauté en question se sont tus. Murielle Gauthier, une femme courageuse, témoin des faits à été réduite au silence, l’évêque a refusé d’entendre les faits et ne les a pas dénoncés comme la loi l’y obligeait. Les gendarmes n’ont pas cru les victimes. Et alors que le moine avait tout avoué de son côté, la juge d’instruction a fini par obtenir le classement après avoir demandé au moine de s’excuser par lettre auprès des parents des petites victimes. Heureusement, d’autres victimes se sont fait connaître. En 2011, il a écopé seulement de 5 ans de prison ferme.

Une véritable omerta

Quelle a été la réaction de l'Eglise ? L’enquête met en lumière la manière dont un pan entier de l’Église aurait organisé le silence autour de cette affaire. Pour y parvenir elle n’aurait pas hésité à sanctionner en son sein ceux qui se sont opposés au secret. Quitte à laisser cet homme, avec les risques qu’il pouvait présenter, au contact des enfants.
L'AFP du 2 octobre 2008 citait le Parquet qui indiquait que "six responsables ou membres de la communauté catholique des Béatitudes ont été remis en liberté après une garde à vue dans une instruction ouverte à Rodez pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité".
"Trois d’entre eux ont reconnu avoir été informés des agissements du mis en examen », Pierre-Etienne Albert, un des frères de la communauté, « sans toutefois avoir connaissance de la gravité réelle des faits et du nombre de victimes », a précisé le procureur de la République de Rodez, Manuela Garnier, dans un communiqué. « Ils seront convoqués ultérieurement pour audition par le magistrat instructeur », ajoute le communiqué.
Curieusement la juge d'instruction a demandé quelque chose d'inhabituel: que Pierre Etienne écrive aux victimes pour leur demander pardon dans cette affaire en lui faisant une copie ! Ce n'est pourtant pas ce qu'on attend d'un juge ! Pierre Etienne n'a même pas été mis en examen mais seulement entendu comme témoin assisté par elle dans un cadre très conciliant, alors qu'il a reconnu avoir pratiqué des attouchements sexuels sur des mineurs..
Et cela s'explique puisque Fernand Sanchez, un moine de la communauté, a selon un procès-verbal eu "un entretien avec le Procureur de la république d'Avranches pour que les victimes ne soient pas contactés".

Cette histoire qui confine au scandale et que l’Église aurait tenté d’étouffer révèle de graves dysfonctionnements au sein du clergé et de la justice. Certains crimes pédophiles sont commis avec l'assentiment du clergé et la complaisance de la justice.

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L'Eglise se terre derrière un mur d'indifférence

Jamais celle-ci ne s’est excusée dans ce dossier, jamais elle n’a reconnu ses fautes, jamais elle n’a daigné tirer les conséquences des faits qu’elle a couverts et encouragés par son silence complice. Aucun des évêques mis gravement en cause dans le reportage n’a été appelé à témoigner, ni entendu en vue du procès qui s’annonce.

Ce reportage est troublant. La pédophilie n’est pas, loin de là, le seul fait de l’Eglise. L’école, les colonies de vacances, tous les lieux d’accueil de la jeunesse sont potentiellement dangereux à cet égard. Et dans certaines religions du Moyen-Orient, on peut certes marier de vieux messieurs à des fillettes de huit ans.
Mais ce qui s’est passé ici est inqualifiable parce que les personnes qui ont tenté de dénoncer ces crimes, remplissant leurs obligations de citoyens, ont été exclues de la communauté. Seule Murielle Gauthier, une simple membre des Béatitudes à l’époque des faits, a accepté de témoigner devant la justice et â la télévision. L’Eglise aurait dû la féliciter, mais non. Elle a tout enduré pour avoir osé rompre la loi du silence : comme dans la mafia. Pire elle fut même menacée de mort ! L’accusé, le moine Pierre-Étienne, attend son procès qui va avoir lieu dans quelques semaines. Les enfants victimes, eux, n’ont reçu aucun soutien de l’Eglise.

Ne serait-ce que la partie visible de l'iceberg ?

