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20/05/2015

Génocides du Rwanda: entre la complicité des églises et l'échec de l'ONU

         (En mémoire à toutes les victimes innocentes des génocides du Rwanda à qui on devra la vérité)

Comment peut-on quitter une école retranchée qui abrite des centaines de familles et enfants quand derrière ses murs circulent des centaines de criminels, assoiffés de sang, armés de machettes, pour la plupart ivres et drogués ? C'est pourtant ce qu'a fait un contingent d'une centaine de casques bleus belges de l'ONU le 11 avril 1994 ! La suite fut une désolation horrible pour les plus de 2000 réfugiés qui se sont fait massacrés sauvagement sur place...Alors que le  Rwanda a connu plusieurs génocides un Tribunal pénal international pour ce pays (TPIR) vient d'établir des faits qui ont été longtemps renié...Voici le décryptage saisissant du carnage insoutenable qui en dit long sur les mécanismes de la manipulation des foules. Les récentes révélations font froid dans le dos (âme sensible s'abstenir).

Le Rwanda l'un des plus beaux petits pays d'Afrique qui comptait environ 7,9 millions d'habitants en 1994 a perdu en seulement 2 mois un huitième de sa population dans des massacres d'une sauvagerie qui dépasse l'entendement humain. Comment en est-il arrivé là ?

Les racines du génocide du Rwanda

On ne peut pas comprendre cette effroyable tuerie aveugle si on ne met pas les événements dans leur contexte.

cvg.jpgLe Rwanda est probablement le dernier pays d'Afrique exploré et colonisé par les européens. C'est à la Conférence de Berlin, en 1884, que les puissances coloniales vont se partager le continent africain. Les allemands vont s'atribuer le Ruanda-Urundi. Le comte allemand Gustav von Götzen (photo ci-contre) sera le premier Européen à traverser le Rwanda et être reçu à la cour du roi (Mwami) Kigeri IV Rwabugiri. Il sera le premier gouverneur du Rwanda sous mandat germanique. En 1894 il traversa le pays en 4 semaines et trouva les hutu dans une dépendance d'esclaves des Tutsi.

Bien qu'on ne possède que très peu de traces de son histoire plus lointaine, le Rwanda est composé de 3 ethnies différentes: les Hutu (majoritaires à 80% en 1994), les Tutsi (15%) et l'infime minorité Twa (1 %).

Les premiers colons allemands trouvèrent la population du Rwanda divisée en trois groupes :

  • Les agriculteurs Hutu (ou Bantou)
  • les chasseurs, cueilleurs et potiers pygmées Twa (ou Batwa)
  • les éleveurs, et chefs des armées Tutsi (ou Batutsi)

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Les premiers colons furent très impressionnés par la monarchie rwandaise, et considérèrent cette catégorie, les Tutsi, comme une « race » supérieure, assimilant aussi tous les Tutsi à ceux de la cour royale. Pour eux, les Tutsi sont plus grands (avec une taille de 1m80 à 2m10), plus clairs de peau, avec un nez plus long, plus beaux, plus intelligents, plus fiables, plus travailleurs, plus semblables aux européens en somme, ce qui les rendrait plus aptes à diriger. Ils constituaient un intermédiaire idéal utile c'est pourquoi les colons envoyèrent leurs enfants à l'école pour en faire une élite. Notons que certains Hutu pouvaient devenir Tutsi (en fonction de leur bétail) et vice versa.

ethnologues.jpgCes stéréotypes confortèrent l'idéologie ethniste et génocidaire. Des siècles de brassage entre ces trois groupes ont été parasité par de forts préjugés encouragés en partie par des colonisateurs occidentaux influencés par la théorie de Darwin sur la supériorité des races sur d'autres.

Pour contrecarrer les missionnaires anglicans le gouvernement allemand avait encouragé la fondation d’une première mission catholique. Celle-ci se révèlerait utile également dans l'éducation des foules. Dans cet œuvre d'exploitation, l'entreprise colonisatrice bénéficia d'un précieux pilier; le clergé catholique très présent. Pour garder la mainmise, à l'unisson ils vont contribuer à implanter localement de forts préjugés tribaux. Les premières missions catholiques à s'établir furent des Jésuites de l'OPUS DEI qui y voyaient l'occasion de créer une dictature catholique par le biais du Vicariat du Nyanza (Territoire sous juridiction de l’Église catholique indépendamment de l'autorité coloniale), lequel s'implanta de 1894 à 1929.

Les missionnaires qui semèrent la haine tribale

lavigerie.jpgLe cardinal Charles Martial Lavigerie (1825-92) fut le fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères blancs; une branche des Jésuites) qui devait pousser des études ethnographiques sur place pour les besoins de la science. En 1874, il déclarait à ses missionnaires qu’ils sont 'destinés par Dieu à être des instruments de ses miséricordes pour tant d’âmes plongées dans les ténèbres les plus affreuses de la barbarie'. A cela s’ajoute la fameuse malédiction des "Noirs" qui seraient les descendants de Cham le "maudit" fils de Noé (ce qui est bibliquement erroné). Dans ce contexte, dès 1890 le Cardinal charge l’Évêque Jean Joseph Hirth de consolider l’Église catholique dans la région et en particuliers au Rwanda.

Alors que les membres du clergé avaient une influence considérable sur les administrateurs et la royauté locale, dès 1919 des pères blancs ont changé d'attitude à l'égard des Tutsi. Selon un témoignage, "le père Brard admirait les Tutsi pour leur air intelligent, éveillé, curieux, mais discrets cependant, convenables dans leurs manières et méprisait les Hutu. Mais après quelques mois de relations fréquentes et frustrantes avec les Tutsi, [il] se mit à détester les chefs Tutsi: certains furent humiliés et contraints de transporter des briques..." En 1922, les pères Brard, Schumacher, Barthélémy déclenchèrent donc un vaste programme d'Inquisition, soutenu en sourdine par l'Evêque Léon-Paul Classe au Rwanda et le père Canonica au Burundi. Dans le contexte antisémite de l'époque le clergé stigmatisa les Tutsi 'd'ancêtres des juifs et d’envahisseurs'. Il y avait alors 30 000 missionnaires dans ce petit pays de plus de 4 millions d’habitants !

L'administrateur du Rwanda Richard Kandt écrira: "Si l’on fait abstraction de ce qu’il conviendrait plutôt d’attribuer à leur personnalité, tous les supérieurs [de missions catholiques], dans les premiers années de leur mission, avaient en commun une solide haine couplée à la méfiance envers les Watussi et des prises de position injustes contre les chefs ". L’évangélisation du Rwanda a été mise en œuvre dans la perspective d’évincer en même temps le pouvoir des Batutsi.

Plus tard (1923), suite à la défaite de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, la Belgique se verra confier l'administration du territoire Ruanda-Urundi par la Société des Nations (ancêtre de l’ONU). La Belgique confiera l'éducation de la population à L’Église. Elle était donc en terrain "fertile". L'éducation étant faite par l’Église, le Rwanda était appelé à être l'idéal chrétien: "le royaume de Dieu" sur terre".

 La question controversée de l'origine juive des Tutsis

 Pour certains historiens tout comme l'Institut Havilah (du nom de la célèbre région biblique selon la Genèse difficilement localisable les Batutsis sont d'origine hébraïques et descendraient de Salomon. « Nous lançons un appel à Israël et à la Communauté Internationale pour condamner et prendre des actions contre toute violence anti israélite, perpétrée par les non-israéliens à travers l'Afrique, sur plus de 500.000 Tutsi-Hébreux Israéliens au Rwanda. »- Le journal Jérusalem Post du 23 novembre 1998. D'autant plus que les Tutsis étaient réputés plus grands de tailles que les hutus ce qui correspondait à l'idée qu'on se faisait de ses ancêtres juifs. Ne voulant pas créer de nouveaux mythes sur les cendres des anciens, la Fondation Ntarama estime que l’enjeu de la théorie « radicaliste » de l’Institut  Havila est plus de nature politique qu’historique. S'il y a bien des juifs d'Afrique, il est difficile de bien retracer leur généalogie. Certains musulmans maliens ont, par exemple, des patronymes hébreux qui furent arabisés. Certains de leurs rites rappellent des pratiques religieuses juives.

 
Les Belges vont s’appuyer sur le Roi pour gouverner et favoriseront les Tutsi à qui ils confieront des tâches administratives importantes, quoique toujours subalternes. 

Alors que les pères blancs trouvaient les Hutu plus dociles pour en faire des adeptes les missionnaires protestants misaient sur les Tutsi. Les chefs Tutsi finirent par mépriser ouvertement les missionnaires étrangers. Du même coup, aux yeux de ces derniers, la "race supérieure" devenait "hautaine", "arrogante" et "hypocrite"... Les prêtres se faisaient donc un malin plaisir de maltraiter et d'humilier les chefs Tutsi !

"Les chefs, nous les avons laissés à l'écart. On a trop dit, un chrétien vaut mieux que dix Batutsi...nous avons souvent laissé à l'écart les Batutsi: trop riches, trop hostiles, ils ne sont pas encore mûrs pour notre sainte religion"- Note de l’évêque Léon-Paul Classe dans une lettre au supérieur général en 1907 ; Rutayisire, p.41.

La plupart de ceux qui étudient l'histoire des haines tribales du Rwanda accusent ouvertement les missionnaires qui ont évangélisé le Rwanda d’en être en partie responsables, pour avoir voulu à la fois semer et entretenir le bon grain et l’ivraie. En 1994 plus de 90% de la population se réclamait du christianisme, avec environ 73% de catholiques et 20 % de protestants.

Reste qu'en Kinyarwanda, la langue du pays, il n'existe pas de terme pour désigner l'ethnie. Les cartes d'identité « ethniques », instituées par les colons belges en 1931, utilisent le mot ubwoko, qui désigne en fait le clan. Comment ces stéréotypes ont-ils conduit aux massacres les plus sauvages du XX ème siècle ?

Chronologie du génocide tribal

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  •  Dans les années cinquante, l’élite tutsi formée en Europe était acquise aux idéaux tiers-mondistes et manifestait sa volonté d’indépendance, en allant jusqu’à contester l’omnipotence de l’Église. Dans ce pays devenu une théocratie catholique, c’était littéralement insupportable pour l’Église qui faisait du Rwanda-Urundi son fief et sa base d’implantation en Afrique centrale. Elle inversera donc ses critères de valeurs, idéalisant les Hutu comme « un peuple de Bantou très croyants, simples mais honnêtes et travailleurs », assujettis par « de cruels féodaux tutsi »
  • En 1956, le roi Mutara Rudahiga commence à discuter avec l’ONU afin d’obtenir l’indépendance du Rwanda. Il mourra 3 ans après dans des conditions mystérieuses.
  • En 1957, un séminariste catholique hutu, Grégoire Kayibanda (qui deviendra président du Rwanda) fait publier des Notes sur l’aspect social du problème racial indigène au Rwanda connu sous le nom de Manifeste des Bahutu. Ce texte fondateur des deux premières Républiques rwandaises a été rédigé par deux Pères Blancs belges, les Pères Ernotte et Dejemeppe, sous la supervision de Mgr Perraudin. Ce texte traduit bien le racisme « biologique » de leurs auteurs occidentaux.
  • eveque.jpgLe 11 février 1959, l’Évêque André Perraudin fait lire une lettre pastorale qui confortera l'intégrisme ethnique dans toutes les paroisses (ce qui fera de lui un des principaux idéologue et inspirateur de la Révolution sociale): « Dans notre Rwanda les différences et les inégalités sociales sont pour une grande part liées aux différences de race, en ce sens que les richesses d’une part et le pouvoir politique et même judiciaire d’autre part, sont en réalité entre les mains d’une même race » Ayant une énorme influence politique, il sera l'un des inspirateurs de la politique génocidaire en place. Il assimilera le retour des tutsi exilés à une "menace communiste qui vient de Satan".
  • En 1959 Kigeli V Ndahindurwa devient roi ce ne plaît ni aux représentants de l’Église, ni aux Hutu qui désirent être intégrés au nouveau gouvernement.Les manifestations vont dégénérer en guerre civile et beaucoup de Tutsi  sont tués. Les principaux promoteurs de la violence raciste sont les Pères Bellomi, Duchamp, Noti, de Vincke, Paul Klep, Jules Guyssens, Aelvoet, Dejemeppe, Endriatis, Ernotte et Perraudin — ce dernier en étant l’animateur principal —, tous mis en cause par des prêtres rwandais« pour avoir prêché ouvertement la haine contre les Tutsi, avoir encouragé et aidé les groupes responsables des violences».
  • Le 25 septembre 1960, un référendum est organisé. Ceux qui y participeront voteront à 80% pour la mise en place d’une république chrétienne et ethnique. L'ancien gouvernement quitte le pays vers l'Ouganda, ainsi que plus de 200 000 tutsi.
  • Aussi, en 1961, le parti politique hutu Parmehutu obtiendra 78% des sièges à l’Assemblée nationale du Rwanda. Pour la Belgique et l’Église catholique c’était, face à la volonté d’indépendance de l’élite tutsi, un moyen politique astucieux de préserver leur tutelle. Il formera le premier gouvernement hutu. Suite à ces événements, le Conseil de tutelle des Nations Unies insistera pour que la Belgique accorde l’indépendance au Rwanda. L’indépendance du Rwanda sera donc proclamée le 1er juillet 1962. Le 26 octobre 1962, Grégoire Kayibanda devient le premier président de la République du Rwanda.
  • En décembre 1963 suite à des combats à la frontière avec des éxilés qui reviennent, par représailles entre 8 000 et 12 000 hommes, femmes et enfants tutsi sont massacrés au pays. Le journal Le Monde évoque un génocide (édition du 4 février 1964)
  • En 1973, à la suite d'une violente campagne anti-tutsi dans les institutions scolaires, un coup d’État a lieu, et Grégoire Kayibanda est remplacé par son ministre de la défense, le général Juvénal Habyarimana. Le nouveau président Habyarimana ne sera pas aussi drastique dans sa politique de discrimination ethnique qui empêchait les Tutsi d’accéder à des postes de responsabilité politique. Il appliquera plutôt un système de quotas. Seuls 10% des Tutsi seront admis dans les écoles, les universités et les emplois, et presque aucun Tutsi ne pourra accéder à un poste de maire ou de préfet. Une nouvelle vague de Tutsi prendront le chemin de l'exil à la suite de ces événements.
  • En 1975, Habyarimana fondera son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND) dont la politique ethniste et raciste sera soutenue par l’Internationale Démocrate 'Chrétienne' (IDC) dont le secrétariat est basé à Bruxelles. Sur place les prêtres géraient les affaires du parti ! Pour aller à l'école les enfants devaient être baptisés.
  • En 1980 l'IDC organise sa première réunion publique international en Afrique à Kigali alors que le parti était une dictature qui enfermée en prison tous ceux qu'elle jugeait gênant. Grisée par son pouvoir l’Église possédait les meilleurs terres du pays alors que le menu peuple connaissait la misère. Il n'était pas question de mettre en place une politique de contrôle des naissances (vu que la contraception fut interdite) en royaume chrétien. Ce qui explique la forte croissance démographique du pays.
  • En 1987, les exilés tutsi s’organisent et forment le Front patriotique rwandais (FPR).
  • Après avoir été formé dans des écoles militaires aux Etats-Unis et à Cuba, Paul Kagame lance au début des années 1990 des opérations militaires du Front patriotique rwandais (FPR) depuis l'Ouganda avec d'autres exilés tutsis rwandais
  • Le Pape Jean Paul II se rend au Rwanda très catholique en septembre 1990.
  • L’Armée patriotique rwandaise (APR), la branche armée du FPR, attaqua le nord du Rwanda le 1er octobre 1990. Environ un million de personnes essentiellement des hutu fuient les combats et se déplacent vers le sud.
  • Aussitôt, le président Habyarimana demanda l’aide des pays alliés, dont la France, la Belgique et le Zaïre. En même temps, à Kigali, les Tutsi sont traqués, car ils sont considérés comme des traîtres qui supportent le FPR. Pour Mittérand le FPR est une menace de la prépondérance anglo-saxonne sur un territoire francophone, un ennemi des intérêts de la France.
  • Dès le 4 octobre 1990, la France, le Zaïre et la Belgique interviennent brièvement pour aider à évacuer des occidentaux. Le soutien militaire français fort de 688 hommes est maintenu sous la dénomination opération Noroît jusqu'à la mise en place des troupes de l'ONU. Le ministre de la coopération Robert Galley témoignera que l'armée française a bien été utilisée afin de stopper l'avancée du FPR. De 1990 à 1993 les FAR sont formées et réorganisées par l'armée française, pour contrer les attaques du FPR. Au nom d'une opération secrète, les livraisons d'armes qui ont été effectuées pour cela vont finalement servir aux génocidaires !

    Des machettes financées par une association vaticane

    Au moins cinq cent mille machettes avaient été achetées par le Rwanda entre 1992 et 1994 pour une valeur de 725.669 dollars américains, provenant du détournement des aides extérieures. Parmi ces machettes, 816 auraient été achetées en commande spéciale par Caritas-Rwanda, le 5 août 1993, auprès d’une société locale de Kigali, Rwandex-Shillington. Ces machettes ont ensuite été distribuées dans tous les centres de santé et centres nutritionnels de l’Église catholique du Rwanda, partout dans le pays. Caritas est une association vaticane à laquelle est affilée le Secours Catholique français.

