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19/04/2013

Le déferlement de mensonges des responsables politiques et religieux

C'est aussi répandu que l'air et pourtant ces derniers temps on assiste à un cortège de révélations sur les mensonges cachés des puissants de ce monde. Nul n'en est à l'abri; depuis l'institution catholique "gardienne de la foi et de la morale", la finance, jusqu'aux responsables politiques en passant par le grand rabbin de France. Sous prétexte de sauver les institutions beaucoup préfèrent démissionner. Faut-il s'en étonné ?

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 Les détournements de Don Saluste, Louis de Funès dans la "Folie des grandeurs"

 Des dirigeants espagnols embourbés sur fond de scandales

L’exécutif espagnol, empêtré dans une récession qui ne cesse d’empirer, vit aussi une crise de légitimité tous azimuts : non seulement il est mis en cause dans une affaire de corruption éclaboussant tous les dirigeants du parti au pouvoir - dont le chef du gouvernement, Mariano Rajoy -, mais il doit venir au secours de la monarchie, une institution en perte de vitesse depuis un an, qui, ces jours-ci, vit ses heures les plus noires, car elle est soupçonnée d’être partie prenante, ou complice, de fraudes.
Les ennuis de la monarchie sont liés à l’ancienne star de handball et gendre préféré du roi, Iñaki Urdangarin - l’époux de l’infante Cristina. L’été dernier, le juge José Castro a obtenu la preuve qu’entre 2003 et 2008, celui-ci et son associé Diego Torres ont détourné au moins dix millions d’euros (fausses factures, budgets gonflés…) versés par des gouvernements régionaux à Nóos, sa fondation à but soi-disant non lucratif. Au moins, jusqu’alors, les activités délictueuses du «gendre idéal», écarté de l’agenda officiel en décembre 2011, ne contaminaient pas le reste de la famille royale. Mais de nouveaux éléments sont récemment apparus : l’infante Cristina aurait été «très impliquée» dans les négoces de la fondation Nóos, tout comme Carlos Garcia Revenga, homme de confiance du roi.
L’étau se resserre donc sur la figure du roi et sur l’institution monarchique dans son ensemble. Selon l’institut de sondages Metroscopia, quelque 86% des Espagnols sont convaincus que l’infante Cristina avait «parfaite connaissance» des activités illicites de son mari, et 86% estiment que cette affaire a «sali l’image» de la Casa Real. Le chef du gouvernement Mariano Rajoy serait aussi mouillé dans ces magouilles. Dans un tel contexte, il est de plus en plus difficile pour lui d’exiger des sacrifices à des Espagnols qui - tous les sondages le disent - ont perdu foi dans leurs institutions au point d'exiger la démission du roi d'Espagne et du gouvernement !

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 Démission d'un ministre français suite à un mensonge

Jérôme Cahuzac alors ministre délégué au Budget (depuis mai 2012) fut accusé en décembre dernier par le site d'information Mediapart d'avoir possédé des fonds non déclarés sur un compte en Suisse, puis à Singapour. Le ministre clame à plusieurs reprises son innocence, y compris devant les députés à l'Assemblée nationale. Le jour de l'ouverture d'une information judiciaire, le 19 mars 2013, il démissionne du gouvernement puis finit par reconnaître les faits le 2 avril 2013 devant les juges d'instruction. Il est alors mis en examen pour blanchiment d'argent provenant de fraude fiscale.

Contrairement aux promesses de justice sociale faites par les politiques nous n'aurions pas évolué depuis la monarchie; combien y aurait-t-il encore de 'Don Saluste' dans les milieux fiscaux ? Bien qu'il y a des élus et des ministres honnêtes, ce qui est frappant c'est que le mensonge fut tellement gros, menaçant même la stabilité du gouvernement, que la démission du ministre sous pression s'imposa comme preuve d'aveu et de volonté d'apaisement...Ce scandale a permit de mettre à jour au cours de l'année 2012 une fraude fiscale de plus de 18 milliards d'euros, 10% de plus que l'année précédente.

Suite à cette affaire un sondage révèle que 70 % des français n'ont pas confiance dans les politiques ! Reste cette démission précipitée est une pratique ne se limite pas à l'affaire Jérôme Cahuzac...

Le silence et l'opacité de l’Église catholique sur ses dérives

Le 11 février 2013, le pape Benoit XVI annonce sa renonciation pour le 28 février prétextant  une mauvaise santé. La plupart des commentateurs font remarquer que cette décision précipitée fut en réalité contrainte à cause des scandales qui risquent d'éclabousser davantage le Vatican.
Déjà en 2007 la chaîne italienne La7 filme, en caméra cachée, un prêtre semblant faire des avances à un jeune homme. L'ecclésiastique, un des responsables de la prestigieuse Congrégation pour le clergé, "ministère" vaticanais chargé des 400.000 prêtres officiant dans le monde, est suspendu.

Puis en 2010, un article de l'hebdomadaire Panorama lie la papauté à un réseau de prostitution. Un choriste du Vatican aurait fourni des hommes à un haut dirigeant italien, Angelo Balducci !
Citons aussi les affaires de pédophilie aux États-Unis et en Europe ; l'opacité totale de la banque du Vatican et ses 44 000 comptes secrets qui lui ont valu d'être épinglée sur la liste noire des paradis fiscaux ; les intrigues de couloirs dans la curie romaine; les rencontres « mondaines » de certains prélats dans des saunas, centres esthétiques du centre de Rome, et les pots-de-vin versés à des entreprises italiennes. Hélas, la liste s'est encore allongée depuis l'annonce de la démission du pape. Pas plus tard que la semaine dernière, la presse italienne révélait les chantages orchestrés par un lobby gay à l'encontre de plusieurs prélats de la curie. Et encore, l'un des cardinaux, qui devait participer au conclave pour choisir le futur pape, s'est vu rattrapé par son passé, accusé d'«actes inappropriés» de nature sexuelle.  En effet, le chef de l'Église catholique d'Écosse, Mgr Keith O'Brien, aurait eu des relations sexuelles avec plusieurs prêtres, parfois lors de soirées arrosées. Il dû démissionner avant le conclave.

Selon La Repubblica, la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge pourrait avoir été renforcée par sa vive contrariété après avoir pris connaissance des résultats de l'enquête ultra-secrète menée au sein de la Curie par une commission de trois cardinaux à la retraite concernant le Vatileaks. On ne voit là que la partie visible de l'iceberg ! Selon le journal, le cardinal espagnol Herranz aurait évoqué le 9 octobre devant lui le dossier "le plus scabreux", à savoir "un réseau transversal uni par l'orientation sexuelle" et, "pour la première fois, le mot homosexualité était prononcé" dans l'appartement pontifical. D'après La Repubblica, le rapport indiquerait que certains prélats auraient subi "l'influence extérieure" (autrement dit le chantage) de laïcs auxquels ils seraient unis par des liens de "nature mondaine". Deux jours plus tard, le pape, dans un discours improvisé au ton pessimiste, évoquait sous forme de métaphore "les mauvais poissons" qui sont pêchés dans le filet de l'Eglise, le soir même de l'ouverture de l'Année de la foi. Evidemment le porte-parole du Vatican a annoncé qu'il n'y aurait ni "démentis, ni commentaires, ni confirmations" sur les "affirmations et opinions" diffusées par la presse. Il juge, par ailleurs, faux ou fantaisistes plusieurs points de l'article. Mais comme on le sait bien il n'y a jamais de fumée sans feu !

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Les mensonges du grand rabbin de France

Le 12 avril dernier, lors d’un Conseil extraordinaire du Consistoire réunissant une trentaine de membres du corps rabbinique à Paris, le grand rabbin Gilles Bernheim, qui avait jusque là refusé de démissionner, a finalement accepté de se retirer. Depuis plusieurs jours, les révélations s’enchaînent et accablent Gilles Bernheim, 60 ans. S’empêtrant dans des explications laborieuses, il a dû reconnaître plusieurs plagiats révélés sur le net et qu’il n’était pas agrégé de philosophie contrairement à ce qu’il a «laissé dire». Encore un mensonge qui ne passe plus.

Après quelques jours de flottement, la communauté juive est en train de se diviser sur le cas Bernheim. Les pétitions commencent à circuler pour soutenir le grand rabbin ou, à l’inverse, réclamer son départ. Même parmi les soutiens de Bernheim, un doute s’est installé après les nouvelles révélations, lundi, démontrant que son texte contre le mariage homosexuel contenait plusieurs plagiats. En fait, parmi ses supporteurs, beaucoup redoutent une crise de succession.

Un cortège de révélations embarrassantes

Et la liste est encore longue...Jour après jour nous voyons défiler tel sur un cortège antique le spectacle des grands de ce monde convaincus de mensonge ou tromperie, "exposés en public comme vaincus" (selon une pratique rapportée en Colossiens 2:15). Leur trône reçoit une coupe amère qui se déverse continuellement pour dévoiler l'incompétence de leur système imparfait et cynique. Comme le dit si bien Jean Dypréau « La vérité que l'on trouve dans le vin redevient mensonge dans l'eau claire. » Et c'est bien normal puisqu'aux mains des hommes le pouvoir corrompt bien souvent les hommes et fait couler le bateau. Il ne sert à rien de jeter par-dessus bord ces individus si on ne change pas de bateau ! Nous avons donc plus que jamais besoin d'un autre type de pouvoir d'une autre nature qui transcendera les limites de l'homme. Et il n'y a pas d'autres alternatives possible.

18/04/2013

Les scandales pédophiles: le silence des Eglises fait bruit

 Depuis quelques années, les affaires de pédophilie, longtemps soumises à la loi du silence, sortent au grand jour, révélant les abus perpétrés par certains prêtres. Dix ans après, le sujet est toujours tabou. En présence de Robin Renucci, interprète du prêtre pédophile dans le film «Le Silence des Eglises», de spécialistes mais aussi de victimes, Benoît Duquesne aborde cette délicate question dans Complément d'Enquête. Quelles sont les défaillances hiérarchiques au sein des ordres et des tribunaux qui ont causées autant de jeunes victimes en France ? Un petit décryptage sur les faits sera édifiant.


La vidéo de l'émission 'Complément d'Enquête' du 10 avril dernier a été curieusement censurée mais est visible  ci-dessous après avoir été récupérée :

 Outre le fait que la plupart des invités ont tenté de défendre de façon peu convaincante leur propre religion de souche seul Robin Renucci et 2 victimes de pédophilie ont su être objectif et clairvoyant en pointant du doigt les dysfonctionnements de l'Eglise. L'émission n'était pas à charge comme elle l'aurait pu l'être avec un autre groupement et bizarrement à aucun moment on a invoqué les dérives sectaires alors que la communauté a été épinglée par l'UNADFI et la MIVILUDES comme présentant un danger de dérives sectaires ! Il n'y a eu aussi aucune remise en question du célibat des prêtres qui est devenu tabou. Enfin comme le dit si bien un internaute (censuré aussi) bien que le film soit d'excellente qualité les belges et les canadiens sont moins complexés pour évoquer ce phénomène vu la portée d'autres films sortie à l'étranger sur ce sujet récemment. En France ce silence reste entouré d'une chape de plomb que peu de médias se risquent à briser.  Il n'y a pas de doute; tous ces éléments indiquent qu'il y a eu très probablement l'intervention de l'épiscopat pour étouffer les choses jusqu'au plateau télévisé. Concernant l'affaire Pierre Etienne justement revenons sur ses détails.