Une autre enquête pour « non-dénonciation de mauvais traitements » est aussi en cours et concerne une série de suicides parmi des élèves d'un collège d'Autrey (Vosges) dirigé par la communauté.
Le SNAP, une association américaine de victimes de pédophilie, a engagé une procédure pour traîner le pape devant la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité », se fondant sur le lien hiérarchique entre Rome et les prêtres mis en cause. Elle a récemment fait cette déclaration: ""Nous voulons dire aux prélats qu'ils arrêtent de prétendre que le pire est passé, malheureusement le pire est sûrement à venir"!
Aux Etats-Unis, on estime que, depuis 2002, les diocèses américains ont versé plus de deux milliards de dollars à 12 000 victimes de pédophilie pour les agissements de 5000 prêtres. Cinq diocèses sont maintenant en faillite, dont Boston et San Diego.
Le cardinal brésilien Claudio Hummes, préfet de la congrégation du clergé, a reconnu que le pourcentage de pédophiles serait de 4% dans les rangs du clergé, soit beaucoup plus que dans l’ensemble de la population. Ce qui peut s’expliquer d’ailleurs de différentes façons. Soit le clergé attire des personnes de cette tendance soit le refoulement de la sexualité incite à se fixer sur des objets plus faciles.

Ce « crime abominable » selon les mots du cardinal, est donc très fréquent dans le clergé, en Europe, ainsi qu'en Amérique (Mexique y compris) même s’il ne faut faire peser un quelconque soupçon systématique sur tous ! Selon ce pourcentage sur 400 000 prêtres catholiques il y aurait 20.000 de par le monde qui seraient impliqués. En Belgique c'est aussi un fléau voyez le reportage de 31 mn ci dessous par la RTBF:

 

 

Dans un entretien accordé à la revue « Vida Nueva », Claudio Hummes a tenu à souligner que l’Église ne pouvait fermer les yeux sur ce problème. «  Il n’y a pas de place dans le ministère sacerdotal pour des personnes qui ont commis ces crimes. Les prêtres pédophiles doivent être sanctionnés par des lois civiles comme par des lois canoniques. L’Église ne peut accepter la pédophilie. »

En France il existe hélas plusieurs cas d'immixtion de la hiérarchie catholique sur d'anciennes affaires de justice concernant des "prêtres" mis en cause dans des attouchements sur des enfants. L'Eglise semble s'en accommoder en silence sans remettre en cause le célibat des prêtres. Qui peut réellement croire qu'il n'y a aucun lien de causalité entre cette restriction et ces déviations ? Peut-on rappeler ici que la non dénonciation de crime est un délit, même quand il est commis par un évêque ?

10/03/2013

Le grand sacrilège de Benoît XVI

Qu'aura apporté pour les générations futures le 265ème pape de l’Église catholique ? Pour nombre de catholiques bien des choses. Pour les plus réalistes, outre ses propres turpitudes et contradictions, il commit une invraisemblable profanation qui sera bientôt corrigée. Après 3 ans de pontificat seulement, il s'en prit au nom propre de Dieu pour tenter de le rayer des usages au sein de la chrétienté. Certains y verront un mal pour un bien considérant que ce grand nom prestigieux et sacré ne doit pas être prononcé par n'importe qui*. Reste qu'à ce sacrilège s'ajoute bien des remous qui auront marqué son pontificat. Voyez les faits.

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Entre ombres et lumières

La nouvelle qui est passée presque totalement inaperçue au début de l’été 2008. Suite au Synode des évêques catholiques tenu durant le courant de l’été 2008 , la Congrégation vaticane pour le Culte divin a envoyé, le 29 juin 2008, une lettre aux Conférences épiscopales du monde entier, leur demandant de ne plus prononcer le nom de Dieu " Yahvé" et que ce nom doit être effacée dans la liturgie.