 

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  • Le général Varret, de l'armée française, a rapporté aux députés français avoir entendu en 1990 du principal responsable de la gendarmerie rwandaise l'explication suivante à propos des Tutsis : « ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider »
  • Les autorités de Kigali entament dès octobre 1990 une politique de traque des Tutsi à l'intérieur du Rwanda. Plus de 10 000 Tutsi sont emprisonnés. La majorité d'entre eux échappe aux exécutions envisagées grâce aux interventions de la communauté internationale et des ONG. L'ambassadeur de Belgique prendra spectaculairement et courageusement la parole au nom des Droits de l'Homme au milieu de milliers de Tutsi détenus dans le stade Amahoro à Kigali. Malgré ces interventions, plusieurs dizaines de prisonniers succombèrent aux tortures pendant les interrogatoires dans les diverses prisons du pays.
  • Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d'état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un génocide contre les Tutsi. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le régime d'Habyarimana.
  • En décembre 1990 sont publiés et diffusés les 10 commandements hutu parmi lesquels celui de "cesser d'avoir pitié des tutsi".
  • Dès janvier 1991, dans le Nord-ouest du pays le massacre de la tribu minoritaire Bagogwe (apparenté aux tutsi) est organisé dans des camps où sont aussi installés les formateurs de l'armée française qui prétendent n'avoir rien remarqué. Ce massacre sera perçu comme une répétition du génocide. Les autres Tutsi sont traqués par leur voisinage, au gré de l'obéissance des autorités locales aux injonctions gouvernementales. La Fédération internationale des Droits de l'Homme fera deux rapports en 1992 et 1993 sur ces événements pré-génocidaires.

« Là il y avait une queue de véhicules qui attendait un contrôle. La tension était à vous couper le souffle. De loin j’ai aperçu les autos blindées [...] avec comme chauffeurs des militaires blancs. Mes amis canadiens ont chuchoté : “les Français”… Nous avons vu les militaires qui contrôlaient, les miliciens qui tenaient les barrières en agitant les machettes dans tous les sens. [...] Je me suis rendu compte que parmi les militaires il y avait aussi des Français qui demandaient aussi les cartes d’identité des Rwandais où figurait la mention “Hutu, Tutsi, Twa”. Les Tutsi se faisaient sortir de la voiture et les militaires français les remettaient aux mains des miliciens agacés qui les coupaient à coups de machettes et les jetaient [...] au bord de la grande route [...]. »-Témoignage d'une rescapée dans un bus fuyant le pays en avril 1991 à Ruhengeri, au croisement de la route de Kigali et de la montée vers les volcans.(cité dans le Communiqué de presse du 22 mars 2004 de la « Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 », Paris du 22-26 mars 2004)

  •  En 1992, le MRND créera la tristement célèbre milice Interahamwe (qui signifie en kinyarwanda « ceux qui combattent ensemble »). Les partis d’opposition remporteront les élections et le président Habyarimana perdra progressivement une grande partie de ses pouvoirs. Mais le président avec les milices Interahamwe et la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) qui seront les principaux organes du génocide s'autoqualifieront de Hutu Power. La radio qui appelle au meurtre des Tutsi dès 1992 est un élément important du conditionnement des esprits. Parmi ses animateurs un belge Georges Riggiu proche de l'IDC qui lança des prêche haineux contre les tutsi sur fond religieux !
  • Au début de 1993, le FMI et la Banque mondiale mettent fin à l’aide monétaire qu’ils offraient au gouvernement en place. Le Président Habyarimana est donc contraint de signer les accords d’Arusha (Tanzanie) qui prévoient la mise en place de nouvelles institutions de transition. La mise en œuvre de ces accords est partiellement retardée par le président Habyarimana dont les alliés extrémistes de la CDR (Coalition de défense de la République) n’acceptent pas les termes.
  • Le 3 mars 1993, face aux accusations de la presse sur place, « pour renverser les charges », le général Quesnot propose au président Mittérand d'incriminer la rébellion en exigeant « une réorientation forte et immédiate de l'information des médias [français] sur notre politique au Rwanda en rappelant notamment (…) les graves atteintes aux droits de l'homme du FPR : massacres systématiques de civils, purification ethnique, déplacement de population… ».
  • bago.jpgA la fin de l'année 93 le pouvoir ne pourra plus contrôler les milices ou escadrons de la mort qui font régner la terreur dans les rues sous la direction du colonel de l'armée Theoneste Bagosora. Il a organisé "dans l'ombre" la distribution des machettes et les mouvements des milices sanguinaires pour qu'elles "tuent 1000 tutsi à la minute".
  • Arrivée de la MINUAR, le contingent des casques bleus commandée par le général Dallaire en décembre 1993 avec environ 2 300 hommes, essentiellement des Bangladais, des Belges et des Ghanéens.
  • Dans un câble crypté le général Dallaire, commandant la MINUAR, informe le Secrétaire général de l'ONU, le 11 janvier 1994, de la mise en place de listes de Tutsis dressées.
  • Dans un télégramme diplomatique du 12 janvier 1994, l'ambassadeur de France à Kigali rapporte les confidences d'un informateur du représentant des Nations unies, qui lui a livré les détails « graves et plausibles » d'un plan de déstabilisation radicale du pays grâce à des provocations contre les troupes du FPR à Kigali, pour susciter une riposte. « Les victimes rwandaises que ne manqueraient pas de provoquer ces réactions seraient alors le prétexte à l'élimination physique des Tutsis de la capitale », explique le diplomate
  • En mi-mars 1994, selon ses aveux qu'il fera plus tard, le père Theunis connaissait le but des extrémistes de la CDR (la Coalition pour la défense de la République et de la démocratie) : « recommencer les massacres de 1959 »
  • Le 3 avril 1994, un message bizarre est diffusé sur la RTLM: "Le 4 et 5 avril il va se passer un petit quelque chose à Kigali en ces journées de Päques; une petite chose est prévue à Kigali, cette chose va continuer les jours suivants". Pour certains c'est un aveu de planification du génocide.
  • Le 6 avril 1994, l’avion du président Habyarimana est abattu par des missiles sol-air alors qu’il s’apprêtait à atterrir à Kigali. Les deux parties antagonistes vont s'accuser mutuellement pour cet assassinat. Les membres dissidents du gouvernement, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana ainsi que des opposants, sont éliminés dès le lendemain et un gouvernement intérimaire est mis en place à l'ambassade de France, avec Jean Kambanda pour premier ministre. C’est le début du génocide.
  • Le jour même la Radio RDMC ('radio machette') utilise le drame pour inciter les hutu à éradiquer les tutsi en diffusant la liste des noms des personnes à éliminer.

Kantano_Habimana.jpg « Les Inyenzi-inkotanyi [cafards-Tutsi] sont une race de gens très mauvais. Je ne sais pas comment Dieu va nous aider à les exterminer…Continuons à les exterminer pour que nos petits enfants n’entendent plus parler d’Inkotanyi. » « Réjouissons nous, amis ! Les Inkotanyi ont été exterminés…Dieu est juste ! »-Déclaration chantée de Kantano Habimana (probablement drogué), Radio Télévision Mille Collines, 2 juillet 1994.

  •  Le 7 avril, la garde présidentielle assassine le premier ministre qui s'apprêtait à lancer un appel au calme à la radio nationale. Dix casques bleus belges qui assuraient sa protection sont désarmés et eux-mêmes assassinés plus tard dans la matinée.
  • Les journalistes à la radio RTLM entrain de fumer de la drogue appelèrent la population hutu à dresser des barrages pour servir "d’abattoirs". Ils encouragent les tueurs à prendre de la drogue "pour avoir plus de courage et à ne laisser passer aucuns cafards qu'il faut massacrer."
  • baril.jpgSelon plusieurs sources Paul Barril (ancien responsable du GIGN et conseiller du Président Juvénal Habyarimana) aurait été l’intermédiaire dans l’achat de deux missiles sol-air, entre novembre 1993 et février 1994, pour le compte du Hutu Power. L'ex-gendarme affirmera plus tard agir sur les ordres de François de Grossouvre (de l'Elysée). Il se vanta d'avoir assuré la défense de Kigali face aux rebelles du FPR sous l'opération appelé "Insecticide" financée par l’État français (ce fut sous le qualificatif de cafards qu'on traitait les tutsi)
  • Le 7 avril, le jour même, François de Grossouvre, le conseiller international des avions Marcel Dassault du président Mittérand est retrouvé mort à l'Elysée ! Celui qui était comme les yeux du président et qui avait tissé de grands réseaux d'affaires et politiques en Afrique (étant franc-maçon) était devenu subitement la bête noire du président. La thèse du suicide est officiel alors que le rapport d'autopsie précise que le corps de Grossouvre présentait « une luxation avant de l'épaule gauche et une ecchymose à la face ». En réalité étant proche d'Habyarimana il fut probablement impliqué dans le génocide. En savait-il trop ? Le mystère demeure. La coïncidence est tellement évidente qu'elle amène à penser que l’Élysée était tellement impliquée qu'elle a voulu cacher certaines choses gênante en rapport avec le Rwanda.
  • Beaucoup d'églises dans lesquelles viennent se réfugier des milliers de Tutsi deviennent "des chambres de la mort" où des miliciens viennent achever un par un les tutsi, femmes enfants compris, avec la complicité et parfois l'aide des membres du clergé !
  • Du 7 au 10 avril des milliers de Rwandais cherchent refuge dans les divers cantonnements de la MINUAR. Celle-ci se trouve débordée et n'a pas les moyens de leur apporter eau et nourriture.
  • Le 8 avril 1994 la France et la Belgique évacuent leur ressortissants. Les soldats n'ont pas le droit de confisquer les armes ni d'intervenir. Le colonel Marchand du contingent belge avouera plus tard que "si ses supérieurs avaient une vision plus responsable des choses, il avait suffisamment de troupes sur place pour empêcher que le génocide démarre à Kigali"
  • Le 9 avril, madame Agathe Habyarimana la veuve du défunt président est exfiltrée en France et reçoit une gerbe de fleurs, un appartement en dotation et 200 000 francs pour frais de bouche- (L’Inavouable, Les Arènes, 2004, de Patrick de Saint-Exupéry, page 259.)
  • Dans un communiqué du 10 avril 1994, publié dans l'Osservatore Romano, les évêques de l’Église catholique du Rwanda, apporte clairement leur soutien au nouveau gouvernement intérimaire et aux forces armées rwandaises.
  • Le 11 avril 1994, sur ordre de l'état-major belge, les soldats belges de la MINUAR cantonnés dans l’École technique officielle Don Bosco (ETO) , dans l’est de la capitale, se replient pour aller renforcer l'aéroport, abandonnant de fait les plus de 2000 rwandais qui s'étaient réfugiés à l'ETO à leur sort. Ceux-ci sont aussitôt massacrés (voir en introduction). Une centaine de rescapé a réussit à survivre.
  • Alors que les appels à envoyer des hommes de Boutros Ghali le secrétaire général de l'ONU restent lettre morte pour des raisons financières, le 21 avril 1994, la résolution 912 de l'ONU réduit les effectifs de la MINUAR à 270 personnes, soit 10 % de ce qu'elle était sur le terrain et 5 % de ce qui avait été prévu initialement. Le représentant du Rwanda à l'ONU fait passer son pays comme "victime d'une invasion étrangère" pour susciter la sympathie des autres pays. La secrétaire aux affaires étrangères Madeleine Albright, et l'ambassadeur français à l'ONU firent pression pour que le terme génocide ne soit pas employé tout en parlant de "guerres ethniques". Les troupes doivent se retirer ce qui suscite la colère des casques bleus sur place.
  • L'armée française qui a évacué les ressortissants vers la métropole avait reçu la mission secrète de protéger la famille du président déchu et le directeur de la radio des milles collines en les exfiltrant sous protection ! Elle devait aussi empêcher le FPR de progresser. Elle livra donc des minutions aux soldats rwandais qui ont les mains plein de sang.
  • Le 27 avril, au milieu du génocide, Jean-Bosco Barayagziwa, idéologue et leader du Hutu Power fut reçu officiellement à l'Élysée, à Matignon et au Quai d' Orsay, par François Mitterrand, Édouard Balladur et Alain Juppé . Pourquoi s' en offusquer ? « Dans ces pays-là, un génocide, c'est pas trop important », confiera le Président à des proches, durant l'été 1994 .
  • Le 8 juin 1994, 2 mois après que ses observateurs soient sur place,  le Conseil de sécurité de l'ONU dénonce des actes de génocide commis au Rwanda.
  • Le 22 juin 1994, la France intervient au Rwanda dans le cadre de l'opération Turquoise, autorisée par la résolution 929 des Nations-Unies (Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression), elle est dotée du mandat de pouvoir agir par la force, mandat qui a toujours été refusé à la MINUAR qui intervenait au titre du chapitre VI. Les zones d'intervention de la France, au sud-ouest du Rwanda, sont négociées avec le FPRL. Mais l'opération Turquoise fut ainsi un formidable trompe-l'œil. L'alibi humanitaire ne trompait que les caméras complaisantes. Le corps expéditionnaire français de plus de 2500 militaires était équipé de véhicules blindés, pour le combat. Il s'avéra souvent incapable de transporter et sauver les survivants Tutsis qu'il découvrait : drôle d' opération humanitaire ! Les organisateurs du génocide préparèrent un accueil triomphal aux troupes françaises. Leur station de radio, RTLM , avait même pensé aux détails. Plusieurs jours avant l'arrivée des Français, elle diffusait des messages du genre : « Vous, les filles hutu, lavez-vous et mettez une belle robe pour accueillir nos alliés français. Toutes les filles tutsi sont mortes, vous avez vos chances .»

La complicité de la France dans le génocide

Pour Annie Faure de l’association sur place des Médecins du Monde,  « l’opération Turquoise a permis de  tuer plus de Tutsi, elle a été faite pour sécuriser les tueurs et leur permettre d’exterminer les Tutsi restant. Par cette opération la France a entérinée sa solution finale à elle. ».

 

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  •  Le 28 juin 1994 les soldats français arrivent dans la forêt du Bisesero pour aider 50 000 tutsi entourés par des meutes de tueurs sauvages hutu lourdement armés et épaulés par des militaires et gendarmes rwandais formés eux-mêmes par des instructeurs français. Comme les tueurs s'étaient cachés, ils repartent et promettent de revenir dans 3 jours. En revenant, ils découvrent malgré les tueries parfois à la grenade, une sorte de foyer de résistance qui ressemblera au ghetto de Varsovie.  Ils installent les quelques centaines de rescapés dans un camp.
  • De son côté les troupes du général Belge Dallaire vont sauvé environ 30 000 tutsi.
  • Tout au long du mois de juillet l'armée française va permettre à des milliers de génocidaires hutu de fuir au Zaïre (actuel Congo) dans des camps de refugiés pour éviter les poursuites et représailles du FPR qui en avançant par le nord en exécutant des hutu (entre 25 et 45 000 ). Des exactions génocidaires furent donc commis des 2 côtés.
  • Le 4 juillet, les troupes du Front patriotique rwandais (FPR), conduites par l’actuel président Paul Kagamé, s’emparent de Kigali après une longue avancée depuis l’Ouganda, au nord du pays. Ils mettent un terme à 100 jours de génocide contre les Tutsi et les opposants hutu, en faisant tomber le régime de Juvénal Habyarimana. Le génocide aura fait entre 800 000 et un million de morts en grande partie tutsi.
  • Le 17 juillet l’état-major tactique français organisa l’évacuation vers le Zaïre du gouvernement génocidaire rwandais
  • La plupart des médias français à la grande déception des journalistes sur place se focaliseront sur l'épidémie de choléra qui affectait les réfugiés hutu pourtant génocidaires au Zaïre, alors que 3 km de l'autre côté de la frontière le pays était tapissé de cadavres. La tentative pour occulter le génocide réussit mais pas pour longtemps.
  • À partir du 15 septembre, la force africaine présente en Centrafrique passe le flambeau aux Casques bleus de l’ONU. La nouvelle mission onusienne, la Minusca, va déployer 7 600 hommes, dont une grande partie se trouve déjà sur place. À terme, elle devrait compter 12 000 hommes.
  • Une fois que le FPR pris le contrôle du pays il mit en prison de nombreux génocidaires. L'IDC a exigé à plusieurs reprises leur libération ! Ce qui lui fut refusé.
  • Le 25 mars 1998 le président Bill Clinton s'est déplacé jusqu'à Kigali pour présenter ses excuses au nom de sa nation. Il expliquera qu'il n'était pas intervenu parce qu'il n'y avait aucuns intérêts en jeu pour les américains tout en reconnaissant sa part de responsabilité dans la tragédie du Rwanda.
  • Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions gacaca (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994 — prononcer « gatchatcha ») ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles s'ajoutent aux sept cent cinquante gacaca pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines régions du pays. Les gacaca sont inspirées des anciennes assemblées villageoises sauf qu'ici certains jugent ont de la famille parmi les inculpés. Elles ont été créées pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'ONU.

Le guêpier rwandais qui implique la complicité internationale

La décision de l'ONU de ne pas intervenir au Rwanda partait du constat d'échec de ses casques bleus à Mogadiscio en Somalie qui étant sous couvert du fameux paragraphe 7 stipulant qu'ils pouvaient utiliser la force s'est soldé par la mort d'une cinquantaine de soldats onusiens. L'ONU de guerre lasse a donc cédé le terrain aux tueries les plus folles...Paradoxalement se sont les militaires français dépêchés un peu tard pour protéger les civiles (en réalité principalement les hutus des représailles des forces rebelles ) qui ont agit sous le paragraphe 7 de l'ONU ! Les responsables politiques de gauche comme de droite vont jusqu'à ce jour toujours nier ou minimiser leur responsabilité dans ce génocide, allant jusqu'à dire que "si c'était à refaire ils referaient la même chose". Aujourd'hui les politiques concernés continuent de réfuter les accusations de complicité. A supposé que ce soit faux on ne peut pas dire que les opérations militaires françaises soient une réussite. Ce carnage insoutenable à grande échelle sur 3 mois démontre plutôt l'incompétence de toutes les autorités qui auraient pu l'éviter.