Une affaire parmi d'autres

En octobre 2011, pour l'émission 'Pièces à conviction' (elle aussi censurée) les journalistes d'investigation Linda Bendali et Romain Icard ont enquêtés au sein de la communauté catholique des Béatitudes dans la région toulousaine.
Celle-ci fut créée en 1973 et dirigé par Gérard Croissant, dit frère Ephraïm, parti en Afrique depuis le mois de février 2008. Cet ordre, qui mêle à la fois des familles, des laïcs et des religieux, est critiqué pour son mode de fonctionnement.
Les journalistes se sont penchés sur la vie de Pierre Etienne, membre de la communauté précitée, qui pendant plus de 20 ans, aurait commis des agressions sexuelles sur 57 enfants de 5 à 14 ans dans toute la France entre 1985 et 2000. Il dit avoir pourtant averti sa hiérarchie et demandé de l’aide pour soigner ses pulsions.
Pendant toutes ces années, il n’a jamais été dénoncé ou arrêté.
Pour résumer, connaissant la loi sur le délai de prescription, le clergé semble vouloir faire régner la loi du silence. Les dirigeants de la communauté en question se sont tus. Murielle Gauthier, une femme courageuse, témoin des faits à été réduite au silence, l’évêque a refusé d’entendre les faits et ne les a pas dénoncés comme la loi l’y obligeait. Les gendarmes n’ont pas cru les victimes. Et alors que le moine avait tout avoué de son côté, la juge d’instruction a fini par obtenir le classement après avoir demandé au moine de s’excuser par lettre auprès des parents des petites victimes. Heureusement, d’autres victimes se sont fait connaître. En 2011, il a écopé seulement de 5 ans de prison ferme.

Une véritable omerta

Quelle a été la réaction de l'Eglise ? L’enquête met en lumière la manière dont un pan entier de l’Église aurait organisé le silence autour de cette affaire. Pour y parvenir elle n’aurait pas hésité à sanctionner en son sein ceux qui se sont opposés au secret. Quitte à laisser cet homme, avec les risques qu’il pouvait présenter, au contact des enfants.
L'AFP du 2 octobre 2008 citait le Parquet qui indiquait que "six responsables ou membres de la communauté catholique des Béatitudes ont été remis en liberté après une garde à vue dans une instruction ouverte à Rodez pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité".
"Trois d’entre eux ont reconnu avoir été informés des agissements du mis en examen », Pierre-Etienne Albert, un des frères de la communauté, « sans toutefois avoir connaissance de la gravité réelle des faits et du nombre de victimes », a précisé le procureur de la République de Rodez, Manuela Garnier, dans un communiqué. « Ils seront convoqués ultérieurement pour audition par le magistrat instructeur », ajoute le communiqué.
Curieusement la juge d'instruction a demandé quelque chose d'inhabituel: que Pierre Etienne écrive aux victimes pour leur demander pardon dans cette affaire en lui faisant une copie ! Ce n'est pourtant pas ce qu'on attend d'un juge ! Pierre Etienne n'a même pas été mis en examen mais seulement entendu comme témoin assisté par elle dans un cadre très conciliant, alors qu'il a reconnu avoir pratiqué des attouchements sexuels sur des mineurs..
Et cela s'explique puisque Fernand Sanchez, un moine de la communauté, a selon un procès-verbal eu "un entretien avec le Procureur de la république d'Avranches pour que les victimes ne soient pas contactés".

Cette histoire qui confine au scandale et que l’Église aurait tenté d’étouffer révèle de graves dysfonctionnements au sein du clergé et de la justice. Certains crimes pédophiles sont commis avec l'assentiment du clergé et la complaisance de la justice.

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L'Eglise se terre derrière un mur d'indifférence

Jamais celle-ci ne s’est excusée dans ce dossier, jamais elle n’a reconnu ses fautes, jamais elle n’a daigné tirer les conséquences des faits qu’elle a couverts et encouragés par son silence complice. Aucun des évêques mis gravement en cause dans le reportage n’a été appelé à témoigner, ni entendu en vue du procès qui s’annonce.

Ce reportage est troublant. La pédophilie n’est pas, loin de là, le seul fait de l’Eglise. L’école, les colonies de vacances, tous les lieux d’accueil de la jeunesse sont potentiellement dangereux à cet égard. Et dans certaines religions du Moyen-Orient, on peut certes marier de vieux messieurs à des fillettes de huit ans.
Mais ce qui s’est passé ici est inqualifiable parce que les personnes qui ont tenté de dénoncer ces crimes, remplissant leurs obligations de citoyens, ont été exclues de la communauté. Seule Murielle Gauthier, une simple membre des Béatitudes à l’époque des faits, a accepté de témoigner devant la justice et â la télévision. L’Eglise aurait dû la féliciter, mais non. Elle a tout enduré pour avoir osé rompre la loi du silence : comme dans la mafia. Pire elle fut même menacée de mort ! L’accusé, le moine Pierre-Étienne, attend son procès qui va avoir lieu dans quelques semaines. Les enfants victimes, eux, n’ont reçu aucun soutien de l’Eglise.

Ne serait-ce que la partie visible de l'iceberg ?

Une autre enquête pour « non-dénonciation de mauvais traitements » est aussi en cours et concerne une série de suicides parmi des élèves d'un collège d'Autrey (Vosges) dirigé par la communauté.
Le SNAP, une association américaine de victimes de pédophilie, a engagé une procédure pour traîner le pape devant la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité », se fondant sur le lien hiérarchique entre Rome et les prêtres mis en cause. Elle a récemment fait cette déclaration: ""Nous voulons dire aux prélats qu'ils arrêtent de prétendre que le pire est passé, malheureusement le pire est sûrement à venir"!
Aux Etats-Unis, on estime que, depuis 2002, les diocèses américains ont versé plus de deux milliards de dollars à 12 000 victimes de pédophilie pour les agissements de 5000 prêtres. Cinq diocèses sont maintenant en faillite, dont Boston et San Diego.
Le cardinal brésilien Claudio Hummes, préfet de la congrégation du clergé, a reconnu que le pourcentage de pédophiles serait de 4% dans les rangs du clergé, soit beaucoup plus que dans l’ensemble de la population. Ce qui peut s’expliquer d’ailleurs de différentes façons. Soit le clergé attire des personnes de cette tendance soit le refoulement de la sexualité incite à se fixer sur des objets plus faciles.

Ce « crime abominable » selon les mots du cardinal, est donc très fréquent dans le clergé, en Europe, ainsi qu'en Amérique (Mexique y compris) même s’il ne faut faire peser un quelconque soupçon systématique sur tous ! Selon ce pourcentage sur 400 000 prêtres catholiques il y aurait 20.000 de par le monde qui seraient impliqués. En Belgique c'est aussi un fléau voyez le reportage de 31 mn ci dessous par la RTBF:

 

 

Dans un entretien accordé à la revue « Vida Nueva », Claudio Hummes a tenu à souligner que l’Église ne pouvait fermer les yeux sur ce problème. «  Il n’y a pas de place dans le ministère sacerdotal pour des personnes qui ont commis ces crimes. Les prêtres pédophiles doivent être sanctionnés par des lois civiles comme par des lois canoniques. L’Église ne peut accepter la pédophilie. »

En France il existe hélas plusieurs cas d'immixtion de la hiérarchie catholique sur d'anciennes affaires de justice concernant des "prêtres" mis en cause dans des attouchements sur des enfants. L'Eglise semble s'en accommoder en silence sans remettre en cause le célibat des prêtres. Qui peut réellement croire qu'il n'y a aucun lien de causalité entre cette restriction et ces déviations ? Peut-on rappeler ici que la non dénonciation de crime est un délit, même quand il est commis par un évêque ?

A 12 ans elle humilie les dirigeants du monde

Severine Suzuki, une jeune canadienne de 12 ans, a prononcé un discours émouvant de 6 minutes 30 le dernier jour du sommet de la Terre organisé par l'ONU à Rio en 1992. Elle y a livré un message simple et convainquant qui depuis est laissé, hélas, lettre morte.

Traduction de l'intervention:

 « Bonjour, je suis Severn Suzuki, je m'exprime au nom de l'ECO, l'Environmental Children's Organization, un groupe d'enfants âgés de douze à treize ans qui tentons de nous faire entendre...Vanessa Suttie, Morgan Geisler, Michelle Quigg et moi. Nous avons trouvé l'argent nous-mêmes pour parcourir 5000 miles afin de vous dire que vous devez changer.

En venant ici aujourd'hui, je n'ai pas à cacher mes objectifs. Je me bats pour mon avenir. Perdre son avenir n'est pas comme perdre une élection ou quelques points en bourse. Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés du monde entier dont les cris ne sont pas entendus. Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent sur cette planète, car ils n'ont nulle part d'autre où aller.

J'ai peur de m'exposer au soleil à cause des trous dans la couche d'ozone. J'ai peur de respirer l'air parce que je ne sais pas les produits chimiques qu'il contient. J'avais l'habitude d'aller pêcher à Vancouver, ma ville natale, avec mon père, jusqu'à ce qu'on trouve il y a quelques années, un poisson criblé de cancers. Et maintenant, nous entendons parler d'animaux et de plantes qui disparaissent chaque jour, perdus à jamais.

Dans ma vie, j'ai rêvé de voir de grands troupeaux d'animaux sauvages, des jungles et des forêts tropicales remplies d'oiseaux et de papillons, mais maintenant je me demande si tout cela existera encore lorsque mes enfants voudront le voir.

Vous préoccupiez-vous de ces choses lorsque vous aviez été mon âge ? Tout cela se déroule sous nos yeux, et pourtant nous agissons comme si nous avions tout le temps que nous voulions et toutes les solutions. Je suis seulement un enfant et je n'ai pas toutes les solutions, mais je veux que vous réalisiez que vous non plus ! Vous ne savez pas comment réparer les trous de notre couche d'ozone. Vous ne savez pas comment faire revenir le saumon dans nos eaux polluées. Vous ne savez pas comment ramener un animal dont l'espèce est éteinte. Et vous ne pouvez pas ramener les forêts dans des zones qui sont devenues des déserts.

Si vous ne savez pas comment réparer les dégâts, s'il vous plaît, arrêtez la casse ! Ici, vous êtes des délégués de vos gouvernements, hommes d'affaires, journalistes ou hommes politiques. Mais, en réalité, vous êtes des mères et des pères, des sœurs et des frères, des tantes et des oncles. Et chacun de vous est l'enfant de quelqu'un. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous faisons tous partie d'une famille, forte de cinq milliards de membres, en fait, forte de 30 millions d'espèces. Les frontières et les gouvernements ne changeront jamais ça. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous sommes tous concernés par le même problème, et que nous devrions agir comme un seul et même monde, tendu vers un objectif unique.

Dans ma colère, je ne suis pas aveugle, et dans ma peur, je ne crains pas de dire au monde ce que je ressens. Dans mon pays, nous gaspillons tellement. Nous achetons et jetons, nous achetons, puis jetons. Et pourtant, les pays du Nord ne partagent pas avec les nécessiteux. Même si nous avons plus que ce dont nous avons besoin, nous avons peur de partager, peur de perdre certaines de nos richesses.

Au Canada, nous menons une vie privilégiée dans l'abondance de nourriture, d'eau et d'abris. Nous avons des montres, des vélos, des ordinateurs et des téléviseurs. Il y a deux jours, ici au Brésil, nous avons été choqués lorsque nous avons passé du temps avec des enfants vivant dans la rue. Voici ce qu'un de ces enfants nous a dit:

"Je voudrais être riche. Et si je l'étais, je donnerais à tous ces enfants de la nourriture, des vêtements, des médicaments, un abris, de l'amour et de l'affection."

