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20/05/2015

Génocides du Rwanda: entre la complicité des églises et l'échec de l'ONU

         (En mémoire à toutes les victimes innocentes des génocides du Rwanda à qui on devra la vérité)

Comment peut-on quitter une école retranchée qui abrite des centaines de familles et enfants quand derrière ses murs circulent des centaines de criminels, assoiffés de sang, armés de machettes, pour la plupart ivres et drogués ? C'est pourtant ce qu'a fait un contingent d'une centaine de casques bleus belges de l'ONU le 11 avril 1994 ! La suite fut une désolation horrible pour les plus de 2000 réfugiés qui se sont fait massacrés sauvagement sur place...Alors que le  Rwanda a connu plusieurs génocides un Tribunal pénal international pour ce pays (TPIR) vient d'établir des faits qui ont été longtemps renié...Voici le décryptage saisissant du carnage insoutenable qui en dit long sur les mécanismes de la manipulation des foules. Les récentes révélations font froid dans le dos (âme sensible s'abstenir).

Le Rwanda l'un des plus beaux petits pays d'Afrique qui comptait environ 7,9 millions d'habitants en 1994 a perdu en seulement 2 mois un huitième de sa population dans des massacres d'une sauvagerie qui dépasse l'entendement humain. Comment en est-il arrivé là ?

Les racines du génocide du Rwanda

On ne peut pas comprendre cette effroyable tuerie aveugle si on ne met pas les événements dans leur contexte.

cvg.jpgLe Rwanda est probablement le dernier pays d'Afrique exploré et colonisé par les européens. C'est à la Conférence de Berlin, en 1884, que les puissances coloniales vont se partager le continent africain. Les allemands vont s'atribuer le Ruanda-Urundi. Le comte allemand Gustav von Götzen (photo ci-contre) sera le premier Européen à traverser le Rwanda et être reçu à la cour du roi (Mwami) Kigeri IV Rwabugiri. Il sera le premier gouverneur du Rwanda sous mandat germanique. En 1894 il traversa le pays en 4 semaines et trouva les hutu dans une dépendance d'esclaves des Tutsi.

Bien qu'on ne possède que très peu de traces de son histoire plus lointaine, le Rwanda est composé de 3 ethnies différentes: les Hutu (majoritaires à 80% en 1994), les Tutsi (15%) et l'infime minorité Twa (1 %).

Les premiers colons allemands trouvèrent la population du Rwanda divisée en trois groupes :

  • Les agriculteurs Hutu (ou Bantou)
  • les chasseurs, cueilleurs et potiers pygmées Twa (ou Batwa)
  • les éleveurs, et chefs des armées Tutsi (ou Batutsi)

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Les premiers colons furent très impressionnés par la monarchie rwandaise, et considérèrent cette catégorie, les Tutsi, comme une « race » supérieure, assimilant aussi tous les Tutsi à ceux de la cour royale. Pour eux, les Tutsi sont plus grands (avec une taille de 1m80 à 2m10), plus clairs de peau, avec un nez plus long, plus beaux, plus intelligents, plus fiables, plus travailleurs, plus semblables aux européens en somme, ce qui les rendrait plus aptes à diriger. Ils constituaient un intermédiaire idéal utile c'est pourquoi les colons envoyèrent leurs enfants à l'école pour en faire une élite. Notons que certains Hutu pouvaient devenir Tutsi (en fonction de leur bétail) et vice versa.

ethnologues.jpgCes stéréotypes confortèrent l'idéologie ethniste et génocidaire. Des siècles de brassage entre ces trois groupes ont été parasité par de forts préjugés encouragés en partie par des colonisateurs occidentaux influencés par la théorie de Darwin sur la supériorité des races sur d'autres.

Pour contrecarrer les missionnaires anglicans le gouvernement allemand avait encouragé la fondation d’une première mission catholique. Celle-ci se révèlerait utile également dans l'éducation des foules. Dans cet œuvre d'exploitation, l'entreprise colonisatrice bénéficia d'un précieux pilier; le clergé catholique très présent. Pour garder la mainmise, à l'unisson ils vont contribuer à implanter localement de forts préjugés tribaux. Les premières missions catholiques à s'établir furent des Jésuites de l'OPUS DEI qui y voyaient l'occasion de créer une dictature catholique par le biais du Vicariat du Nyanza (Territoire sous juridiction de l’Église catholique indépendamment de l'autorité coloniale), lequel s'implanta de 1894 à 1929.

Les missionnaires qui semèrent la haine tribale

lavigerie.jpgLe cardinal Charles Martial Lavigerie (1825-92) fut le fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères blancs; une branche des Jésuites) qui devait pousser des études ethnographiques sur place pour les besoins de la science. En 1874, il déclarait à ses missionnaires qu’ils sont 'destinés par Dieu à être des instruments de ses miséricordes pour tant d’âmes plongées dans les ténèbres les plus affreuses de la barbarie'. A cela s’ajoute la fameuse malédiction des "Noirs" qui seraient les descendants de Cham le "maudit" fils de Noé (ce qui est bibliquement erroné). Dans ce contexte, dès 1890 le Cardinal charge l’Évêque Jean Joseph Hirth de consolider l’Église catholique dans la région et en particuliers au Rwanda.

Alors que les membres du clergé avaient une influence considérable sur les administrateurs et la royauté locale, dès 1919 des pères blancs ont changé d'attitude à l'égard des Tutsi. Selon un témoignage, "le père Brard admirait les Tutsi pour leur air intelligent, éveillé, curieux, mais discrets cependant, convenables dans leurs manières et méprisait les Hutu. Mais après quelques mois de relations fréquentes et frustrantes avec les Tutsi, [il] se mit à détester les chefs Tutsi: certains furent humiliés et contraints de transporter des briques..." En 1922, les pères Brard, Schumacher, Barthélémy déclenchèrent donc un vaste programme d'Inquisition, soutenu en sourdine par l'Evêque Léon-Paul Classe au Rwanda et le père Canonica au Burundi. Dans le contexte antisémite de l'époque le clergé stigmatisa les Tutsi 'd'ancêtres des juifs et d’envahisseurs'. Il y avait alors 30 000 missionnaires dans ce petit pays de plus de 4 millions d’habitants !

L'administrateur du Rwanda Richard Kandt écrira: "Si l’on fait abstraction de ce qu’il conviendrait plutôt d’attribuer à leur personnalité, tous les supérieurs [de missions catholiques], dans les premiers années de leur mission, avaient en commun une solide haine couplée à la méfiance envers les Watussi et des prises de position injustes contre les chefs ". L’évangélisation du Rwanda a été mise en œuvre dans la perspective d’évincer en même temps le pouvoir des Batutsi.

Plus tard (1923), suite à la défaite de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, la Belgique se verra confier l'administration du territoire Ruanda-Urundi par la Société des Nations (ancêtre de l’ONU). La Belgique confiera l'éducation de la population à L’Église. Elle était donc en terrain "fertile". L'éducation étant faite par l’Église, le Rwanda était appelé à être l'idéal chrétien: "le royaume de Dieu" sur terre".

 La question controversée de l'origine juive des Tutsis

 Pour certains historiens tout comme l'Institut Havilah (du nom de la célèbre région biblique selon la Genèse difficilement localisable les Batutsis sont d'origine hébraïques et descendraient de Salomon. « Nous lançons un appel à Israël et à la Communauté Internationale pour condamner et prendre des actions contre toute violence anti israélite, perpétrée par les non-israéliens à travers l'Afrique, sur plus de 500.000 Tutsi-Hébreux Israéliens au Rwanda. »- Le journal Jérusalem Post du 23 novembre 1998. D'autant plus que les Tutsis étaient réputés plus grands de tailles que les hutus ce qui correspondait à l'idée qu'on se faisait de ses ancêtres juifs. Ne voulant pas créer de nouveaux mythes sur les cendres des anciens, la Fondation Ntarama estime que l’enjeu de la théorie « radicaliste » de l’Institut  Havila est plus de nature politique qu’historique. S'il y a bien des juifs d'Afrique, il est difficile de bien retracer leur généalogie. Certains musulmans maliens ont, par exemple, des patronymes hébreux qui furent arabisés. Certains de leurs rites rappellent des pratiques religieuses juives.

 
Les Belges vont s’appuyer sur le Roi pour gouverner et favoriseront les Tutsi à qui ils confieront des tâches administratives importantes, quoique toujours subalternes. 

Alors que les pères blancs trouvaient les Hutu plus dociles pour en faire des adeptes les missionnaires protestants misaient sur les Tutsi. Les chefs Tutsi finirent par mépriser ouvertement les missionnaires étrangers. Du même coup, aux yeux de ces derniers, la "race supérieure" devenait "hautaine", "arrogante" et "hypocrite"... Les prêtres se faisaient donc un malin plaisir de maltraiter et d'humilier les chefs Tutsi !

"Les chefs, nous les avons laissés à l'écart. On a trop dit, un chrétien vaut mieux que dix Batutsi...nous avons souvent laissé à l'écart les Batutsi: trop riches, trop hostiles, ils ne sont pas encore mûrs pour notre sainte religion"- Note de l’évêque Léon-Paul Classe dans une lettre au supérieur général en 1907 ; Rutayisire, p.41.

La plupart de ceux qui étudient l'histoire des haines tribales du Rwanda accusent ouvertement les missionnaires qui ont évangélisé le Rwanda d’en être en partie responsables, pour avoir voulu à la fois semer et entretenir le bon grain et l’ivraie. En 1994 plus de 90% de la population se réclamait du christianisme, avec environ 73% de catholiques et 20 % de protestants.

Reste qu'en Kinyarwanda, la langue du pays, il n'existe pas de terme pour désigner l'ethnie. Les cartes d'identité « ethniques », instituées par les colons belges en 1931, utilisent le mot ubwoko, qui désigne en fait le clan. Comment ces stéréotypes ont-ils conduit aux massacres les plus sauvages du XX ème siècle ?