Du côté des français et de l'Onu auquel ils étaient affiliés, les militaires furent obligés d'obéir aux ordres; ils ne pouvaient pas faire usage de leur conscience ou de leur humanité sans en avoir à en rendre compte à leur hiérarchie: ils fonctionnaient donc comme une espèce d'instrument ou de machine. Ce "machin" comme disait De Gaule ou cette "chose" a hélas causé une horrible désolation en Afrique.

Le fait que des milliers de génocidaires aient traversé la frontière au Congo a participé à la déstabilisation toute entière de la région qui a encore des répercussion aujourd'hui. Les tensions perdurent (voir ancien article à ce sujet). Même si les conflits interethniques ou interraciaux se sont estompés, il demeure une force de motivation beaucoup plus grande qui malheureusement entraîne encore des guerres. Ces tensions sont encore de nature religieuses.

La complicité des églises

Concernant le cas spécifique du Rwanda, on a constaté qu’une distance de façade est affichée publiquement par l’Église vis-à -vis de ses membres impliqués dans le génocide. Mais en même temps, cette soi-disant distance s’accompagne d’une forte solidarité discrète de la hiérarchie catholique, envers ces hommes et ces femmes aux mains criminellement souillées. Jusqu’à maintenant, aucune mesure ne serait-ce que disciplinaire (encore moins un châtiment canonique) n’a été prise à leur endroit, de la part de l’Église. Pire encore, on leur confie divers ministères pastoraux, et toute dénonciation de leurs crimes est considérée comme une persécution de l’Église. Parmi les cas connus du grand public, il y a celui du tristement célèbre Abbé Wenceslas Munyeshyaka qui vit à Gisors, près à Évreux en France. Son cas est un symbole vivant de l’impunité bénie et soutenue par l’Église catholique. Le cas de l’Abbé Wenceslas a même valu à la France une condamnation par la cour européenne des Droits de l’Homme, pour ne l’avoir pas jugé dans un délai raisonnable. Ce verdict date d’il y a dix ans, c’était le 8 juin 2004. D'autres affaires récentes concernant des responsables religieux sont en cours.

"S’il est effectivement certain que la France aura été le bras armé du génocide, il est non moins avéré que – avant, pendant, comme après – le Vatican et l’église catholique au Rwanda auront eu des responsabilités tout aussi décisives. Il n’est pas exclu qu’en tournant nos regards vers Rome, on découvre un jour les ressorts de ce crime inconcevable"- Jean Paul Gouteux, chercheur en entomologie médicale à l’Institut de recherche pour le développement.

Des protestants sont aussi impliqués. Par exemple, Michel Twagirayesu, président de l'Église presbytérienne du Rwanda et ancien vice-président du Conseil Œcuménique des Églises a été accusé par des membres de la municipalité et par des paroissiens d'avoir eu une participation active.

Il est fort intéressant de noter que la première liste officielle des présumés génocidaires concernait quelques deux mille personnes toutes responsables du crime de génocide, or parmi celles-ci figuraient onze ecclésiastiques de l’Église Catholique dont deux missionnaires européens: l'abbé Maindron Gabriel (de France) et le prêtre Bellomi Carlo (d'Italie) ! L'affaire du génocide au Rwanda est clairement à rattacher à toute une idéologie extrémiste catholique qui s'est installée en un laps de temps d'au moins 30 ans.
Certains parlent de filières vaticanes (Opus Dei ?) qui auraient permis à une cinquantaine de prêtres rwandais génocidaire de fuir vers l'étranger en particulier au Canada. Reste qu'en 1997 le Pape Jean Paul II a envoyé une lettre publique pour absoudre l’Église catholique de toute responsabilité au sujet du drame rwandais ! Trois ans après avoir fait disparaître les preuves  ?

L’attitude du Vatican sur le Rwanda en 1994 en question:

 « N'avoir jamais condamné la discrimination raciale dans le pays, pis, l'avoir pratiquée activement sur le terrain et au plus haut niveau dans les instances officielles de l’Église rwandaise, puis se taire alors qu'on peut et qu'on doit défendre les victimes tutsi pendant et après le génocide, enfin demander avant leur procès la clémence pour les bourreaux hutus armés avec le silence complice des autorités religieuses du pays - ce qu'a fait Jean-Paul II -, voilà qui ressemble étrangement au comportement de Pie XII avec les juifs pendant le IIIe Reich, non ? »-Michel Onfray

Dans ce contexte, la folie funeste à gagner tous les courants religieux, à l'exception des Témoins de Jéhovah. Même des pasteurs de l’Église pentecôtistes ont participé aux massacres.

Le Rwanda l'exemple typique de l’échec de l’Église catholique

Rappelons que le pays était presque qu'un territoire à 73 % catholique avec des élites le plus souvent gagné à ces enseignements implantés depuis plus d'un siècle. Comme le reconnaîtrons des ecclésiastiques les foules de tueurs n'ont pas comprises le message du christianisme; elles étaient chrétiennes pour la forme. On ne leur avait pas enseigné les valeurs simples de fraternité et d'impartialité. Pire la plupart des membres du clergé avaient soutenu, quand ils ne les ont pas fomenté, les idéologies racistes et anti tutsi. C'est l’échec tout entier de ce qui était une dictature catholique. Aujourd'hui le nombre de rwandais qui se disent catholiques est estimé à moins de 43 % au lieu de 73 % il y a 20 ans. C'est dire combien la désaffection fut importante. Loin de conforter leur religion les jésuites ont lamentablement échoué dans leur entreprise qui s'est retournée contre leur propres plans.

L’exploitation des peurs et complexes à l’origine de la haine ethnique

Au lieu d’enseigner les vraies valeurs, les pères blancs ont exploité les plus bas instincts pour parvenir à leurs fins.

Il est arrivé que des hutu de petites tailles qui s'en prirent à des tutsi de plus grandes tailles les narguaient en leur coupant les pieds pour qu'ils soient de mêmes tailles ! Ce qui est surprenant dans ce drame c'est de voir comment des frustrations naissant de complexes de petites tailles ou d'infériorité peuvent conduire à une haine aussi ridicule et monstrueuse ! Ces incidents ignobles en disent long sur le fond du génocide: une profonde jalousie malsaine qui affecte l'ensemble d'un groupe ethnique. Certains hutu pratiquaient toujours leurs rites sorciers dans les camps de réfugiés de Ngara dans le nord de la Tanzanie en sacrifiant la nuit des individus.

Autre détail significatif; le sentiment d'appartenir à une caste pauvre qui serait exploité par une riche là aussi c'est un autre facteur de haine. Beaucoup se sont vengés par cupidité en volant tout à leurs victimes.

Enfin l'effet miroir; j'accuse donc je suis. Sous l'effet de la propagande et de la peur les génocidaires ont attribués à leurs victimes leurs propres intentions meurtrières. L'effet de groupe a fait s'enflammer la haine.

Par contre tuer des enfants, des nourrissons, des femmes après les avoir violé et éventré; tout ceci est proprement inhumain. On ne peut expliquer cette folie démoniaque que par l'intervention d'esprits cruels et profondément malfaisants.

 

Le dernier génocide du XX ème siècle fut sans doute le plus rapide et il a entre autres rayé de la carte plus de 70 % d'un groupe ethnique dans l'indifférence totale de la communauté internationale. Les médias français ont réussit à berner l'opinion publique pendant des mois en 1994; l’histoire montre que cela peut se répéter, obéissant aux diktats de la pensée unique. Pire ils peuvent toujours aussi facilement basculer dans la stigmatisation et la haine. Le temps écoulé nous permet de saisir, a posteriori les raisons qui ont poussé les Pères Blancs, à recourir à la politique du bâton et de la crosse, lors de leur apostolat au Rwanda. De mon point de vue, mais je veux rester humble, car il est très facile de parler vingt ans après les faits, toute la lumière n'a pas été faite sur ceux qui ont plus ou moins échafaudé ce macabre plan. Néanmoins on ne peut que saluer le courage et l'endurance des rescapés qui dans leur silence sont un témoignage vivant de l'extrême cruauté possible qui peut encore gagner les humains. Leurs souffrances relativisent largement les nôtres.

08/02/2015

L'Algérie, le pays aux mille empreintes coloniales (1ère partie)

De l'autre côté de la Méditerranée s'étend un vaste pays presque cinq fois plus grand que la France qui a connu une succession de colonisateurs. Et pour cause, la variété des paysages de l'Algérie ainsi que ses climats sont attrayants. Si chacun y a laissé ses traces, il y en a un en particuliers qui a réussi à implanter durablement et en profondeur ses croyances, son mode de vie, sa langue à ce pays pourtant très diversifié. Quel est ce conquérant et comment a-t-il fait ? 

                  Une splendide terre d'accueil pour les conquérants

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Parmi les premiers occupants du pays auraient figuré les gétules puis les berbères, bien avant l'arrivée des phéniciens. Les premiers rois berbères gouvernaient les Numides, Gétules, et Bavares qui ont survécu jusqu'à l'époque romaine. Les Numides formaient une civilisation avancé. Les Berbères, qu'on a aussi appelés Libyens, apparaissent dans l'histoire 3000 ans avant notre ère.

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Vers 2700 avant N-E, apparut, pour la première fois, une croyance en un Dieu unique, fondée par l'Hébreu Abraham. Certaines familles juives d’Égypte qui étaient groupées en tribus, au moment de "l'Exode", allèrent vers la partie occidentale de l'Afrique du Nord et gagnèrent à leur croyance de nombreuses populations berbères.

Au IXe siècle avant N-E, les Phéniciens dépendant de Carthage en Tunisie (carthaginois) s'établirent sur le littoral algérien et fondèrent la puissance carthaginoise. Au fil des siècles les Gétules développèrent une cavalerie efficace, et devinrent un peuple nomade et migrant du Sahara vers le Nord de l'Afrique face aux numides.

Au IIIe siècle avant N-E Massinissa unifie les royaumes numides (berbères)  et fait de Cirta (Constantine) sa capitale.
En 146 avant N-E., à la suite de la destruction de Carthage, les Romains prirent possession du pays, qu'ils conservèrent pendant 575 ans et dont ils firent le principal grenier de l'Italie. On voit encore les ruines des villes nombreuses qu'ils bâtirent dans la région du Tell et jusque dans le bassin du Hodna, jusqu'au pied du versant Nord de l'Aurès.

De 112 à 105 avant N-E  Jughurta, petit-fils de Massinissa, se rebelle contre Rome. Il combina des manœuvres militaires face aux Romains avec son voisin de l'ouest, le roi Bocchus Ier de Maurétanie. Ce dernier le trahit et aide les romains à le capturer. Après l'exécution de Jugurtha, la Numidie occidentale est offerte à Bocchus pour être rajoutée à son royaume de Maurétanie, tandis que la Numidie orientale est gouvernée encore quelque temps par des princes Numides soumis à Rome (voir carte ci-dessous).

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Qui sont les berbères ?

alg 1.jpgLe nom de « berbère » est issu du mot barbarus, par lequel les Grecs, puis les Romains, désignaient tout peuple ignorant les coutumes et la civilisation gréco-romaines. Connus depuis l’antiquité pharaonique sous d'autres noms, les Berbères subsistent dans un immense territoire qui commence à l’ouest de l’Égypte. Les Berbères ou Imazighen ('hommes libres') sont un ensemble d'ethnies qui occupaient un large territoire allant de l'ouest de la vallée de Nil jusqu'à l'Atlantique. Ils y fondèrent de puissants royaumes, Organisés en tribus. Par la suite, les Romains ont maintenu l'usage du mot « Berbères » pour désigner les peuples d'Afrique du Nord qu'ils n'ont jamais réussi à soumettre totalement. L'avènement de Jésus-Christ fit connaître une nouvelle croyance en un Dieu unique. Cette religion fit de nombreux adeptes parmi les populations berbères du Nord Occidental de l'Afrique. Plus lard, les Hillalis leur donneront un autre nom en Algérie : les "Kabyles" c'est à dire "soumis". Une forme de christianisme se développa rapidement parmi les populations berbères, prit un grand essor et dura jusqu'à l'arrivée des Arabes en 640. Il y a eu 3 papes chrétiens d'origine berbère. La plupart des Berbères furent sédentaires. Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parlé berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les Banou Ifren et Maghraoua, etc). Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l'Auras et à laquelle appartenait la Kahena. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. L'ensemble des ethnies  Imazighen (le pluriel d’« Amazigh ») a pour territoire la Tamazgha. Dans ces groupes il faut différencier les tribus qui ont des coutumes souvent différentes. Aujourd'hui sur une population algérienne de 40 millions d'habitants il  y aurait 12 millions de berbères (plus du tiers). Ce pays est le 2eme pays francophone au monde.

12 millions de Berbères1. D'autres sources indiquent qu'il y a 8 millions deKabyles46. Les berbérophone Chaouis sont environ 2 870 000 en 2005 47. Parmi les Touaregs subsahariens, il y a près de 3 millions de Berbères 48. Selon Francis Manzano et Fernande Krier9 réf. à confirmer : : En Tunisie, environ 60 000 Berbères9. En Mauritanie, entre 100 000 et 500 000 Berbères9. En Égypte, il y a entre 10 000 et 50 000 Berbères9. En Libye, la population est Berbère, mais elle a été arabisée. 4% de la population y maîtrise le berbère

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Au Maroc, 19 millions de Berbères1. En Algérie, 12 millions de Berbères1. D'autres sources indiquent qu'il y a 8 millions deKabyles46. Les berbérophone Chaouis sont environ 2 870 000 en 2005 47. Parmi les Touaregs subsahariens, il y a près de 3 millions de Berbères 48. Selon Francis Manzano et Fernande Krier9 réf. à confirmer : : En Tunisie, environ 60 000 Berbères9. En Mauritanie, entre 100 000 et 500 000 Berbères9. En Égypte, il y a entre 10 000 et 50 000 Berbères9. En Libye, la population est Berbère, mais elle a été arabisée. 4% de la population y maîtrise le berbère

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En 17 le chef de guerre numide Takfarinas se révolte contre Rome après avoir été enrôlé dans son armée. La guérilla qui s’ensuivit dura 7 années et fut écrasée dans l’œuf. Pour coloniser cette partie de l'Afrique, Rome s’appuya sur l'intégration des aristocrates locales qui connaissaient bien la culture hellénique.

Les romains ont bâti des villes, tracé des voies, édifié des aqueducs, fertilisé des terres arides et le pays, peu à peu, s'est épanoui dans la Pax Romana. Alors que le latin devenait la langue officielle de l'Algérie, on a vu y naître penseurs, philosophes et poètes tandis qu'insensiblement, les Berbères et les Numides s'éloignaient des cultes sanguinaires et païens pour se tourner vers une forme de christianisme en vogue.

La romanisation profonde de la population berbère s'amorce au point que de nouvelles méthodes de cultures rendent plus productives les terres jusque vers 235 l'époque où la crise frappe de plein fouet le pays en pleine période de 'christianisation'.

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De 311à 314 un berbère fut élu pape: Miltiade (ci-contre). En 347, les tribus berbères insurgées s’allient aux donatistes, une secte chrétienne opposée à Rome (ceux-ci refusaient d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, et exigeant la séparation de l'État et de la religion.)
En 354 "saint" Augustin naît à Thagaste, dans le nord-est de l’Algérie. Cet évêque berbère catholique d'Annaba essaya de calmer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Il influencera profondément la pensée de la chrétienté. A l'époque, le pays comptait plus de quatre cents églises et des milliers de fidèles.
En 429 les Vandales, venus d'Espagne, mirent fin à la domination romaine et devinrent les maîtres du sol pendant 104 ans. Ils atteignirent l'Algérie par l'Espagne en traversant le Maghreb.
De 439 à 533 les Vandales (venus d'Espagne mais sont à l'origine des germains du nord) règnent sur le Maghreb romain. Alors que les Romains avaient su admirablement mettre en valeur la terre africaine, celle-ci, après l'invasion arabe, était redevenue inculte et improductive. Le général Bélisaire, en 534, anéantit leur empire et soumit le pays au sceptre des empereurs de Constantinople. L'Algérie est sous la domination byzantine (Empire romain d'Orient).
 

Des coutumes païennes 'christianisés' encore en vogue:

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Aujourd’hui il n’est pas rare de voir des femmes berbères avec des tatouages en forme de croix sur le front, les mains, le menton, les tempes ou les joues. Elles le font soit avec un crayon spécial soit avec du henné lors d'événements importants (rituel de la “nuit du henné” avant le mariage, à la naissance, au baptême, ou à la circoncision.). Pourtant ces tatouages appelés “el-âyachaétaient lié à un ensemble de rites païens de sorcellerie et de magie. Dessiné sur les enfants avec du noir de fumée on pensait qu'ils les protégeaient du mauvais sort et de la malchance. On retrouve cette coutume lorsque le jour de la naissance d’un enfant coïncide avec un événement néfaste. Ainsi, la croix était très répandue dans la culture berbère; elle symbolisait les 2 jambes ou les deux bras de l'homme. Sa généralisation fut facilitée grâce au culte de la croix païen très présent dans le reste de l'Afrique avant que l’Église catholique ne l'officialise. Hormis son côté embellissant, le tatouage dans la culture berbère est aussi un symbole d'appartenance à une tribu particulière, ou à un groupe social, ou un statut. Bien qu'on lui prête encore des vertus guérissantes (maux de têtes etc...), il était aussi un signe de démarcation. Les Imazighen par exemple se démarquaient des arabes en traçant des symboles propres à eux comme le signe Amazigh. Il peut être aussi un moyen d'expression comme la douleur puisque certaines femmes berbères du Maghreb ayant perdue leurs mari à la guerre, se faisaient un tatouage du menton jusqu'aux oreilles: comme une représentation de l'homme qu'elles ont perdues. L'interdiction islamique des tatouages sous peine d'être "enlevés en enfer avec des pinces rougies au feu" n'a pas réussie à endiguer cette habitude. En effet, il suffisait, pour ne plus redouter ce châtiment, de recouvrir les tatouages au henné après la mort. En effet, pour pallier cette contrainte religieuse, on lui a substitué le henné (non mutilant) qui faisait déjà partie de la culture arabe.

enmaillontement.jpgD’autre part une ancienne tradition berbère est souvent perpétuée dans la façon de langer les nourrissons avec des bandelettes blanches du pied jusqu’au ventre pour éviter qu’il ne bouge (ma propre mère nous bandait ainsi étant tout petit, moi et mes frères et sœurs en faisant le signe de croix avec ses avant-bras sur notre ventre). Après être langé de la sorte la mère fait des signes de croix avec ses avant-bras sur le ventre du bébé. D’après-vous d’où viennent ses coutumes ? Nul ne peut nier qu'elles ont un lien avec le culte de la croix.