Si un enfant de la rue qui n'a rien est prêt à partager, pourquoi nous qui avons tout sommes nous aussi avares ? Je ne peux m'empêcher de penser que ces enfants ont mon âge et que le lieu de naissance fait une si immense différence. Je pourrais être l'un de ces enfants vivant dans les favelas de Rio. Je pourrais être un enfant souffrant de la faim en Somalie, une victime de la guerre au Moyen-Orient, ou un mendiant en Inde. Je suis seulement un enfant, mais je sais que si tout l'argent dépensé pour la guerre était consacré à trouver des solutions environnementales et à lutter contre la pauvreté et les maladies, que ce monde serait merveilleux !

À l'école, même à la maternelle, vous nous apprenez à nous comporter dans ce monde. Vous nous apprenez à ne pas nous battre, à travailler dur, à respecter les autres, à faire notre lit, à nettoyer nos traces, à ne pas blesser d'autres créatures, à partager, à ne pas être gourmand. Alors pourquoi faites vous tout ce que vous nous dites de ne pas faire ?

N'oubliez pas pourquoi vous assistez à ces conférences, pour qui vous le faites... nous sommes vos propres enfants. Vous décidez dans quel monde nous allons grandir. Les parents devraient être en mesure de rassurer leurs enfants en leur disant "Tout va bien se passer, ce n'est pas la fin du monde et nous faisons de notre mieux."

Mais je ne pense pas que vous puissiez encore nous dire cela. Sommes-nous seulement sur la liste de vos priorités ? Mon père dit toujours : "Tu es ce que tu fais, pas ce que tu dis". Eh bien, ce que vous faites me fait pleurer la nuit. Vous continuez de nous dire que vous nous aimez. Mais je vous mets au défi, s'il vous plaît : faites que vos actions reflètent vos mots. Merci. »

La jeune fille témoignera de ce qui s'ensuit: "pendant six minutes, c’est mon cœur qui s’exprime. S’ensuit un long silence. Et puis le bruit assourdissant des fauteuils qui claquent. La salle entière se lève pour applaudir. Certains pleurent... En coulisses, quelqu’un que je ne connaissais pas s’approche de moi. « Votre discours est le meilleur que j’ai entendu ici, à Rio. » Plus tard, j’ai su qu’il s’appelait Al Gore [ancien candidat à la Maison blanche]..."

Quelques applaudissements polis, quelques larmes et puis voilà. Rien n'a changé. Rien ne changera...sauf un bouleversement mondial pour un système plus juste et transcendant les limites de l'homme qui remplacera tout cette désorganisation des nations désunies.

10/03/2013

Le grand sacrilège de Benoît XVI

Qu'aura apporté pour les générations futures le 265ème pape de l’Église catholique ? Pour nombre de catholiques bien des choses. Pour les plus réalistes, outre ses propres turpitudes et contradictions, il commit une invraisemblable profanation qui sera bientôt corrigée. Après 3 ans de pontificat seulement, il s'en prit au nom propre de Dieu pour tenter de le rayer des usages au sein de la chrétienté. Certains y verront un mal pour un bien considérant que ce grand nom prestigieux et sacré ne doit pas être prononcé par n'importe qui*. Reste qu'à ce sacrilège s'ajoute bien des remous qui auront marqué son pontificat. Voyez les faits.

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Entre ombres et lumières

La nouvelle qui est passée presque totalement inaperçue au début de l’été 2008. Suite au Synode des évêques catholiques tenu durant le courant de l’été 2008 , la Congrégation vaticane pour le Culte divin a envoyé, le 29 juin 2008, une lettre aux Conférences épiscopales du monde entier, leur demandant de ne plus prononcer le nom de Dieu " Yahvé" et que ce nom doit être effacée dans la liturgie.

arinze.jpgCette lettre, signée par le cardinal Francis Arinze préfet et de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est explicitement présentée comme une directive du pape Benoît XVI. "La Congrégation rappelle son document "Liturgiam Authenticam", de 2001, sur les traductions liturgiques, où il était stipulé que le nom du Dieu tout-puissant exprimé par le tétragramme hébreu et rendu en latin par le mot Dominus doit être rendu dans les langues vernaculaires par un mot de sens équivalent. Et elle déplore le fait que malgré une norme aussi claire, la pratique s’est répandue de « prononcer le nom propre au Dieu d’Israël », de le vocaliser dans la lecture des textes bibliques repris dans les lectionnaires ainsi que dans les hymnes et les prières, sous diverses formes comme Yahweh, Jahweh ou Yehovah." L’Église reconnaît donc implicitement que Dieu a un nom mais souhaite qu'il ne soit désormais plus utilisé; pourquoi ? [Voir l'Encyclopedie catholique qui reconnaît ce nom]

Une décision dictée par les traditions juives et ecclésiales

La pratique de prononcer le nom « Yavhé » est particulièrement courante au Etats-Unis et de nombreux chants liturgiques telles que ”You Are Near," ”I Will Bless Yahweh" et ”Rise, O Yahweh", seront bientôt bannies des messes aux Etats-Unis selon l'evêque de Paterson (New Jersey) Arthur Joseph Serratelli. Il a explicitement demandé que le nom de ”Yaweh" soit supprimé des hymnes et des diverses prières d’intercession au cours de la messe ou des autres sacrements.
Comme le souligne un article de Zenit,"les différents courants du judaïsme moderne maintiennent cette tradition que le Tétragramme ne peut être prononcé que par le Grand Prêtre dans le Temple, et même que celui-ci ne le prononçait généralement qu'à Yom Kippour”.
Le Temple de Jérusalem ayant été détruit, ce Nom n'est jamais prononcé par les Juifs lors de rituels religieux, ni lors de conversations privées. Par conséquent c’est cette tradition du judaïsme que reprend et impose l’église conciliaire.
ravasi.jpgC'est ce qu'a révélé depuis le Vatican, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, bibliste, et président de la commission du Message du synode des évêques, en présentant ce message à la presse et en répondant aux questions des journalistes.

Le document affirme : « En plus d'un motif d'ordre purement philologique, il y a aussi celui de demeurer fidèle à la tradition ecclésiale, puisque le tétragramme sacré n'a jamais été  prononcé dans le contexte chrétien, ni traduit dans aucune des langues dans lesquelles on a traduit la Bible ». Dans cette affirmation il n'y a rien de vrai. Plusieurs traductions anciennes de la Bible ont traduit le tétragramme en latin et d'autres langues (anglais, français, italien, portugais  etc...) comme la version synodale, la Bible de Jérusalem, la Bible de Crampon (1905) par exemple. De plus les premiers chrétiens connaissaient et prononçaient le nom de Dieu. C'est ce qui ressort de l'étude des copies fragmentaires connues aujourd'hui. A ce propos le professeur George Howard de l'université de Géorgie, aux États-Unis, a écrit : “ Comme la Septante utilisée et citée par l'Église du Nouveau Testament contenait le nom divin sous sa forme hébraïque, les rédacteurs du Nouveau Testament ont sans doute conservé le Tétragramme dans leurs citations."-Biblical Archaeology Review, mars 1978, page 14. Si les traditions humaines occultent ces faits à quoi sert alors la Bible que des ecclésiastiques arborent comme sacrée ?

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L'importance du nom de Dieu

Est-il important de connaître la prononciation exacte en Hébreu du Tétragramme divin ? Non car la transcription de son verbe (qui signifie "il fait devenir" ) dans d'autres langues est suffisante. Prenons l'exemple du nom de Jésus; qui est une traduction de son nom hébreu Yehôshoua; il ne viendrait à l'idée d'aucuns européens de l'appeler Yehôshoua sous prétexte que c'est ainsi qu'on le nommer en hébreu ! Il doit en être de même pour le nom de Dieu. Si nous ne savons pas exactement comment il se prononce il doit y avoir une bonne raison. Le catholicisme a utilisé la transcription « Yahweh » durant tout le XXe siècle. Aussi des écoles Juives qui recopièrent en grec le canon des Écritures n'ont pas traduits le Tétragramme mais l'ont laissés tel quel en Hébreu, ce qui montre qu'ils étaient influencés par la tradition mais aussi qu'ils en connaissaient la prononciation sinon comment pouvaient-ils lire les versets? Il semble donc que sa prononciation s'est perdue avec le temps. Au sujet de l'usage du nom personnel de Dieu chez les juifs aujourd’hui, il est intéressant de noter cette remarque de l'écrivain A. J. Kolatch : "La référence biblique à Dieu comme Ye. Ho. Va. (Jéhovah), écrite avec les lettres hébraïques Yod, Hé, Vav, Hé est généralement considérée être le nom authentique de Dieu." - "Le livre juif du pourquoi", préfacé par le Grand Rabbin Joseph Sitruk, page 347, Genève 1990, Editions MJR.
Si l'on considére la prière que Jésus Christ a donnée comme modèle, elle commence de cette façon : “ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié. ” (Matthieu 6:9). L’honore-t'on vraiment en interdisant de l'utiliser ? Non car selon Jéremie Dieu condamna ceux qui 'pensaient à faire oublier son nom' (Jérémie 23:27) !

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Au-dessus d'une porte de l'église de Fermarn, en Allemagne
 
Une Église "sur des eaux agitées"

Le 27 février dernier, lors de son discours d'adieu devant 150 000 personnes, Benoît XVI a déclaré, en faisant allusion aux scandales et controverses (pédophilie, Vatileaks notamment) : "Il y a eu aussi des moments pas faciles, dans lesquels les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l'histoire de l’Église, et le Seigneur semblait dormir. Mais j’ai toujours su que dans cette barque, il y a le Seigneur et j’ai toujours su que la barque de l’Église n’est pas la mienne, n’est pas la nôtre, mais est la sienne et qu'Il ne la laisse pas couler", a-t-il souligné. Évoquant du même coup l'hypocrisie religieuse et les divisions au sein du corps ecclésiastique. Jésus dormirait-il au milieu des loups ?
Le sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir, lève le voile sur les raisons de ce départ: le Vatican est "'un gouvernement très particulier, dans lequel de nombreux cardinaux très influents n'en réfèrent pas forcément très correctement au pape. A quoi s'ajoute la Banque du Vatican, très opaque également. Elle a été au cœur de plusieurs scandales ces dernières années, accusée de traiter en grande partie l'argent de la mafia…Benoît XVI voulait réformer profondément ces institutions mais il n'y est pas parvenu."
 

Joseph Ratzinger avait déclaré en 1977 : " L’Église est en train de devenir l’obstacle principal de la foi. On n’y voit plus que l’ambition humaine du pouvoir, le petit théâtre des hommes qui, avec leur prétention d’administrer le christianisme officiel, semblent barrer la route au véritable esprit du christianisme.»

 
Après sa renonciation, Benoît XVI, devenu "pape émérite"» conserve sa soutane blanche (mais sans mantelette, petite capeline qu'il porte sur les épaules) mais remplace ses chaussures rouges (rappelant le sang des martyrs) par des souliers mexicains marron. Le dernier pape à avoir renoncé à la papauté avant lui fut Grégoire XII, il y a 6 siècles en 1406. En attendant le "Pontife" reste au Vatican ce qui le met à l'abri d'éventuelles poursuites judiciaires (affaires de pédophilie, manipulations mentales, blanchiment d'argents etc...). La citée serait elle devenue un nouveau refuge pour criminels ?  Remarquons que le simple fait qu'il y ait aujourd'hui deux pontifes pour ce même empire nous rappelle l'époque du déclin de l'empire Babylonien qui survint subitement contre toute attente alors que régnaient deux régents; Belshatsar et Nabonide son père en 537 avant notre ère...
 