Chronologie du génocide tribal

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  •  Dans les années cinquante, l’élite tutsi formée en Europe était acquise aux idéaux tiers-mondistes et manifestait sa volonté d’indépendance, en allant jusqu’à contester l’omnipotence de l’Église. Dans ce pays devenu une théocratie catholique, c’était littéralement insupportable pour l’Église qui faisait du Rwanda-Urundi son fief et sa base d’implantation en Afrique centrale. Elle inversera donc ses critères de valeurs, idéalisant les Hutu comme « un peuple de Bantou très croyants, simples mais honnêtes et travailleurs », assujettis par « de cruels féodaux tutsi »
  • En 1956, le roi Mutara Rudahiga commence à discuter avec l’ONU afin d’obtenir l’indépendance du Rwanda. Il mourra 3 ans après dans des conditions mystérieuses.
  • En 1957, un séminariste catholique hutu, Grégoire Kayibanda (qui deviendra président du Rwanda) fait publier des Notes sur l’aspect social du problème racial indigène au Rwanda connu sous le nom de Manifeste des Bahutu. Ce texte fondateur des deux premières Républiques rwandaises a été rédigé par deux Pères Blancs belges, les Pères Ernotte et Dejemeppe, sous la supervision de Mgr Perraudin. Ce texte traduit bien le racisme « biologique » de leurs auteurs occidentaux.
  • eveque.jpgLe 11 février 1959, l’Évêque André Perraudin fait lire une lettre pastorale qui confortera l'intégrisme ethnique dans toutes les paroisses (ce qui fera de lui un des principaux idéologue et inspirateur de la Révolution sociale): « Dans notre Rwanda les différences et les inégalités sociales sont pour une grande part liées aux différences de race, en ce sens que les richesses d’une part et le pouvoir politique et même judiciaire d’autre part, sont en réalité entre les mains d’une même race » Ayant une énorme influence politique, il sera l'un des inspirateurs de la politique génocidaire en place. Il assimilera le retour des tutsi exilés à une "menace communiste qui vient de Satan".
  • En 1959 Kigeli V Ndahindurwa devient roi ce ne plaît ni aux représentants de l’Église, ni aux Hutu qui désirent être intégrés au nouveau gouvernement.Les manifestations vont dégénérer en guerre civile et beaucoup de Tutsi  sont tués. Les principaux promoteurs de la violence raciste sont les Pères Bellomi, Duchamp, Noti, de Vincke, Paul Klep, Jules Guyssens, Aelvoet, Dejemeppe, Endriatis, Ernotte et Perraudin — ce dernier en étant l’animateur principal —, tous mis en cause par des prêtres rwandais« pour avoir prêché ouvertement la haine contre les Tutsi, avoir encouragé et aidé les groupes responsables des violences».
  • Le 25 septembre 1960, un référendum est organisé. Ceux qui y participeront voteront à 80% pour la mise en place d’une république chrétienne et ethnique. L'ancien gouvernement quitte le pays vers l'Ouganda, ainsi que plus de 200 000 tutsi.
  • Aussi, en 1961, le parti politique hutu Parmehutu obtiendra 78% des sièges à l’Assemblée nationale du Rwanda. Pour la Belgique et l’Église catholique c’était, face à la volonté d’indépendance de l’élite tutsi, un moyen politique astucieux de préserver leur tutelle. Il formera le premier gouvernement hutu. Suite à ces événements, le Conseil de tutelle des Nations Unies insistera pour que la Belgique accorde l’indépendance au Rwanda. L’indépendance du Rwanda sera donc proclamée le 1er juillet 1962. Le 26 octobre 1962, Grégoire Kayibanda devient le premier président de la République du Rwanda.
  • En décembre 1963 suite à des combats à la frontière avec des éxilés qui reviennent, par représailles entre 8 000 et 12 000 hommes, femmes et enfants tutsi sont massacrés au pays. Le journal Le Monde évoque un génocide (édition du 4 février 1964)
  • En 1973, à la suite d'une violente campagne anti-tutsi dans les institutions scolaires, un coup d’État a lieu, et Grégoire Kayibanda est remplacé par son ministre de la défense, le général Juvénal Habyarimana. Le nouveau président Habyarimana ne sera pas aussi drastique dans sa politique de discrimination ethnique qui empêchait les Tutsi d’accéder à des postes de responsabilité politique. Il appliquera plutôt un système de quotas. Seuls 10% des Tutsi seront admis dans les écoles, les universités et les emplois, et presque aucun Tutsi ne pourra accéder à un poste de maire ou de préfet. Une nouvelle vague de Tutsi prendront le chemin de l'exil à la suite de ces événements.
  • En 1975, Habyarimana fondera son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND) dont la politique ethniste et raciste sera soutenue par l’Internationale Démocrate 'Chrétienne' (IDC) dont le secrétariat est basé à Bruxelles. Sur place les prêtres géraient les affaires du parti ! Pour aller à l'école les enfants devaient être baptisés.
  • En 1980 l'IDC organise sa première réunion publique international en Afrique à Kigali alors que le parti était une dictature qui enfermée en prison tous ceux qu'elle jugeait gênant. Grisée par son pouvoir l’Église possédait les meilleurs terres du pays alors que le menu peuple connaissait la misère. Il n'était pas question de mettre en place une politique de contrôle des naissances (vu que la contraception fut interdite) en royaume chrétien. Ce qui explique la forte croissance démographique du pays.
  • En 1987, les exilés tutsi s’organisent et forment le Front patriotique rwandais (FPR).
  • Après avoir été formé dans des écoles militaires aux Etats-Unis et à Cuba, Paul Kagame lance au début des années 1990 des opérations militaires du Front patriotique rwandais (FPR) depuis l'Ouganda avec d'autres exilés tutsis rwandais
  • Le Pape Jean Paul II se rend au Rwanda très catholique en septembre 1990.
  • L’Armée patriotique rwandaise (APR), la branche armée du FPR, attaqua le nord du Rwanda le 1er octobre 1990. Environ un million de personnes essentiellement des hutu fuient les combats et se déplacent vers le sud.
  • Aussitôt, le président Habyarimana demanda l’aide des pays alliés, dont la France, la Belgique et le Zaïre. En même temps, à Kigali, les Tutsi sont traqués, car ils sont considérés comme des traîtres qui supportent le FPR. Pour Mittérand le FPR est une menace de la prépondérance anglo-saxonne sur un territoire francophone, un ennemi des intérêts de la France.
  • Dès le 4 octobre 1990, la France, le Zaïre et la Belgique interviennent brièvement pour aider à évacuer des occidentaux. Le soutien militaire français fort de 688 hommes est maintenu sous la dénomination opération Noroît jusqu'à la mise en place des troupes de l'ONU. Le ministre de la coopération Robert Galley témoignera que l'armée française a bien été utilisée afin de stopper l'avancée du FPR. De 1990 à 1993 les FAR sont formées et réorganisées par l'armée française, pour contrer les attaques du FPR. Au nom d'une opération secrète, les livraisons d'armes qui ont été effectuées pour cela vont finalement servir aux génocidaires !

    Des machettes financées par une association vaticane

    Au moins cinq cent mille machettes avaient été achetées par le Rwanda entre 1992 et 1994 pour une valeur de 725.669 dollars américains, provenant du détournement des aides extérieures. Parmi ces machettes, 816 auraient été achetées en commande spéciale par Caritas-Rwanda, le 5 août 1993, auprès d’une société locale de Kigali, Rwandex-Shillington. Ces machettes ont ensuite été distribuées dans tous les centres de santé et centres nutritionnels de l’Église catholique du Rwanda, partout dans le pays. Caritas est une association vaticane à laquelle est affilée le Secours Catholique français.

 

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  • Le général Varret, de l'armée française, a rapporté aux députés français avoir entendu en 1990 du principal responsable de la gendarmerie rwandaise l'explication suivante à propos des Tutsis : « ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider »
  • Les autorités de Kigali entament dès octobre 1990 une politique de traque des Tutsi à l'intérieur du Rwanda. Plus de 10 000 Tutsi sont emprisonnés. La majorité d'entre eux échappe aux exécutions envisagées grâce aux interventions de la communauté internationale et des ONG. L'ambassadeur de Belgique prendra spectaculairement et courageusement la parole au nom des Droits de l'Homme au milieu de milliers de Tutsi détenus dans le stade Amahoro à Kigali. Malgré ces interventions, plusieurs dizaines de prisonniers succombèrent aux tortures pendant les interrogatoires dans les diverses prisons du pays.
  • Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d'état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un génocide contre les Tutsi. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le régime d'Habyarimana.
  • En décembre 1990 sont publiés et diffusés les 10 commandements hutu parmi lesquels celui de "cesser d'avoir pitié des tutsi".
  • Dès janvier 1991, dans le Nord-ouest du pays le massacre de la tribu minoritaire Bagogwe (apparenté aux tutsi) est organisé dans des camps où sont aussi installés les formateurs de l'armée française qui prétendent n'avoir rien remarqué. Ce massacre sera perçu comme une répétition du génocide. Les autres Tutsi sont traqués par leur voisinage, au gré de l'obéissance des autorités locales aux injonctions gouvernementales. La Fédération internationale des Droits de l'Homme fera deux rapports en 1992 et 1993 sur ces événements pré-génocidaires.

« Là il y avait une queue de véhicules qui attendait un contrôle. La tension était à vous couper le souffle. De loin j’ai aperçu les autos blindées [...] avec comme chauffeurs des militaires blancs. Mes amis canadiens ont chuchoté : “les Français”… Nous avons vu les militaires qui contrôlaient, les miliciens qui tenaient les barrières en agitant les machettes dans tous les sens. [...] Je me suis rendu compte que parmi les militaires il y avait aussi des Français qui demandaient aussi les cartes d’identité des Rwandais où figurait la mention “Hutu, Tutsi, Twa”. Les Tutsi se faisaient sortir de la voiture et les militaires français les remettaient aux mains des miliciens agacés qui les coupaient à coups de machettes et les jetaient [...] au bord de la grande route [...]. »-Témoignage d'une rescapée dans un bus fuyant le pays en avril 1991 à Ruhengeri, au croisement de la route de Kigali et de la montée vers les volcans.(cité dans le Communiqué de presse du 22 mars 2004 de la « Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 », Paris du 22-26 mars 2004)

  •  En 1992, le MRND créera la tristement célèbre milice Interahamwe (qui signifie en kinyarwanda « ceux qui combattent ensemble »). Les partis d’opposition remporteront les élections et le président Habyarimana perdra progressivement une grande partie de ses pouvoirs. Mais le président avec les milices Interahamwe et la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) qui seront les principaux organes du génocide s'autoqualifieront de Hutu Power. La radio qui appelle au meurtre des Tutsi dès 1992 est un élément important du conditionnement des esprits. Parmi ses animateurs un belge Georges Riggiu proche de l'IDC qui lança des prêche haineux contre les tutsi sur fond religieux !
  • Au début de 1993, le FMI et la Banque mondiale mettent fin à l’aide monétaire qu’ils offraient au gouvernement en place. Le Président Habyarimana est donc contraint de signer les accords d’Arusha (Tanzanie) qui prévoient la mise en place de nouvelles institutions de transition. La mise en œuvre de ces accords est partiellement retardée par le président Habyarimana dont les alliés extrémistes de la CDR (Coalition de défense de la République) n’acceptent pas les termes.
  • Le 3 mars 1993, face aux accusations de la presse sur place, « pour renverser les charges », le général Quesnot propose au président Mittérand d'incriminer la rébellion en exigeant « une réorientation forte et immédiate de l'information des médias [français] sur notre politique au Rwanda en rappelant notamment (…) les graves atteintes aux droits de l'homme du FPR : massacres systématiques de civils, purification ethnique, déplacement de population… ».
  • bago.jpgA la fin de l'année 93 le pouvoir ne pourra plus contrôler les milices ou escadrons de la mort qui font régner la terreur dans les rues sous la direction du colonel de l'armée Theoneste Bagosora. Il a organisé "dans l'ombre" la distribution des machettes et les mouvements des milices sanguinaires pour qu'elles "tuent 1000 tutsi à la minute".
  • Arrivée de la MINUAR, le contingent des casques bleus commandée par le général Dallaire en décembre 1993 avec environ 2 300 hommes, essentiellement des Bangladais, des Belges et des Ghanéens.
  • Dans un câble crypté le général Dallaire, commandant la MINUAR, informe le Secrétaire général de l'ONU, le 11 janvier 1994, de la mise en place de listes de Tutsis dressées.
  • Dans un télégramme diplomatique du 12 janvier 1994, l'ambassadeur de France à Kigali rapporte les confidences d'un informateur du représentant des Nations unies, qui lui a livré les détails « graves et plausibles » d'un plan de déstabilisation radicale du pays grâce à des provocations contre les troupes du FPR à Kigali, pour susciter une riposte. « Les victimes rwandaises que ne manqueraient pas de provoquer ces réactions seraient alors le prétexte à l'élimination physique des Tutsis de la capitale », explique le diplomate
  • En mi-mars 1994, selon ses aveux qu'il fera plus tard, le père Theunis connaissait le but des extrémistes de la CDR (la Coalition pour la défense de la République et de la démocratie) : « recommencer les massacres de 1959 »
  • Le 3 avril 1994, un message bizarre est diffusé sur la RTLM: "Le 4 et 5 avril il va se passer un petit quelque chose à Kigali en ces journées de Päques; une petite chose est prévue à Kigali, cette chose va continuer les jours suivants". Pour certains c'est un aveu de planification du génocide.
  • Le 6 avril 1994, l’avion du président Habyarimana est abattu par des missiles sol-air alors qu’il s’apprêtait à atterrir à Kigali. Les deux parties antagonistes vont s'accuser mutuellement pour cet assassinat. Les membres dissidents du gouvernement, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana ainsi que des opposants, sont éliminés dès le lendemain et un gouvernement intérimaire est mis en place à l'ambassade de France, avec Jean Kambanda pour premier ministre. C’est le début du génocide.
  • Le jour même la Radio RDMC ('radio machette') utilise le drame pour inciter les hutu à éradiquer les tutsi en diffusant la liste des noms des personnes à éliminer.

Kantano_Habimana.jpg « Les Inyenzi-inkotanyi [cafards-Tutsi] sont une race de gens très mauvais. Je ne sais pas comment Dieu va nous aider à les exterminer…Continuons à les exterminer pour que nos petits enfants n’entendent plus parler d’Inkotanyi. » « Réjouissons nous, amis ! Les Inkotanyi ont été exterminés…Dieu est juste ! »-Déclaration chantée de Kantano Habimana (probablement drogué), Radio Télévision Mille Collines, 2 juillet 1994.

