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18/04/2013

Les scandales pédophiles: le silence des Eglises fait bruit

 Depuis quelques années, les affaires de pédophilie, longtemps soumises à la loi du silence, sortent au grand jour, révélant les abus perpétrés par certains prêtres. Dix ans après, le sujet est toujours tabou. En présence de Robin Renucci, interprète du prêtre pédophile dans le film «Le Silence des Eglises», de spécialistes mais aussi de victimes, Benoît Duquesne aborde cette délicate question dans Complément d'Enquête. Quelles sont les défaillances hiérarchiques au sein des ordres et des tribunaux qui ont causées autant de jeunes victimes en France ? Un petit décryptage sur les faits sera édifiant.


La vidéo de l'émission 'Complément d'Enquête' du 10 avril dernier a été curieusement censurée mais est visible  ci-dessous après avoir été récupérée :

 Outre le fait que la plupart des invités ont tenté de défendre de façon peu convaincante leur propre religion de souche seul Robin Renucci et 2 victimes de pédophilie ont su être objectif et clairvoyant en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Eglise. L'émission n'était pas à charge comme elle l'aurait pu l'être avec un autre groupement et bizarrement à aucun moment on a invoqué les dérives sectaires alors que la communauté a été épinglée par l'UNADFI et la MIVILUDES comme présentant un danger de dérives sectaires ! Il n'y a eu aussi aucune remise en question du célibat des prêtres qui est devenu tabou. Enfin comme le dit si bien un internaute (censuré aussi) bien que le film soit d'excellente qualité les belges et les canadiens sont moins complexés pour évoquer ce phénomène vu la portée d'autres films sortie à l'étranger sur ce sujet récemment. En France ce silence reste entouré d'une chape de plomb que peu de médias se risquent à briser.  Il n'y a pas de doute; tous ces éléments indiquent qu'il y a eu très probablement l'intervention de l'épiscopat pour étouffer les choses jusqu'au plateau télévisé. Concernant l'affaire Pierre Etienne justement revenons sur ses détails.

Une affaire parmi d'autres

En octobre 2011, pour l'émission 'Pièces à conviction' (elle aussi censurée) les journalistes d'investigation Linda Bendali et Romain Icard ont enquêtés au sein de la communauté catholique des Béatitudes dans la région toulousaine.
Celle-ci fut créée en 1973 et dirigé par Gérard Croissant, dit frère Ephraïm, parti en Afrique depuis le mois de février 2008. Cet ordre, qui mêle à la fois des familles, des laïcs et des religieux, est critiqué pour son mode de fonctionnement.
Les journalistes se sont penchés sur la vie de Pierre Etienne, membre de la communauté précitée, qui pendant plus de 20 ans, aurait commis des agressions sexuelles sur 57 enfants de 5 à 14 ans dans toute la France entre 1985 et 2000. Il dit avoir pourtant averti sa hiérarchie et demandé de l’aide pour soigner ses pulsions.
Pendant toutes ces années, il n’a jamais été dénoncé ou arrêté.
Pour résumer, connaissant la loi sur le délai de prescription, le clergé semble vouloir faire régner la loi du silence. Les dirigeants de la communauté en question se sont tus. Murielle Gauthier, une femme courageuse, témoin des faits à été réduite au silence, l’évêque a refusé d’entendre les faits et ne les a pas dénoncés comme la loi l’y obligeait. Les gendarmes n’ont pas cru les victimes. Et alors que le moine avait tout avoué de son côté, la juge d’instruction a fini par obtenir le classement après avoir demandé au moine de s’excuser par lettre auprès des parents des petites victimes. Heureusement, d’autres victimes se sont fait connaître. En 2011, il a écopé seulement de 5 ans de prison ferme.