*On trouve à juste titre ce passage dans la 2ème lettre à Timothée (2:19):"Jéhovah connaît ceux qui lui appartiennent ”, et : “ Que tout homme qui nomme le nom de Jéhovah renonce à l’injustice. ”-TMN
"Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; et: Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu'il s'éloigne de l'iniquité."-Bible de Segond

12/12/2012

Le triomphe des Témoins de Jéhovah devant la cour européenne des droits de l'Homme

Ce mardi 12 décembre 2012 après 15 années de procédure, le Fisc français a remboursé 6 373 987, 31 euros avec les intérêts aux Témoins de Jéhovah concernant la taxation indûment perçue sur les dons manuels et jugée illégale par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (Sources: site officiel).

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Cette restitution est un heureux dénouement pour les Témoins de Jéhovah qui pendant 15 années furent l'objet d'injustes pressions fiscales. Cette somme correspond au remboursement des premiers versements effectués. En effet, l’administration fiscale avait réclamé un paiement partiel de la taxe sur les dons manuels bien avant l’issue du dernier recours engagé au niveau européen. Les Témoins de Jéhovah avaient alors versés 4 590 000 euros au Trésor Public. Le 5 juillet dernier la CEDH avait alors enjoint la France à rembourser cette somme ainsi que 55 000 euros pour frais et dépens. La somme totale due s'élevait donc à 4 645 000 euros.

Le Parisien du 5 juillet dernier révélait qu'à cela s'ajoute les «intérêts au taux légal que le gouvernement ne conteste pas en plus du remboursement intégral des sommes saisies» en 1998 conformément à l'arrêt. La différence équivaut donc à 1 728 987, 31 euros au titre d'intérêts de retards et de frais de justice. C'est ce qu'a en définitive coûté au gouvernement cette mesure injuste. De plus la procédure comprend également la levée des mesures d’hypothèques prises sur ses bien à Louviers !

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Béthel de Louviers

Pour rappel il y a un an, la CEDH avait jugé que la France avait violé «l'article 9 sur le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion en taxant des dons manuels faits à la requérante de 1993 à 1996». Ayant taxé le denier du culte à hauteur de 60 % durant 4 ans, l'administration fiscale demandait plus de 40 millions d'euros à l'Association des Témoins de Jéhovah au 30 décembre 2011, dégrèvement compris des intérêts et des pénalités de retard.

L'avocat des Témoins de Jéhovah Me Philippe Goni, interrogé par l'Associated Press analyse cette affaire en précisant que «c'est une très belle victoire pour les Témoins de Jéhovah. Au-delà de l'aspect financier, il s'agit de la reconnaissance définitive et pleine du statut de religion des Témoins de Jéhovah (...) La Cour européenne condamne cette distinction franco-française entre les religions traditionnelles et les prétendues sectes (...) La motivation de la Cour constitue un sérieux rappel à l'ordre pour tous ceux qui s'opposent au pluralisme religieux ».


Cette injustice fiscale ayant été réparée, il reste le préjudice morale qui demeure et qui est considérable. Ce dénouement reste néanmoins une grande avancée en faveur de la liberté de conscience et de religion malmenée en France depuis quelques décennies !

14/11/2012

Le champ médiatiquement étroit des "sectes" serait-il élargi ?

Manuel Valls le ministre de l'Intérieur a estimé ce mercredi que le risque terroriste représentait une menace "permanente" en France. Selon lui, des quartiers sont sous l'emprise de "sectes" incluant des centaines de personnes. Faut-il y voir là un nouvel élargissement médiatique de ce terme hautement péjoratif longtemps réservé aux minorités confessionnelles ?                                           

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Patrick Calvar remplace Bernard Squarcini à la tête de la DCRI

Selon le quotidien Le Monde "en marge de l'affaire Merah, sur laquelle il était interrogé sur RMC-BFMTV, le ministre a évoqué un "ennemi intérieur qui prospère sur [la] radicalisation de cet islam qui n'a rien à voir avec [celui] pratiqué par l'immense majorité de nos concitoyens, mais qui prône la haine, l'antisémitisme, qui se mélange en plus avec la petite délinquance, avec le crime, avec le trafic de drogue, il est là, il est présent". A cet égard, "ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont concernées", a jugé le ministre, ajoutant qu'"il y a des quartiers dans notre pays qui sont sous l'emprise de ces sectes".

Une menace "permanente". C'est en ces termes que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a qualifié le risque terroriste en France.  Il estime que des centaines de personnes constituent "potentiellement un danger en ce domaine" en rappelant que "nous l'avons vu il y a quelques semaines avec le groupe de Sarcelles (dont des membres sont suspectés d'avoir participé à un attentat à la grenade dans un magasin juif) qui a été appréhendé".

"Nous savons (que ses membres) se préparaient à la fois à envoyer peut-être des individus en Syrie pour faire le jihad, mais ils avaient sans doute des objectifs pour notre pays", a avancé le ministre, tout en se voulant "prudent" sur ce sujet.

Le risque terroriste "existe, il faut le combattre", a affirmé le ministre et, pour cela, "on a besoin d'un renseignement de très grande qualité et les différentes réformes que m'a proposées le nouveau directeur de la DCRI Patrick Calvar visent précisément à renforcer l'efficacité du renseignement", a-t-il indiqué. Pendant trois ans, de mars 2004 à février 2007, ce dernier fut sous-directeur du contre-terrorisme et du monde arabe-musulman.

On se souvient qu'Yves Bertrand, Directeur Général du service des Renseignements Généraux de 1992 à 2003, avait collaboré activement à fournir des « informations » aux députés de la commission d'enquête qui ont rendu leurs conclusions dans le fameux rapport de 1996. Par la suite il a reconnu que "ce travail a incontestablement vieilli" et qu'il a lui "même évolué sur la question" ajoutant que "certains groupes se sont vu un peu vite affubler du vocable de secte. La sémantique elle-même devrait être modifiée. Doit-on confondre en un même vocable, sectes et mouvements minoritaires, pratiquant le prosélytisme comme les témoins de Jéhovah ? J'en doute sincèrement."

Aujourd'hui, nous constatons que la notion de "secte" dans le vocabulaire français semble donc s'élargir à des courants minoritaires jugés dangereux qui jusqu'à présent étaient curieusement épargnés par cette désignation péjorative. Mieux; peut-on s'attendre à ce que ce champ de vision se déplace vers les mouvements dangereux ? C'est une probabilité à ne pas écarter. Mais seul l'avenir nous le dira. En attendant, il semble que tout comme aux Etats-unis, les services du renseignement ont un nouveau visage à leur tête. C'est probablement une pure coïncidence...

06/11/2012

La France 'laïque' protège la construction de certains lieux de culte mais pas d'autres

Le 28 avril dernier un collectif d'une trentaine d'habitants de Lucciana en Corse a manifesté pour s'opposer à la construction d'un paisible lieu de culte des Témoins de Jéhovah, dont le permis de construire a été délivré par le Maire. Aucune réaction du côté des autorités, alors que le 20 octobre dernier, des fourgons de CRS, dépêchés par le Ministre de l'Intérieur, sont venus évacuer "environ 70 militants du Bloc identitaire, un groupe d'extrême droite qui a déployé sa banderole sur le chantier d'une mosquée en construction à Poitiers". Suite aux nombreuses indignations politiques le parquet a ouvert une enquête. La laïcité française qui doit garantir la liberté de culte, l'impartialité et la neutralité de l'Etat envers les confessions n'a t'elle pas deux poids et deux mesures ?

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Un collectif de riverains contre la construction d'un petit lieu de culte (176 m2) en Corse

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73 militants manifestent contre l'implantation d'une mosquée à Poitiers

Une manifestation d'intolérance à l'état pur à Lucciana

Que s'est-il passé à Lucciana ? Un lieu de culte de 176 m2 de superficie (la taille d'un grand pavilon) sur le terrain d'un lotissement d'une ville de 3800 habitants qui met en émoi quelques riverains (une trentaine selon la photo). Parmi les nuisances évoquées par le comité Paratella il y aurait le bruit alors que le batiment est insonorisé (excépté durant les travaux ce qui est normale comme toute construction) ensuite les gênes à la circulation alors que les actions de ce comité avaient justement consisté à entraver la circulation en interpellant les automobilistes. D'autres avancent comme prétexte la baisse des prix au mètre carré. C'est ridicule. Tout le monde sait que là où il y a des Témoins de Jéhovah il n'y a ni détritus au sol, ni mégots, ni tapage ni délinquance. Ils ont de beaux lieux de culte et ne souhaitent pas envahir le voisinage par leur prédication. Il s'agit seulement d'un lieu de culte et ils demandent à vivre en paix avec leur voisinage. En résumé s'il y avait eu un clocher sur cette salle il n'y aurait pas eu tout ce brouhaha...  

Vives réactions  pour condamner l'occupation de la mosquée 

Considérant que l'islam en France est un vivier de voix électorales important (plus de 4 millions de voix potentielles soit environ 9 % des électeurs), la classe politique dans l'ensemble a réagit pour condamner l'occupation de la Mosquée de Poitiers:

  • Le premier ministre Jean-Marc Ayrault " condamne fermement cette provocation qui révèle une haine religieuse inacceptable", a-t-il déclaré, ajoutant que cet envahissement était "une agression contre la République et ses valeurs (...) Un tel acte est inacceptable car il bafoue les valeurs de notre République laïque, parmi lesquelles la liberté d'exercice des cultes"

  • Le ministre de l'intérieur Manuel Valls a lui aussi réagi en dénonçant "les amalgames douteux" du Bloc identitaire. M. Valls "garantit que l'Etat fera preuve de la plus grande fermeté face aux manifestations d'intolérance qui déchirent le pacte social", ajoute un communiqué du ministre de l'intérieur. "Le ministre en charge des cultes réfute les amalgames douteux dont procèdent leurs slogans et rappelle que la République garantit à tous le libre exercice du culte dans le respect des règles de la laïcité", ajoute-t-il.

  • " Le PS, par la voix de son nouveau premier secrétaire Harlem Désir, et le PCF, ont demandé samedi "la dissolution" du groupe d'extrême droite Génération identitaire, à l'origine de l'occupation d'un chantier"
  • Jean-François Copé "condamne" l'occupation du chantier car "la République laïque ne peut tolérer aucune agression envers une religion (...) La République laïque est la garante de la liberté de culte dans notre pays: elle ne peut tolérer aucune agression envers une religion"

Deux poids deux mesures !

Résultats: quatre des occupants, âgé de 23 à 26 ans, organisateurs de la manifestation- symbolique- ont été placés en garde à vue prolongée, durant 42 heures ! Le Parquet a ouvert une pénale pour "manifestation non autorisée, provocation à la haine raciale, participation à un groupement en vue de la préparation de dégradation de biens en réunion". Ce qui est intéressant c'est que les mises en examen ont été prononcées pour« provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, par des discours proférés dans un lieu ou réunion publics et par des placards ou affiches exposées au regard du public »

«Nous avons choisi de faire notre action à Poitiers, qui est une ville symbolique en raison de l'histoire et il se trouve en plus qu'une mosquée-cathédrale (nom donné aux mosquées d’envergure, ndlr) très ostentatoire y est en construction avec un minaret de 32 m», a affirmé Damien Rieu, un autre porte-parole de GI ('Génération identitaire')

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Alors que la manifestation symbolique à Poitiers ne devait être qu'un coup d'éclat celle des riverains de Lucciana a donné lieu à l'annulation du permis de construire du lieu de culte des témoins de Jéhovah à Lucciana (vidéo ici). En effet, selon Corsematin,  la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté leur recours contre le jugement du tribunal de Bastia qui avait annulé le permis de construire qui leur avait été délivré. Il faut dire que le 'Comité Paratella' a fait pression pour obtenir ce jugement, jusqu'à lancer des appels sur Facebook (ici aussi).