  •  Le 7 avril, la garde présidentielle assassine le premier ministre qui s'apprêtait à lancer un appel au calme à la radio nationale. Dix casques bleus belges qui assuraient sa protection sont désarmés et eux-mêmes assassinés plus tard dans la matinée.
  • Les journalistes à la radio RTLM entrain de fumer de la drogue appelèrent la population hutu à dresser des barrages pour servir "d’abattoirs". Ils encouragent les tueurs à prendre de la drogue "pour avoir plus de courage et à ne laisser passer aucuns cafards qu'il faut massacrer."
  • baril.jpgSelon plusieurs sources Paul Barril (ancien responsable du GIGN et conseiller du Président Juvénal Habyarimana) aurait été l’intermédiaire dans l’achat de deux missiles sol-air, entre novembre 1993 et février 1994, pour le compte du Hutu Power. L'ex-gendarme affirmera plus tard agir sur les ordres de François de Grossouvre (de l'Elysée). Il se vanta d'avoir assuré la défense de Kigali face aux rebelles du FPR sous l'opération appelé "Insecticide" financée par l’État français (ce fut sous le qualificatif de cafards qu'on traitait les tutsi)
  • Le 7 avril, le jour même, François de Grossouvre, le conseiller international des avions Marcel Dassault du président Mittérand est retrouvé mort à l'Elysée ! Celui qui était comme les yeux du président et qui avait tissé de grands réseaux d'affaires et politiques en Afrique (étant franc-maçon) était devenu subitement la bête noire du président. La thèse du suicide est officiel alors que le rapport d'autopsie précise que le corps de Grossouvre présentait « une luxation avant de l'épaule gauche et une ecchymose à la face ». En réalité étant proche d'Habyarimana il fut probablement impliqué dans le génocide. En savait-il trop ? Le mystère demeure. La coïncidence est tellement évidente qu'elle amène à penser que l’Élysée était tellement impliquée qu'elle a voulu cacher certaines choses gênante en rapport avec le Rwanda.
  • Beaucoup d'églises dans lesquelles viennent se réfugier des milliers de Tutsi deviennent "des chambres de la mort" où des miliciens viennent achever un par un les tutsi, femmes enfants compris, avec la complicité et parfois l'aide des membres du clergé !
  • Du 7 au 10 avril des milliers de Rwandais cherchent refuge dans les divers cantonnements de la MINUAR. Celle-ci se trouve débordée et n'a pas les moyens de leur apporter eau et nourriture.
  • Le 8 avril 1994 la France et la Belgique évacuent leur ressortissants. Les soldats n'ont pas le droit de confisquer les armes ni d'intervenir. Le colonel Marchand du contingent belge avouera plus tard que "si ses supérieurs avaient une vision plus responsable des choses, il avait suffisamment de troupes sur place pour empêcher que le génocide démarre à Kigali"
  • Le 9 avril, madame Agathe Habyarimana la veuve du défunt président est exfiltrée en France et reçoit une gerbe de fleurs, un appartement en dotation et 200 000 francs pour frais de bouche- (L’Inavouable, Les Arènes, 2004, de Patrick de Saint-Exupéry, page 259.)
  • Dans un communiqué du 10 avril 1994, publié dans l'Osservatore Romano, les évêques de l’Église catholique du Rwanda, apporte clairement leur soutien au nouveau gouvernement intérimaire et aux forces armées rwandaises.
  • Le 11 avril 1994, sur ordre de l'état-major belge, les soldats belges de la MINUAR cantonnés dans l’École technique officielle Don Bosco (ETO) , dans l’est de la capitale, se replient pour aller renforcer l'aéroport, abandonnant de fait les plus de 2000 rwandais qui s'étaient réfugiés à l'ETO à leur sort. Ceux-ci sont aussitôt massacrés (voir en introduction). Une centaine de rescapé a réussit à survivre.
  • Alors que les appels à envoyer des hommes de Boutros Ghali le secrétaire général de l'ONU restent lettre morte pour des raisons financières, le 21 avril 1994, la résolution 912 de l'ONU réduit les effectifs de la MINUAR à 270 personnes, soit 10 % de ce qu'elle était sur le terrain et 5 % de ce qui avait été prévu initialement. Le représentant du Rwanda à l'ONU fait passer son pays comme "victime d'une invasion étrangère" pour susciter la sympathie des autres pays. La secrétaire aux affaires étrangères Madeleine Albright, et l'ambassadeur français à l'ONU firent pression pour que le terme génocide ne soit pas employé tout en parlant de "guerres ethniques". Les troupes doivent se retirer ce qui suscite la colère des casques bleus sur place.
  • L'armée française qui a évacué les ressortissants vers la métropole avait reçu la mission secrète de protéger la famille du président déchu et le directeur de la radio des milles collines en les exfiltrant sous protection ! Elle devait aussi empêcher le FPR de progresser. Elle livra donc des minutions aux soldats rwandais qui ont les mains plein de sang.
  • Le 27 avril, au milieu du génocide, Jean-Bosco Barayagziwa, idéologue et leader du Hutu Power fut reçu officiellement à l'Élysée, à Matignon et au Quai d' Orsay, par François Mitterrand, Édouard Balladur et Alain Juppé . Pourquoi s' en offusquer ? « Dans ces pays-là, un génocide, c'est pas trop important », confiera le Président à des proches, durant l'été 1994 .
  • Le 8 juin 1994, 2 mois après que ses observateurs soient sur place,  le Conseil de sécurité de l'ONU dénonce des actes de génocide commis au Rwanda.
  • Le 22 juin 1994, la France intervient au Rwanda dans le cadre de l'opération Turquoise, autorisée par la résolution 929 des Nations-Unies (Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression), elle est dotée du mandat de pouvoir agir par la force, mandat qui a toujours été refusé à la MINUAR qui intervenait au titre du chapitre VI. Les zones d'intervention de la France, au sud-ouest du Rwanda, sont négociées avec le FPRL. Mais l'opération Turquoise fut ainsi un formidable trompe-l'œil. L'alibi humanitaire ne trompait que les caméras complaisantes. Le corps expéditionnaire français de plus de 2500 militaires était équipé de véhicules blindés, pour le combat. Il s'avéra souvent incapable de transporter et sauver les survivants Tutsis qu'il découvrait : drôle d' opération humanitaire ! Les organisateurs du génocide préparèrent un accueil triomphal aux troupes françaises. Leur station de radio, RTLM , avait même pensé aux détails. Plusieurs jours avant l'arrivée des Français, elle diffusait des messages du genre : « Vous, les filles hutu, lavez-vous et mettez une belle robe pour accueillir nos alliés français. Toutes les filles tutsi sont mortes, vous avez vos chances .»

La complicité de la France dans le génocide

Pour Annie Faure de l’association sur place des Médecins du Monde,  « l’opération Turquoise a permis de  tuer plus de Tutsi, elle a été faite pour sécuriser les tueurs et leur permettre d’exterminer les Tutsi restant. Par cette opération la France a entérinée sa solution finale à elle. ».

 

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  •  Le 28 juin 1994 les soldats français arrivent dans la forêt du Bisesero pour aider 50 000 tutsi entourés par des meutes de tueurs sauvages hutu lourdement armés et épaulés par des militaires et gendarmes rwandais formés eux-mêmes par des instructeurs français. Comme les tueurs s'étaient cachés, ils repartent et promettent de revenir dans 3 jours. En revenant, ils découvrent malgré les tueries parfois à la grenade, une sorte de foyer de résistance qui ressemblera au ghetto de Varsovie.  Ils installent les quelques centaines de rescapés dans un camp.
  • De son côté les troupes du général Belge Dallaire vont sauvé environ 30 000 tutsi.
  • Tout au long du mois de juillet l'armée française va permettre à des milliers de génocidaires hutu de fuir au Zaïre (actuel Congo) dans des camps de refugiés pour éviter les poursuites et représailles du FPR qui en avançant par le nord en exécutant des hutu (entre 25 et 45 000 ). Des exactions génocidaires furent donc commis des 2 côtés.
  • Le 4 juillet, les troupes du Front patriotique rwandais (FPR), conduites par l’actuel président Paul Kagamé, s’emparent de Kigali après une longue avancée depuis l’Ouganda, au nord du pays. Ils mettent un terme à 100 jours de génocide contre les Tutsi et les opposants hutu, en faisant tomber le régime de Juvénal Habyarimana. Le génocide aura fait entre 800 000 et un million de morts en grande partie tutsi.
  • Le 17 juillet l’état-major tactique français organisa l’évacuation vers le Zaïre du gouvernement génocidaire rwandais
  • La plupart des médias français à la grande déception des journalistes sur place se focaliseront sur l'épidémie de choléra qui affectait les réfugiés hutu pourtant génocidaires au Zaïre, alors que 3 km de l'autre côté de la frontière le pays était tapissé de cadavres. La tentative pour occulter le génocide réussit mais pas pour longtemps.
  • À partir du 15 septembre, la force africaine présente en Centrafrique passe le flambeau aux Casques bleus de l’ONU. La nouvelle mission onusienne, la Minusca, va déployer 7 600 hommes, dont une grande partie se trouve déjà sur place. À terme, elle devrait compter 12 000 hommes.
  • Une fois que le FPR pris le contrôle du pays il mit en prison de nombreux génocidaires. L'IDC a exigé à plusieurs reprises leur libération ! Ce qui lui fut refusé.
  • Le 25 mars 1998 le président Bill Clinton s'est déplacé jusqu'à Kigali pour présenter ses excuses au nom de sa nation. Il expliquera qu'il n'était pas intervenu parce qu'il n'y avait aucuns intérêts en jeu pour les américains tout en reconnaissant sa part de responsabilité dans la tragédie du Rwanda.
  • Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions gacaca (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994 — prononcer « gatchatcha ») ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles s'ajoutent aux sept cent cinquante gacaca pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines régions du pays. Les gacaca sont inspirées des anciennes assemblées villageoises sauf qu'ici certains jugent ont de la famille parmi les inculpés. Elles ont été créées pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'ONU.

Le guêpier rwandais qui implique la complicité internationale

La décision de l'ONU de ne pas intervenir au Rwanda partait du constat d'échec de ses casques bleus à Mogadiscio en Somalie qui étant sous couvert du fameux paragraphe 7 stipulant qu'ils pouvaient utiliser la force s'est soldé par la mort d'une cinquantaine de soldats onusiens. L'ONU de guerre lasse a donc cédé le terrain aux tueries les plus folles...Paradoxalement se sont les militaires français dépêchés un peu tard pour protéger les civiles (en réalité principalement les hutus des représailles des forces rebelles ) qui ont agit sous le paragraphe 7 de l'ONU ! Les responsables politiques de gauche comme de droite vont jusqu'à ce jour toujours nier ou minimiser leur responsabilité dans ce génocide, allant jusqu'à dire que "si c'était à refaire ils referaient la même chose". Aujourd'hui les politiques concernés continuent de réfuter les accusations de complicité. A supposé que ce soit faux on ne peut pas dire que les opérations militaires françaises soient une réussite. Ce carnage insoutenable à grande échelle sur 3 mois démontre plutôt l'incompétence de toutes les autorités qui auraient pu l'éviter.

Du côté des français et de l'Onu auquel ils étaient affiliés, les militaires furent obligés d'obéir aux ordres; ils ne pouvaient pas faire usage de leur conscience ou de leur humanité sans en avoir à en rendre compte à leur hiérarchie: ils fonctionnaient donc comme une espèce d'instrument ou de machine. Ce "machin" comme disait De Gaule ou cette "chose" a hélas causé une horrible désolation en Afrique.

Le fait que des milliers de génocidaires aient traversé la frontière au Congo a participé à la déstabilisation toute entière de la région qui a encore des répercussion aujourd'hui. Les tensions perdurent (voir ancien article à ce sujet). Même si les conflits interethniques ou interraciaux se sont estompés, il demeure une force de motivation beaucoup plus grande qui malheureusement entraîne encore des guerres. Ces tensions sont encore de nature religieuses.

La complicité des églises

Concernant le cas spécifique du Rwanda, on a constaté qu’une distance de façade est affichée publiquement par l’Église vis-à -vis de ses membres impliqués dans le génocide. Mais en même temps, cette soi-disant distance s’accompagne d’une forte solidarité discrète de la hiérarchie catholique, envers ces hommes et ces femmes aux mains criminellement souillées. Jusqu’à maintenant, aucune mesure ne serait-ce que disciplinaire (encore moins un châtiment canonique) n’a été prise à leur endroit, de la part de l’Église. Pire encore, on leur confie divers ministères pastoraux, et toute dénonciation de leurs crimes est considérée comme une persécution de l’Église. Parmi les cas connus du grand public, il y a celui du tristement célèbre Abbé Wenceslas Munyeshyaka qui vit à Gisors, près à Évreux en France. Son cas est un symbole vivant de l’impunité bénie et soutenue par l’Église catholique. Le cas de l’Abbé Wenceslas a même valu à la France une condamnation par la cour européenne des Droits de l’Homme, pour ne l’avoir pas jugé dans un délai raisonnable. Ce verdict date d’il y a dix ans, c’était le 8 juin 2004. D'autres affaires récentes concernant des responsables religieux sont en cours.