Pourquoi emmaillotait-on les petits ainsi ? Hormis ces vertus sécurisants tant sculpture-emmaillotement.jpgpour l'enfant que la mère, c'est une coutume hérité des païens. En effet dans la Rome antique, à la naissance, l’enfant recevait des soins pour son nombril, avec un linge imbibé d’huile, aidant à la cicatrisation. Ensuite, il était emmailloté, selon soit la technique en spirale ou en rectangle. Partie intégrante de l’éducation romaine, l’emmaillotement a une signification particulière. Les Romains considèrent l’enfant proche de l’état animal. En emmaillotant le bébé, il passe de la position fœtale à la verticale, ce qui l’humanise. Cette tradition 'christianisée' s'est répandue sous différentes formes en occident où elle fut observée jusqu'au début XX ème siècle dans certaines parties de l'Europe.

 
La rude transformation de la Berbèrie en Maghreb arabe

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En Orient, le califat omeyyade d’Abd al Malik débute en 685 jusqu'en 707. Celui-ci nomme Hassan Ibn Numan gouverneur au Maghreb, lequel mènera la reconquête de cette région en 686 avec le cruel général Oqba Ibn Nafa (illustration ci-contre). Celui-ci conquit la Maurétanie en convertissant par la force ses habitants à l'islam. En 693 malgré la résistance de la plupart des berbères qui se retranchèrent dans les montagnes, la plupart de la population accepta les nouveaux dirigeants arabes.
 
 

          Une islamisation plus rapide et ancrée dans les cultures:

alg 6.jpgComment expliquer que les anciennes provinces romaines d’Afrique, en grande partie christianisées et constituant la région la plus prospère de l’Occident latin, soient devenues en quelques siècles le Maghreb arabe ? Serait-ce la langue arabe imposée comme lecture du coran qui aurait surpassée les langues locales ? Non car plusieurs populations islamisées ailleurs (perses, turcs, afghans, pakistanais, africains, irakiens, syriens, etc...) ont non seulement conservées leurs langues mais aussi la plupart de leurs populations chrétiennes. Deux facteurs ont aidés:

Premièrement Rome avait réussi, pendant quatre siècles, à contrôler les petits nomades des steppes africaines par la fortification de leurs garnisons et provinces.  Cette irruption de la vie nomade dans l’Afrique du nord devait avoir des consé­quences incalculables. Modifiant durablement les genres de vie, elle prépare et annonce l’arabisation. Quand les arabes coutumiers de la vie migratoire  sont venus envahir l'Afrique du nord la plupart de ces peuples étaient préparés à cette vie nomade qu'ils ont facilement incorporés en adéquation avec l'islam qui s'inspire de ce mode de vie.

Deuxièmement, les querelles théologiques sont un autre ferment de désordre, elles ne furent pas moins fortes chez les Chrétiens d’Afrique que chez ceux d’Orient. L’Église, qui avait eu tant de mal à lutter contre le schisme donatiste, est affaiblie, dans le royau­me vandale, par les persécutions, car l’arianisme (d'Arius le berbère qui rejeta la trinité dès 312) est devenu religion d’État pour le royaume vandale d'origine germanique.

Kuseyla, le chef de la résistance à la conquête musulmane du Maghreb entra en conflit avec Oqba Ibn Nafaa jusqu'en 688, année ou Kahina prit la tête de cette résistance.

Une 'Jeanne D'arc' et féministe d'avant l'heure

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La reine guerrière Berbère Kahina des Aurès qui régna de 686 à 693 combattit les omeyyades (syriens musulmans) lors des invasions islamiques au VII eme siècle. Elle fut en même temps une des première reine guerrière et féministe de l'histoire. Les auteurs sont partagés sur sa confession; nombreux sont ceux qui la considèrent comme juive alors que pour d'autres elle est 'chrétienne'. Elle aurait pratiqué la divination. La difficulté vient du fait que plusieurs historiens arabes qui ont écrit à son sujet n'étaient pas objectifs.
Selon Mohamed ALAOUI elle fut en réalité "une païenne au sens non idolâtre ou polythéiste, mais dont le paganisme s’apparente à un matérialisme moderne (...) Une adoratrice de la terre, seule divinité qu’elle reconnaisse. Cette passion pour la terre est synonyme de patriotisme."- Source

Vaincue en 693 par l'émir Hassan Ibn Numan, elle est faite prisonnière et décapitée en 704.

En 711 les Arabes sont maîtres de l’ensemble du Maghreb, qui devient une province omeyyade (de Syrie). Les populations se convertissent à l’islam.

En 911 les Fatimides (une dynastie califale égyptienne) détruisent le royaume berbère de Tahert (région d’Oran). La domination des Arabes dura environ 400 ans: elle prit fin à l'extinction de la dynastie des Fatimides en 1171. Alors le pays tomba dans un état d'anarchie à la suite duquel les Berbères, dirigée par la dynastie marocaine des Almohades, sont redevenus maîtres chez eux, se divisèrent en un certain nombre de principautés dont les plus florissantes furent celles qui se livrèrent à la piraterie. En 1269, la chute des Almohades marque un tournant dans les relations avec les puissances chrétiennes. Ces dernières profitant des divisions au sein des musulmans, s'organisent pour la Reconquista. Au 13e siècle, de nombreux pirates opèrent en méditerranée.

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De 1492 à 1609 entre 300 à 400 000 musulmans espagnols et quelques juifs forcés de se convertir au catholicisme fuient l'Espagne dont une partie se réfugient en Algérie; on les surnommera les Morisques.
En 1509 une armée espagnol commandée par Pedro Navarro prend la ville d'Oran. Au fil des années ils y établissent une place forte en y chassant les Morisques. (La présence de cet autre envahisseur va durer jusqu'en 1555).

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Un pays molesté par la domination turc et les pirates

barberousse.jpgOn fit appel aux pirates pour empêcher l'Espagne de s'approprier l'Algérie. Le résultat c'est que ce sont eux qui ont exploité ces plus beaux quartiers. Les pirates des mers furent la terreur et le fléau des côtes de la Méditerranée. Tous les chrétiens qu'ils capturaient subissaient un dur esclavage. Au début du I6ème siècle la régence d'Alger fit appel à des corsaires turcs, les fameux frères Aroudj (photo ci -contre) cet Khayral Din tout deux plus connus sous le nom de Barberousse pour chasser les espagnols et rattacher cette contrée à l'Empire Ottoman. Par la suite, le pays devînt le fief de l'esclavage organisé de main de maître et la base arrière de la piraterie qui faisait de la Méditerranée l'objet de tous les dangers.Ils s'emparèrent de plusieurs villes:  Djidjelli, Alger, Cherchell, Ténès et Tlemcen. Ils devinrent par la suite gouverneurs de la régence d'Alger; pour le premier de 1515 à 1518 et le second de 1518 à 1533. Pour s'assurer un appui tant contre les indigènes que contre les États chrétiens, ils se firent vassal des Turcs. Pendant cette période le commerce des femmes et des esclaves se développa considérablement.

Courte vidéo (moins de 4 minutes) sur l''échec de la Reconquista espagnol

L'imprégnation profonde du maraboutisme

Avant l'arrivée des arabes, certains marabouts d'Afrique noire étaient venus s'installer en Algérie (Le mot « marabout » signifie en arabe 'l'homme vivant dans un ribāṭ' ou 'couvent fortifié'). Ils proposaient leurs services de guérisons pour de l'argent en utilisant toutes sortes de rites magiques païens. Avec l'islamisation des peuples le maraboutisme s'est adapté et a incorporé les croyances religieuses musulmanes avec ses pratiques lucratives. Par la suite pour avoir une plus grande emprise sur les gens, les marabouts finirent par être les gardiens de l'islamisation des villages éloignés des villes plus ancrées dans les pratiques religieuses. Bien que timidement condamné par l'orthodoxie islamique, le maraboutisme fut en réalité le deuxième bras de l'islamisation. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'influence considérable de l’islam sur les cultures locales.
 

La culture berbère matriarcale

Saviez-vous que certains villages berbères étaient administrée par des femmes ?

fatmala-rousse_small.jpgFatma Tazoughert (la rouquine?). Nous lisons dans une contribution de Nadhir Sbaâ: «Guerrière redoutable, elle sacrifia ses deux frères pour exalter le respect de la discipline.» «Née dans la montagne de Hitaouine (Merouana, les Aurès inférieurs, Titaouine), Fatma «la Rousse», (1544-1641) prêtresse et reine, réussit sous son règne, non seulement à unir plusieurs groupes berbéro-arabes, mais à perpétuer le matriarcat en désignant uniquement des femmes au sein du conseil des sages. Unique femme, dit-on, des siècles après la Kahina, qui ait régné sur les Aurès et perpétué le matriarcat, on la retrouve partout dans les chansons des «Rahabas» et les «contes». Ses caractères distincts, sa forte personnalité et son instruction avaient fait d’elle, comme écrit Nadhir Sbaâ, une femme «crainte, prêtresse admirée, jouissant d’un grand prestige grâce à sa culture ancestrale». Pas étonnant que la culture berbère continue de rester  difficilement conciliable avec les préceptes de l'islam sur la condition de la femme.

 
En 1587 L’Algérie finit par devenir une régence dépendant directement de l’Empire ottoman.
 
De 1804 à 1827 plusieurs tribus et confréries se révoltent à travers toute l'Algérie.
Le 29 avril 1827, à la suite d’une dispute au sujet d’une dette française impayée, le dey d’Alger convoque Deval, le consul de France. Pour l'histoire officielle cette crise diplomatique franco-algérienne déboucha sur la conquête de l'Algérie. En réalité cet affront n'est qu'un prétexte. La régence d'Alger abritait un immense trésor;  l’équivalent de plus de 500 millions de francs de l’époque !

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A la recherche de 'la France nouvelle'
 
Le 11 mai 1830, le roi de France Charles X ordonna la conquête de l’Algérie avec le soutien du Pape et de l’Église catholique ce qui transformait l’action de l’armée française en une lutte de la chrétienté contre l’Islam dans la filiation directe des croisades. La France prétexta l'insulte faite au consul français par le dey d'Alger  pour envoyer une flotte et une armée de débarquement qui prit terre à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830, et s'empara d'Alger. La prise de la ville signifie la fin de l'administration de l'empire ottoman et le début de la colonisation française.
Le 5 juillet 1830, le dey d'Alger signa sa capitulation et fut considéré prisonnier. Une convention signée entre le Bey local et le général de Bourmont engageait la France à respecter la liberté de tous les habitants de l’Algérie, leur religion et leur propriété.
Débarqué à Alger, de Bourmont, s’adressant aux aumôniers militaires au cours d’une cérémonie religieuse, déclarait : « Vous venez de rouvrir avec nous la porte du christianisme en Afrique. Espérons qu’il y viendra bientôt faire refleurir la civilisation chrétienne qui s’est éteinte »
Le roi de France prend sa place, y compris la propriété de tous ses biens (et ils sont innombrables). Le dey a la vie sauve avec une partie de ses femmes, de ses enfants et de son entourage, avec une partie de son trésor, il gagne la Turquie.

Deux mois après la prise d’Alger et malgré la convention signée par le général de Bourmont, le général Clauzel inaugura une politique de lutte contre la religion musulmane en la privant de ses moyens d'existence par la confiscation des biens habous. Environ deux millions d'hectares de terre furent confisqués et plusieurs dizaines de mosquées furent fermées. Un grand nombre de cimetières furent labourés afin de les transformer en terres arables pour les colons. Les religieux, qui refusaient de faciliter ces confiscations, furent voués à l'internement et à l'exil, comme le mufti malékite Belkebabti qui fut déporté puis emprisonné en Corse avant d'être expulsé plus tard à Alexandrie. (-Sources). Aussi des mosquées furent transformées en églises.

Profitant de la misère créée par la colonisation, qui avait détruit le tissu social existant avant 1830 entraînant un processus de « clochardisation » des régions rurales, les missionnaires recueillaient les orphelins algériens pour les christianiser. Les orphelinats de Ben Aknoun et de Boufarik furent créés dans cette optique par le père jésuite Brumault.

Regards croisés de quelques écrivains sur l’Algérie avant 1830 :

 "Toute l'instruction qu'on donne aux enfants consiste à les envoyer à l'école, où ils apprennent à lire et à répéter cinquante ou soixante aphorismes du Coran. Quand un enfant est susceptible de ce gigantesque effort d'instruction et de science, son éducation est finie." (…) "Les sectateurs de Mahomet trouvent plus convenable à leur politique barbare de couvrir les yeux du cheval condamné à moudre le blé." -Pananti

"Les gens de lettre, appelés alfagui et talbi, sont pour l'ordinaire des imposteurs qui font usage du peu de talents qu'ils possèdent avec la seule vue de maintenir la plus profonde ignorance dans la populace. Les Imams et les Musulmans, exclusivement dévoués à l'étude du Coran, forment une barrière impénétrable contre la connaissance."-Pananti

"Très peu de femmes ont ici quelque idée de religion. On regarde comme tout à fait indifférent qu'elles prient ou non; qu'elles aillent à la mosquée ou qu'elles restent chez elles. Elles sont en conséquence élevées dans l'ignorance la plus grossière. Elles ne semblent faites que pour être les dupes des hommes."-Laugier de Tassy

"Les Algériens se sont toujours fait gloire de négliger toutes les précautions employées par les chrétiens pour prévenir la communication de la peste. C'est, à leur avis, s'opposer aux décrets éternels de la Providence et au cours de la prédestination absolue qui en est le résultat." Laugier de Tassy, Histoire des Etats barbaresques qui exercent la piraterie, 1757 -Sources.

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Le Souk d'Alger

'La mission civilisatrice' de la France

Dans le Bled de ce pays que les Français ont trouvé sans médecins et sans hôpitaux, des fléaux tels que le trachome, la diphtérie, le typhus, le tétanos avaient régressé et presque disparu. Chaque fermette, chaque école rurale, chaque petite exploitation avait son officine, chaque « Roumia » ou homme blanc (allusion aux romains) apportait au voisinage les conseils d'hygiène et de premiers soins vitaux qu'on lui avait enseigné.
 

"On ne voit pas un seul médecin à Alger, ni dans le reste du royaume. Les bigots mahométans en censurent l'usage. Ils prétendent que c'est tenter Dieu que de prendre dans les maladies internes des remèdes prescrits par l'art de l'homme. J'ai vu le dey Baba Hali emporté par une fièvre violente sans qu'on pût l'engager à prendre aucun remède; quoi qu'un habile chirurgien français, qui était son esclave, lui promît guérison, il rejeta tout secours sous prétexte que le nombre de ses jours était fixé par les décrets éternels."- Laugier de Tassy en 1757

 

Dès l'occupation de l'Algérie en 1830, la France avait aboli l’esclavage, position officialisée plus tard lors du Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, qui devait s'appliquer également dans les colonies. Cependant, afin de ménager les susceptibilités et les intérêts des chefs de tribu et des marabouts, l'esclavage est maintenu.
En novembre 1832, l’émir Abd El-Kader proclame le djihad contre les Français. Il s'efforce de créer une force militaire permanente. Voyant l'armée française composée en grande partie d'infanterie, il forme un corps de cavalerie capable d'attaquer et de poursuivre ou d'éviter un combat inégal. Ce premier corps ne compte d'abord que 400 hommes. En réponse à une lettre du général Desmichels, l'émir répondit que l'Islam lui interdisait de se soumettre aux envahisseurs, mais qu'il lui permettait d'accepter une paix si elle lui était proposée.
La France reconnaît par le traité de la Tafna, signé le 30 mai 1837, la souveraineté d’Abd El-Kader sur les deux tiers de l’Algérie. Elle conserve toutefois plusieurs « possessions », dont Alger, Blida et Oran. Le 13 octobre, les troupes françaises s’emparent de Constantine.
Le 5 mai 1839, l"émir demanda et obtint l'appui du sultan du Maroc, ainsi que la concession du territoire situé entre Oujda et Tafna. Il voulut annexer le Constantinois en y nommant un « khalifa ». En réaction, la France organisa l'expédition des « Portes de Fer » en kabylie en octobre 1839, expédition qui fut considérée comme une violation du traité de Tafna. À partir de ce moment, la guerre reprit avec violence.
Le tournant de la guerre fut la nomination du maréchal Bugeaud comme gouverneur général de l'Algérie en 1842. Celui-ci changea complètement la tactique de l'armée française, aidée de nombreuses troupes composées d'Algériens : troupes régulières (zouaves et spahis) et corps irréguliers.
A cette époque, le général de Lamoricière expliquait : « une fois installés à Alger, nous avons pris les collèges pour les changer en magasins, casernes ou écuries. Nous avons fait main basse sur les biens des mosquées et des collèges. On prétendait appliquer au peuple arabe les principes de la Révolution française. Malheureusement, les musulmans n’ont vu là qu’une attaque brutale à leur religion et un manque de foi »
 

«Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c’est à nous d’illuminer le monde.» - Victor Hugo dans une conversation avec le maréchal Bugeaud

 
La conquête du pays qui ne fut pour l'essentiel terminée que le 23 décembre 1847, jour où Abd-el-Kader se livra à la France. Après quinze ans de vaine tentative pour évangéliser le peuple algérien, le père Brumault renonça à son projet qui fut repris par les évêques d’Alger, Dupuch et Pavy.
 