 Une histoire qui se corse

"C'est un de ces feuilletons polémiques et juridiques dont la Corse a le secret. Un de ces feuilletons qui va de rebondissement en rebondissement" reconnaît le Corsematin. "La cour administrative d'appel de Marseille déclare ensuite que « même si les dimensions du projet en litige n'excèdent pas celles d'un pavillon traditionnel, les deux terrains apparaissent sur les plans en co-visibilité l'un de l'autre, observent les magistrats de la cour d'appel. Compte tenu en outre de la fréquentation qu'impliquera le projet permettant d'accueillir 119 fidèles, ces riverains justifient d'un intérêt suffisant pour contester ce permis de construire.(...) Les témoins de Jéhovah ont, en effet, déposé d'autres demandes de permis de construire, toujours sur le territoire de la commune de Lucciana. À suivre donc » Décidément la laïcité en France est à géométrie variable; elle reconnaît et protège pour certaines confessions le droit de se réunir et pratiquer leur culte alors qu'elle ne le fait pas pour d'autres....

Le point de vue d'un syndicat de Police sur la 'dangerosité' des Témoins de Jéhovah

Un document d'un syndicat de police lui aussi difficile à retrouver qui a paru suite aux polémiques sur la location du stade Bollaert à Lens; il a vite fait taire les calomnies sur une communauté pourtant exemplaire et paisible...(Disponible en PDF ici)

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SYNDICAT ACTION POLICE - CFTC

Communiqué de presse 23/07/2006 à 02h 15

Le député maire communiste de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Jean-Pierre Brard s'en est pris aux responsables des Témoins de Jéhovah, jeudi 20 juillet sur TF1, les qualifiant de "parfaits délinquants" tandis que le maire de Lens (62) souhaitait faire interdire leur assemblée qui se tient ce week-end au stade Bollaert à Lens (Pas-de-Calais).

Thoris.jpg" Les Témoins de Jéhovah sont des citoyens respectueux des lois républicaines. II n'y a aucun critère dans leur vie de tous tes jours qui permet de les classer " secte " estime Michel Thooris, secrétaire général du syndicat Action Police CFTC. Ils ne créaient aucun trouble à l'ordre public. Ils travaillent, paient des impôts, participent au développement économique de notre pays et font des dons à des associations caritatives. Le mélange de ces personnes issues de toutes les races et de toutes les origines se rassemblant dans la paix fait plaisir à voir. Nous n'avons jamais constaté lors de leurs rassemblements, même si l'on remonte très loin dans le temps, la moindre bagarre ou altercation qui aurait justifié notre intervention. Si tout le monde était Témoin de Jéhovah, nous policiers, nous serions au chômage. Nous comprenons mal la polémique autour du rassemblement des Témoins de Jéhovah au stade Bollaert à Lens (62). Vouloir interdire ce type de rassemblement pacifique est une très grave atteinte à la liberté de culte dans notre pays et une remise en cause très profonde de la loi de 1901 sur les associations. C'est la porte ouverte sur un clientélisme religieux et une inégalité de traitement entre les différentes confessions, notamment les trois grands monothéismes en France: Juifs, Chrétiens et Musulmans. C'est contraire au principe républicain d'égalité. Demain, en fonction d'Intérêts politiques personnels propres, on interdira à tels ou tels groupements religieux de se réunir, c'est inacceptable. Pendant qu'on massacre les Chrétiens du Darfour dans l'indifférence générale, on tente d'interdire une religion chrétienne en France. "

 -Michel Thooris, secrétaire général du syndicat Action Police CFTC.

30/10/2012

Le point sur la situation juridique des témoins de Jéhovah en France

Les témoins de Jéhovah ont remporté plusieurs victoires juridiques en France et au niveau européen pour protéger leurs droits à pratiquer  leur culte paisiblement. Taxation abusive, demande de renseignements sur un rapport parlementaire, déni de statut cultuel, de droits à visiter les prisonniers qui en font la demande; tout cela a été tranché par les plus hautes juridictions...De grandes victoires en cascade qui embarrassent tous ceux se plaisaient à vivre dans 'une sorte d'inquisition purificatrice' mais qu'en est-il aujourd'hui ?  

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Un combat anormal pour confirmer un statut cultuel

Au début des années 1990, l'administration a été confrontée à une nouvelle question concernant les Témoins de Jéhovah : leurs lieux de culte peuvent-ils être exonérés de la taxe d'habitation. Le Conseil d'État a jugé dans 2 arrêts du 13 janvier 1993 que " les locaux affectés exclusivement à l'exercice public d'un culte " ne peuvent être considérés comme " occupés à titre privatif " et dès lors ne sont pas soumis à la taxe d'habitation reconnaissant implicitement à ce type d'association leur caratère cultuel. Il faut savoir que pour bénéficier de la capacité à recevoir des libéralités ou d'autres avantages fiscaux, une association doit remplir les 3 conditions suivantes :

  • l'exercice public d'un culte ;
  • le caractère exclusivement cultuel des stipulations statutaires et des activités réelles ;
  • la conformité à l'ordre public de ses activités réelles ou celles de ses membres en rapport direct avec son objet.

Cette reconnaissance a été confirmé dans le cas d'une affaire concernant une association à Clamecy qui a donné lieu à une jurisprudence au plus haut niveau rendu le 23 juin 2000, par le Conseil d'État qui a confirmé le statut cultuel des associations des Témoins de Jéhovah. Les juges se sont surtout prononcés en constatant une absence d'atteintes à l'ordre public, estimant que l'administration ne doit pas " prendre en considération le contenu de la doctrine " des Témoins de Jéhovah, mais s'attacher seulement aux activités et au comportement propres des associations locales souhaitant obtenir le statut d'association cultuelle. Dans cette même logique, depuis 2005 plus de 700 ministres du culte Témoins de Jéhovah sont affiliés à la CAVIMAC (organisme de Sécurité Sociale de l’État chargé de recouvrer les cotisations sociales etc...). Ils font donc partie des 9 cultes en France à bénéficier de cette affiliation et donc peuvent prétendre en toute logique également au statut d’aumônier.

Un long combat pour connaître... les 'documents' des RG

S'étant vu refuser l'accès aux documents établis par les Renseignements généraux auxquels se réfère le rapport parlementaire de la Commission d'enquête Gest-Guyard de 1995, les Témoins de Jéhovah ont saisi la juridiction administrative. Dans son arrêt du 16 juin 2005, la Cour administrative d'appel de Paris a demandé la production de ces documents pour examiner le bien-fondé du refus de ministre,  qui invoquait le risque d'atteinte à la sécurité publique. Le Conseil d'État a rejeté le 3 juillet 2006 le recours du ministre de l'Intérieur, qui se trouve désormais dans l'obligation de leur communiquer les documents détenus par les Renseignements généraux qui la concernent et qui ont servi de base aux travaux de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes. Dans le même temps, le Conseil d'État a confirmé l' arrêt rendu le 16 juin 2005 par la Cour administrative d'appel de Paris. Finalement après 2 ans de procédures, le 18 décembre 2006, les Témoins de Jéhovah ont rendu public le dossier préparé par les Renseignements généraux à leur sujet pour la commission d'enquête parlementaire sur les sectes de 1995, lors d'une conférence de presse à Paris. Selon le quotidien Le Monde, « Cette "note blanche", qui leur a été communiquée après huit années de procédures, comprend uniquement une fiche de présentation et la liste de leurs lieux de culte ». À la question d'une journaliste sur le fait que les Témoins de Jéhovah auraient été placés en 1995 sur la liste des mouvements sectaires sur la base d’une note des Renseignements Généraux vide, lors de la conférence de presse de la Commission d'Enquête parlementaire du 19/12/2006, le député Alain Gest a réconnu : « Je ne connais pas cette note. Ce que je peux vous dire, c’est que lorsqu’en 1995, nous avons choisis de faire publier la liste des 173, à l’époque, mouvements sectaires, auxquels s’ajoutaient un certain nombre de mouvements filiales, ce qui portait à peu près le nombre d’organisations à environ 1000, nous l’avons fait sur la foi d’informations qui ont été données par les services des Renseignements Généraux de la Police Nationale". Sur une note reposant sur une simple cartographie des lieux de cultes des témoins de Jéhovah ! Reste que récemment devant la Cour d'Appel de Paris, ces derniers n'ont pas obtenu la rectification du fameux rapport parlementaires de 2005 les mettant en cause sans preuves. Est-ce vraiment important ? Non car même s'il est perfide et tendancieux, il n'a de toute manière absolument aucune valeur juridique.

Un combat pour dénoncer une taxation arbitraire injuste

Par une décision historique prise à l'unanimité la Cour européenne des droits de l’homme a condamné pour la première fois la France pour violation de la liberté de pensée, de conscience et de religion, dans un arrêt paru le  30 juin 2011. Elle a conclu que la taxation à hauteur de 60 % des dons consentis à l’Association les Témoins de Jéhovah constituait une violation de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. Ne constatant aucun trouble à l’ordre public qui justifierait une mesure d’exception, la Cour Européenne des Droits de l’Homme vient de censurer, à l’unanimité, cette loi fiscale qui les visait de par son imprévisibilité et son ingérence dans leur ‘religion’. En même temps, elle conforte la position du Conseil d'État, inchangée depuis 1993, reconnaissant leur statut cultuel. C'est une reconnaissance dont la portée est considérable ! Elle reste une véritable onde de choc et une énorme défaite pour la plupart des militants antisectes qui depuis 1995 s’échinaient à les salir chaque fois que les projecteurs étaient braqués sur un fait divers sur le thème des "sectes". Interrogé par le député Jean-Pierre Brard sur les suites à donner à cet arrêt et l'éventuelle possibilité de renvoyer l'affaire devant la Grande chambre de la CEDH, Valérie Pécresse, ministre du Budget a répondu que la décision ne répondait pas aux critères de gravité permettant de demander un réexamen par la Grande chambre. Elle a expliqué à l'occasion que la cour a jugé que l'imposition des dons constituait " une ingérence dans l'exercice d'une liberté religieuse, qui, dès lors que la CEDH estime qu'elle était imprévisible à l'époque des faits, est injustifiée ". Aucun appel n'ayant été engagé dans les trois mois, l'arrêt européen est devenu définitif laissant aux deux parties le soin de trouver un accord. Mais au vu des élections présidentielles de mai dernier, le gouvernement a joué la montre, et la Cour européenne des droits de l'homme s'est de nouveau saisie de l'affaire. Par une autre décision prise à l'unanimité le 5 juillet 2012 celle-ci a condamné l'Etat français à rembourser les plus de 4,6 millions d'euros indûment perçus à l'Association des Témoins de Jéhovah. Cette jurisprudence définitive au niveau européen protège et reconnaît leur droit à pratiquer leur religion conformément à l'article 9 de la convention européenne des droits de l'homme. Sur la base de la satisfaction équitable (Convention, art. 41) les Témoins de Jéhovah ont demandé l’annulation du redressement fiscal, la levée des mesures d’hypothèques prises sur ses bien à Louviers et la restitution des « sommes saisies » à l’occasion du contrôle fiscal, soit 4 590 295 euros, outre les frais. Les autorités françaises n’ayant pas remboursé cette somme, la Cour la condamne et  ajoute des intérêts de retard et 55 000 € comme participation aux frais de défense.  Le gouvernement avait juqu'au 5 octobre dernier pour saisir la Grande chambre; or de toute évidence il ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous ne savons pas ce qu'il en est des négociations entre les deux parties. Ce que nous pouvons en déduire c'est que le gouvernement ne souhaite pas rembourser cette somme pour des raisons électorales et qu'il attend de ce fait une intervention prochaîne des ministres du Conseil de l'Europe pour l'obliger à rendre les biens saisis ce qui le disculperait de toutes accusations de complaisance envers les Témoins de Jéhovah...*

Un combat pour un droit au statut d'aumônier bénévole

Le 30 mai 2011, la Cour administrative d'appel de Paris avait reconnu le droit des Témoins de Jéhovah d’avoir des aumôniers dans les prisons. Dans la motivation de ces arrêts, la Cour confirme, par ailleurs, le statut cultuel conféré aux Témoins de Jéhovah depuis juin 2000. Le ministère de la justice a fait appel devant le Conseil d’Etat qui doit statuer prochainement sur la question. A ce jour nous sommes toujours en attente de sa décision...