"S’il est effectivement certain que la France aura été le bras armé du génocide, il est non moins avéré que – avant, pendant, comme après – le Vatican et l’église catholique au Rwanda auront eu des responsabilités tout aussi décisives. Il n’est pas exclu qu’en tournant nos regards vers Rome, on découvre un jour les ressorts de ce crime inconcevable"- Jean Paul Gouteux, chercheur en entomologie médicale à l’Institut de recherche pour le développement.

Des protestants sont aussi impliqués. Par exemple, Michel Twagirayesu, président de l'Église presbytérienne du Rwanda et ancien vice-président du Conseil Œcuménique des Églises a été accusé par des membres de la municipalité et par des paroissiens d'avoir eu une participation active.

Il est fort intéressant de noter que la première liste officielle des présumés génocidaires concernait quelques deux mille personnes toutes responsables du crime de génocide, or parmi celles-ci figuraient onze ecclésiastiques de l’Église Catholique dont deux missionnaires européens: l'abbé Maindron Gabriel (de France) et le prêtre Bellomi Carlo (d'Italie) ! L'affaire du génocide au Rwanda est clairement à rattacher à toute une idéologie extrémiste catholique qui s'est installée en un laps de temps d'au moins 30 ans.
Certains parlent de filières vaticanes (Opus Dei ?) qui auraient permis à une cinquantaine de prêtres rwandais génocidaire de fuir vers l'étranger en particulier au Canada. Reste qu'en 1997 le Pape Jean Paul II a envoyé une lettre publique pour absoudre l’Église catholique de toute responsabilité au sujet du drame rwandais ! Trois ans après avoir fait disparaître les preuves  ?

L’attitude du Vatican sur le Rwanda en 1994 en question:

 « N'avoir jamais condamné la discrimination raciale dans le pays, pis, l'avoir pratiquée activement sur le terrain et au plus haut niveau dans les instances officielles de l’Église rwandaise, puis se taire alors qu'on peut et qu'on doit défendre les victimes tutsi pendant et après le génocide, enfin demander avant leur procès la clémence pour les bourreaux hutus armés avec le silence complice des autorités religieuses du pays - ce qu'a fait Jean-Paul II -, voilà qui ressemble étrangement au comportement de Pie XII avec les juifs pendant le IIIe Reich, non ? »-Michel Onfray

Dans ce contexte, la folie funeste à gagner tous les courants religieux, à l'exception des Témoins de Jéhovah. Même des pasteurs de l’Église pentecôtistes ont participé aux massacres.

Le Rwanda l'exemple typique de l’échec de l’Église catholique

Rappelons que le pays était presque qu'un territoire à 73 % catholique avec des élites le plus souvent gagné à ces enseignements implantés depuis plus d'un siècle. Comme le reconnaîtrons des ecclésiastiques les foules de tueurs n'ont pas comprises le message du christianisme; elles étaient chrétiennes pour la forme. On ne leur avait pas enseigné les valeurs simples de fraternité et d'impartialité. Pire la plupart des membres du clergé avaient soutenu, quand ils ne les ont pas fomenté, les idéologies racistes et anti tutsi. C'est l’échec tout entier de ce qui était une dictature catholique. Aujourd'hui le nombre de rwandais qui se disent catholiques est estimé à moins de 43 % au lieu de 73 % il y a 20 ans. C'est dire combien la désaffection fut importante. Loin de conforter leur religion les jésuites ont lamentablement échoué dans leur entreprise qui s'est retournée contre leur propres plans.

L’exploitation des peurs et complexes à l’origine de la haine ethnique

Au lieu d’enseigner les vraies valeurs, les pères blancs ont exploité les plus bas instincts pour parvenir à leurs fins.

Il est arrivé que des hutu de petites tailles qui s'en prirent à des tutsi de plus grandes tailles les narguaient en leur coupant les pieds pour qu'ils soient de mêmes tailles ! Ce qui est surprenant dans ce drame c'est de voir comment des frustrations naissant de complexes de petites tailles ou d'infériorité peuvent conduire à une haine aussi ridicule et monstrueuse ! Ces incidents ignobles en disent long sur le fond du génocide: une profonde jalousie malsaine qui affecte l'ensemble d'un groupe ethnique. Certains hutu pratiquaient toujours leurs rites sorciers dans les camps de réfugiés de Ngara dans le nord de la Tanzanie en sacrifiant la nuit des individus.

Autre détail significatif; le sentiment d'appartenir à une caste pauvre qui serait exploité par une riche là aussi c'est un autre facteur de haine. Beaucoup se sont vengés par cupidité en volant tout à leurs victimes.

Enfin l'effet miroir; j'accuse donc je suis. Sous l'effet de la propagande et de la peur les génocidaires ont attribués à leurs victimes leurs propres intentions meurtrières. L'effet de groupe a fait s'enflammer la haine.

Par contre tuer des enfants, des nourrissons, des femmes après les avoir violé et éventré; tout ceci est proprement inhumain. On ne peut expliquer cette folie démoniaque que par l'intervention d'esprits cruels et profondément malfaisants.

 

Le dernier génocide du XX ème siècle fut sans doute le plus rapide et il a entre autres rayé de la carte plus de 70 % d'un groupe ethnique dans l'indifférence totale de la communauté internationale. Les médias français ont réussit à berner l'opinion publique pendant des mois en 1994; l’histoire montre que cela peut se répéter, obéissant aux diktats de la pensée unique. Pire ils peuvent toujours aussi facilement basculer dans la stigmatisation et la haine. Le temps écoulé nous permet de saisir, a posteriori les raisons qui ont poussé les Pères Blancs, à recourir à la politique du bâton et de la crosse, lors de leur apostolat au Rwanda. De mon point de vue, mais je veux rester humble, car il est très facile de parler vingt ans après les faits, toute la lumière n'a pas été faite sur ceux qui ont plus ou moins échafaudé ce macabre plan. Néanmoins on ne peut que saluer le courage et l'endurance des rescapés qui dans leur silence sont un témoignage vivant de l'extrême cruauté possible qui peut encore gagner les humains. Leurs souffrances relativisent largement les nôtres.

22/10/2014

Le synode sur la famille veut préparer la société sur deux ans à changer la pratique sans la doctrine

Le Parisien a consacré un article intéressant sur le synode qui s'est tenu récemment à Rome pour réformer l’Église catholique. Le constat est sans appel; comme on l'avait indiqué dernièrement l'institution vieille de 17 siècles a du mal à se réformer. C'est un énorme bouleversement pour la chrétienté ! Comme certains médias ont du mal à décrire objectivement ce qui a eu lieu et sans verser dans l'anticléricalisme voyons ce qui s'est vraiment passé.

Un synode "historique" sur la famille

Comme le protestantisme les Églises catholiques et orthodoxes sont à la recherche de réformes qui leur permettent d'être plus accessibles ou plus en phase avec leur environnement de plus en plus hostile à la religion. Cela suppose qu'elles touchent à leurs traditions. C'est un exercice très difficile. Comment jongler avec des croyances et des traditions ancrées plusieurs fois centenaires et la modernité ?

Du 5 au 19 octobre dernier, pour son premier synode, le pape François a convoqué à huit-clos près de 200 évêques et quelques auditeurs extérieurs au Vatican pour "se pencher sur l'énorme fossé entre ce que l’Église dit de la famille et ce que des dizaines de millions de catholiques font."

Ceux qui ont cru à un «grand soir» de l’Église catholique sur les questions du divorce et de l’homosexualité resteront sur leur faim; pour les plus optimistes le pape a perdu une bataille mais pas la guerre.  "En apparence, les conservateurs ont finalement gagné la partie. Samedi 18 octobre, le vote du rapport concluant cette première phase du synode (uniquement consultatif), échelonné sur deux ans, corrige cette première impression de victoire «libérale». Les deux points les plus controversés portant sur l’accès à la table de communion interdite aux divorcés-remariés et sur l’organisation d’un meilleur accueil des homosexuels dans l’Église ont été rejetés. Ou plutôt, ils n’ont pas recueilli l’imposante majorité des deux-tiers qui était exigée de la part des votants" explique Slate. L'article ajoute: " Le pape François qui, en 2016, aura le dernier mot, ne fait d’ailleurs pas mystère de ses préférences. On ne peut pas présumer de ce qu’il tranchera dans le texte final de sa main qui, seul, fera autorité, mais plus personne n’ignore désormais l’extrême habileté de ce pape jésuite à introduire le changement dans la pratique «pastorale» de l’Eglise, sans changer d’une virgule la sacro-sainte doctrine."

Un intérêt médiatique sur la question de l'homosexualité

L'article du parisien est intéressant puisque beaucoup de personnes en France comme ailleurs attendent depuis longtemps des changements de position l’Église sur les homosexuels. D'ailleurs au début de ce synode les attentes étaient immenses, témoin la façon dont le Parisien commentait les premières journées:

"Le rapport des interventions de la semaine, présenté lundi par le cardinal hongrois Peter Erdö, l'affirme : les personnes homosexuelles «ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne». Une manière de reconnaître que l'identité d'une personne «n'est pas déterminée principalement par sa tendance sexuelle», a précisé le cardinal de Budapest [une autre façon plutôt de ne pas évincer les nombreux prêtres qui vivent dans cet état caché...]

Autre évolution sensible : l’Église semble reconnaître pour la première fois le caractère potentiellement positif d'une union durable entre personnes de même sexe. «Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu'il existe des cas où le soutien réciproque jusqu'au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires», précise le document de travail."

"VIDEO. Mariage et divorcés: le Pape en synode sur des eaux agitées"-Citation du Parisien:

 "Le texte encore provisoire, qualifié de «séisme pastoral» par le vaticaniste américain John Tavis, ne propose cependant pas de modifier la doctrine condamnant l'acte homosexuel. Et les évêques restent unanimes pour réserver le terme de «mariage» à l'union homme-femme. De même sur l'homoparentalité, l’Église indique que «les droits des petits doivent être toujours au premier rang». Ce texte marque la volonté de «miséricorde» de l’Église vers l'homosexualité. Une résolution qui semble transcender le clivage conservateurs/réformistes qui anime le catholicisme. «Sans nul doute, nous avons été lents à assumer un regard respectueux de la dignité et de l'égalité des personnes homosexuelles», a même reconnu Mgr Angelo Scola, le cardinal conservateur de Milan, proche de , dans une interview au quotidien Repubblica."" Que s'est-il passé par la suite ?

Une fin de synode sous une intense pression médiatique et sociale

Le Parisien du 18 octobre poursuit :"Ce synode agité, le premier convoqué par François, est la première phase d'un long processus de consultations. Un deuxième synode «ordinaire», chargé d'élaborer des propositions, est prévu pour octobre 2015. Ses conclusions seront remises au pape, qui aura le dernier mot. Certains cardinaux craignent que l'édifice de l’Église ne s'écroule tout entier en cas d'ouvertures majeures sur le divorce, l'union libre ou l'homosexualité. Les évêques du Sud se plaignent notamment que certaines ONG, l'Union européenne ou l'ONU soumettent certaines aides  l'acceptation de programmes contraires à leur conception des mœurs et de la vie, comme la contraception et l'homosexualité.

Les 183 pères synodaux ont participé au vote final sur chacun des 62 paragraphes. Pour être approuvés, chacun devait être voté aux deux-tiers. Trois paragraphes n'ont pas obtenu cette majorité qualifiée. Deux concernent certains aspects du texte initial sur l'accès aux sacrements des divorcés remariés (104 et 112 pour, 74 et 64 contre) et le troisième sur l'accueil des homosexuels (118 pour, 62 contre). «Sur ces points, on ne peut considérer qu'il y a un consensus du synode. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont complètement rejetés», ont expliqué ensuite plusieurs porte-paroles.
Les paragraphes en question n'ont d'ailleurs pas été retirés du texte final. Celui-ci avait été qualifié de «séisme pastoral» par le vaticaniste américain John Tavis. Il ne proposait toutefois pas de modifier la doctrine condamnant l'acte homosexuel. Et les évêques restent également unanimes pour réserver le terme de «mariage» à l'union homme-femme. De même sur l'homoparentalité, l'Eglise indique que «les droits des petits doivent être toujours au premier rang»."

Le Parisien reconnaît: "La médiatisation du synode a été aussi jugée responsable des tensions. «Ce qui a été publié par les médias sur les unions homosexuelles, est une tentative pour pousser l’Église à changer sa doctrine», a ainsi jugé le cardinal guinéen Robert Sarah. L'archevêque de Malines-Bruxelles André Léonard avait de son côté déploré «l'incident» qu'a représenté, selon lui, la décision de rendre public lundi ce texte provisoire. «On a dû alors se focaliser sur les questions qui intéressent la presse au lieu de travailler sur celles qui intéressent les familles», avait-il dit à Radio Vatican."