Une véritable omerta

Quelle a été la réaction de l'Eglise ? L’enquête met en lumière la manière dont un pan entier de l’Église aurait organisé le silence autour de cette affaire. Pour y parvenir elle n’aurait pas hésité à sanctionner en son sein ceux qui se sont opposés au secret. Quitte à laisser cet homme, avec les risques qu’il pouvait présenter, au contact des enfants.
L'AFP du 2 octobre 2008 citait le Parquet qui indiquait que "six responsables ou membres de la communauté catholique des Béatitudes ont été remis en liberté après une garde à vue dans une instruction ouverte à Rodez pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité".
"Trois d’entre eux ont reconnu avoir été informés des agissements du mis en examen », Pierre-Etienne Albert, un des frères de la communauté, « sans toutefois avoir connaissance de la gravité réelle des faits et du nombre de victimes », a précisé le procureur de la République de Rodez, Manuela Garnier, dans un communiqué. « Ils seront convoqués ultérieurement pour audition par le magistrat instructeur », ajoute le communiqué.
Curieusement la juge d'instruction a demandé quelque chose d'inhabituel: que Pierre Etienne écrive aux victimes pour leur demander pardon dans cette affaire en lui faisant une copie ! Ce n'est pourtant pas ce qu'on attend d'un juge ! Pierre Etienne n'a même pas été mis en examen mais seulement entendu comme témoin assisté par elle dans un cadre très conciliant, alors qu'il a reconnu avoir pratiqué des attouchements sexuels sur des mineurs..
Et cela s'explique puisque Fernand Sanchez, un moine de la communauté, a selon un procès-verbal eu "un entretien avec le Procureur de la république d'Avranches pour que les victimes ne soient pas contactés".

Cette histoire qui confine au scandale et que l’Église aurait tenté d’étouffer révèle de graves dysfonctionnements au sein du clergé et de la justice. Certains crimes pédophiles sont commis avec l'assentiment du clergé et la complaisance de la justice.

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L'Eglise se terre derrière un mur d'indifférence

Jamais celle-ci ne s’est excusée dans ce dossier, jamais elle n’a reconnu ses fautes, jamais elle n’a daigné tirer les conséquences des faits qu’elle a couverts et encouragés par son silence complice. Aucun des évêques mis gravement en cause dans le reportage n’a été appelé à témoigner, ni entendu en vue du procès qui s’annonce.

Ce reportage est troublant. La pédophilie n’est pas, loin de là, le seul fait de l’Eglise. L’école, les colonies de vacances, tous les lieux d’accueil de la jeunesse sont potentiellement dangereux à cet égard. Et dans certaines religions du Moyen-Orient, on peut certes marier de vieux messieurs à des fillettes de huit ans.
Mais ce qui s’est passé ici est inqualifiable parce que les personnes qui ont tenté de dénoncer ces crimes, remplissant leurs obligations de citoyens, ont été exclues de la communauté. Seule Murielle Gauthier, une simple membre des Béatitudes à l’époque des faits, a accepté de témoigner devant la justice et â la télévision. L’Eglise aurait dû la féliciter, mais non. Elle a tout enduré pour avoir osé rompre la loi du silence : comme dans la mafia. Pire elle fut même menacée de mort ! L’accusé, le moine Pierre-Étienne, attend son procès qui va avoir lieu dans quelques semaines. Les enfants victimes, eux, n’ont reçu aucun soutien de l’Eglise.

Ne serait-ce que la partie visible de l'iceberg ?

Une autre enquête pour « non-dénonciation de mauvais traitements » est aussi en cours et concerne une série de suicides parmi des élèves d'un collège d'Autrey (Vosges) dirigé par la communauté.
Le SNAP, une association américaine de victimes de pédophilie, a engagé une procédure pour traîner le pape devant la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité », se fondant sur le lien hiérarchique entre Rome et les prêtres mis en cause. Elle a récemment fait cette déclaration: ""Nous voulons dire aux prélats qu'ils arrêtent de prétendre que le pire est passé, malheureusement le pire est sûrement à venir"!
Aux Etats-Unis, on estime que, depuis 2002, les diocèses américains ont versé plus de deux milliards de dollars à 12 000 victimes de pédophilie pour les agissements de 5000 prêtres. Cinq diocèses sont maintenant en faillite, dont Boston et San Diego.
Le cardinal brésilien Claudio Hummes, préfet de la congrégation du clergé, a reconnu que le pourcentage de pédophiles serait de 4% dans les rangs du clergé, soit beaucoup plus que dans l’ensemble de la population. Ce qui peut s’expliquer d’ailleurs de différentes façons. Soit le clergé attire des personnes de cette tendance soit le refoulement de la sexualité incite à se fixer sur des objets plus faciles.