Il semble donc qu'il y ait de la part des autorités actuelles une volonté politique d'étouffer ces reconnaissances juridiques en cherchant à gagner du temps pour se conformer à la justice. Il faut dire qu'on efface pas d'un revers de main des décennies de lavage de cerveaux médiatiques contre des minorités de conviction.

*Pour ce qui est de l'affaire de la taxation l'arrêt est bien définitif. Dans ce cas les textes officiels stipulent ceci: "Dès qu’un arrêt devient définitif, il est transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe qui en surveille l’exécution. Selon le Service de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des Droits de l’Homme, le paragraphe 46 indique que "le processus de versement de la satisfaction équitable n’est pas instantané mais peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les raisons à cela tiennent à plusieurs types de facteurs : collecte auprès du requérant des informations nécessaires pour procéder au paiement, respect des règles de comptabilité publique, délais techniques inhérents au traitement de l’opération par les banques, choix des modalités du transfert, etc."

24/10/2012

Audition choc du chef du bureau des cultes devant une commission parlementaire

Une audition publique qui fera date; celle de Didier LESCHI, chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur, le 17 octobre 2006 devant une commission parlementaire sur les sectes. Sa retranscription ci dessous fut faite à partir de l’enregistrement original, sachant que le compte-rendu publié en annexe du rapport parlementaire sur les sectes de 2006 a été volontairement tronqué ! La vidéo a été retirée du site de La Chaîne parlementaire mais est disponible ci-dessous. Rappelons qu'à la suite de son témoignage le fonctionnaire d’État fut l'objet de fortes pressions, de critiques odieuses et de rumeurs insensées (comme quoi il serait de connivence avec les témoins de Jéhovah) et que parmi les rares vidéos disponibles il ne reste que celles faites par des opposants qui en ont fait des montages de façon à minimiser au maximum sa valeur...Pour parer à cette ignoble censure voici reproduite ci dessous la véritable audition dans son intégralité (vidéo et dialogues).    

        

                   "M. le Président, Georges FENECH :

Je vous remercie, M. Didier Leschi, d’avoir répondu à la convocation de notre commission d’enquête relative à l’influence sur les sectes... sur les mineurs, pardon, des mouvements à caractère sectaire. Vous êtes chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire.

Je dois vous rappeler tout d’abord qu’aux termes de l’article 142 du Règlement de notre Assemblée, la commission pourra décider de citer dans son rapport tout ou partie du compte-rendu qui en sera fait et ce compte rendu vous sera préalablement communiqué. Les observations que vous pourriez faire seront soumises à la commission.

Par ailleurs, en vertu de l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 modifiée relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, les personnes auditionnées sont tenues de déposer sous réserve des dispositions de l’article 226-13 du code pénal réprimant la violation du secret professionnel et de l’article 226-14 du même code qui autorise la révélation du secret en cas de privations ou de sévices, dont les atteintes sexuelles.

Cette même ordonnance exige des personnes auditionnées qu’elles prêtent serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vais donc vous demander de lever la main droite et de dire : « Je le jure ».

(M. Didier LESCHI prête serment.)

Je vous remercie. Mêmes recommandations à la presse en application de la loi du 29 juillet 1881.

Donc la commission va procéder maintenant à votre audition, M. Leschi. Je pense que vous avez un exposé préliminaire...

M. Didier LESCHI :

M. le Président, merci ! Tout d’abord, je vous remercie d’avoir sollicité mon audition dans le cadre de vos travaux.

Cette audition permettra, je l’espère, de lever des interrogations sur la pratique administrative du bureau central des cultes (BCC) en matière de dérives sectaires, interrogations qui se sont exprimées lors des réunions de la MIVILUDES, où siègent certains membres de votre commission et de manière publique lors d’événements liés aux Témoins de Jéhovah.

Le bureau central des cultes face à la question des supposées sectes et à la santé physique et mentale des enfants.

Je crois qu’il me semble important pour apprécier cette question de vous indiquer dans quel cadre normatif se situe ma pratique administrative que votre commission souhaite interroger, pratique qui intervient dans le domaine de la protection de la liberté de conscience et de son articulation avec la protection des mineurs.

Comme vous le savez, la règle en matière cultuelle de notre régime juridique est celle de la liberté du culte ; son fondement est la loi de 1905 qui affirme dans son article 1er que « la république assure la liberté de conscience et les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ».

La deuxième grande notion de ce régime est le fait que l’activité cultuelle est publique. C’est la notion du libre exercice public du culte, c’est à dire le fait que si la loi de 1905 a privatisé le fonctionnement des cultes en mettant fin au système des cultes reconnus, elle a aussi précisé que les fidèles ont le droit de pratiquer leur culte de manière publique et non dans la seule sphère privée, comme le précise notamment les titres 3 et 5 de la loi de 1905. C’est ainsi que pour bénéficier des avantages fiscaux, les bâtiments cultuels doivent être des lieux de culte ouverts au public.

Cette liberté de croyance s’articule avec le droit des parents de choisir ce qu’ils souhaitent transmettre à leurs enfants, car notre cadre juridique comprend aussi le droit pour les parents d’éduquer les enfants dans les valeurs de leur choix, dès lors qu’elles ne portent pas atteinte à l’intégrité physique et morale des enfants. C’est ce que rappelle l’article 371-1 du code civil : l’autorité parentale appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa personne. Il faut y ajouter la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui indique que l’état respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses ou philosophiques. Le cas échéant, le non respect de ces obligations pourrait constituer une atteinte aux personnes susceptibles de sanctions et un trouble à l’ordre public si ce non respect est systématisé dans un cadre associatif.

Les atteintes à la protection de l’enfance exercées pour des raisons cultuelles peuvent être multiples : le fait de soustraire des enfants de 6 à 16 ans à l’instruction obligatoire, ne pas répondre à l’obligation de soins ou de vaccination, ne pas pourvoir aux besoins matériels des enfants, etc.

Quelles sont les responsabilités du bureau central des cultes face à ce cadre normatif ?

L’activité du bureau central des cultes est bien de rappeler aux administrations, aux collectivités locales, aux différents pouvoirs publics, par le biais de circulaires, de réponses à des questions parlementaires ou de courriers émanant d’autorité publique, que notre régime juridique est d’abord celui de la liberté de conscience et du libre exercice du culte. Il est aussi de rappeler que cette liberté de conscience implique le droit pour les parents d’éduquer leurs enfants en fonction des valeurs qui sont les leurs. Dans ce cadre, des demandes de courants qui se veulent cultuels et qui concernent des enfants, la question posée au bureau central des cultes est de savoir s’ils respectent les obligations inscrites par la loi en matière d’éducation, de santé ou si l’activité associative cultuelle est bien conforme au droit, et de signaler toute dérive pour que soient réprimés les troubles à l’ordre public que les fidèles de toute confession pourraient occasionner.

Faut-il rappeler que l’action du bureau central des cultes ne porte pas sur des organismes qui exercent des activités dont certaines peuvent être délictueuses, sans rapport avec une quelconque activité cultuelle et qui ne cherchent pas à bénéficier des avantages consentis aux associations cultuelles. Je veux parler de toutes les activités pseudo-médicales, paranormales, psychologisantes, etc. Elles ne sont pas dans la compétence de mon bureau. Il peut cependant exister ici et là des groupements qui pratiquent des formes dangereuses d’exorcisme ou de guérisons par la prière. Aucun, à ma connaissance, n’a jamais demandé à bénéficier des avantages des associations cultuelles. Dans ce domaine il faut s’en tenir au faits et en particulier aux atteintes à la personne et non à la manifestation de la conscience ou de la foi. Je rappelle par exemple que l’Église catholique reconnaît la pratique de l’exorcisme.

Quels sont les moyens légaux du bureau central des cultes pour contrer les dérives sectaires ?

Le principal moyen du bureau s’exerce à travers ce qu’on appelle la « petite reconnaissance », qui donne à l’administration le pouvoir de contrôler les associations cultuelles demandant à bénéficier d’avantages essentiellement d’ordre fiscal. Car si la liberté de conscience fait que la république ne reconnaît aucun culte, elle n’en méconnaît aucun dès lors que ce culte demande à bénéficier des avantages qui visent à favoriser le libre exercice du culte. Je rappelle pour mémoire que ce que l’on nomme parfois la petite reconnaissance ouvre droit d’une part à des exonérations fiscales qui vont de la taxe d’habitation à la taxe foncière, la taxe d’équipement, d’autre part à l’exonération des droits de mutation pour les dons et legs, et enfin dans le cadre du régime des libéralités et des dons manuels, la petite reconnaissance ouvre droit à la capacité de délivrer des reçus fiscaux qui ouvrent droit aux donateurs à des dégrèvements d’impôts (ce sont les fameux articles 200 et 238 bis du Code général des impôts).

C’est à propos de cette procédure de petite reconnaissance, qui ouvre des droits pour les activités cultuelles, que des critiques se font entendre vis-à-vis du ministère de l’Intérieur et du bureau central des cultes en particulier, notamment cet été à propos du rassemblement des Témoins de Jéhovah à Lens.

En effet, si la procédure d’autorisation préfectorale donnée à une association de recevoir des libéralités ou de délivrer des reçus fiscaux est d’abord un procédure déconcentrée, il y a une forme d’unification de la politique administrative du ministère au niveau national, puisque lorsqu’il y a un doute le préfet interroge le bureau pour savoir s’il existe ou non un trouble à l’ordre public connu au niveau national qui pourrait justifier un refus.

Cette petite reconnaissance est bien dans ce cadre un instrument utilisable pour contrôle des éventuelles dérives sectaires d’un groupement et cela d’autant plus qu’à n’importe quel moment nous pouvons demander au préfet d’abroger son arrêté si l’association ne remplit plus les critères nécessaires, en particulier d’ordre public.

L’ordre public et les dérives sectaires

Le ministère de l’Intérieur est parfois accusé de sous-estimer le trouble à l’ordre public que généreraient par nature certains mouvements, focalisant l’attention de la Miviludes. Je veux parler de mouvements qui pour certains ont des décennies, voire des siècles d’existence, et sont issus de grands courants spirituels ou s’y attachent, comme les frères de Plymouth, une des branches du protestantisme, les Témoins de Jéhovah, et depuis quelques mois les Loubavitch, qui sont l’expression d’une vieille tradition du hassidisme juif.