Dès le 28 juillet 2013, il faisait sensation en déclarant à propos des homosexuels:«Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?» Cela prête à sourire quand on sait qu'il y a quelques siècles en arrière il suffisait que les papes utilisaient leur seule position pour faire mettre à mort n'importe qui !

Avez-vous remarqué la différence de traitement médiatique du synode entre le début et la fin ? L'intérêt est vite retombé !

En réalité, les enjeux sont vitaux pour l'institution puisque de plus en plus d'homosexuels occupent des postes politiques, médiatiques, sociaux et diplomatiques importants. Le pape François est donc pris au pied du mur. Pour sauver l’Église de la grande vague de désaffection il ne peut reculer sur ces questions. Ne pouvant toucher aux dogmes catholiques, il n'a pas d'autres choix que de gagner du temps en préparant les esprits à ce que l’Église change sa façon d'accueillir ces nouvelles mœurs sociétales qui sont en vogue. Exercice difficile et périlleux à la fois puisqu'il laisse fermenter de nouveaux schismes ou de nouvelles tensions à l'horizon.

25/08/2014

Les Églises orthodoxes derrières le conflit russo-ukrainien

C'est un fait encore tabou; l’Église orthodoxe ukrainienne sous juridiction du patriarcat de Kiev soutient activement les soldats pro-Kiev dans les combats qui font rage à Lougansk et à Donetsk. Dès sa création en 1991, le patriarcat de Kiev avait pris des positions nationalistes ravivant de dangereuses tensions au point que la Russie et l'Occident traversent leur pire crise depuis la guerre froide. Nous en subissons les conséquences en Europe jusqu'à présent avec la menace de nouvelles récessions économiques...Voyons plus clair sur ce qui se trame à travers cette situation complexe. 

Un 'obstacle géopolitique' à la restauration de la grande Russie

La guerre civile gangrène l'Ukraine entre l'armée nationaliste ukrainienne et les milices pro russes. Aux yeux du Patriarche de Moscou Cyrille Ier et de Poutine, la déstabilisation de l'Ukraine est l’œuvre de l’Occident.

philarete.jpgPour résumé la situation, à côté du clivage ethnico-linguistique qui divise l’Ukraine, il en existe un autre, de nature religieuse qui attise les tensions et la haine. La majorité des Ukrainiens est orthodoxe, mais répartie en deux Églises. La première, l’Église orthodoxe ukrainienne, relève du patriarcat de Moscou, tandis que la seconde, le patriarcat orthodoxe de Kiev, dirigé actuellement par le Primat Philarete [ photo ci-contre], s’en est détachée en 1991, dans une démarche d’indépendance par rapport aux Russes. L’autre grand groupe religieux qui rassemble les gréco-catholiques à Kiev se retrouve aux côtés du patriarcat de Kiev pour défendre l’orientation pro-occidentale du pays.

Le patriarcat de Moscou n’a plus aucun doute : ces deux Églises, dont l’une dépend de Rome, se sont lancées dans une croisade anti-russe. Le climat se refroidit dès la fin du mois de décembre 2013, avec la publication d’un document du patriarcat de Moscou réaffirmant avec fermeté son refus de la primauté de l’évêque de Rome sur l’Église universelle.

En avril dernier, Cyrille Ier a appelé à prier pour le peuple russe vivant en Ukraine, quand celui de Kiev a assuré que l'"ennemi" russe était condamné à l'échec !  C'est ainsi que par la suite des responsables de l'Église orthodoxe de Russie sont personae non gratae dans certaines parties de l'Ukraine. La chute de Viktor Ianoukovitch (protecteur de l’Église orthodoxe ukrainienne) et la radicalisation de la crise n’arrangent rien. Peu après, le nouveau Premier ministre ukrainien, de confession gréco-catholique, Arseni Iatseniouk est reçu au Vatican par le pape lui-même. La guerre est lancée...

L’Église orthodoxe de Kiev (une des 3 officielles) a  écrit des lettres à plusieurs banques et établissements financiers afin de lever des fonds pour soutenir l'armée ukrainienne.

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Un membre du clergé orthodoxe de Kiev bénissant, ce mardi 19 août, des soldats du bataillon de Donbass, des militaires pro-Kiev qui tentent de repousser les bastions pro-russes dans l'est du pays

L'ampleur des divisions confessionnelles sur la population ukrainienne

pretres.jpgLe vendredi 24 janvier 2014, le président Victor Ianoukovitch a rencontré les représentants du Conseil ukrainien des Églises et des organisations religieuses (CUEOR). Deux jours plus tôt, ce même Conseil avait publié une offre de médiation entre le peuple révolté et le gouvernement. Un texte de consensus était signé par son président, le métropolite Antoine de Borispil et Brovary, numéro deux de l’Église Orthodoxe ukrainienne (sous juridiction du patriarcat de Moscou). Conscient des visées du président russe à diviser l'Ukraine en deux pays distincts, le CUEOR insistait sur un point non négociable, l'unité de la nation ukrainienne :« Nous appelons à défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine et de se défaire résolument de toute tentation de séparatisme au sein de notre patrie, car nous formons un seul peuple ! Il est indispensable d'exprimer un amour fraternel à nos concitoyens quelles que soient leurs origines, leurs langues et leurs religions. La propagation de la haine au prétexte des appartenances ethniques ou religieuses est intolérable. ». Le crédit dont jouissent les Églises en Ukraine au sein de la population est important, mais elles font face à un État  extrêmement sécularisé et méfiant vis-à-vis d'elles. Depuis 1991, date de l'indépendance du pays, les Ukrainiens sont revenus massivement à la foi de leurs ancêtres. Le pays compte plus de 34.000 paroisses et communautés religieuses à 97% "chrétiennes", dont la moitié sont "chrétiennes orthodoxes", et dont l'autre moitié sont catholiques et protestantes. On estime à 25 millions le nombre de personnes qui se déclarent comme orthodoxes (à part à peu près égales entre les Églises pro-ukrainiennes et l’Église relevant du patriarcat de Moscou), 6 millions de fidèles catholiques (dont 5 millions de grecs catholiques, ce qui en fait la principale Église catholique de rite oriental dans le monde). 

 «La pire des paix vaut mieux que la guerre»

Patriarche-Onoufrii-500x353.jpgUne rencontre historique entre le patriarche Cyrille et le pape, en préparation depuis longtemps, est remisée aux calendes grecques. « Encore début février, le projet semblait bien avancé. La crise ukrainienne l'a rendu impossible », a confirmé pour l'AFP Yves Hamant, expert français de l'orthodoxie et de la Russie. Un conservateur ouvertement prorusse Onoufriï [ photo ci-contre] a été élu le 13 aout dernier nouveau dirigeant de l’Église orthodoxe d'Ukraine subordonnée au Patriarcat de Moscou qui devra la positionner face au séparatisme dans l'Est et la montée des sentiments anti-russes dans le reste du pays.

Une influence considérable dans les jeux de pouvoirs politiques

patriarch.jpgL'Église orthodoxe ukrainienne dépendant du Patriarcat de Moscou n'a pas hésité à s'immiscer dans le jeu politique, en soutenant ouvertement le candidat pro-russe Viktor Yanoukovitch, tandis que sa rivale du Patriarcat de Kiev ainsi que l'Église gréco-catholique d'Ukraine n'ont pas ménagé leur soutien au candidat d'opposition. Lors de certains rassemblements pro-Yanoukovitch, des manifestants brandissaient des icônes, en affirmant le lien religieux entre l'Ukraine et la Russie. Le conflit entre l'Ukraine occidentale et l'Ukraine orientale, traditionnellement tournée vers la Russie, a été fréquemment présenté comme un conflit de religion, même si la plus grande prudence demeure de mise: Viktor Youchtchenko est lui-même issu d'Ukraine orientale, et il a confirmé publiquement son allégeance à l'Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou. L’Église orthodoxe du patriarcat de Moscou revendique toujours, au moins sur un plan symbolique, l'unité de toutes les terres russes (Russie, Ukraine, Biélorussie)...

"Pour [Cyrille 1er_photo ci dessus], la perte de l'Ukraine est un drame: ce n'est pas seulement celle d'une partie du troupeau rejoignant les 'schismatiques', c'est la perte de sa place dans l'orthodoxie, du mythe du 'monde russe' rassemblant sous sa houlette tous les orthodoxes de Russie, Ukraine, Biélorussie", relève Yves Hamant.

La difficulté russe d’intégrer le Saint-Siège dans son combat géopolitique

Le combat géopolitique de Poutine a pour but de renforcer les valeurs traditionnelles, abandonnées par l’Occident. Ce dernier partage avec le patriarche Cyrille Ier, la conviction que l’Occident sombre dans la décadence. La Russie doit être protégée d’une telle influence, que l’installation d’une démocratie libérale ne manquerait pas de favoriser. Tout cela se déroule au moment où Vladimir Poutine amorce sa politique de restauration de la puissance de la Russie. L’exaltation de l’orthodoxie, comme vecteur identitaire et ciment de la nation russe, occupe une place centrale dans son programme politique. Son attachement à la défense des valeurs traditionnelles et surtout son hostilité aux États-Unis le poussent à regarder du côté du Vatican. Comme si face au projet mondialiste des Américains, fruit de la pensée libérale et protestante, Rome et Moscou devraient s’unir...

08/12/2013

Les Jésuites et 'la Compagnie de Jésus', le puissant réseau d'influence du pape

  Aborder objectivement les œuvres politiques de la Compagnie de Jésus, cette société secrète composée de "Jésuites initiés", s’avère être un exercice périlleux et complexe au vu des nombreuses rumeurs et caricatures qui circulent à leur sujet. La tentation est tout aussi facile pour cet ordre très puissant de brouiller les pistes...Qui sont-ils vraiment et que sait-on à leur sujet ? Par-delà les polémiques qui prennent souvent des allures excessives, il reste néanmoins quelques zones d'ombres surprenantes. Un petit récapitulatif historique permettra de s'en faire une idée plus réaliste et plus précise.

Un ordre au service du pape

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Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola est né le 24 décembre (jour du réveillon) 1491 dans le Pays basque espagnol. Trésorier de la Reine de Castille, Isabelle la Catholique, il mena pendant dix ans une vie de Cour "adonné aux vanités du monde et principalement en se délectant dans l'exercice des armes". Renvoyé en 1516 de la Cour il entre dans l'armée du vice-roi de Navarre. À l’issue d’un accident de guerre, en 1521, au siège de Pampelune, grièvement blessé à la jambe par un boulet de canon, il resta longtemps allongé ce qui lui permit d’analyser ses mécanismes psychiques les plus subtils. Il sublima l’énergie sexuelle de manière contrôlée sur la base d'exercices spirites, ce qui va l'amener à codifié un système de développement occulte. Dans un mélange de ferveur et d'anxiété, il voit en songe lui apparaître « Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus », il rejette « sa vie passée et spécialement les choses de la chair». En 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de chevalier, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge Noire devant laquelle il y déposa ses larmes. 

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Il mena jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite, de mysticisme et d’ascétisme au cours de laquelle il commence la rédaction de ce qui deviendra les "Exercices spirituels". Il rejoint par la suite la prestigieuse université de Salamanque et décide à se rendre à Paris en février 1528. Ordonné prêtre en 1537, ses compagnons et lui firent vœu d'allégeance au pape dans une Église en crise et menacée par la Réforme protestante. C'est ainsi qu'il se proposèrent de fonder un ordre de prêtres savants, rigoureux, intègres et d’un immense volontarisme réformateur . Le projet de créer la Compagnie de Jésus est acceptée par le pape Paul III le 27 septembre 1540. Il promit au pape de sauver son trône du danger de la Réforme, établit une milice totalitaire camouflée en ordre religieux et partit à la conquête de l’univers « Pour la plus grande gloire de Dieu » selon sa formule qui deviendra l'adage de l'ordre. Le 22 avril 1541, Ignace est élu premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans le catholicisme. À la tête des Jésuites, il devint le fer de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme. Il orienta sa congrégation vers l'œuvre 'missionnaire', en particulier vers les Indes et la Chine.

" J’irai même jusqu’à ne pas croire aux Évangiles si la Sainte Église devait les interdire "-François Xavier, le plus grand missionnaire jésuite (1506-52).