Une colonisation approuvée par les précurseurs du communisme

prop.jpegEn 1848, Friedrich Engels, qui sera bientôt le complice de Karl Marx, est correspondant à Paris pour le journal britannique Northern Star. Sous le titre "Défense de l'impérialisme progressif en Algérie" , voilà ce qu'il écrit dans l'édition du 20 janvier 1848:

"A notre avis, c'est très heureux que ce chef arabe [Abdelkader] ait été capturé. La lutte des Bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l'Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation."

Cet exemple pour montrer que ce parti qui milita plus tard contre le colonialisme s'appuie sur une idéologie qui au départ encourager le peuplement et les missions dites 'civilisatrices'.

La « francisation »

De 1850 à 1870 des Insurrections dans les Aurès et en Kabylie, sont réprimées dans le sang. La famine ravage l’Algérie entre 1866 et 1868.

Le 31 août 1858, le prince Jérôme, ministre responsable de l’Algérie expliquait sa politique d’assimilation en ces termes : « nous sommes en présence d’une nationalité armée et vivace qu’il faut éteindre par l’assimilation ». Louis Veuillot, qui fut secrétaire du maréchal Bugeaud, écrivait : « Les Arabes ne seront à la France que lorsqu’ils seront Français et ils ne seront Français que lorsqu’ils seront chrétiens ».

En 1862, il ne restait plus que 4 grandes mosquées, contre 17 chapelles à Alger.

lavigerie.jpgLa République continua à soutenir l’Eglise dans sa politique d’évangélisation menée, notamment, par le fondateur de la société des Pères Blancs, le cardinal Lavigerie. Celui-ci débarqua à Alger le 15 mai 1867, explique:  "ma mission est de faire de la terre algérienne le berceau d'une nation grande, généreuse, chrétienne, d'une autre France en un mot: de répandre autour de nous les vraies lumières d'une civilisation dont l'Évangile est la source et la Loi; de les porter au-delà du désert, jusqu'au centre de cet immense continent, encore plongé dans la barbarie.»

Une politique d’évangélisation fut activement mise en place par le cardinal tout en profitant de la grande famine de 1867 à 1868, qui fit environ 300.000 morts, pour tenter d’imposer sa religion.A l'école on interdit d'employer l'arabe.

‘‘ Le fondateur magnanime de l’État algérien ‘’

abdelkader_1.jpgFigure majeure de l’histoire des relations coloniales franco-algériennes, l’émir Abdelkader est généralement présenté par ses compatriotes comme le modèle politique, militaire et religieux du résistant au colonialisme français du 19ième siècle. En pleine guerre de conquête, il négocie les échanges de prisonniers avec Antoine-Adolphe Dupuch, évêque d’Alger, dans des conditions qui lui valent de durables amitiés. En 1852, Napoléon Bonaparte enverra Abd-el-Kader en Turquie avec une énorme somme d'argent: 150 000 francs. En 1860 il sauves des centaines de chrétiens en Syrie ce qui lui vaut ce qui lui vaut une notoriété mondiale et la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. L'émir devint par la suite franc-maçon dès 1864 au contact dela loge « Les Pyramides » d'Alexandrie et a rendu visite en 1865 à la loge parisienne « Henri IV ». Il y renonça par la suite et mourra à Damas en 1883.Même s’il est porté comme membre honoraire de la loge La Syrie, à l’Orient de Damas, ses contacts avec la franc-maçonnerie se relâchent. La cause de cette attitude réside surtout dans l’évolution de la Franc-Maçonnerie française. Celle-ci avait en effet abandonné progressivement la philosophie religieuse pour une philosophie laïque étrangère à l’esprit d’Abd el-Kader, qui avait vu dans l’institution maçonnique une société de pensée pouvant être le trait d’union entre chrétiens et musulmans. Ayant fréquenté d'autres loges au Liban il fut considéré par les franc-maçons comme une preuve d'une possible accointance entre la pensée soufiste de l'islam (dans sa dimension intérieure) et l'humanisme du XIX ème siècle. Aujourd'hui c'est chose impossible avec l'emprise de la laïcité depuis 1905. L'orthodoxie islamique voit dans les loges une œuvre sioniste.

Le décret Crémieux, promulgué le 24 octobre 1870, accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie afin de pouvoir les incorporer à l'armée et étoffer son effectif. La formule finalement retenue par la République restaurée après 1871 est celle du gouvernement civil, de la colonisation massive et de l'« assimilation » de l'Algérie à la France. Seuls les colons (environ 220 000) ont les mêmes droits que les citoyens de la métropole. Les populations arabo-berbères sont quant à elles « à peu près totalement dépourvu[e]s de pouvoir économique, politique et social. »

« Nous les avons réduits, je ne dis pas à la condition d’esclaves, mais à celle de bêtes de somme ; et nous sommes raisonnables ! Et nous sommes chrétiens ! »-Diderot

En mars 1871débute la révolte kabyle des frères Mokrani contre les projets de confiscation des terres. Mokrani est tué le 5 mai. Près de 500 000 hectares de terres sont confisqués et attribués aux colons.

En 1881 Jules Ferry fait adopter en juin le code de l’indigénat, qui instaure un régime juridique spécial pour les Algériens de confession musulmane. L’Algérie est entièrement intégrée à la France par le « système des rattachements ». Ces lois anti-arabes avaient pour inconvénients de poser des problèmes de retranscription des noms des citoyens en Algérie dans leur état-civil !

La loi du 26 juin 1889 accorda la nationalité française à tous les descendants d’Européens présents en Algérie, mais pas aux musulmans.

En janvier 1912, les musulmans sont astreints au service militaire en vertu de nouveaux décrets promulgués. Ceci marque le début d'une autre époque. En effet, les années suivantes viennent préparer la 'grande guerre', celle qui affectera durablement la plupart des soldats algériens engagés dans cette tourmente mondiale.

Si nous récapitulons, d'après les sources que nous possédons, ce pays a connu au moins 8 occupants qui ont chacun laissé leur héritage; carthaginois, romains, byzantins, vandales, arabes, espagnols, turcs et français. Les faits sont là: exceptés les arabes aucun autre n'a réussi à assimiler religieusement et socialement les berbères. Et pour cause la colonisation forcée des musulmans a opéré de façon totale par absorption et fusion des modes de vie. Elle a bénéficié aussi du soutien non négligeable du maraboutisme. Pour ce qui est de la culture la tentative semble avoir échouée pour les raisons invoquées plus haut. Pourtant par le passé les colons européens avaient plus ou moins réussi à assimiler des peuples en les 'christianisant' au mépris des droits de l'homme comme au Rwanda ou ailleurs.  Si l'Algérie a également reçu de nombreux immigrés, paradoxalement les choses vont être inversée suite à la présence française en Algérie. Ne manquez pas de lire le dénouement de cette fascinante histoire dans la 2 ème partie qui est toute au plus assez instructive pour notre époque.

21/11/2014

L'influence française en Afrique

 La France qui fut la première puissance coloniale en Afrique a mené les luttes expansionnistes parmi les plus meurtrières. 40 années après l'indépendance de ces peuples le continent continue d'être agité par des guerres civiles qui font encore beaucoup de victimes. Il est très intéressant de se pencher sur les liens qui existent encore entre les différents acteurs de ces conflits et l’État français qui non seulement les a soutenu mais a participé aux différents bouleversements de la région. Pour y voir plus claire, voici quelques dossiers de synthèse sulfureux et troublant sur les drames qu'on subi nombre d'Africains ces dernières décennies. Leurs tribulations forcent le respect et la compassion.

 De "l'Union française" à la "Mafiafric"

foccart.jpgLoin de vouloir critiquer la politique française en Afrique ainsi que son armée (qui ne faisait qu'obéir aux ordres), il s'agit simplement de constater comment de puissants réseaux idéologiques ont pu avoir la mainmise sur les plus grandes autorités africaines afin qu'elles obéissent à leurs idéaux et à leurs intérêts. Dans le contexte de l'époque de la guerre froide, l'Otan a encouragé ses membres à barrer la route en Afrique au communisme. Il y avait aussi des intérêts économiques à défendre. C'est pourquoi, la France s'est investie implicitement du rôle de « gendarme de l'Afrique » dans une espèce de diplomatie parallèle. Dès 1952, le conseiller politique Jacques Foccart (photo ci-contre) est coopté par le groupe sénatorial gaulliste pour participer à l'Union française, censée gérer les rapports de la France avec ses colonies. Cette politique menée depuis l’Élysée est péjorativement perçue comme "la Françafrique"Paradoxalement, l'objectif de la décolonisation menée à bien par le général de Gaulle n'était pas véritablement de quitter l'Afrique, mais de partir pour mieux y rester. En d'autres termes, il fallait que « tout change pour que tout reste la même chose ». La cellule élyséenne comprenait une centaine de fonctionnaires.
Elle commença par avoir la mainmise sur le Gabon, eldorado pétrolier de l'époque, comme pierre angulaire de la politique africaine de la France. Elle est également considérée comme l'instigateur d'interventions militaires (« politique du Jaguar »), de conspirations et coups d'État dans les autres pays de l'ancien Empire colonial français en Afrique. En Guinée, elle appuie les opposants de Sékou Touré ; au Congo-Kinshasa, elle soutient le maréchal Mobutu. Elle a également dès 1967 apporté son concours aux sécessionnistes biafrais du Nigeria, par livraisons d'armes et mercenaires interposés (Bob Denard).

Pierre Biarnès, cité par Philippe Gaillard, a résumé ainsi les constantes de la politique de la France à l'égard de ses anciennes colonies qu'il a été chargé d'appliquer : « Consolider le pouvoir des dirigeants qui jouaient loyalement le jeu de l'amitié franco-africaine… et faire sentir le mors à ceux qui regardaient un peu trop dans d'autres directions ; contrer en même temps les visées des puissances concurrentes dès qu'elles étaient jugées menaçantes »-Les Français en Afrique noire de Richelieu à Mitterrand, Paris, Armand Colin, 1987. C'est ce qui s'est passé au Rwanda...

Un continent sur-exploité en perpétuelle effervescence

Il y aurait plus de 10 000 militaires français en Afrique. En Afrique centrale, 97% des états sont francophones et la majorité sont des régimes dictatoriaux entretenue par la France. C'est d'ailleurs l'Afrique francophone qui regroupe le plus grand nombre de dictateurs dans le continent noir. Certains parlent de dé-civilisation. De 1960 à 2013, la France est intervenue 50 fois en Afrique francophone et 7 fois en Centrafrique

Le nombre de victimes des guerres civiles ou ethniques (sans parler des autres violences, des femmes violées et des millions de déplacés) en Afrique en dit long sur la politique adoptée par l'Union française depuis les années 80 d'autant plus quand on sait qui a armé les différentes milices en faction ! La France figure en peloton de tête avec la Russie, la Chine, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Cartes des conflits en Afrique depuis 1960:

carte afrique.gif

 Le continent subissant des troubles tous azimuts la moitié des missions de l'Onu avec leurs déploiements de casques bleus concerne l'Afrique !

Guerres en Afrique depuis 1960

  Pays

Nombre
de morts (1)

Types

 

Afrique du Sud

1983-1996

20 000

Guerre civile

 

Algérie

1991-2004

60 000

Guerre civile

 

Angola

1961-1975

50 000

Guerre d'indépendance

 

Angola

1975-2002

1 000 000

Guerre civile

 

Burkina Faso / Mali

1985 -1986

200

Guerre entre états dite "Guerre de Noël"

 

Burundi

1993-2005

100 000

Violences ethniques

 

Centrafrique

2004-2007

 ?

Guerres civiles

 

Centrafrique

2012-2013

500

Guerres civiles

 

Congo Brazzaville

 

 ?

Troubles politiques

 

Congo Kinshasa

1977-1983

10 000

Répression dissidents

 

Congo Kinshasa

1996-2005

4 000 000

Guerres civiles

 

Côte d'Ivoire

2000-2007

3 000

Guerre civile

 

Djibouti

1991-1994

1 000

Rébellion

 

Egypte

1967

 10 000

Guerre avec Israël

 

Erythrée / Ethiopie

1998-2000

100 000

Guerre entre états

 

Guinée-Bissau

1962-1974

15 000

Guerre d'indépendance

 

Guinée-Bissau

1998-1999

10 000

Guerre civile

         
 

Libéria

1985

5 000

Répression dissidents

 

Libéria

1990-1997

40 000 

Guerre civile

 

Libye

2011

20 000

Guerre civile

 

Mali

2012-2013

1 000

Guerre civile

 

Mauritanie / Maroc

1975-1989

15 000

Guerre entre états

 

Mozambique / Portugal

1965-1975

30 000

Guerre d'indépendance

 

Mozambique

1981-1992

500 000

Guerre civile

 

Namibie / Afrique du Sud

1965-1990

25 000

Guerre d'indépendance

 

Nigeria

1967-1969

300 000

Guerre ethnique (Biafra)

 

Nigeria

2001-2004

55 000

Violences ethniques

 

Ouganda

1971-1978

250 000

Guerre ethnique

 

Ouganda

1981-1986

100 000

Répression dissidents

 

Rwanda

1994

1 000 000

Violences ethniques

 

Sierra Leone

1991-2001

100 000

Guerre civile

 

Somalie

1988-2005

100 000

Guerre civile

 

Soudan

1983-2002

1 000 000

Guerres ethniques

 

Soudan

2003-2007

300 000

Guerre civile

 

Tanzanie / Ouganda

1978-1979

30 000

Guerre entre états

 

Tchad

1965-1994

75 000

Guerre civile

Nombre de morts (1)

9 275 700

 

 (1) Estimations selon plusieurs sources

On remarque que la quasi-totalité des pays pétroliers africains sont souvent en guerre civile ! Pourquoi les principaux acteurs de l’affaire Elf – les Sirven, Marchiani, Tarallo, Lethier – sont-ils autant dans les armes que dans le pétrole ? Pourquoi l’affaire Elf a d’abord été une affaire de ventes d’armes à Taiwan ? Tout simplement parce que le pétrole et les armes sont les secteurs de la plus grande corruption, avec des pourcentages de commissions importants, et que cette corruption passe forcément par les paradis fiscaux. Au Congo la guerre entre le nord et le sud en 1997 se résuma entre la lutte pour le pouvoir entre Lissouba soutenu par Oxxy, une compagnie pétrolière américaine, et Sassou NGuesso soutenu par Elf ! Une fois rétabli dans son palais présidentiel ce dernier souhaita s'émanciper de la tutelle d'Elf qui détient de grosses réserves de pétrole au Congo. On s'est aperçu que cette compagnie avait utilisé au moins 350 millions d'euros en caisses noires ou commissions, ce qui fit scandale au point que pour y échapper la compagnie fut absorbée par Total.

Dépenses d'armement en 2012    (en millions de dollars)

 

1

 1er Fournisseurs: Russie

Algérie

9 325 000 000

2

 

Afrique du Sud

4 470 000 000

3

 

Égypte

4 372 000 000

4

 

Angola

4 146 000 000

5

 

Maroc

3 402 000 000

6

 

Libye

2 987 000 000

7

 

Nigeria

2 327 000 000

8

 

Sud Soudan

964 000 000

9

 

Kenya

798 000 000

10

 

Tunisie

709 000 000

                                                                             Total: 33 500 000 000 de dollars

Les 10 pays africains ayant dépensé le plus en armement y ont consacré 33,5 milliards de dollars en 2012.  

Voici la liste des 19 pays actuellement (16 en bleu) et anciennement (3 en rouge) concernés par la politique de la France en Afrique:

      • Bénin (Thomas Yayi Boni: Franc-maçon ou FM)
      • Burkina Faso (ex Blaise Compaoré: FM)
      • Burundi
      • Cameroun (Paul Biya: FM-Rosicrucien)
      • Centrafrique (François Bozizé: FM)
      • Comores
      • Congo-Brazzaville (Denis Sassou-Nguesso: FM)
      • Côte d'Ivoire (Alassane Ouattara + la moitié du gvt: FM)
      • Djibouti
      • Gabon (avec Ali Bongo Ondimba: FM)
      • Guinée (Alpha Condé: FM)
      • Madagascar
      • Mali (Ibrahim Boubacar Keïta: FM)
      • Niger (Mamadou Tandja: FM)
      • République Démocratique du Congo (Joseph Kabila: FM)
      • Rwanda
      • Sénégal (Abdoulaye Wade: FM)
      • Tchad (Idriss Déby Itno: FM)
      • Togo ( Faure Gnassingbé: FM)

La plupart de ces pays font partie des 14 pays qui sont encore forcés par la France à payer "l’impôt colonial pour les avantages de l’esclavage et de la colonisation". (La France aurait fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.) Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années.