Au bureau central des cultes, nous pensons qu’il faut aborder les problématiques d’ordre public avec la plus grande rigueur et de privilégier les faits plutôt que la rumeur ou la parole douloureuse d’anciens fidèles en rupture dès lors que sont mises en cause des personnes ou leur dignité.

Tous les courants cultuels sont susceptibles de connaître des dérives sectaires. Seul l’examen des faits légitime la notion de vigilance sans quoi on risque fort de s’écarter de l’impartialité laïque au profit d’un clivage entre religions reconnues et religions stigmatisées.

Le juge administratif ne cesse de rappeler cela en sanctionnant des collectivités qui licencient des Témoins de Jéhovah dont la seule faute professionnelle est l’appartenance à ce mouvement. De même, il rappelle qu’on ne peut refuser la location d’une salle à ce mouvement, uniquement parce qu’il ne serait pas agréé.

La pratique administrative des fonctionnaires est soumise au contrôle du juge et elle doit obéir dans le domaine des culte à une double exigence : la protection de l’ordre public et le respect de l’article 1er de la Constitution en vertu duquel « la République respecte toutes les croyances ».

Les Témoins de Jéhovah et la non assistance à enfance en danger : la question des transfusions

C’est autour de l’appréciation du trouble à l’ordre public que constitue le refus de transfusion sanguine que se focalise désormais l’accusation de dérive sectaire à l’encontre des Témoins de Jéhovah .

En effet, le refus de voter ne saurait constituer un trouble à l’ordre public dans un pays où le vote n’est pas obligatoire. Au demeurant, nul ne demande la dissolution de la Fédération anarchiste au motif que ses adhérents font du prosélytisme en faveur du refus de vote et bénéficie pour cela d’une fréquence radio accordée par le CSA.

De même la question du refus du service national ne se pose plus depuis sa suppression.

Enfin, le prosélytisme, c’est-à-dire le fait de militer pour faire connaître et défendre ses opinions dans la rue ou en faisant du porte à porte, n’est pas en soi condamnable, si bien sûr il ne s’agit pas de harcèlement. Par analogie, on n’imagine pas retirer à un vendeur bénévole de L’Humanité dimanche la garde de son enfant, pas plus qu’à un syndicaliste qui défile le 1er mai sa fille.

C’est donc bien le refus de la transfusion sanguine qui pourrait constituer un trouble à l’ordre public, s’il s’avérait que l’affirmation de cette croyance impérieuse entravait le fonctionnement du service public hospitalier.

Il n’appartient pas à l’administration de porter un jugement sur les croyances ou sur la conscience des personnes, à moins de renvoyer à un autre temps ou à un autre régime politique. L’église catholique peut condamner l’IVG prévue par la loi, mais elle ne troublerait l’ordre public que si, par ses manifestations, elle empêchait l’accès des femmes au service hospitalier.

Je rappelle que le Conseil d’État, dans une décision du 16 août 2002, a estimé que le refus de recevoir une transfusion sanguine constitue l’exercice d’une liberté fondamentale et que la loi Kouchner de mars 2002 a renforcé le droit du patient majeur à discuter de son traitement, droit déjà consacré par la jurisprudence du Conseil d’État.

L’un des critères permettant à une association cultuelle de bénéficier des avantages fiscaux reconnus à cette catégorie d’association repose sur l’absence de trouble à l’ordre public. J’ai demandé lors d’un comité de pilotage de la Miviludes que soit lancée une enquête auprès des agences régionales d’hospitalisation et des hôpitaux, afin de recenser éventuellement les faits constitutifs de trouble à l’ordre public à travers des perturbations du service public hospitalier liées au refus de transfusion sanguine. Le représentant du ministère de la santé au sein des instances de la Miviludes nous a indiqué à l’époque que ce recensement était impossible, car, de peur des procédures, les responsables hospitaliers hésiteraient à dénoncer les troubles à l’ordre public.

Cette explication me semble légère, surtout si l’on considère que la vie de milliers d’enfants est en jeu. On a parfois cité le chiffre de 45 000 enfants Témoins de Jéhovah en danger. Les fonctionnaires hospitaliers sont en effet protégés par leur statut et ont l’obligation dans le cadre de l’article 40 du Code de procédure pénale de signaler les faits délictueux au procureur de la République.

En vue de cette audition, il m’a semblé nécessaire de demander aux préfectures des départements de faire le recensement sur les 3 dernières années des incidents liés à la transfusion. Au vu des résultats obtenus, ce qui remonte, c’est un petit nombre d’incidents souvent réglés par la discussion.. Jamais d’incident, qui met en cause des enfants ou le pronostic vital ou le fonctionnement du service public hospitalier, ne m’a été signalé ces trois dernières années.

En ce qui concerne plus spécifiquement les enfants et la transfusion sanguine, je rappelle qu’en cas d’urgence, l’alinéa 5 de l’article L. 111-4 de la loi de mars 2002 prévoit que « le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché, s’il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. Dans le cas ou le refus d’un traitement par la personne titulaire de l’autorité parentale ou par le tuteur risque d’entraîner des conséquences graves sur la santé du mineur ou du majeur sous tutelle, le médecin délivre les soins indispensables ».

Par conséquent, la loi est claire : le droit de l’enfant à s’exprimer est respecté, mais c’est sa santé qui est privilégiée même en cas d’opposition des parents. La loi de 2002 a donc apporté une amélioration certaine, puisqu’elle permet au médecin d’agir sans avoir à demander à l’autorité judiciaire d’ordonner les mesures d’assistance éducative qui étaient auparavant nécessaires à son intervention.

En situation d’urgence, le médecin est juridiquement habilité à se substituer en toute légitimité et légalité à l’autorité parentale et la question des soins à prodiguer encadre ce suspens de l’autorité parentale.

J’ajoute que si l’on se pose la question des hôpitaux, c’est bien parce que les Témoins de Jéhovah se rendent en milieu hospitalier et n’hésitent pas à utiliser les structures publiques, de la même manière qu’ils scolarisent leurs enfants dans les écoles publiques. On est donc loin d’une volonté de se couper du monde.

L’évolution de la pratique administrative vis à vis des Témoins de Jéhovah

Tous ces éléments attestent de l’absence de trouble à l’ordre public et justifie notre pratique administrative vis-à-vis des Témoins de Jéhovah. Mais j’aimerais rappeler que, contrairement à ce qui se dit régulièrement sur l’action du ministère de l’Intérieur vis-à-vis des Témoins de Jéhovah, la pratique administrative n’a pas toujours été des plus libérales. Elle s’est lentement modifiée sous l’effet de la jurisprudence.

Si nous comparons la manière dont nous avons spontanément traité la mouvance bouddhiste, qu’au fond nous connaissons très mal, et les Témoins de Jéhovah, la différence d’approche et de traitement est manifeste. Pour les premiers, nous avons très facilement accordé le statut d’association cultuel et dès les années 80 nous avons reconnu des congrégations bouddhistes, 11 à ce jour, donnant ainsi une très large interprétation à la définition du culte, stabilisée par le Conseil d’Etat, les Bouddhistes ne vénérant pas exactement de divinité et développant des formes de croyances particulières.

A cette occasion nous avons aussi élargi la définition de ce qu’est une autorité cultuelle, puisque pour reconnaître ces congrégations, nous sollicitons l’avis du ministère des Affaires étrangères sur la filiation spirituelle dont se réclame la congrégation afin de bien vérifier qu’elle est ancienne et sérieuse.

C’est en janvier 1993 que le Conseil d’État a jugé que les Salles du Royaume des Témoins de Jéhovah étaient des lieux de culte et qu’à ce titre elles devaient être exonérées de la taxe foncière. Et le libre exercice du culte suppose naturellement la liberté d’ouvrir des lieux de culte. C’est l’objet de la circulaire du bureau central des cultes du 14 février 2005, qui demandait aux préfets de rappeler ce droit fondamental aux maires, compte tenu des pratiques abusives du droit de préemption et des refus de permis de construire qui tendaient à se multiplier.

Cependant, ce n’est qu’à partir de deux autres décisions du Conseil d’État en 2000, 7 ans après, que nous nous sommes mis en conformité avec la jurisprudence en accordant systématiquement le bénéfice des dispositions prévues pour les associations cultuelles, aux associations des Témoins de Jéhovah et en abandonnant l’argument selon lequel la doctrine même des Témoins de Jéhovah était constitutive d’un trouble à l’ordre public, conforté par la jurisprudence antérieure du Conseil d’État.

La stabilisation par la justice administrative des droits des Témoins de Jéhovah est un fait indéniable. Elle implique une prise en compte de ce droit par l’administration et je crois par les intervenants associatifs.

Le bureau central des cultes est naturellement attentif à la maltraitance des enfants ou des adolescents ou développement de pratiques qui sont contraires à la liberté de conscience dans un cadre qui recouvre des mineurs, pour apprécier la capacité juridique des associations cultuelles. C’est en fonction de ces critères et au regard de la dangerosité pour l’ordre public que l’attention du BCC se porte sur les dérives sectaires qui se réclament en particulier de l’Islam. À titre d’exemple, s’agissant de courant, de ces courants, les traits les plus saillants des dérives sectaires sont le mauvais traitement aux enfants et aux adolescents et en particulier aux jeunes femmes, par l’enfermement, la déscolarisation, le mariage forcé. Il n’est pas rare non plus que des incidents aient lieu dans les services publics qu’ils soient hospitaliers ou scolaires à partir du refus de la mixité. Ces dérives liées à l’Islam, peuvent chez des jeunes, présenter un caractère mortifère, dangereuses non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour autrui, puisqu’elles peuvent déboucher, après que ces jeunes aient quitté leur famille et parfois leur pays, sur des actes extrêmement violents et suicidaires.

Ces dérives sectaires posent à la fois des problèmes d’intégration d’ordre public, comme l’atteste l’incident récent survenu à Lyon où une lycéenne qui ne s’astreignait pas au jeûne du Ramadan, a été violemment prise à partie.

Cette attention nous voudrions la faire partager à la foi par la Miviludes et par les associations de défense des victimes. Or, force est de constater que ce segment des dérives sectaires suscite peu l’attention ; manifestement les familles de ces jeunes n’intéressent pas, pas plus que les victimes. Pourtant, il nous semble que l’action dans ce domaine serait complémentaire de l’action strictement liée à la sécurité et l’appréhension du terrorisme. Il y aurait une certaine urgence à s’y attarder.

Le droit d’éduquer ses enfants selon ses principes

Je voudrais l’aborder à partir de deux mouvements, qui aujourd’hui préoccupent la Miviludes : les Frères de Plymouth, qui ont fait l’objet d’une mention dans le dernier rapport de la Miviludes, et les Loubavitch, qui font l’objet depuis quelques mois d’une attention particulière de la mission.

En effet, cette problématique englobe des domaines particulièrement délicats, où s’articulent le droit des enfants, le droit des familles à éduquer selon les valeurs qu’elles estiment devoir transmettre, conformément à leur conviction religieuse et philosophique, comme je l’ai dit tout à l’heure, et le regard que peuvent porter les sociétés et les pouvoirs publics sur certaines familles en fonction de l’évolution des normes éducatives et sociales. Le tout est rendu encore plus difficile à apprécier du fait que les familles appartenant à ces courants sont traversées comme tous les groupes sociaux par des tensions internes, des conflits, des séparations.

Dans plusieurs procédures de divorce, on constate que l’appartenance religieuse d’un des parents est invoquée auprès du juge par son conjoint, à tort et à travers. La jurisprudence y a mis un peu d’ordre, en rappelant que l’on devait apprécier d’abord le bien être de l’enfant, en précisant les conséquences néfastes avérées sur l’enfant et non en les présupposant du fait de l’appartenance spirituelle du parent.