Un dessein clair depuis les origines

Comme les autres religieux, les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également un quatrième vœu qui leur est propre, celui de l'obéissance absolue au pape. Ce vœu ne concerne pas le pape, mais les missions que le souverain pontife donne à l‘un ou l’autre jésuite ou à l’ensemble de la Compagnie. La priorité fut donnée à l'instruction de la jeunesse car elle serait un gage de pouvoir et d'influence énorme sur l'éducation des élites. C'est ainsi que certains 'auteurs, poètes, nobles ou savants ont reçu cette 'éducation'. Le but inavoué était donc d'asseoir par tous les moyens la suprématie du catholicisme dans le monde par la culture, et par extension la conversion, l’œcuménisme et les intrigues politiques.

" Je n'aime pas l'Institut des Jésuites. Élevé dans leur sein, je savais discerner, dès cette époque, l'esprit de séduction, d'orgueil et de domination qui se cache, ou qui se révèle dans leur politique, et qui, en immolant chaque membre au corps et en confondant ce corpus avec la religion, se substitue habilement à Dieu et aspire à donner à une secte surannée le gouvernement des consciences et la monarchie universelle de la conscience humaine. "-Alphonse de Lamartine, poète et romancier (1790-1869).

 

"Les jésuites ont répandu dans l’Église les ténèbres les plus épaisses qui soient jamais sorties du puits de l'abîme." - Blaise Pascal, mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français (1623-62)

 Tous les jésuites se distinguent par une formation intellectuelle poussée. Alors que les autres ordres ne réclament qu'un an de noviciat avant la profession solennelle, le futur jésuite doit d'abord subir une probation de deux années, au bout desquelles il émet les premiers vœux qui constituent le premier degré, celui des « scolastiques » pour ceux qui se destinent à la prêtrise, celui des « coadjuteurs temporels approuvés » pour ceux qui seront employés aux offices domestiques. Ils doivent ensuite consacrer cinq années à l'étude de la philosophie et des sciences (scolasticat), puis cinq années où ils doivent s'adonner au professorat, et quatre à cinq années encore à étudier la théologie, qui les mènent vers le sacerdoce. Enfin, chaque jésuite doit prononcer les quatre vœux, dont celui d'obéissance au pape. Au final chaque jésuite initié aura passé au moins 15 années d'études avant d'être comptés parmi les profès.

L'écrivain théoricien Eric Phelps écrivit:

"Lorsque Loyola se présenta au Pape pour lui offrir ses services, il lui dit en substance: "Que les Augustins continuent à faire des monastères pour que les esprits contemplatifs s'y retirent; que les Bénédictins continuent à se donner à l'œuvre littéraire; que les Dominicains maintiennent la responsabilité de l'Inquisition; mais nous, les Jésuites, nous allons capturer les collèges et les universités. Nous prendrons le contrôle de l'instruction sur la loi, la médecine, la science, l'éducation, ainsi nous extirperons tous les livres d'instruction injurieux à Rome. Nous moulerons les pensées et les idées de la jeunesse. Nous nous engagerons comme des prédicateurs Protestants et des professeurs dans les diverses croyances du Protestantisme. Tôt ou tard, nous réussirons à faire discréditer l'autorité du Nouveau Testament Grec d'Érasme, ainsi que les traductions de l'Ancien Testament qui osent s'opposer à la Tradition. De même nous déprécierons la Réforme Protestante"

Une 'police secrète' à la conquête du monde

Quand Ignacio de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, il faut comprendre le mot “compagnie”, comme l’équivalent d’un “régiment” dans l’armée. Ce sont des soldats, des missionnaires du Vicaire du pape. Le Jésuite François Xavier débarque en Inde à Goa dès 1542 et y fonde le premier collège de jésuites, avant de se rendre au Japon plus tard. À Goa, les jésuites se lancent dans une opération de christianisation massive, visible dès la fin du XVIè siècle. En 1582, commence la mission jésuite en Chine puis aux Amériques et enfin en Océanie. 

À la mort d'Ignace de Loyola (1556), la Compagnie compte plus d'un millier de membres. En 1615, elle en regroupe 13 000 et en 1749, 22 500 dont 15 000 professeurs pour 649 collèges créés. Aujourd'hui les Jésuites sont présents sur tous les continents dans plus de 112 pays et compteraient environ 19 200 membres (chiffres 2007).

Chef Jésuites.jpgComme pour la plupart des ordres religieux catholiques, leur nombre est en diminution : les jésuites étaient 36 000 en 1966 et encore 30 000 en 1973. En perte de vitesse en Europe, ils sont maintenant majoritairement répartis en Asie (3 800 en Inde), en Amérique latine et en Afrique. La Compagnie est également confrontée à la concurrence d'instituts religieux plus récents. Son actuel supérieur, élu par la 35 ème congrégation générale de janvier 2008, est Adolfo Nicolás (photo ci-contre). L'immense pouvoir du « Supérieur général » nommé à vie appelé le pape noir en raison de son rôle obscur derrière les décisions du Vatican n'est pas sans contrôle : au-dessus de lui la « Congrégation générale » contrôle son administration et peut le révoquer si nécessaire. La société secrète est active dans l'enseignement scolaire (dix-sept établissements dont le lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris) et supérieur (cinq établissements, dont les célèbres classes préparatoires du lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles). Elle possède ses propres facultés de théologie et de philosophie, regroupées dans le Centre Sèvres, à Paris ainsi qu'une faculté de théologie à Bruxelles.

Un enseignement fortement teinté d'occultisme

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Les Jésuites ont contribué puissamment à répandre la croyance à la magie et à la sorcellerie. Eric Phelps précise que "par les "Exercices Spirituels" de Loyola, les Jésuites devinrent des experts dans la distorsion de la volonté. Ce système de mysticisme témoigne de toutes sortes de phénomènes occultes étranges. Les mystères, la méditation, les visions, les apparitions qui proviennent des sensations d'illuminations y jouent un grand rôle.(...) Ces différentes formes d'illuminations occultes furent orchestrées par Loyola dans une idéologie grandiose qu'il nomma "les Illuminati", c'est à dire "les Illuminés".

Un ancien Jésuite, le Dr. Alberto R. Rivera indique qu': "avec l'aide d'un Directeur, les fils de Loyola se dévouent aux "Exercices Spirituels" et deviennent imprégné de ses forces psychiques dans un but très précis, dévoilé par H. Boehmer (Les Jésuites):"Nous injectons dans l'homme des forces spirituelles qu'il trouvera très difficile de se débarrasser plus tard; des forces plus tenaces que tous les meilleurs principes ou doctrines. Ces forces reviendront à la surface même après plusieurs années, et deviendront si importantes que la volonté ne pourra plus s'y opposer et elle en suivra les moindres impulsions".

"Les jésuites constituent la seule organisation occidentale disposant de pouvoirs occultes, à côté de laquelle les sociétés secrètes ne sont que des boy-scouts" - Rudolf Steiner, philosophe, occultiste et penseur social (1861-1925).

Le ciment de la franc-maçonnerie moderne

En 1754 des jésuites rédigèrent les 25 premiers degrés du Rite Écossais de Franc-Maçonnerie, depuis le Collège de Clermont, qui devint le Collège Louis Le Grand, à Paris.  Adam Weishaupt, qui était jésuite et maçon fut le premier. Des jésuites étaient impliqués dans la rédaction des 8 derniers degrés du Rite Ecossais de la Franc-Maçonnerie. "

Weishaupt était professeur de théologie (professeur de droit canon). Le 1er mai 1776 il fonda l'ordre des Illuminés de Bavière (NDLR: illuminati). Il est probable que les idées de Weishaupt jouèrent un rôle important dans l'origine de la "Révolution française". Selon lui, il faut supprimer la propriété, la religion et la morale. Tout doit être détruit, après quoi le monde pourra être réorganisé. Le but de l'ordre: faire de l'humanité un seul corps, dirigé par les initiés, autrement dit un "Gouvernement Mondial". Les doctrines nihilistes et révolutionnaires de Weishaupt se sont largement répandues en Allemagne et ailleurs. Elles ont été la cause de grands désordres en Allemagne. En 1784 un document des illuminati à destination de Robespierre est intercepté par les autorités. Une enquête et des fouilles des loges confirmèrent l'existence d'une "conspiration" de grande ampleur: En 1785 les Illuminati et les loges du Grand Orient sont interdits en Bavière.
Interdit en 1763 le pape pie VII rétablit les jésuites en 1814 pour contrer la république Bonapartiste en France et se partager avec elle l’hégémonie culturelle sur les peuples de la chrétienté. Le communisme, le nazisme et l'anarchisme se sont inspirés des pensées du jésuite Weishaupt !

 Censure ou désinformation ?

Arrivé à ce stade des informations sur cet ordre particulier, on pourra se demander pourquoi les encyclopédies et les dictionnaires occultes ses véritables activités ainsi que ses dérives; serait-ce par ce que Pierre Larousse lui-même en était un ?

Dans son livre "La piste Jésuite" Joël Labruyère nous livre une explication plausible et intéressante:

"Lorsqu'on explique à des gens qui se gargarisent avec le complot des illuminati que tout repose sur la Société des Jésuites, il y a comme un flottement. Les gens ont été conditionnés à ne voir dans les Jésuites qu'un groupe de prêtres en noir qui rasent les murs. C'est l'image que les Jésuites ont voulu donner, afin qu'en les prenant pour des religieux au demeurant parfaitement repérables, on ne puisse imaginer à quel point leur duplicité dépasse les normes".
"Ils sont experts dans de nombreux domaines de pointe. Ils sont pauvres avec les pauvres et riches avec les riches. Mais ils peuvent faire exactement le contraire que ce qu'on les croit occupés à faire. Depuis quatre siècles, ils ont pris à la fois l’Église catholique et la Franc-maçonnerie en otage pour faire avancer leur grand projet : le Grand Œuvre de l'Ordre Mondial. Le nouvel ordre mondial est leur invention.

La Compagnie de Jésus est la société secrète la plus structurée et sans doute la plus active sur la terre. C'est en tout cas le seul groupe qui ait réellement des pouvoirs occultes concentrés et efficaces. Cela est ignoré par la plupart des gens qui croient que les Jésuites sont un ordre ecclésiastique dédié à l'éducation de la belle jeunesse issue de la bourgeoisie"
"Les illuminati sont de vrais Jésuites et vice-versa. Il ne peut pas en être autrement. Les jésuites ont fondé le célèbre ordre des Illuminés de Bavière qui est devenu un leurre pour amateur de curiosités initiatiques. Si cet ordre était vraiment une société secrète, vous ne le connaîtriez pas. Car ce qui est vraiment secret demeure secret. Par contre, l'ordre intérieur des Jésuites est une véritable société secrète.

Les Jésuites mènent une guerre terrible depuis plusieurs siècles, et tous les conflits ont été directement ou indirectement déclenchés par leur volonté avec le soutien financier de leur généreuse banque, rien moins que l'honorable maison Rothschild. Ce sont les Rothschild qui ont financé les Illuminés de Bavière, et encore les Rothschild qui offrent des cadeaux somptueux aux Jésuites, tel le château de chantilly. L'origine de la fortune des Jésuites est inconnue, mais si on cherche un peu du côté de la mafia, alors tout s'éclaire, et l'on réalise que les fils d'Ignace de Loyola sont les plus grands trafiquants de drogue et de chair humaine de ce coin du système solaire."
" Les bons sentiments, l'humanitarisme, le progrès scientifique et social, voilà les meilleures armes des Jésuites. Pourtant lorsqu'on suit leur action à la trace, il n'y a que des larmes et du sang, depuis le massacre des indiens d'Amérique jusqu'à la boucherie de Pol Pot, en passant par les purges de Staline et les massacres de la révolution culturelle de Mao. C'est signé. A chaque fois, les illuminati jésuites sont à l'arrière-plan, et si l'on ne comprend pas la raison d'un génocide, eux le savent. C'est toujours " Pour la plus grande gloire de Dieu ", selon leur folle devise dont l'application pratique exige que " la fin justifie tous les moyens "


Des 'robes noires' experts en manœuvres politiques

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Leur formation diplomate et leur position amènerait les jésuites initiés à s'immiscer habilement dans les affaires politiques en vue de satisfaire les plans de la Curie romaine. D'ailleurs, certains sont devenus des hommes d’État, des courtisans ou des confesseurs très recherchés. Ces succès leur ont rapidement procuré beaucoup d'argent et un pouvoir énorme.
Ayant, avec son ordre, fait vœu de pauvreté et d'humilité perpétuelle, Loyola ne recherchaient la fortune et le pouvoir que pour les faire servir à la suppression du Protestantisme et au rétablissement de la suprématie papale sur le monde entier. L'un des principes fondamentaux pour y arriver est que "la fin justifie les moyens". En vertu de ce principe, le mensonge, le vol, la parjure, la torture et le meurtre étaient non seulement pardonnables, mais méritoire quand ils servaient les intérêts de l'Église et du Pape.