Histoire d'une colonisation inversée

En 2004 Omar Bongo président du Congo de 1967 à 2009 vient en France avec de grosses valises d’argent en franc CFA. Il reçut quelques élus à l’ambassade (qu’on lui a présenté comme étant des futurs grands de la politique après Chirac). Selon Robert Bourgi qui servit d’intermédiaire, il écrivit dans un papier le nom de 7 élus (parmi lesquels François Copé, Pierre Bédier) et les envoya à Jacques Chirac. Parmi les 7 noms 5 sont devenus des ministres du gouvernement Raffarin ! Le président congolais voulait s’assurer financièrement du soutien des élites françaises. Certains politiciens ont profité de ce genre de "largesses". C'est pourquoi il dit lui même:«La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant.»

La partie cachée de l’iceberg de l'exploitation franco-africaine

afrique corruption.jpgPour les pays liés avec la France, celle-ci est le premier partenaire commercial, le premier exportateur ainsi que le premier investisseur. Les accords de coopération et de protection masquent une réalité consternante: la volonté d'exploiter de fond en comble ! Selon les sources du MEDEF le commerce avec l'Afrique a atteint en 2001 un solde positif de 3,2 milliards d'euros, soit autant que celui réalisé avec l'ensemble des pays européens (3,3 milliards). Sans parler des énormes profits réalisés sur des gisements miniers et pétrolifères par ELF et Total ainsi que ceux engrangés par les marchands d'armes (qui ont été remises aux mains des génocidaires) ! En Afrique il est plus facile de blanchir l'argent sale. En Centrafrique sous l'ère Bokassa (1966-1979) la France et la Suisse exploitaient gratuitement les gisements d'uranium et de diamants. Cela rapportait tellement que le premier voyage officiel de Valéry Giscard d'Estaing nouvellement nommé à la tête de l’État fut la République Centrafricaine en 1974 ! Cinq ans après suite à une révélation du Canard enchainé sur l'affaire des diamants le président perdit sa réélection en 1981. Aujourd'hui le Centrafrique est le théâtre d'un jeu politique menaçant de dégénéré en génocide !

Aussi à travers les affaires des marchés publics d'île de France, des financements des partis, des HLM de Paris, de Schuller, de Méry, et celle d'Elf, des voiles se lèvent sur d'énormes sources de financement politique et l'enrichissement personnel dans les années 80-90 : le détournement de fonds publics et les soutien des réseaux françafricains. Les enquêtes de l'affaire Elf ont montré que chaque année environ 100 millions d'euros étaient détournés sur les rentes pétrolières non seulement pour soutenir les régimes "amis de la France" mais aussi pour financer des partis politiques français. Qui est derrière tout ça ? Plusieurs réseaux dont ceux de Foccart comme on l'a vu depuis l’Élysée, mais le plus implanté et le plus idéologique (voire religieux) est assez surprenant.

 Une Afrique logée à la même enseigne

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 Depuis les années 60, la plupart des chefs d’État d'Afrique centrale furent initiés dans la franc-maçonnerie. Le réseau franc-maçon qui a tissé sa toile depuis Paris semble influencer la politique extérieure de la France à l'étranger. Étrange coïncidence que le président de la République française de 1981 à 1994, François Mitterrand soit un franc-maçon notoire au moment ou d'autres dirigeants connus des loges prennent le pouvoir.

Les obédiences africaines et françaises ont entretenu des liens étroits, ce qui indique que la plupart des dirigeants tri-pontés des pays africains ont été portés au pouvoir par des hommes politiques français eux mêmes adeptes du compas et de l'équerre !

C'est que très tôt, les autorités coloniales ont vu le parti qu'elles pouvaient tirer de l'initiation des pontes africains. En retour, la protection maçonnique leur fut souvent utile: c'est, dit-on, à sa qualité d'initié que Léon M'Ba, premier président gabonais, dut son sauvetage par l'armée française lors du coup d'Etat de 1964. Plusieurs ministres français de la Coopération et autres "Mr. Afrique" appartenaient à une loge maçonnique: Jacques Godfrain (1995-97), Bernard Debré (novembre 1994-95), Michel Roussin (1993-94), Guy Penne (1981-86) avec Christian Nucci (1982-86)."La tendance à l'initiation des hautes personnalités se renforce", confirme un membre du GoLuc (Grand Orient et Loges unis du Cameroun)-Sources

"On compte entre 25 000 et 30 000 francs-maçons en Afrique francophone, dont 15 % de femmes, estime Hervé-Emmanuel Nkom, initié au Grand Orient. Nos soeurs sont bien implantées en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Gabon et à Madagascar. » Elles sont avocates, médecins, pharmaciennes, journalistes..." rapporte le quotidien Jeune Afrique (je souligne). C'est sidérant de voir autant de musulmans franc-maçons comme Ali Bongo au Gabon et Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire ! Au Gabon cette "religion d’État" est devenue une sorte d’ascenseur social. » Impossible, quand on n’est pas passé sous le bandeau, d’accéder à certains postes, réservés aux « frères ». Quid de la quête de spiritualité ? D'ailleurs, que ce soit lors de sommets africains pour des investitures ou pour la francophonie on voit souvent des chefs d’État porter des colliers franc-maçons.

 

crimes rituels.jpgDepuis 4 ans il semble que la Franc-maçonnerie africaine tente de se débarrasser de l'influence de la "Françafrique". Or au Gabon les dommages collatéraux causés par les vieilles pratiques de ces adeptes continuent de susciter la colère des victimes. Dans ce pays où les meurtres rituels, de plus en plus nombreux surtout en période électorale, restent systématiquement impunis, les gabonais tentent d’ailleurs de se mobiliser. Dans ce contexte la situation semble se retourner au Burkina Faso.

Le ministre français qui voulut en finir avec la Françafrique

Nommé en juin 2007 secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie par le président Sarkozy Jean Marie Bockel s’était agacé du train de vie luxueux d’une minorité d 'élites africaines vivant de rentes pétrolières quand la population vivait dans la misère comme en Côte d’Ivoire. Omar Bongo furieux fit part à Sarkozy de son désir de le voir quitter le gouvernement. Ce fut chose faite peu de temps après; il fut remplacé par le franc-maçon Alain Joyandet le 18 mars 2008. Ce dernier, après être intervenu pour le règlement de la crise politique à Madagascar, soutint l'arrivée au pouvoir du putschiste Andry Rajoelina. Il fut aussi critiqué pour s'être montré en 2008 aux côtés de putschistes; le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et le Guinéen Moussa Dadis Camara.

  La fin du monopole français sur le Burkina Faso ?

Le 30 octobre dernier, le chef de l’État Blaise Compaoré fait face à un soulèvement populaire contre son projet de modification de l'article 37 de la loi fondamentale limitant le nombre de mandats présidentiels, afin de se représenter en 2015 (il était au pouvoir depuis 27 ans). À la suite des émeutes, lâché par la France, Blaise Compaoré quitte le pouvoir et le chef d’état-major des armées, Honoré Traoré, annonce la création d’un «organe de transition», chargé des pouvoirs exécutif et législatif, dont l’objectif est un retour à l’ordre constitutionnel «dans un délai de douze mois». Le 17 novembre, le diplomate Michel Kafando est nommé président de transition (encore un franc-maçon selon la médaille qu'il porte le jour de son investiture). Il nomme Isaac Zida, premier ministre. Or qui a protégé Blaise Compaoré ? Les Français (rassuré ?) envoient alors un hélicoptère Gazelle des forces spéciales basées à Ouagadougou. L'appareil exfiltre l'ancien président et quelques proches, puis atterrit à Fada N'Gourma tandis que le reste du convoi fait route vers le Bénin. À Fada N'Gourma, Blaise Compaoré embarque ensuite sur un avion français qui décolle pour Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, où il est accueilli par Alassane Ouattara. Il s’apprête à rejoindre le Maroc. Soit on veut le protéger par devoir maçonnique soit parce qu'il en sait trop et qu'on ne veut pas qu'il soit remis à la justice pour divulguer des informations sensibles...N'est-ce pas la preuve que la petite cellule élyséenne pour l'Afrique est toujours sous influence franc-maçonne ?

Le renouveau colonial largement inspirée par les francs-maçons

colons.jpgSi certaines contributions de la pensée Franc-maçonne sur la société ont été appréciés, d’autres l'ont moins été. Par exemple Jules Ferry (1832-93), le franc-maçon connu pour avoir défendu l’école libre, gratuite et obligatoire est aussi celui qui a clamé le renouveau colonial en Afrique. Il fut un partisan actif de l’expansion colonial française. En juillet 1885, Il évoqua "le droit et le devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures". 

Si les jésuites avaient encouragé et accompagné les premières vagues de colonisations, dès le XVIII ème siècle, la plupart des conquérants et administrateurs coloniaux étaient francs-maçons. L'histoire montre que ce renouveau ne s'est pas fait sans violence mais que l'esclavagisme fut une pratique courante. (Les 2 ordres secrets ont longtemps œuvré en toute complicité, l'un pour maintenir culturellement les masses dans la chrétienté l'autre pour y inoculer 'la civilisation occidentale'). Il est donc curieux de retrouver encore aujourd’hui des franc-maçons d'origine africaine dans les loges. Voyez les processions, les chants et hymnes à la gloire de colonialistes; bien que certains soient croyants, la pensée qui y est véhiculé s'articule essentiellement sur l'idée que l'homme doit faire progresser la société (sans Dieu) exactement le contraire de ce qu'on retrouve dans l'esprit du christianisme.

Après la Françafrique la Chinafrique ?

Que peut-il aujourd'hui rester de la Françafrique ? Devenu obsolète officiellement elle se cantonne à opérer au sein des loges. D'autant plus que sur la scène internationale la donne a changé depuis la chute du mur de Berlin en novembre 1989, la fin de la menace communiste et la construction européenne qui ouvrit la voie à d'autres perspectives économiques. Les chefs d’État français ne sont plus que des représentants de commerce attentionnés des grands groupes industriels installés en Afrique. De plus selon hautcourant.com, la France affronte une concurrence nouvelle sur « sa chasse gardée »: l’empire du Milieu. La publication prochaine du rapport du Conseil des affaires étrangères, qui analyse la pénétration chinoise en Afrique, pose la question des conséquences sur les intérêts économiques français. Troisième partenaire commercial de l’Afrique, la Chine bouscule les États-Unis et la Grande-Bretagne. Bientôt la France. Aujourd'hui la Chine importe 35% du pétrole africain et construit à tour de bras dans 35 pays de ce continent. Enverra-t-elle aussi des franc-maçons pour s'assurer de la loyauté des dirigeants africains ? C'est possible.

Combien de cadavres et de troublantes énigmes les placards de la maçonnerie franco-africaine recèlent-elles encore ? Il est difficile d'en évaluer l'ampleur au vu de l'instabilité qui a marqué ce continent longtemps meurtri par des luttes d'influence. Reste que les derniers événements qui secouent encore l'Afrique centrale révèlent que l'implication française dans ces bouleversements ne se limitent pas à des renversements de régime mais à bien plus grave encore. Ils affectent encore toute la région. Dans la prochaine note nous verrons comment cela a complètement désolé dans l'horreur un pays tout entier: le Rwanda malgré des années de censure en France sur ce sujet.

14/06/2014

Quand la sortie du film Cristeros en France dérange

Beaucoup comme moi ont été troublé et touché par le film Cristeros, que j'ai vu avec beaucoup de mal puisque peu de salles le projetaient à Paris (serait-ce une forme de censure ?). C'est un film très dur (âme sensible s'abstenir et à déconseiller aux enfants) mais bien interprété qui montre de façon réaliste le martyr de certains catholiques engagés dans une lutte insurgée contre les autorités mexicaines dès 1926. Ce film a la particularité d'être un aperçu de ce qui risque d'arriver bientôt un peu partout...Je retranscrit en partie ci dessous un article très intéressant d'un blogueur anonyme sur le site AgoraVox:

"Le long-métrage de l'américain Dean Wright consacré à la guerre des Cristeros qui fit autour de cent mille victimes civiles au Mexique de 1926 à 1929 sort enfin en France. Il est étonnant que cette fresque, un des plus gros budget du cinéma méxicain, qui a réalisé plusieurs millions de dollars de recettes aux USA ne sortent que maintenant en France, deux ans après sa réalisation. Il est vrai que les valeurs portées par cette oeuvre historique ne sont pas en phase avec celles de "l'intellegensia" hexagonale...

calles 2.jpgPetit rappel historique. La guerre des cristeros est une insurrection de paysans catholiques contre un gouvernement laïc et franc-maçon qui entendait retirer à l'église, très puissante au Mexique à l'époque, son influence sur la vie publique. Le président Calles (photo ci-contre) a ainsi fait fermer de force des églises, arrêter des prêtres, maltraiter des fidèles... les manifestations hostiles aux projets gouvernementaux furent durement réprimées. Une réaction à la vendéenne s'est alors développée, une guerilla qui a viré à un affrontement virulent entre 100000 "chouans" insurgés et 50000 soldats de l'armée régulière. Les combats ont duré trois ans et se sont poursuivis au-delà d'un armistice de façade signé en 1929, après que le pouvoir mexicain eut fait quelques concessions suite aux pressions [tardives] du Vatican. Le bilan humain de cette tragédie fut effroyable, exécutions sommaires, massacres, viols de masse, pendaisons de prisonniers et de leurs familles à des poteaux télégraphiques (...).

 L'acteur principal, Andy Garcia, est convaincant dans le rôle du général rebelle. Peter O'Toole, dans sa dernière apparition à l'écran, est excellent, interprétant avec justesse le rôle du curé assassiné de sang-froid par les soldats gouvernementaux. La réalisation est efficace et prenante. Mais alors pourquoi cette œuvre n'a pas été diffusée plus tôt en France, et pourquoi les médias officiels n'en font pas une juste promotion ?

 

C'est que les thèmes évoqués par le film dérangent. Combattre pour défendre une foi, des valeurs morales, un mode de vie et d'une manière générale des principes conservateurs, cela est insupportable pour notre oligarchie culturelle de bobos bien-pensants tendance socialisme de salon ; une exception française. De plus cette production est sortie des boîtes au mauvais moment en France. Celui où une partie de la population était dans la rue pour protester contre les lois sur le mariage gay. (...)

Du coup la sortie en France d'un film comme "Cristeros" faisait mauvais genre et risquer de galvaniser une partie des "réactionnaires militants". Car il y a un parallélisme entre les deux causes, la remise en cause de principes moraux issus de la doctrine de l'église par un gouvernement certes légitime car élu, mais composé de nombreux membres de réseaux philosophiques à l'instar du président mexicain Calles. Conflits d'intérêts, de conceptions de la société, de principes.

Je ne suis pas "catho-tradi", ni franc-maçon. Je pourrais être l'un ou l'autre, on me l'a proposé (...). Le cinéma de propagande de type indigènes, mon colonel, 24 jours, la marche ou encore qu'est qu'on a fait au bon dieu ? très peu pour moi. (...)

Il s'agit bien là d'un problème culturel spécifique à notre pays. Les vendéens, les sudistes américains, les boers et les cristeros mexicains sont considérés comme des crétins refusant le progrès et le bon sens. Pour certains leur mort était donc justifiée, comme Staline et Beria ont justifié l'extermination de 6 millions de paysans ukrainiens en deux ans car ils trouvaient ces gens idiots et arriérés. Pire, ils ne pensaient pas comme eux, n'avaient pas leurs représentations mentales. Au fait, quels manuels d'histoire évoquent le triste sort des cristeros et des paysans d'Ukraine ? (...) 

Les véritables démocrates sont ceux qui acceptent la différence, les opinions et le mode vie de l'autre. Les extrêmistes sont les sectaires qui refusent toute discussion et toute réflexion ; pour eux il y a les "bons" et les "méchants" à combattre, point barre. Staline, Mao, Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet, Castro et autres ne formaient qu'un ensemble de dictateurs imposant leurs vues culturelles. Or les catholiques pratiquants, comme les athées, les gens de couleur, les musulmans, les gays, les royalistes romantiques, les paysans ukrainiens et les témoins de Jehovah ont le droit de vivre et de cohabiter pacifiquement, dans le respect de ce qu'ils sont. C'est le principe de base de la démocratie, a priori..."

Contexte de l’époque à prendre en compte :

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Bien avant la France, depuis 1860 le Mexique pratique une politique de séparation de l’Église et de l’État ! Le dictateur Plutarco Elías Calles a vécu jusqu’en 1945, puisqu’il a quitté le pouvoir en 1934 et s’est réfugié aux États-Unis. Dans les années 20 certains politiciens voyaient d’un mauvaise œil les débordements publiques des manifestations pieuses de 'la classe mexicaine pauvre' ; les superstitions, les processions et les images en faveur de la Vierge de Guadalupe par exemple qui étaient courantesDes prêtres prenaient aussi facilement position dans les débats politiques. La plupart des biographes et historiens s'accordent sur le fait que Calles ait fréquenté les loges franc-maçonnes, sans être certains que cela soit à l'origine de ses opinions christianophobes*. En effet il semble qu'il soit devenu athée depuis l'enfance. Les sentiments anticléricaux étaient fortement exacerbés à l'époque dans 'la classe des instruits' (comme aujourd'hui). Face à l'anticléricalisme ambiant les Témoins de Jéhovah présents au Mexique à l'époque avait trouvé la parade; ils ont effectué une demande de reconnaissance  en 1930, en insistant sur leur neutralité dans les affaires politiques et les bienfaits sur le plan moral, culturel et mental de leurs enseignements sur toutes les classes de gens. Face à l'ignorance et au fanatisme l'aspect instructif était mis en avant. Le gouvernement accepta à condition que les témoins de Jéhovah ne violent pas les lois relatives au culte religieux et à l'ordre public...Aujourd'hui ils sont plus de 806 000 au Mexique !