Ce « crime abominable » selon les mots du cardinal, est donc très fréquent dans le clergé, en Europe, ainsi qu'en Amérique (Mexique y compris) même s’il ne faut faire peser un quelconque soupçon systématique sur tous ! Selon ce pourcentage sur 400 000 prêtres catholiques il y aurait 20.000 de par le monde qui seraient impliqués. En Belgique c'est aussi un fléau voyez le reportage de 31 mn ci dessous par la RTBF:

 

 

Dans un entretien accordé à la revue « Vida Nueva », Claudio Hummes a tenu à souligner que l’Église ne pouvait fermer les yeux sur ce problème. «  Il n’y a pas de place dans le ministère sacerdotal pour des personnes qui ont commis ces crimes. Les prêtres pédophiles doivent être sanctionnés par des lois civiles comme par des lois canoniques. L’Église ne peut accepter la pédophilie. »

En France il existe hélas plusieurs cas d'immixtion de la hiérarchie catholique sur d'anciennes affaires de justice concernant des "prêtres" mis en cause dans des attouchements sur des enfants. L'Eglise semble s'en accommoder en silence sans remettre en cause le célibat des prêtres. Qui peut réellement croire qu'il n'y a aucun lien de causalité entre cette restriction et ces déviations ? Peut-on rappeler ici que la non dénonciation de crime est un délit, même quand il est commis par un évêque ?

14/11/2012

Le champ médiatiquement étroit des "sectes" serait-il élargi ?

Manuel Valls le ministre de l'Intérieur a estimé ce mercredi que le risque terroriste représentait une menace "permanente" en France. Selon lui, des quartiers sont sous l'emprise de "sectes" incluant des centaines de personnes. Faut-il y voir là un nouvel élargissement médiatique de ce terme hautement péjoratif longtemps réservé aux minorités confessionnelles ?                                           

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Patrick Calvar remplace Bernard Squarcini à la tête de la DCRI

Selon le quotidien Le Monde "en marge de l'affaire Merah, sur laquelle il était interrogé sur RMC-BFMTV, le ministre a évoqué un "ennemi intérieur qui prospère sur [la] radicalisation de cet islam qui n'a rien à voir avec [celui] pratiqué par l'immense majorité de nos concitoyens, mais qui prône la haine, l'antisémitisme, qui se mélange en plus avec la petite délinquance, avec le crime, avec le trafic de drogue, il est là, il est présent". A cet égard, "ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont concernées", a jugé le ministre, ajoutant qu'"il y a des quartiers dans notre pays qui sont sous l'emprise de ces sectes".

Une menace "permanente". C'est en ces termes que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a qualifié le risque terroriste en France.  Il estime que des centaines de personnes constituent "potentiellement un danger en ce domaine" en rappelant que "nous l'avons vu il y a quelques semaines avec le groupe de Sarcelles (dont des membres sont suspectés d'avoir participé à un attentat à la grenade dans un magasin juif) qui a été appréhendé".

"Nous savons (que ses membres) se préparaient à la fois à envoyer peut-être des individus en Syrie pour faire le jihad, mais ils avaient sans doute des objectifs pour notre pays", a avancé le ministre, tout en se voulant "prudent" sur ce sujet.

Le risque terroriste "existe, il faut le combattre", a affirmé le ministre et, pour cela, "on a besoin d'un renseignement de très grande qualité et les différentes réformes que m'a proposées le nouveau directeur de la DCRI Patrick Calvar visent précisément à renforcer l'efficacité du renseignement", a-t-il indiqué. Pendant trois ans, de mars 2004 à février 2007, ce dernier fut sous-directeur du contre-terrorisme et du monde arabe-musulman.

On se souvient qu'Yves Bertrand, Directeur Général du service des Renseignements Généraux de 1992 à 2003, avait collaboré activement à fournir des « informations » aux députés de la commission d'enquête qui ont rendu leurs conclusions dans le fameux rapport de 1996. Par la suite il a reconnu que "ce travail a incontestablement vieilli" et qu'il a lui "même évolué sur la question" ajoutant que "certains groupes se sont vu un peu vite affubler du vocable de secte. La sémantique elle-même devrait être modifiée. Doit-on confondre en un même vocable, sectes et mouvements minoritaires, pratiquant le prosélytisme comme les témoins de Jéhovah ? J'en doute sincèrement."

Aujourd'hui, nous constatons que la notion de "secte" dans le vocabulaire français semble donc s'élargir à des courants minoritaires jugés dangereux qui jusqu'à présent étaient curieusement épargnés par cette désignation péjorative. Mieux; peut-on s'attendre à ce que ce champ de vision se déplace vers les mouvements dangereux ? C'est une probabilité à ne pas écarter. Mais seul l'avenir nous le dira. En attendant, il semble que tout comme aux Etats-unis, les services du renseignement ont un nouveau visage à leur tête. C'est probablement une pure coïncidence...

01/08/2012

Ces pratiques devenues embarrassantes qui rendent la société religiophobe

Ces derniers temps devant la multiplications de faits divers des autorités en Europe tentent de légiférer pour contenir les débordements dans les pratiques cultuelles. Réussir à concilier droits et devoirs devient un véritable casse-tête qui amènent certains élus à s'interroger sur la pertinence d'une harmonisation de la lesgislation au niveau européen. Voici quelques faits parmis d'autres qui ont ravivés le débat sur ces questions et remis en question des pratiques cultuelles.