" Les gens ne peuvent pas s’imaginer jusqu’à quel point ils peuvent être diaboliques et combien de destructions ils ont pu causer et en causeront encore, tout en utilisant en même temps la couverture parfaite de se cacher derrière des robes noires et en se proclamant des hommes de Dieu »-Abraham Lincoln

Eric Phelps nous apprend que "sous des déguisements divers, les Jésuites s'insinuaient dans les bureaux de l'État et devenaient conseillers des rois et des chefs des nations et en dirigeaient la politique, comme ils le font encore d'ailleurs aujourd'hui. Ils fondaient des collèges pour les fils des princes et des nobles et, pour le peuple, des écoles, où ils attiraient les enfants de parents protestants, qu'ils accoutumaient à observer les rites de l'Église Catholique. "Cette pratique existe encore dans notre temps moderne, particulièrement ici au Québec.".

" Aucun événement politique ne peut être correctement appréhendé sans considération de l'implication du Vatican. Et aucun événement d'importance dans le monde ne se produit sans que le Vatican n'y participe, que ce soit de manière explicite ou implicite. " (Avro Manhattan, " Chevalier "de l'Ordre de Malte, Historien britannique / 1960 - Le Vatican et la Politique dans le Monde)


Les Jésuites s'étaient octroyé le monopole de la confession des princes et des rois catholiques de l'Europe. C'est ainsi qu'ils savaient tout sur tout le monde, dressant à volonté un roi contre son cousin, jusqu'à ce qu'excédés par ces manœuvres, les princes les expulsent régulièrement de leur pays...

Aujourd'hui il serait évidemment difficile d'établir une liste précise -avec preuves à l'appui-de leurs intrigues politiques, voire leurs crimes, mais selon plusieurs auteurs, ils auraient contrôlés Hollywood, la presse, le FBI, les services secrets britanniques, et CBS ...De nombreux élites politiques sont passés par leurs écoles : Bill Clinton, Jacques Delors, Fidel Castro...

Les œuvres 'théologiques' des Jésuites

Sous la houlette des jésuites, les décrets du Concile de Trente (1542-60) établirent la voie à suivre pour des siècles à venir. Ils indiquèrent le front de la bataille que le Catholicisme livrait contre la Réforme. Premièrement il fallait que la Bible soit discréditée afin de détruire l'enseignement et la doctrine Protestante, ce qu'ils firent vers 1880 en produisant nombre de nouvelles versions issues de la Critique Textuelle néologique et humaniste. Depuis l'ouverture des sessions du Concile de Trente en 1545, jusqu'à l'apparition de la première Bible Jésuite en 1582, quarante années s'écoulèrent dans lesquelles les Jésuites se préparèrent en s'instruisant dans cette science particulière de subversion. Ils réalisèrent très rapidement qu'en semant la confusion sur l'origine et l'authenticité des Écritures, que la certitude des Réformateurs sur ces choses qui confondirent la Papauté, pouvait être dévalorisée afin qu'elle soit négligée et abandonnée. Ainsi les érudits Jésuites produisirent une Bible anglaise dans le but de supplanter celle de Tyndale et semer la confusion.

En 1572 la reine Catherine de Médicis convoqua un colloque pour tenter de concilier le Catholicisme et la Réforme. Face au cardinal Charles de Guise et au général Jésuite Lainez...L'entrevue de Bayonne entre Catherine de Médicis et le duc d'Albe orienta la politique française dans un sens hostile à la Réforme ... Le fait le plus marquant de cette histoire est la massacre de la Saint-Barthélemy. Pendant trois jours, ce ne fut qu'une série de massacres, outrages, viols, pillage. La cour du Louvre ruisselait de sang. Les eaux de la Seine étaient rougies, tant on y jetait de cadavres ensanglantés. Le nombre des victimes atteignit entre 30 à 100 000 morts.

sous l'instigation des Jésuites, un prêtre Catholique français, Richard Simon (1632-1712), fonda l'école de la Critique Textuelle. J.M. Nicole écrivit à ce sujet:
"Le mouvement rationaliste français débute avec le prêtre oratorien Richard Simon qui ouvre la voie à la critique biblique. Simon ne croyait pas que le Pentateuque fut de Moise. L'initiateur de cette critique fut le Français Jean Astruc (1684-1766), qui se basait sur le fait que Dieu est appelé tantôt Elohim, tantôt Yahweh. Eichhorn, de Wette, Kuenen et Reuss élaborèrent toujours plus cette hypothèse". Ce mouvement s'est amplement développé dans les loges maçonniques au XX ème siècle et est en partie à l'origine de la campagne antisecte moderne en France.

Les jésuites sont aussi en pointe sur les questions de bioéthiques et d’éthiques. Ils sont aussi très sensibles aux questions environnementales et écologiques. Les jésuites sont aussi engagés dans le face à face avec l’islam.

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Jésuites au Liban (durant la 1er guerre mondiale)

Certains jésuites ont adhéré et encouragé la théologie de la libération (marxiste). Ils ont pris fait et cause pour les guerres révolutionnaires Cela a été le cas par exemple au Salvador et au Nicaragua avec les sandinistes.

Une 'mafia mystico-religieuse' avec un évangile politique

Il faut rappeler qu'à récemment avec l'élection d'un pape jésuite, les relations des Papes avec les Jésuites s'étaient dégradées depuis 1967 et le Concile de Vatican II. En effet, les Jésuites étaient devenus les principaux partisans du courant "libéral" au sein de l'Église Catholique, en opposition au courant "traditionaliste" qui s'est imposé par la suite, en la personne du Pape Jean-Paul II et de Benoît XVI. Aujourd'hui les jésuites semblent se montrer révolutionnaires non plus sur le plan politique mais doctrinal; allant jusqu'à défendre l'ordination des femmes et la contraception. L’élection du nouveau pape François ancien jésuite suffira-telle a contenir ces ardeurs ?

L'immixtion politique de la compagnie de Jésus à travers les âges n'est plus a démontrer; elle a tenté d'apporter un évangile politique au plus grand nombre d'élites possible dans le but de les assujettir à l'influence du pape. Cela a entraîné des changements et révolutions qui ont fait couler beaucoup de sang. Ces missions ont insidieusement occulté l'esprit du véritable christianisme en lui substituant des traditions et des philosophies humaines.

18/04/2013

Les scandales pédophiles: le silence des Eglises fait bruit

 Depuis quelques années, les affaires de pédophilie, longtemps soumises à la loi du silence, sortent au grand jour, révélant les abus perpétrés par certains prêtres. Dix ans après, le sujet est toujours tabou. En présence de Robin Renucci, interprète du prêtre pédophile dans le film «Le Silence des Eglises», de spécialistes mais aussi de victimes, Benoît Duquesne aborde cette délicate question dans Complément d'Enquête. Quelles sont les défaillances hiérarchiques au sein des ordres et des tribunaux qui ont causées autant de jeunes victimes en France ? Un petit décryptage sur les faits sera édifiant.


La vidéo de l'émission 'Complément d'Enquête' du 10 avril dernier a été curieusement censurée mais est visible  ci-dessous après avoir été récupérée :

 Outre le fait que la plupart des invités ont tenté de défendre de façon peu convaincante leur propre religion de souche seul Robin Renucci et 2 victimes de pédophilie ont su être objectif et clairvoyant en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Eglise. L'émission n'était pas à charge comme elle l'aurait pu l'être avec un autre groupement et bizarrement à aucun moment on a invoqué les dérives sectaires alors que la communauté a été épinglée par l'UNADFI et la MIVILUDES comme présentant un danger de dérives sectaires ! Il n'y a eu aussi aucune remise en question du célibat des prêtres qui est devenu tabou. Enfin comme le dit si bien un internaute (censuré aussi) bien que le film soit d'excellente qualité les belges et les canadiens sont moins complexés pour évoquer ce phénomène vu la portée d'autres films sortie à l'étranger sur ce sujet récemment. En France ce silence reste entouré d'une chape de plomb que peu de médias se risquent à briser.  Il n'y a pas de doute; tous ces éléments indiquent qu'il y a eu très probablement l'intervention de l'épiscopat pour étouffer les choses jusqu'au plateau télévisé. Concernant l'affaire Pierre Etienne justement revenons sur ses détails.

Une affaire parmi d'autres

En octobre 2011, pour l'émission 'Pièces à conviction' (elle aussi censurée) les journalistes d'investigation Linda Bendali et Romain Icard ont enquêtés au sein de la communauté catholique des Béatitudes dans la région toulousaine.
Celle-ci fut créée en 1973 et dirigé par Gérard Croissant, dit frère Ephraïm, parti en Afrique depuis le mois de février 2008. Cet ordre, qui mêle à la fois des familles, des laïcs et des religieux, est critiqué pour son mode de fonctionnement.
Les journalistes se sont penchés sur la vie de Pierre Etienne, membre de la communauté précitée, qui pendant plus de 20 ans, aurait commis des agressions sexuelles sur 57 enfants de 5 à 14 ans dans toute la France entre 1985 et 2000. Il dit avoir pourtant averti sa hiérarchie et demandé de l’aide pour soigner ses pulsions.
Pendant toutes ces années, il n’a jamais été dénoncé ou arrêté.
Pour résumer, connaissant la loi sur le délai de prescription, le clergé semble vouloir faire régner la loi du silence. Les dirigeants de la communauté en question se sont tus. Murielle Gauthier, une femme courageuse, témoin des faits à été réduite au silence, l’évêque a refusé d’entendre les faits et ne les a pas dénoncés comme la loi l’y obligeait. Les gendarmes n’ont pas cru les victimes. Et alors que le moine avait tout avoué de son côté, la juge d’instruction a fini par obtenir le classement après avoir demandé au moine de s’excuser par lettre auprès des parents des petites victimes. Heureusement, d’autres victimes se sont fait connaître. En 2011, il a écopé seulement de 5 ans de prison ferme.

Une véritable omerta

Quelle a été la réaction de l'Eglise ? L’enquête met en lumière la manière dont un pan entier de l’Église aurait organisé le silence autour de cette affaire. Pour y parvenir elle n’aurait pas hésité à sanctionner en son sein ceux qui se sont opposés au secret. Quitte à laisser cet homme, avec les risques qu’il pouvait présenter, au contact des enfants.
L'AFP du 2 octobre 2008 citait le Parquet qui indiquait que "six responsables ou membres de la communauté catholique des Béatitudes ont été remis en liberté après une garde à vue dans une instruction ouverte à Rodez pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité".
"Trois d’entre eux ont reconnu avoir été informés des agissements du mis en examen », Pierre-Etienne Albert, un des frères de la communauté, « sans toutefois avoir connaissance de la gravité réelle des faits et du nombre de victimes », a précisé le procureur de la République de Rodez, Manuela Garnier, dans un communiqué. « Ils seront convoqués ultérieurement pour audition par le magistrat instructeur », ajoute le communiqué.
Curieusement la juge d'instruction a demandé quelque chose d'inhabituel: que Pierre Etienne écrive aux victimes pour leur demander pardon dans cette affaire en lui faisant une copie ! Ce n'est pourtant pas ce qu'on attend d'un juge ! Pierre Etienne n'a même pas été mis en examen mais seulement entendu comme témoin assisté par elle dans un cadre très conciliant, alors qu'il a reconnu avoir pratiqué des attouchements sexuels sur des mineurs..
Et cela s'explique puisque Fernand Sanchez, un moine de la communauté, a selon un procès-verbal eu "un entretien avec le Procureur de la république d'Avranches pour que les victimes ne soient pas contactés".

Cette histoire qui confine au scandale et que l’Église aurait tenté d’étouffer révèle de graves dysfonctionnements au sein du clergé et de la justice. Certains crimes pédophiles sont commis avec l'assentiment du clergé et la complaisance de la justice.

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L'Eglise se terre derrière un mur d'indifférence

Jamais celle-ci ne s’est excusée dans ce dossier, jamais elle n’a reconnu ses fautes, jamais elle n’a daigné tirer les conséquences des faits qu’elle a couverts et encouragés par son silence complice. Aucun des évêques mis gravement en cause dans le reportage n’a été appelé à témoigner, ni entendu en vue du procès qui s’annonce.