*Rappel: si ce site pointe souvent l'influence des franc-maçons il ne souscrit pas aux différentes "théories du complot" en vogue. Mais il nie pas ce fait pour la bonne raison que certains dirigeants ou grands médias traitent ce sujet de façon dédaigneuse (ne serait-ce pas curieux ?), car jusqu'à preuve du contraire personne n'a démontré que les Illuminati n'existent pas et encore moins ( voir exemple récent ici) que l'influence des franc-maçons (aussi diverses soient leurs branches) ne se cantonne qu'aux  loges...

01/06/2014

La vérité sur Charles Darwin

 De nos jours, lorsque l’on mentionne la question de l’évolution des espèces, le premier nom qui vient à l'esprit est celui de Charles Darwin. Il fut longtemps présenté comme "le plus grand scientifique", le "génie du siècle" ou un homme de science brillant, couronné de succès, et un chercheur objectif. Or quand on scrute ses idées et sa vie, il devient clair que ce n'est pas le cas.

Un chercheur sur l'origine de la vie avec un diplôme de...théologie !

darwinVxAnimx200po.jpgQue sait-on des études de Charles Darwin ? Après quelques années de pensionnat, il se destine à la médecine et entre à l’université d’Edimbourg (Ecosse). Au cours de ses études, il se passionne de plus en plus pour l’histoire naturelle mais néglige les branches médicales. Mécontent des résultats médiocres de son fils, le père de Charles Darwin décide d’inscrire ce dernier à Cambridge afin qu’il y obtienne un diplôme de...théologie !
A Cambridge, Charles Darwin se lie d’amitié avec le révérend John Stevens Henslow, professeur de botanique. Sa fascination pour la nature, les insectes, le monde animal, continue à le dévorer et c’est avec difficulté qu’il obtiendra tout de même, en 1831, sa
maîtrise ès Arts (Master of Arts) dans le domaine de la...théologie (à l'époque avec les matières générales). Darwin, contrairement à ce que tout le monde croît a échoué dans ses études de médecine. Il n'a ni diplôme de biologie, ni ceux de naturaliste, de géologue ou d'anthropologue !!! Il s'est en quelque sorte improvisé autodidacte dans le naturalisme. On ne peut donc pas le classer dans la catégorie des scientifiques.

Une scolarité subie et mal orientée

Charles_Darwin_1816.jpegBien qu'il ait grandi dans une famille riche et cultivée, Charles Darwin n’a pas toujours éprouvé le désir de devenir scientifique, malgré l’intérêt qu’il portait aux êtres vivants qui l’entouraient. À l’école, sa matière préférée était la chimie. Il déclara plus tard "La chimie m’intéressait beaucoup... c’était mon cours préféré à l’école ". Charles faisait collection de scarabées, d’œufs d’oiseaux, de coquillages, de pierres et de fossiles et passait une grande partie de son temps à la chasse.
À seize ans, son père le retira de l’école, considérant que Charles perdait son temps. Il fut envoyé à l’Université d’Edimbourg pour y suivre des études de médecine. Mais Charles n’aimait pas cette matière. Il trouvait les cours rébarbatifs et se sentait mal à l’étude des différentes maladies. Il ne pouvait pas assister aux opérations chirurgicales, qui se passaient alors sans anesthésie. Deux ans plus tard, comprenant que son fils ne serait jamais médecin, son père l’envoya à l’Université de Cambridge pour prendre l’habit ecclésiastique.
Charles vécut trois ans à Cambridge. Bien que ces études ne lui plurent pas, il parvint à obtenir son diplôme. Il se fit également plusieurs amis, conserva l’habitude de collectionner les scarabées et commença à s’intéresser à la géologie, la science qui examine la formation de la terre et de ses couches ou strates.

  Son éducation 'religieuse'

Pendant sa jeunesse, Darwin n'a pas manqué de contact avec la religion. On a enseigné la prière au jeune Charles, baptisé dans la foi anglicane et immergé dans l'unitarisme de sa mère.

Avec sa femme Emma, ils auront dix enfants, dont deux mourront en très bas âge. Sa fille Annie succombera à une maladie à l’âge de 10 ans ; cet événement ébranlera sérieusement la foi en Dieu de Charles Darwin, jusqu’alors très croyant.

"Suite à ces différentes constatations j'en suis peu à peu venu à ne plus croire que le christianisme soit d'inspiration divine". -Charles Darwin

"Le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité, de la révélation une vue de l'esprit, et de la vie future une absurdité." -Charles Darwin

 Les doutes et les états d'âmes révélateurs du 'chercheur'

darwin ce quoncache.jpgDarwin était en réalité ce qu'on pourrait qualifier 'un chercheur amateur' affligé par de nombreuses maladies non diagnostiquées. Il était taciturne et solitaire, vivait dans un monde spirituel confus et évitait les discussions. Il était plein de doutes, et avait des difficultés à penser logiquement.

Dans une lettre, Darwin confesse qu'il y avait de graves défauts dans la théorie qui l’ont amené au bord du suicide :"Vous me questionnez à propos de mon livre, et tout ce que je peux dire est que je suis prêt à me suicider ; je pensais que c'était écrit correctement mais j'y ai trouvé tellement de besoins de réécriture…"

 

"Je suis plutôt conscient que mes spéculations dépassent largement les limites de la véritable science "-Charles Darwin, L’origine des espèces, GF Flammarion, Paris, 1992, p. 223

"Je me rappelle parfaitement l'époque à laquelle la oeil.jpgpensée de l'œil me faisait frissonner, mais j'ai dépassé cette étape d’étonnement. Maintenant de petites particularités insignifiantes de certaines structures me font souvent me sentir mal à l'aise. Chaque fois que je regarde fixement une plume dans une queue de paon, cela me rend malade "-Charles Darwin

"Je ne peux cependant pas être satisfait de voir cet univers merveilleux, et particulièrement la nature de l'homme… J'ai tendance à voir toutes choses comme la conséquence de lois préconçues… Toutes ces lois peuvent avoir été conçues expressément par un Créateur omniscient, qui a prévu chaque événement et conséquence futurs. Mais plus je réfléchis, et plus je suis confus"-Charles Darwin-Michael Denton, Evolution: une théorie en crise, Flammarion, 1992, p 362

 L'autocritique de son œuvre

Dans une lettre à son ami intime Asa Gray, il a défini sa théorie comme une spéculation extra-scientifique :"Je suis plutôt conscient que mes spéculations dépassent largement les limites de la véritable science"- Charles Darwin, L’origine des espèces, GF Flammarion, Paris, 1992, p. 223

"Une foule d’objections se sont sans doute présentées à l’esprit du lecteur avant qu’il en soit arrivé à cette partie de mon ouvrage. Les unes sont si graves, qu’aujourd’hui encore je ne peux y réfléchir sans me sentir quelque peu ébranlé (…) En pensant à tous les cas d'hommes poursuivant une illusion pendant des années, j’ai été bien souvent parcouru par un frisson glacé et je me suis demandé si je n'avais pas dévoué ma vie à une idée fantaisiste(...) Je peux donner de nombreuses illustrations plutôt frappantes et curieuses dans toutes les classes [d'êtres vivants] ; tellement que je pense que ce ne peut être le fruit du hasard "-La vie et les lettres de Charles Darwin, vol. II, p. 25, 395, 146

Darwin ne publiera sa théorie qu'après 20 ans de réflexion, en 1859, dans son ouvrage : de l'Origine des espèces . Cette attente était due au désir de Darwin d'accumuler le plus de preuves possibles en faveur de sa théorie, et aussi, parce que, nous le verrons plus loin, Darwin commencera à douter de plus en plus de sa théorie. Six éditions différentes se succéderont jusqu’en 1872, au fil desquelles le texte de l’ouvrage évoluera de façon considérable. Charles Darwin prend en effet soin de modifier son texte pour répondre de façon argumentée aux critiques qui lui sont faites, pour corriger des erreurs, pour parachever sa théorie. Aussi la sixième édition comporte-t-elle, au final, 150 pages de plus que la première, et quinze chapitres au lieu de quatorze

Qu’est-ce qui explique qu’un homme qui étudie la nature comme Charles Darwin en vienne à perdre son émerveillement vis-à-vis de sa beauté ? Il l’avoue lui-même : « J'ai également dit qu'autrefois, la peinture me plaisait beaucoup, et la musique me transportait. Mais désormais, depuis de nombreuses années, je ne supporte pas de lire un seul vers de poésie : dernièrement, j'ai essayé de lire Shakespeare et je l'ai trouvé si horriblement ennuyeux que j'en ai été écœuré. De même, j'ai perdu quasiment tout goût pour la peinture ou la musique. […] Mon esprit semble être devenu une sorte de machine à marteler des lois générales à partir de vastes ensembles de données ; mais je ne comprends pas pourquoi il fallait que cela atrophie uniquement la partie du cerveau dont dépendent les goûts supérieurs. […] La perte de ces dispositions affecte le bonheur ; elle peut être préjudiciable à l’intellect, voire davantage au caractère moral, car elle affaiblit la part émotionnelle de notre nature. » Certains ont suggéré que ses problèmes de santé étaient psychogéniques, résultats du conflit intérieur né de ses idées. Son épouse et son ami le Professeur Henslow étaient de fervents croyants en Dieu, ce qui a pu nourrir son malaise, d’autant qu'il ne voulait pas les offenser.

Des postulats dangereux et controversés

Il faut savoir que l'opposition à la théorie de Darwin au tout début est venu non pas des théologiens mais de savants qui se basaient sur des faits ! Voici entre autres ce qui les inquiétaient: 

 1/L'homme descendrait d'une forme simiesque inférieure...

"Ainsi, ce sont bien nos ancêtres qui sont à l'origine de nos mauvaises passions ! Le diable, sous l'apparence du babouin, est notre grand-père. "-Charles Darwin

Il faut savoir que l'opposition à la théorie de Darwin au tout début est venu non pas des théologiens mais de savants qui se basaient sur des faits !

 2/ Certaines races seraient supérieures à d'autres...

Anti-créationniste, Darwin ne croyait pas à l'unité du genre humain. Il distingue parmi les races humaines celles qui sont 'civilisées' (que d'autres appelleront races supérieures) et 'les races sauvages' (ou inférieures) !

"Dans quelque période future, pas très éloignée si l’on compte par siècles, les races civilisées de l’homme extermineront et remplaceront presque certainement les races sauvages dans le monde entier. En même temps, les singes anthropomorphes… seront sans doute exterminés. La rupture entre l’homme et ses plus proches voisins sera alors plus ample, car elle interviendra entre l’homme dans un état plus civilisé, comme nous pouvons l’espérer, que même le Caucasien, et quelque singe aussi peu élevé que le babouin, au lieu d’intervenir comme à présent entre le nègre ou l’Australien et le gorille." (Charles Darwin, The Descent of Man, 2e édition, New York, A L. Burt Co., 1874, p. 178)

  L'idée selon laquelle les Caucasiens seraient supérieurs aux autres races, a infligé une souffrance incroyable sur les générations et a engendré la perpétration de plusieurs actes de sauvagerie qui ont laissé une tâche noire sur l’histoire de plusieurs pays européens.

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"Les communistes russes, qui ont emboîté le pas à Marx et à Engels, tels que Plekhanov, Lénine, Trotski et Staline, ont tous accepté la théorie de l'évolution. Plekhanov, considéré en tant que fondateur du communisme russe, a vu le marxisme comme l'application du darwinisme aux sciences sociales"-Robert M. Young, Darwinian Evolution and Human History, Historical Studies on Science and Belief, 1980."Mao, qui a établi le règne communiste en Chine et tué des millions de personnes, a énoncé ouvertement que le socialisme chinois était fondé sur la théorie de l'évolution de Darwin"- K. Mehnert, Kampf um Mao's Erbe, Deutsche Verlags-Anstalt, 1977.

"L'historien Hickman explique l'influence du darwinisme sur Hitler: "Hitler était un croyant fervent en l'évolution. Quelles que soient les complexités profondes de sa psychose, il est certain que son livre Mein Kampf expose plusieurs idées évolutionnistes, particulièrement la lutte pour la survie des plus adaptés et l'extermination des faibles, afin de former une meilleure société." (Hickman, R., Biocreation, Science Press, Worthington, OH, pp. 51–52, 1983;

 

Dans une lettre à un ami, Darwin exprima ainsi sa vision de l’avenir: “Partout dans le monde les races les plus civilisées auront éliminé d’innombrables races inférieures.”

Le racisme qui considère les noirs comme des "singes"

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L’image sur le côté est un reflet de la théorie darwiniste sociale qui s’est développé au 19ème  siècle. Un chimpanzé, un gorille, un orang-outan et un homme noir sont montrés sur les branches d’un arbre. Cette haine dégoûtante affichée contre les personnes à la peau sombre, décrites comme une race inférieure, représente l’idéologie fondamentale du darwinisme.

 

 

La notion de races inférieures et l'esprit de compétition propre à cette théorie ont encouragé les rivalités et les guerres et massacres les plus effroyables !

3/ Certaines femmes seraient inférieure biologiquement aux hommes

Résumé de a conception darwinienne sur l’infériorité des femmes

"Puisque les humains avaient évolué à partir des animaux, et que 'nul ne s’oppose au fait que le taureau a une disposition différente de celle de la vache, le sanglier de la truie, l’étalon de la jument, comme il est bien connu des teneurs de ménageries que les primates mâles sont plus larges que les femelles', il doit en être de même pour les femelles humaines" (Darwin, 1896:563). De plus, certains traits des femmes“sont caractéristiques des races inférieures, et sont donc issues d’un passé et d’un état de civilisation inférieurs. (1896:563,564). En résumé, Darwin en conclut que les hommes atteignent: «une éminence plus grande, dans tout ce qu’ils entreprennent, et qu’ils surpassent les femmes – qu’il soit question de réflexion profonde, de raison, d’imagination ou simplement de l’usage des sens ou des mains. Si l’on dressait deux listes des hommes et des femmes les plus éminents en poésie, peinture, sculpture, musique (performance et composition), histoire, science, et philosophie, avec une demi-douzaine de noms sous chaque catégorie, les deux listes ne pourraient être comparées. L’on peut aussi déduire de la loi de la déviation des moyennes – si bien illustrée par M. Galton dans son ouvrage sur “le Génie Héréditaire” – que … la moyenne de puissance mentale chez l’homme doit être au-dessus de celle des femmes”. (Darwin, 1896:564)

Pour Darwin la femme est biologiquement inférieure à l'homme. Darwin voyait dans la femme une certaine infériorité, qu'il argumentait en regardant la vie animale. Plusieurs anthropologues du temps de Darwin ont conclu que “le cerveau des femelles était analogue à celui des animaux”, que les femmes avaient “développé à l’excès leurs organes sensibles au détriment du cerveau”

Au vu de tous ces clichés et postulats de Charles Darwin, on peut se demander pourquoi ce personnage reste encore une référence en matière scientifique ! Charles Darwin était un homme tragiquement engoncé dans l'erreur, pour se plonger dans un abîme de désespoir et d'agnosticisme. Bien que son voyage à bord du Beagle fut encouragé par un révérend (ou pasteur) botaniste, sa théorie a été défendue par des franc-maçons pour servir de base idéologique (quasiment "religieuse") à leurs systèmes de pensée humanistes "athées". Le darwinisme a jeté les bases des principales théories modernes sur l'évolution, et en particulier de son courant majeur : la théorie synthétique de l'évolution, ou néodarwinisme. Ces courants d'investigations n'ont toujours pas validé la théorie de Charles Darwin ! Bien au contraire comme le montrera les notes suivantes. Ils restent néanmoins une nouvelle religion en perte de fondement, comme l'indique fort bien le zoologiste français Pierre P. Grassé, étant lui-même un évolutionniste passionné: "Le hasard devient une sorte de providence, laquelle, sous le couvert de l'athéisme, n'est pas nommée mais est secrètement vénérée."

08/12/2013

Les Jésuites et 'la Compagnie de Jésus', le puissant réseau d'influence du pape

  Aborder objectivement les œuvres politiques de la Compagnie de Jésus, cette société secrète composée de "Jésuites initiés", s’avère être un exercice périlleux et complexe au vu des nombreuses rumeurs et caricatures qui circulent à leur sujet. La tentation est tout aussi facile pour cet ordre très puissant de brouiller les pistes...Qui sont-ils vraiment et que sait-on à leur sujet ? Par-delà les polémiques qui prennent souvent des allures excessives, il reste néanmoins quelques zones d'ombres surprenantes. Un petit récapitulatif historique permettra de s'en faire une idée plus réaliste et plus précise.

Un ordre au service du pape

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Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola est né le 24 décembre (jour du réveillon) 1491 dans le Pays basque espagnol. Trésorier de la Reine de Castille, Isabelle la Catholique, il mena pendant dix ans une vie de Cour "adonné aux vanités du monde et principalement en se délectant dans l'exercice des armes". Renvoyé en 1516 de la Cour il entre dans l'armée du vice-roi de Navarre. À l’issue d’un accident de guerre, en 1521, au siège de Pampelune, grièvement blessé à la jambe par un boulet de canon, il resta longtemps allongé ce qui lui permit d’analyser ses mécanismes psychiques les plus subtils. Il sublima l’énergie sexuelle de manière contrôlée sur la base d'exercices spirites, ce qui va l'amener à codifié un système de développement occulte. Dans un mélange de ferveur et d'anxiété, il voit en songe lui apparaître « Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus », il rejette « sa vie passée et spécialement les choses de la chair». En 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de chevalier, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge Noire devant laquelle il y déposa ses larmes. 