arinze.jpgCette lettre, signée par le cardinal Francis Arinze préfet et de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est explicitement présentée comme une directive du pape Benoît XVI. "La Congrégation rappelle son document "Liturgiam Authenticam", de 2001, sur les traductions liturgiques, où il était stipulé que le nom du Dieu tout-puissant exprimé par le tétragramme hébreu et rendu en latin par le mot Dominus doit être rendu dans les langues vernaculaires par un mot de sens équivalent. Et elle déplore le fait que malgré une norme aussi claire, la pratique s’est répandue de « prononcer le nom propre au Dieu d’Israël », de le vocaliser dans la lecture des textes bibliques repris dans les lectionnaires ainsi que dans les hymnes et les prières, sous diverses formes comme Yahweh, Jahweh ou Yehovah." L’Église reconnaît donc implicitement que Dieu a un nom mais souhaite qu'il ne soit désormais plus utilisé; pourquoi ? [Voir l'Encyclopedie catholique qui reconnaît ce nom]

Une décision dictée par les traditions juives et ecclésiales

La pratique de prononcer le nom « Yavhé » est particulièrement courante au Etats-Unis et de nombreux chants liturgiques telles que ”You Are Near," ”I Will Bless Yahweh" et ”Rise, O Yahweh", seront bientôt bannies des messes aux Etats-Unis selon l'evêque de Paterson (New Jersey) Arthur Joseph Serratelli. Il a explicitement demandé que le nom de ”Yaweh" soit supprimé des hymnes et des diverses prières d’intercession au cours de la messe ou des autres sacrements.
Comme le souligne un article de Zenit,"les différents courants du judaïsme moderne maintiennent cette tradition que le Tétragramme ne peut être prononcé que par le Grand Prêtre dans le Temple, et même que celui-ci ne le prononçait généralement qu'à Yom Kippour”.
Le Temple de Jérusalem ayant été détruit, ce Nom n'est jamais prononcé par les Juifs lors de rituels religieux, ni lors de conversations privées. Par conséquent c’est cette tradition du judaïsme que reprend et impose l’église conciliaire.
ravasi.jpgC'est ce qu'a révélé depuis le Vatican, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, bibliste, et président de la commission du Message du synode des évêques, en présentant ce message à la presse et en répondant aux questions des journalistes.

Le document affirme : « En plus d'un motif d'ordre purement philologique, il y a aussi celui de demeurer fidèle à la tradition ecclésiale, puisque le tétragramme sacré n'a jamais été  prononcé dans le contexte chrétien, ni traduit dans aucune des langues dans lesquelles on a traduit la Bible ». Dans cette affirmation il n'y a rien de vrai. Plusieurs traductions anciennes de la Bible ont traduit le tétragramme en latin et d'autres langues (anglais, français, italien, portugais  etc...) comme la version synodale, la Bible de Jérusalem, la Bible de Crampon (1905) par exemple. De plus les premiers chrétiens connaissaient et prononçaient le nom de Dieu. C'est ce qui ressort de l'étude des copies fragmentaires connues aujourd'hui. A ce propos le professeur George Howard de l'université de Géorgie, aux États-Unis, a écrit : “ Comme la Septante utilisée et citée par l'Église du Nouveau Testament contenait le nom divin sous sa forme hébraïque, les rédacteurs du Nouveau Testament ont sans doute conservé le Tétragramme dans leurs citations."-Biblical Archaeology Review, mars 1978, page 14. Si les traditions humaines occultent ces faits à quoi sert alors la Bible que des ecclésiastiques arborent comme sacrée ?