Ce reportage est troublant. La pédophilie n’est pas, loin de là, le seul fait de l’Eglise. L’école, les colonies de vacances, tous les lieux d’accueil de la jeunesse sont potentiellement dangereux à cet égard. Et dans certaines religions du Moyen-Orient, on peut certes marier de vieux messieurs à des fillettes de huit ans.
Mais ce qui s’est passé ici est inqualifiable parce que les personnes qui ont tenté de dénoncer ces crimes, remplissant leurs obligations de citoyens, ont été exclues de la communauté. Seule Murielle Gauthier, une simple membre des Béatitudes à l’époque des faits, a accepté de témoigner devant la justice et â la télévision. L’Eglise aurait dû la féliciter, mais non. Elle a tout enduré pour avoir osé rompre la loi du silence : comme dans la mafia. Pire elle fut même menacée de mort ! L’accusé, le moine Pierre-Étienne, attend son procès qui va avoir lieu dans quelques semaines. Les enfants victimes, eux, n’ont reçu aucun soutien de l’Eglise.

Ne serait-ce que la partie visible de l'iceberg ?

Une autre enquête pour « non-dénonciation de mauvais traitements » est aussi en cours et concerne une série de suicides parmi des élèves d'un collège d'Autrey (Vosges) dirigé par la communauté.
Le SNAP, une association américaine de victimes de pédophilie, a engagé une procédure pour traîner le pape devant la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité », se fondant sur le lien hiérarchique entre Rome et les prêtres mis en cause. Elle a récemment fait cette déclaration: ""Nous voulons dire aux prélats qu'ils arrêtent de prétendre que le pire est passé, malheureusement le pire est sûrement à venir"!
Aux Etats-Unis, on estime que, depuis 2002, les diocèses américains ont versé plus de deux milliards de dollars à 12 000 victimes de pédophilie pour les agissements de 5000 prêtres. Cinq diocèses sont maintenant en faillite, dont Boston et San Diego.
Le cardinal brésilien Claudio Hummes, préfet de la congrégation du clergé, a reconnu que le pourcentage de pédophiles serait de 4% dans les rangs du clergé, soit beaucoup plus que dans l’ensemble de la population. Ce qui peut s’expliquer d’ailleurs de différentes façons. Soit le clergé attire des personnes de cette tendance soit le refoulement de la sexualité incite à se fixer sur des objets plus faciles.

Ce « crime abominable » selon les mots du cardinal, est donc très fréquent dans le clergé, en Europe, ainsi qu'en Amérique (Mexique y compris) même s’il ne faut faire peser un quelconque soupçon systématique sur tous ! Selon ce pourcentage sur 400 000 prêtres catholiques il y aurait 20.000 de par le monde qui seraient impliqués. En Belgique c'est aussi un fléau voyez le reportage de 31 mn ci dessous par la RTBF:

 

 

Dans un entretien accordé à la revue « Vida Nueva », Claudio Hummes a tenu à souligner que l’Église ne pouvait fermer les yeux sur ce problème. «  Il n’y a pas de place dans le ministère sacerdotal pour des personnes qui ont commis ces crimes. Les prêtres pédophiles doivent être sanctionnés par des lois civiles comme par des lois canoniques. L’Église ne peut accepter la pédophilie. »

En France il existe hélas plusieurs cas d'immixtion de la hiérarchie catholique sur d'anciennes affaires de justice concernant des "prêtres" mis en cause dans des attouchements sur des enfants. L'Eglise semble s'en accommoder en silence sans remettre en cause le célibat des prêtres. Qui peut réellement croire qu'il n'y a aucun lien de causalité entre cette restriction et ces déviations ? Peut-on rappeler ici que la non dénonciation de crime est un délit, même quand il est commis par un évêque ?

10/03/2013

Le grand sacrilège de Benoît XVI

Qu'aura apporté pour les générations futures le 265ème pape de l’Église catholique ? Pour nombre de catholiques bien des choses. Pour les plus réalistes, outre ses propres turpitudes et contradictions, il commit une invraisemblable profanation qui sera bientôt corrigée. Après 3 ans de pontificat seulement, il s'en prit au nom propre de Dieu pour tenter de le rayer des usages au sein de la chrétienté. Certains y verront un mal pour un bien considérant que ce grand nom prestigieux et sacré ne doit pas être prononcé par n'importe qui*. Reste qu'à ce sacrilège s'ajoute bien des remous qui auront marqué son pontificat. Voyez les faits.

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Entre ombres et lumières

La nouvelle qui est passée presque totalement inaperçue au début de l’été 2008. Suite au Synode des évêques catholiques tenu durant le courant de l’été 2008 , la Congrégation vaticane pour le Culte divin a envoyé, le 29 juin 2008, une lettre aux Conférences épiscopales du monde entier, leur demandant de ne plus prononcer le nom de Dieu " Yahvé" et que ce nom doit être effacée dans la liturgie.

arinze.jpgCette lettre, signée par le cardinal Francis Arinze préfet et de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est explicitement présentée comme une directive du pape Benoît XVI. "La Congrégation rappelle son document "Liturgiam Authenticam", de 2001, sur les traductions liturgiques, où il était stipulé que le nom du Dieu tout-puissant exprimé par le tétragramme hébreu et rendu en latin par le mot Dominus doit être rendu dans les langues vernaculaires par un mot de sens équivalent. Et elle déplore le fait que malgré une norme aussi claire, la pratique s’est répandue de « prononcer le nom propre au Dieu d’Israël », de le vocaliser dans la lecture des textes bibliques repris dans les lectionnaires ainsi que dans les hymnes et les prières, sous diverses formes comme Yahweh, Jahweh ou Yehovah." L’Église reconnaît donc implicitement que Dieu a un nom mais souhaite qu'il ne soit désormais plus utilisé; pourquoi ? [Voir l'Encyclopedie catholique qui reconnaît ce nom]

Une décision dictée par les traditions juives et ecclésiales

La pratique de prononcer le nom « Yavhé » est particulièrement courante au Etats-Unis et de nombreux chants liturgiques telles que ”You Are Near," ”I Will Bless Yahweh" et ”Rise, O Yahweh", seront bientôt bannies des messes aux Etats-Unis selon l'evêque de Paterson (New Jersey) Arthur Joseph Serratelli. Il a explicitement demandé que le nom de ”Yaweh" soit supprimé des hymnes et des diverses prières d’intercession au cours de la messe ou des autres sacrements.
Comme le souligne un article de Zenit,"les différents courants du judaïsme moderne maintiennent cette tradition que le Tétragramme ne peut être prononcé que par le Grand Prêtre dans le Temple, et même que celui-ci ne le prononçait généralement qu'à Yom Kippour”.
Le Temple de Jérusalem ayant été détruit, ce Nom n'est jamais prononcé par les Juifs lors de rituels religieux, ni lors de conversations privées. Par conséquent c’est cette tradition du judaïsme que reprend et impose l’église conciliaire.
ravasi.jpgC'est ce qu'a révélé depuis le Vatican, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, bibliste, et président de la commission du Message du synode des évêques, en présentant ce message à la presse et en répondant aux questions des journalistes.

Le document affirme : « En plus d'un motif d'ordre purement philologique, il y a aussi celui de demeurer fidèle à la tradition ecclésiale, puisque le tétragramme sacré n'a jamais été  prononcé dans le contexte chrétien, ni traduit dans aucune des langues dans lesquelles on a traduit la Bible ». Dans cette affirmation il n'y a rien de vrai. Plusieurs traductions anciennes de la Bible ont traduit le tétragramme en latin et d'autres langues (anglais, français, italien, portugais  etc...) comme la version synodale, la Bible de Jérusalem, la Bible de Crampon (1905) par exemple. De plus les premiers chrétiens connaissaient et prononçaient le nom de Dieu. C'est ce qui ressort de l'étude des copies fragmentaires connues aujourd'hui. A ce propos le professeur George Howard de l'université de Géorgie, aux États-Unis, a écrit : “ Comme la Septante utilisée et citée par l'Église du Nouveau Testament contenait le nom divin sous sa forme hébraïque, les rédacteurs du Nouveau Testament ont sans doute conservé le Tétragramme dans leurs citations."-Biblical Archaeology Review, mars 1978, page 14. Si les traditions humaines occultent ces faits à quoi sert alors la Bible que des ecclésiastiques arborent comme sacrée ?

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L'importance du nom de Dieu

Est-il important de connaître la prononciation exacte en Hébreu du Tétragramme divin ? Non car la transcription de son verbe (qui signifie "il fait devenir" ) dans d'autres langues est suffisante. Prenons l'exemple du nom de Jésus; qui est une traduction de son nom hébreu Yehôshoua; il ne viendrait à l'idée d'aucuns européens de l'appeler Yehôshoua sous prétexte que c'est ainsi qu'on le nommer en hébreu ! Il doit en être de même pour le nom de Dieu. Si nous ne savons pas exactement comment il se prononce il doit y avoir une bonne raison. Le catholicisme a utilisé la transcription « Yahweh » durant tout le XXe siècle. Aussi des écoles Juives qui recopièrent en grec le canon des Écritures n'ont pas traduits le Tétragramme mais l'ont laissés tel quel en Hébreu, ce qui montre qu'ils étaient influencés par la tradition mais aussi qu'ils en connaissaient la prononciation sinon comment pouvaient-ils lire les versets? Il semble donc que sa prononciation s'est perdue avec le temps. Au sujet de l'usage du nom personnel de Dieu chez les juifs aujourd’hui, il est intéressant de noter cette remarque de l'écrivain A. J. Kolatch : "La référence biblique à Dieu comme Ye. Ho. Va. (Jéhovah), écrite avec les lettres hébraïques Yod, Hé, Vav, Hé est généralement considérée être le nom authentique de Dieu." - "Le livre juif du pourquoi", préfacé par le Grand Rabbin Joseph Sitruk, page 347, Genève 1990, Editions MJR.
Si l'on considére la prière que Jésus Christ a donnée comme modèle, elle commence de cette façon : “ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié. ” (Matthieu 6:9). L’honore-t'on vraiment en interdisant de l'utiliser ? Non car selon Jéremie Dieu condamna ceux qui 'pensaient à faire oublier son nom' (Jérémie 23:27) !

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Au-dessus d'une porte de l'église de Fermarn, en Allemagne
 
Une Église "sur des eaux agitées"

Le 27 février dernier, lors de son discours d'adieu devant 150 000 personnes, Benoît XVI a déclaré, en faisant allusion aux scandales et controverses (pédophilie, Vatileaks notamment) : "Il y a eu aussi des moments pas faciles, dans lesquels les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l'histoire de l’Église, et le Seigneur semblait dormir. Mais j’ai toujours su que dans cette barque, il y a le Seigneur et j’ai toujours su que la barque de l’Église n’est pas la mienne, n’est pas la nôtre, mais est la sienne et qu'Il ne la laisse pas couler", a-t-il souligné. Évoquant du même coup l'hypocrisie religieuse et les divisions au sein du corps ecclésiastique. Jésus dormirait-il au milieu des loups ?
Le sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir, lève le voile sur les raisons de ce départ: le Vatican est "'un gouvernement très particulier, dans lequel de nombreux cardinaux très influents n'en réfèrent pas forcément très correctement au pape. A quoi s'ajoute la Banque du Vatican, très opaque également. Elle a été au cœur de plusieurs scandales ces dernières années, accusée de traiter en grande partie l'argent de la mafia…Benoît XVI voulait réformer profondément ces institutions mais il n'y est pas parvenu."
 

Joseph Ratzinger avait déclaré en 1977 : " L’Église est en train de devenir l’obstacle principal de la foi. On n’y voit plus que l’ambition humaine du pouvoir, le petit théâtre des hommes qui, avec leur prétention d’administrer le christianisme officiel, semblent barrer la route au véritable esprit du christianisme.»

 
Après sa renonciation, Benoît XVI, devenu "pape émérite"» conserve sa soutane blanche (mais sans mantelette, petite capeline qu'il porte sur les épaules) mais remplace ses chaussures rouges (rappelant le sang des martyrs) par des souliers mexicains marron. Le dernier pape à avoir renoncé à la papauté avant lui fut Grégoire XII, il y a 6 siècles en 1406. En attendant le "Pontife" reste au Vatican ce qui le met à l'abri d'éventuelles poursuites judiciaires (affaires de pédophilie, manipulations mentales, blanchiment d'argents etc...). La citée serait elle devenue un nouveau refuge pour criminels ?  Remarquons que le simple fait qu'il y ait aujourd'hui deux pontifes pour ce même empire nous rappelle l'époque du déclin de l'empire Babylonien qui survint subitement contre toute attente alors que régnaient deux régents; Belshatsar et Nabonide son père en 537 avant notre ère...
 
*On trouve à juste titre ce passage dans la 2ème lettre à Timothée (2:19):"Jéhovah connaît ceux qui lui appartiennent ”, et : “ Que tout homme qui nomme le nom de Jéhovah renonce à l’injustice. ”-TMN
"Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; et: Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu'il s'éloigne de l'iniquité."-Bible de Segond