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Il mena jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite, de mysticisme et d’ascétisme au cours de laquelle il commence la rédaction de ce qui deviendra les "Exercices spirituels". Il rejoint par la suite la prestigieuse université de Salamanque et décide à se rendre à Paris en février 1528. Ordonné prêtre en 1537, ses compagnons et lui firent vœu d'allégeance au pape dans une Église en crise et menacée par la Réforme protestante. C'est ainsi qu'il se proposèrent de fonder un ordre de prêtres savants, rigoureux, intègres et d’un immense volontarisme réformateur . Le projet de créer la Compagnie de Jésus est acceptée par le pape Paul III le 27 septembre 1540. Il promit au pape de sauver son trône du danger de la Réforme, établit une milice totalitaire camouflée en ordre religieux et partit à la conquête de l’univers « Pour la plus grande gloire de Dieu » selon sa formule qui deviendra l'adage de l'ordre. Le 22 avril 1541, Ignace est élu premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans le catholicisme. À la tête des Jésuites, il devint le fer de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme. Il orienta sa congrégation vers l'œuvre 'missionnaire', en particulier vers les Indes et la Chine.

" J’irai même jusqu’à ne pas croire aux Évangiles si la Sainte Église devait les interdire "-François Xavier, le plus grand missionnaire jésuite (1506-52).

Un dessein clair depuis les origines

Comme les autres religieux, les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également un quatrième vœu qui leur est propre, celui de l'obéissance absolue au pape. Ce vœu ne concerne pas le pape, mais les missions que le souverain pontife donne à l‘un ou l’autre jésuite ou à l’ensemble de la Compagnie. La priorité fut donnée à l'instruction de la jeunesse car elle serait un gage de pouvoir et d'influence énorme sur l'éducation des élites. C'est ainsi que certains 'auteurs, poètes, nobles ou savants ont reçu cette 'éducation'. Le but inavoué était donc d'asseoir par tous les moyens la suprématie du catholicisme dans le monde par la culture, et par extension la conversion, l’œcuménisme et les intrigues politiques.

" Je n'aime pas l'Institut des Jésuites. Élevé dans leur sein, je savais discerner, dès cette époque, l'esprit de séduction, d'orgueil et de domination qui se cache, ou qui se révèle dans leur politique, et qui, en immolant chaque membre au corps et en confondant ce corpus avec la religion, se substitue habilement à Dieu et aspire à donner à une secte surannée le gouvernement des consciences et la monarchie universelle de la conscience humaine. "-Alphonse de Lamartine, poète et romancier (1790-1869).

 

"Les jésuites ont répandu dans l’Église les ténèbres les plus épaisses qui soient jamais sorties du puits de l'abîme." - Blaise Pascal, mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français (1623-62)

 Tous les jésuites se distinguent par une formation intellectuelle poussée. Alors que les autres ordres ne réclament qu'un an de noviciat avant la profession solennelle, le futur jésuite doit d'abord subir une probation de deux années, au bout desquelles il émet les premiers vœux qui constituent le premier degré, celui des « scolastiques » pour ceux qui se destinent à la prêtrise, celui des « coadjuteurs temporels approuvés » pour ceux qui seront employés aux offices domestiques. Ils doivent ensuite consacrer cinq années à l'étude de la philosophie et des sciences (scolasticat), puis cinq années où ils doivent s'adonner au professorat, et quatre à cinq années encore à étudier la théologie, qui les mènent vers le sacerdoce. Enfin, chaque jésuite doit prononcer les quatre vœux, dont celui d'obéissance au pape. Au final chaque jésuite initié aura passé au moins 15 années d'études avant d'être comptés parmi les profès.

L'écrivain théoricien Eric Phelps écrivit:

"Lorsque Loyola se présenta au Pape pour lui offrir ses services, il lui dit en substance: "Que les Augustins continuent à faire des monastères pour que les esprits contemplatifs s'y retirent; que les Bénédictins continuent à se donner à l'œuvre littéraire; que les Dominicains maintiennent la responsabilité de l'Inquisition; mais nous, les Jésuites, nous allons capturer les collèges et les universités. Nous prendrons le contrôle de l'instruction sur la loi, la médecine, la science, l'éducation, ainsi nous extirperons tous les livres d'instruction injurieux à Rome. Nous moulerons les pensées et les idées de la jeunesse. Nous nous engagerons comme des prédicateurs Protestants et des professeurs dans les diverses croyances du Protestantisme. Tôt ou tard, nous réussirons à faire discréditer l'autorité du Nouveau Testament Grec d'Érasme, ainsi que les traductions de l'Ancien Testament qui osent s'opposer à la Tradition. De même nous déprécierons la Réforme Protestante"

Une 'police secrète' à la conquête du monde

Quand Ignacio de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, il faut comprendre le mot “compagnie”, comme l’équivalent d’un “régiment” dans l’armée. Ce sont des soldats, des missionnaires du Vicaire du pape. Le Jésuite François Xavier débarque en Inde à Goa dès 1542 et y fonde le premier collège de jésuites, avant de se rendre au Japon plus tard. À Goa, les jésuites se lancent dans une opération de christianisation massive, visible dès la fin du XVIè siècle. En 1582, commence la mission jésuite en Chine puis aux Amériques et enfin en Océanie. 

À la mort d'Ignace de Loyola (1556), la Compagnie compte plus d'un millier de membres. En 1615, elle en regroupe 13 000 et en 1749, 22 500 dont 15 000 professeurs pour 649 collèges créés. Aujourd'hui les Jésuites sont présents sur tous les continents dans plus de 112 pays et compteraient environ 19 200 membres (chiffres 2007).

Chef Jésuites.jpgComme pour la plupart des ordres religieux catholiques, leur nombre est en diminution : les jésuites étaient 36 000 en 1966 et encore 30 000 en 1973. En perte de vitesse en Europe, ils sont maintenant majoritairement répartis en Asie (3 800 en Inde), en Amérique latine et en Afrique. La Compagnie est également confrontée à la concurrence d'instituts religieux plus récents. Son actuel supérieur, élu par la 35 ème congrégation générale de janvier 2008, est Adolfo Nicolás (photo ci-contre). L'immense pouvoir du « Supérieur général » nommé à vie appelé le pape noir en raison de son rôle obscur derrière les décisions du Vatican n'est pas sans contrôle : au-dessus de lui la « Congrégation générale » contrôle son administration et peut le révoquer si nécessaire. La société secrète est active dans l'enseignement scolaire (dix-sept établissements dont le lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris) et supérieur (cinq établissements, dont les célèbres classes préparatoires du lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles). Elle possède ses propres facultés de théologie et de philosophie, regroupées dans le Centre Sèvres, à Paris ainsi qu'une faculté de théologie à Bruxelles.

Un enseignement fortement teinté d'occultisme

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Les Jésuites ont contribué puissamment à répandre la croyance à la magie et à la sorcellerie. Eric Phelps précise que "par les "Exercices Spirituels" de Loyola, les Jésuites devinrent des experts dans la distorsion de la volonté. Ce système de mysticisme témoigne de toutes sortes de phénomènes occultes étranges. Les mystères, la méditation, les visions, les apparitions qui proviennent des sensations d'illuminations y jouent un grand rôle.(...) Ces différentes formes d'illuminations occultes furent orchestrées par Loyola dans une idéologie grandiose qu'il nomma "les Illuminati", c'est à dire "les Illuminés".

Un ancien Jésuite, le Dr. Alberto R. Rivera indique qu': "avec l'aide d'un Directeur, les fils de Loyola se dévouent aux "Exercices Spirituels" et deviennent imprégné de ses forces psychiques dans un but très précis, dévoilé par H. Boehmer (Les Jésuites):"Nous injectons dans l'homme des forces spirituelles qu'il trouvera très difficile de se débarrasser plus tard; des forces plus tenaces que tous les meilleurs principes ou doctrines. Ces forces reviendront à la surface même après plusieurs années, et deviendront si importantes que la volonté ne pourra plus s'y opposer et elle en suivra les moindres impulsions".

"Les jésuites constituent la seule organisation occidentale disposant de pouvoirs occultes, à côté de laquelle les sociétés secrètes ne sont que des boy-scouts" - Rudolf Steiner, philosophe, occultiste et penseur social (1861-1925).

Le ciment de la franc-maçonnerie moderne

En 1754 des jésuites rédigèrent les 25 premiers degrés du Rite Écossais de Franc-Maçonnerie, depuis le Collège de Clermont, qui devint le Collège Louis Le Grand, à Paris.  Adam Weishaupt, qui était jésuite et maçon fut le premier. Des jésuites étaient impliqués dans la rédaction des 8 derniers degrés du Rite Ecossais de la Franc-Maçonnerie. "

Weishaupt était professeur de théologie (professeur de droit canon). Le 1er mai 1776 il fonda l'ordre des Illuminés de Bavière (NDLR: illuminati). Il est probable que les idées de Weishaupt jouèrent un rôle important dans l'origine de la "Révolution française". Selon lui, il faut supprimer la propriété, la religion et la morale. Tout doit être détruit, après quoi le monde pourra être réorganisé. Le but de l'ordre: faire de l'humanité un seul corps, dirigé par les initiés, autrement dit un "Gouvernement Mondial". Les doctrines nihilistes et révolutionnaires de Weishaupt se sont largement répandues en Allemagne et ailleurs. Elles ont été la cause de grands désordres en Allemagne. En 1784 un document des illuminati à destination de Robespierre est intercepté par les autorités. Une enquête et des fouilles des loges confirmèrent l'existence d'une "conspiration" de grande ampleur: En 1785 les Illuminati et les loges du Grand Orient sont interdits en Bavière.
Interdit en 1763 le pape pie VII rétablit les jésuites en 1814 pour contrer la république Bonapartiste en France et se partager avec elle l’hégémonie culturelle sur les peuples de la chrétienté. Le communisme, le nazisme et l'anarchisme se sont inspirés des pensées du jésuite Weishaupt !

 Censure ou désinformation ?

Arrivé à ce stade des informations sur cet ordre particulier, on pourra se demander pourquoi les encyclopédies et les dictionnaires occultes ses véritables activités ainsi que ses dérives; serait-ce par ce que Pierre Larousse lui-même en était un ?

Dans son livre "La piste Jésuite" Joël Labruyère nous livre une explication plausible et intéressante:

"Lorsqu'on explique à des gens qui se gargarisent avec le complot des illuminati que tout repose sur la Société des Jésuites, il y a comme un flottement. Les gens ont été conditionnés à ne voir dans les Jésuites qu'un groupe de prêtres en noir qui rasent les murs. C'est l'image que les Jésuites ont voulu donner, afin qu'en les prenant pour des religieux au demeurant parfaitement repérables, on ne puisse imaginer à quel point leur duplicité dépasse les normes".
"Ils sont experts dans de nombreux domaines de pointe. Ils sont pauvres avec les pauvres et riches avec les riches. Mais ils peuvent faire exactement le contraire que ce qu'on les croit occupés à faire. Depuis quatre siècles, ils ont pris à la fois l’Église catholique et la Franc-maçonnerie en otage pour faire avancer leur grand projet : le Grand Œuvre de l'Ordre Mondial. Le nouvel ordre mondial est leur invention.

La Compagnie de Jésus est la société secrète la plus structurée et sans doute la plus active sur la terre. C'est en tout cas le seul groupe qui ait réellement des pouvoirs occultes concentrés et efficaces. Cela est ignoré par la plupart des gens qui croient que les Jésuites sont un ordre ecclésiastique dédié à l'éducation de la belle jeunesse issue de la bourgeoisie"
"Les illuminati sont de vrais Jésuites et vice-versa. Il ne peut pas en être autrement. Les jésuites ont fondé le célèbre ordre des Illuminés de Bavière qui est devenu un leurre pour amateur de curiosités initiatiques. Si cet ordre était vraiment une société secrète, vous ne le connaîtriez pas. Car ce qui est vraiment secret demeure secret. Par contre, l'ordre intérieur des Jésuites est une véritable société secrète.

Les Jésuites mènent une guerre terrible depuis plusieurs siècles, et tous les conflits ont été directement ou indirectement déclenchés par leur volonté avec le soutien financier de leur généreuse banque, rien moins que l'honorable maison Rothschild. Ce sont les Rothschild qui ont financé les Illuminés de Bavière, et encore les Rothschild qui offrent des cadeaux somptueux aux Jésuites, tel le château de chantilly. L'origine de la fortune des Jésuites est inconnue, mais si on cherche un peu du côté de la mafia, alors tout s'éclaire, et l'on réalise que les fils d'Ignace de Loyola sont les plus grands trafiquants de drogue et de chair humaine de ce coin du système solaire."
" Les bons sentiments, l'humanitarisme, le progrès scientifique et social, voilà les meilleures armes des Jésuites. Pourtant lorsqu'on suit leur action à la trace, il n'y a que des larmes et du sang, depuis le massacre des indiens d'Amérique jusqu'à la boucherie de Pol Pot, en passant par les purges de Staline et les massacres de la révolution culturelle de Mao. C'est signé. A chaque fois, les illuminati jésuites sont à l'arrière-plan, et si l'on ne comprend pas la raison d'un génocide, eux le savent. C'est toujours " Pour la plus grande gloire de Dieu ", selon leur folle devise dont l'application pratique exige que " la fin justifie tous les moyens "


Des 'robes noires' experts en manœuvres politiques

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Leur formation diplomate et leur position amènerait les jésuites initiés à s'immiscer habilement dans les affaires politiques en vue de satisfaire les plans de la Curie romaine. D'ailleurs, certains sont devenus des hommes d’État, des courtisans ou des confesseurs très recherchés. Ces succès leur ont rapidement procuré beaucoup d'argent et un pouvoir énorme.
Ayant, avec son ordre, fait vœu de pauvreté et d'humilité perpétuelle, Loyola ne recherchaient la fortune et le pouvoir que pour les faire servir à la suppression du Protestantisme et au rétablissement de la suprématie papale sur le monde entier. L'un des principes fondamentaux pour y arriver est que "la fin justifie les moyens". En vertu de ce principe, le mensonge, le vol, la parjure, la torture et le meurtre étaient non seulement pardonnables, mais méritoire quand ils servaient les intérêts de l'Église et du Pape.

" Les gens ne peuvent pas s’imaginer jusqu’à quel point ils peuvent être diaboliques et combien de destructions ils ont pu causer et en causeront encore, tout en utilisant en même temps la couverture parfaite de se cacher derrière des robes noires et en se proclamant des hommes de Dieu »-Abraham Lincoln

Eric Phelps nous apprend que "sous des déguisements divers, les Jésuites s'insinuaient dans les bureaux de l'État et devenaient conseillers des rois et des chefs des nations et en dirigeaient la politique, comme ils le font encore d'ailleurs aujourd'hui. Ils fondaient des collèges pour les fils des princes et des nobles et, pour le peuple, des écoles, où ils attiraient les enfants de parents protestants, qu'ils accoutumaient à observer les rites de l'Église Catholique. "Cette pratique existe encore dans notre temps moderne, particulièrement ici au Québec.".

" Aucun événement politique ne peut être correctement appréhendé sans considération de l'implication du Vatican. Et aucun événement d'importance dans le monde ne se produit sans que le Vatican n'y participe, que ce soit de manière explicite ou implicite. " (Avro Manhattan, " Chevalier "de l'Ordre de Malte, Historien britannique / 1960 - Le Vatican et la Politique dans le Monde)


Les Jésuites s'étaient octroyé le monopole de la confession des princes et des rois catholiques de l'Europe. C'est ainsi qu'ils savaient tout sur tout le monde, dressant à volonté un roi contre son cousin, jusqu'à ce qu'excédés par ces manœuvres, les princes les expulsent régulièrement de leur pays...

Aujourd'hui il serait évidemment difficile d'établir une liste précise -avec preuves à l'appui-de leurs intrigues politiques, voire leurs crimes, mais selon plusieurs auteurs, ils auraient contrôlés Hollywood, la presse, le FBI, les services secrets britanniques, et CBS ...De nombreux élites politiques sont passés par leurs écoles : Bill Clinton, Jacques Delors, Fidel Castro...

Les œuvres 'théologiques' des Jésuites

Sous la houlette des jésuites, les décrets du Concile de Trente (1542-60) établirent la voie à suivre pour des siècles à venir. Ils indiquèrent le front de la bataille que le Catholicisme livrait contre la Réforme. Premièrement il fallait que la Bible soit discréditée afin de détruire l'enseignement et la doctrine Protestante, ce qu'ils firent vers 1880 en produisant nombre de nouvelles versions issues de la Critique Textuelle néologique et humaniste. Depuis l'ouverture des sessions du Concile de Trente en 1545, jusqu'à l'apparition de la première Bible Jésuite en 1582, quarante années s'écoulèrent dans lesquelles les Jésuites se préparèrent en s'instruisant dans cette science particulière de subversion. Ils réalisèrent très rapidement qu'en semant la confusion sur l'origine et l'authenticité des Écritures, que la certitude des Réformateurs sur ces choses qui confondirent la Papauté, pouvait être dévalorisée afin qu'elle soit négligée et abandonnée. Ainsi les érudits Jésuites produisirent une Bible anglaise dans le but de supplanter celle de Tyndale et semer la confusion.

En 1572 la reine Catherine de Médicis convoqua un colloque pour tenter de concilier le Catholicisme et la Réforme. Face au cardinal Charles de Guise et au général Jésuite Lainez...L'entrevue de Bayonne entre Catherine de Médicis et le duc d'Albe orienta la politique française dans un sens hostile à la Réforme ... Le fait le plus marquant de cette histoire est la massacre de la Saint-Barthélemy. Pendant trois jours, ce ne fut qu'une série de massacres, outrages, viols, pillage. La cour du Louvre ruisselait de sang. Les eaux de la Seine étaient rougies, tant on y jetait de cadavres ensanglantés. Le nombre des victimes atteignit entre 30 à 100 000 morts.

sous l'instigation des Jésuites, un prêtre Catholique français, Richard Simon (1632-1712), fonda l'école de la