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L'importance du nom de Dieu

Est-il important de connaître la prononciation exacte en Hébreu du Tétragramme divin ? Non car la transcription de son verbe (qui signifie "il fait devenir" ) dans d'autres langues est suffisante. Prenons l'exemple du nom de Jésus; qui est une traduction de son nom hébreu Yehôshoua; il ne viendrait à l'idée d'aucuns européens de l'appeler Yehôshoua sous prétexte que c'est ainsi qu'on le nommer en hébreu ! Il doit en être de même pour le nom de Dieu. Si nous ne savons pas exactement comment il se prononce il doit y avoir une bonne raison. Le catholicisme a utilisé la transcription « Yahweh » durant tout le XXe siècle. Aussi des écoles Juives qui recopièrent en grec le canon des Écritures n'ont pas traduits le Tétragramme mais l'ont laissés tel quel en Hébreu, ce qui montre qu'ils étaient influencés par la tradition mais aussi qu'ils en connaissaient la prononciation sinon comment pouvaient-ils lire les versets? Il semble donc que sa prononciation s'est perdue avec le temps. Au sujet de l'usage du nom personnel de Dieu chez les juifs aujourd’hui, il est intéressant de noter cette remarque de l'écrivain A. J. Kolatch : "La référence biblique à Dieu comme Ye. Ho. Va. (Jéhovah), écrite avec les lettres hébraïques Yod, Hé, Vav, Hé est généralement considérée être le nom authentique de Dieu." - "Le livre juif du pourquoi", préfacé par le Grand Rabbin Joseph Sitruk, page 347, Genève 1990, Editions MJR.
Si l'on considére la prière que Jésus Christ a donnée comme modèle, elle commence de cette façon : “ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié. ” (Matthieu 6:9). L’honore-t'on vraiment en interdisant de l'utiliser ? Non car selon Jéremie Dieu condamna ceux qui 'pensaient à faire oublier son nom' (Jérémie 23:27) !

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Au-dessus d'une porte de l'église de Fermarn, en Allemagne
 
Une Église "sur des eaux agitées"

Le 27 février dernier, lors de son discours d'adieu devant 150 000 personnes, Benoît XVI a déclaré, en faisant allusion aux scandales et controverses (pédophilie, Vatileaks notamment) : "Il y a eu aussi des moments pas faciles, dans lesquels les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l'histoire de l’Église, et le Seigneur semblait dormir. Mais j’ai toujours su que dans cette barque, il y a le Seigneur et j’ai toujours su que la barque de l’Église n’est pas la mienne, n’est pas la nôtre, mais est la sienne et qu'Il ne la laisse pas couler", a-t-il souligné. Évoquant du même coup l'hypocrisie religieuse et les divisions au sein du corps ecclésiastique. Jésus dormirait-il au milieu des loups ?
Le sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir, lève le voile sur les raisons de ce départ: le Vatican est "'un gouvernement très particulier, dans lequel de nombreux cardinaux très influents n'en réfèrent pas forcément très correctement au pape. A quoi s'ajoute la Banque du Vatican, très opaque également. Elle a été au cœur de plusieurs scandales ces dernières années, accusée de traiter en grande partie l'argent de la mafia…Benoît XVI voulait réformer profondément ces institutions mais il n'y est pas parvenu."
 

Joseph Ratzinger avait déclaré en 1977 : " L’Église est en train de devenir l’obstacle principal de la foi. On n’y voit plus que l’ambition humaine du pouvoir, le petit théâtre des hommes qui, avec leur prétention d’administrer le christianisme officiel, semblent barrer la route au véritable esprit du christianisme.»

 
Après sa renonciation, Benoît XVI, devenu "pape émérite"» conserve sa soutane blanche (mais sans mantelette, petite capeline qu'il porte sur les épaules) mais remplace ses chaussures rouges (rappelant le sang des martyrs) par des souliers mexicains marron. Le dernier pape à avoir renoncé à la papauté avant lui fut Grégoire XII, il y a 6 siècles en 1406. En attendant le "Pontife" reste au Vatican ce qui le met à l'abri d'éventuelles poursuites judiciaires (affaires de pédophilie, manipulations mentales, blanchiment d'argents etc...). La citée serait elle devenue un nouveau refuge pour criminels ?  Remarquons que le simple fait qu'il y ait aujourd'hui deux pontifes pour ce même empire nous rappelle l'époque du déclin de l'empire Babylonien qui survint subitement contre toute attente alors que régnaient deux régents; Belshatsar et Nabonide son père en 537 avant notre ère...
 
*On trouve à juste titre ce passage dans la 2ème lettre à Timothée (2:19):"Jéhovah connaît ceux qui lui appartiennent ”, et : “ Que tout homme qui nomme le nom de Jéhovah renonce à l’injustice. ”-TMN
"Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; et: Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu'il s'éloigne de l'iniquité."-Bible de Segond