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  • La judokate Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, l'une des deux premières Saoudiennes présentes aux JO, pourra monter sur le tatami la tête couverte, a annoncé le Comité international olympique. Une exigence en contradiction avec les règlements du judo, qui imposent à ses combattants de se présenter tête nue sur le tatami. Si le voile avait déjà été vu aux Jeux, sur des tireuses par exemple, cela n'avait jamais été le cas en judo, et l'affaire Shahrkhani crée un précédent. Cette autorisation est "un mauvais signe" et "un pas de plus vers l'obscurantisme", a dénoncé ce mercredi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). "Nous sommes inquiets, car nous considérons le sport comme un pas de plus vers l'émancipation", a indiqué Carine Bloch, vice-présidente de la Licra chargée du sport.
  • La justice allemande a estimé que la circoncision d'un enfant pour des motifs religieux était une blessure corporelle passible d'une condamnation, suscitant mardi un tollé de la communauté juive qui y voit une atteinte à la liberté religieuse. Dans un jugement qui devrait faire jurisprudence, le tribunal de grande instance de Cologne (ouest) a estimé que "le corps d'un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision", selon un communiqué mardi. "Cette modification est contraire à l'intérêt de l'enfant qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse", selon ce jugement qui n'interdit pas cet acte à des fins médicales. "Le droit d'un enfant à son intégrité physique prime sur le droit des parents", a-t-on indiqué de même source. Les droits des parents en matière d'éducation et de liberté religieuse ne sont pas bafoués s'ils attendent que l'enfant soit en mesure de décider d'une circoncision comme "signe visible d'appartenance à l'islam", poursuit le tribunal.Selon l’expert en droit Holm Putzke, dans le Financial Times Deutschland, cette décision judiciaire (qui est définitive pour je ne sais quelle raison) est « extrêmement importante pour les médecins car ils ont pour la première fois une base légale sur laquelle s’appuyer. Aucun médecin ne pourra plus à l’avenir prétendre avoir cru qu’il devait circoncire un enfant pas encore en âge de décider pour des raisons religieuses. »
  • En décembre 2011, les députés ont commencé à plancher sur un projet de loi visant à pénaliser le fait de nier la théorie de l’évolution darwinienne ou de soutenir l’intelligent design (dessein intelligent). Le nom du député à l’origine du texte est tenu secret afin d’éviter le harcèlement des groupes extrémistes religieux qui ne manqueront pas de réagir. l’Assemblée parlementaire, dans l’exposé des motifs du texte en préparation, « s’inquiète de l’influence néfaste que pourrait avoir la diffusion de thèses créationnistes au sein de nos systèmes éducatifs et de ses conséquences sur nos démocraties. Le créationnisme, si l’on n’y prend garde, peut être une menace pour les droits de l’homme.
  • Interrogé lundi 5 décembre 2011, sur Europe 1, François Fillon alors premier ministre, exprimait « son sentiment personnel », sur le halal et le casher, a jugé que les religions devraient « réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé. On est dans un pays moderne, il y a des traditions ancestrales qui ne correspondent plus à grand-chose alors qu'elles correspondaient dans le passé à des problèmes d'hygiène. On pourrait y réfléchir », a-t-il avancé. Mais « ce n'est pas le jour et pas le moment d'engager ce débat », a reconnu le premier ministre.

Ainsi, des athées italiens, britanniques et espagnols ont lancé une campagne d'affichage affirmant l'inexistence de Dieu. Leur slogan : "Il n'y a probablement pas de Dieu. Alors maintenant arrêtez de vous inquiéter et profitez de la vie".Cette  campagne athée, affirmant l'inexistence de Dieu et placardée sur 800 autobus de Grande-Bretagne ainsi que dans le métro de Londres.

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Ces faits interviennent alors que le 26 mai 2011 se sont tenus à Paris des États généraux de la laïcité pour une réflexion sur les religions et la laïcité. Etaient invités le Conseil économique, social et environnemental (CESE), la Troisième Assemblée constitutionnelle de la République et l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires. Ce colloque avait pour thème: « La laïcité confrontée au nouveau paysage religieux, spirituel et philosophique français » et était animée par Richard Michel, journaliste, ancien président de LCP-Assemblée nationale. Autant dire que ces préoccupations deviennent de véritables casse-têtes pour les autorités. Ce qui est regrettable ce sont les amalgames.