Les Frères de Plymouth

C’est justement à partir de procédures de divorce que s’est constitué l’Association d’aide aux victimes des Frères exclusifs, association qui a popularisé de manière négative les Frères de Plymouth, communauté de tradition protestante existant en France et en particulier à Chambon-sur-Lignon depuis plus d’un siècle. L’association luttant contre les Frères de Plymouth révèle ainsi des comportements atypiques, en particulier à propos des enfants. Dans les faits, les membres de cette communauté ne doivent pas regarder la télévision ou n’utiliser Internet qu’à des fins professionnelles. Ils lisent par ailleurs la Bible en anglais.

Sur la base de tels développements et de l’existence d’une procédure devant le TGI de Lyon pour enlèvement d’enfants, nous avions demandé au préfet du Rhône de refuser aux Frères de Plymouth le bénéfice des articles 200 et 238 du Code général des impôts. Dans le cadre de ce mouvement, le ministère de l’Intérieur n’a donc pas agi par excès de libéralisme, alors même que les Frères de Plymouth avaient bénéficié devant le Tribunal administratif de Lyon en 1999 d’un jugement faisant droit à leur demande de voir leurs bâtiments cultuels exonérés de la taxe foncière.

Cependant cette opprobre ne correspond pas aux sentiments des populations locales qui côtoient les adeptes. C’est à partir de ce constat que Jacques Barrault, alors député de Haute-Loire, avait demandé en accord avec les Frères de Plymouth à une spécialiste des mouvements religieux de faire une étude sur ce mouvement, qui puisse être rendue publique. C’est l’étude de Mme Blandine Chelini-Pont de l’Université d’Aix. Cette étude n’a pas été suffisante et les Frères de Plymouth ont demandé à un chercheur au CNRS, Sébastien Fath, de réaliser une autre étude sur eux dans un soucis de transparence.

A cet égard, cette volonté de transparence de la part de mouvements qui se sentent injustement stigmatisés se retrouvent aussi chez les Témoins de Jéhovah, qui se sont toujours dits favorables à une étude sur les jeunes de leur mouvement, dès lors qu’elle serait confiée à des universitaires reconnus, comme ceux qui travaillent avec la présidente de l’EHESS, Mme Hervieu-Léger, ou encore dans le laboratoire du CNRS étudiant les religions et la laïcité, dirigé par Jean-Paul Willaime. Une telle volonté de transparence, je crois, doit être soulignée.

Fort donc de ces études scientifiques et de témoignages de personnes fréquentant les Frères de Plymouth, l’ancienne équipe de la Miviludes avait modéré son jugement sur ce mouvement, en reconnaissant que les accusations portées contre eux ne correspondaient pas tout à fait à la réalité.

Cependant, le rapport 2005 de la Miviludes fait réapparaître les Frères de Plymouth comme étant susceptibles de dérives sectaires dans l’éducation des enfants. Cela n’est naturellement pas à exclure, mais encore faut-il étayer les dossiers de manière rigoureuse et précise. Or, dans cette affaire, nous sommes une fois de plus dans des formes d’approximation qui peuvent à terme discréditer la nécessaire et légitime action des pouvoirs publics contre les dérives sectaires.

Plus précisément, le nouveau dossier à charge est alimenté par trois éléments qui posent question. Premier élément : les déclaration de l’ancien président de l’AVIFE sont mises en valeur alors qu’il a été condamné pour propos diffamatoires envers les Frères de Plymouth par le TGI de Lyon le 4 janvier 2005. Deuxième élément : il est indiqué dans le rapport que les Frères de Plymouth refusent toute scolarisation publique. Ceci est factuellement inexact et, du reste, l’actuel président de l’AVIFE a suivi une partie de sa scolarité obligatoire dans l’enseignement public, alors qu’il avait expliqué le contraire à la Miviludes. Troisième élément, important également pour apprécier la dérive sectaire à l’égard des enfants Frères de Plymouth : il n’est pas indiqué que le centre d’enseignement par correspondance, le lycée Le Chêne, qu’ils ont constitué, a obtenu l’agrément de l’Éducation Nationale. Ce centre est contrôlé par l’inspecteur pédagogique régional du ministère de l’Éducation nationale rattaché à l’Académie de Lille.

D’après les indications fournies au préfet du Rhône, les contrôles effectués montrent que les enfants connaissent un développement intellectuel et physique conforme à ce que l’on est en droit d’attendre à leur âge. Cet inspecteur déclare que, je cite : « les travaux sont rigoureux sur la forme et sur le fond, que le cours donne une impression de sérieux, que le responsable est un ancien principal de collège, qui du reste n’est pas un adepte des Frères de Plymouth, comme d’ailleurs 90 % des enseignants qui interviennent dans ce centre ».

J’ajouterais que les élèves Frères de Plymouth sont systématiquement bilingues dès le plus jeune âge et pour certains trilingues, ce qui prouve pour le moins un certain développement intellectuel, même s’il est vrai que l’intellect ne protège pas des dérives sectaires ou autres.

Là encore il s’agit d’un problème de méthode et de crédibilité de l’action publique. Au fond, lorsqu’on est imprécis dans les faits évoqués et que l’on se remet au seul témoignage de personnes qui ont quitté les groupes, on ne peut pas élaborer une appréciation juste des faits en cause et réaliser une administration rigoureuse de la preuve particulièrement nécessaire dans une enquête, qui, dépourvue des garanties propres à la procédure judiciaire, peut néanmoins mettre en cause l’honneur des personnes. L’enjeu est pourtant de taille, bien au delà des questions des dérives sectaires, il s’agit de l’équilibre entre la nécessaire protection de l’enfance et le droit des familles à choisir l’éducation de leurs enfants.

Et j’en viens aux Loubavitch : L’État peut-il légitimement qualifier les Loubavitch de mouvement à dérive sectaire, en d’autres termes, peut-on considérer qu’un comportement communautaire revendiqué, suffise à caractériser le trouble à l’ordre publique constitutif de la dérive sectaire ? Certes, le mode d’éducation des enfants Loubavitch peut sembler les couper du monde, cependant, il n’est pas démontré que cette longue tradition ait produit des difficultés sur le plan éducatif, ni à ma connaissance de trouble à l’ordre publique dans les quartiers de Paris où se concentre la population Loubavitch. Les Loubavitch sont à l’image d’un phénomène qui se manifeste dans notre pays depuis quelques dizaines d’années ; on assiste au large développement d’une remise en cause des normes et principes communément admis en vue de se mettre à l’écart ou de rester entre soi, phénomène qui avait été déjà observé par Tocqueville, alors même que l’origine américaine des sectes est souvent mise en avant.

Des religiosités nouvelles, du moins dans notre pays, et des pratiques sociales non conventionnelles voient le jour. Confrontés à une telle diversification de notre paysage spirituel et philosophique, il est essentiel pour nous de ne pas confondre « non conformisme » et « dangerosité », et par conséquent de distinguer les pratiques sociales originales, de pratiques à risques. Certes, chez les Loubavitch, il existe une forte et solennelle reconnaissance du leader aujourd’hui disparu, ce n’est pas en soi condamnable. Certes, pour en revenir aux problèmes qui préoccupent votre commission, les enfants portent un chapeau à partir de 13 ans et ont l’obligation d’étudier la Thora, obligation respectée plus assidûment sans doute que par d’autres juifs.

De tels comportements peuvent, peut-être, étonner l’observateur. Toutefois, ils n’en constituent pas pourtant un problème d’ordre public. Je rappelle en outre que les établissements d’enseignement Loubavitch sont tous sous contrat avec l’État. Dès lors, il serait pour le moins paradoxal que, ce que l’État accorde sous le contrôle des inspecteurs de l’Éducation nationale, d’autres le mettent en cause alors que ce n’est pas leur domaine de compétence.

En conclusion, j’aimerais souligner un paradoxe essentiel du point de vue de l’action des pouvoirs publics. Je crains fort que la stigmatisation de mouvements comme les Loubavitch ou Les Frères de Plymouth risque de faciliter le passage à l’acte de personnes qui auront bon jeu de se couvrir d’une bonne conscience anti-sectes pour justifier leurs actes de malveillances ou antisémites.

A ce titre, nous voyons augmenter les agressions contre les Témoins de Jéhovah. Autrement dit, je crains fort que cette stigmatisation, ce type de dénonciation, ne constitue à terme des troubles à l’ordre publique ou, pour le moins, des manifestations d’intolérance à l’égard de l’une des libertés les plus fondamentale de tout homme et de tout citoyen : la liberté de conscience.

M. le Président :

Je vous remercie M. Leschi. Aujourd’hui, M. Leschi, 17 octobre 2006, je crois que c’est la première fois, en ce qui me concerne, que j’entends un discours public, qui plus est, qui a le mérite effectivement de la clarté, une labellisation, une reconnaissance officielle de la religion des Témoins de Jéhovah. Je crois qu’aujourd’hui, après vous avoir entendu, nous pouvons dire ici, et vous allez nous le confirmer, que les Témoins de Jéhovah sont la cinquième religion de France.

M. Didier LESCHI :

Monsieur...

M. le Président :

Vous avez... Laissez-moi terminer, s’il vous plaît. Vous avez, et j’ai besoin d’explications pour qu’on aille jusqu’au bout de cette information, qui me paraît aujourd’hui véritablement « historique », puisque c’est la naissance des Témoins de Jéhovah en tant que religion à part entière. Vous avez passé en revue tout ce qui pouvait constituer un trouble à l’ordre public et qui ne le constitue plus au regard du ministère de l’Intérieur, et qui donc peut donner parfaitement le statut d’association cultuelle. Vous avez énuméré le refus de vote, en disant que le refus de vote n’est pas un trouble à l’ordre publique, puisque le droit de vote n’est pas obligatoire ; le vote n’est pas obligatoire. Vous avez évoqué le service national, dont la question ne se pose plus. Et vous avez abordé aussi d’autres points plus, je dirais, plus anecdotiques, tels que le porte à porte, qui n’est pas en soi constitutif d’un trouble à l’ordre public. Et vous en êtes arrivés à la question de la transfusion sanguine, qui est beaucoup plus délicate, en rappelant la jurisprudence de la Cour de Cassation 2002, selon laquelle chaque individu est libre de refuser une transfusion sanguine. C’est pas çà ? C’est le Conseil d’État, pardon, la jurisprudence du Conseil d’État, tout à fait, et vous avez même évoqué le consentement possible du mineur en capacité également de consentir un refus de transfusion sanguine.

Vous avez ensuite expliqué que lorsque des préfectures vous demandent si, ce qui est normal dans une coordination du ministère de l’Intérieur, si elle peut accorder cette « petite reconnaissance » à une association cultuelle locale, en définitive en éliminant tous ces troubles à l’ordre public supposés, en rappelant la jurisprudence du Conseil d’État, c’est une somme de ce qui se passe dans notre pays actuellement, du Conseil d’État sur la qualification de lieux de culte des Salles du Royaume, vous avez conclu de manière extrêmement claire, en disant que c’est un fait indéniable, aujourd’hui, qu’il n’y a aucune raison pour que votre bureau refuse le statut d’association cultuelle lorsqu’une préfecture est saisie d’une demande de « petite reconnaissance » locale.

Alors, moi j’ai besoin, et je pense que mes collègues ici présents ont besoin d’avoir cette confirmation, ou alors c’est une interprétation erronée de ma part, vous considérez donc au Ministère de l’intérieur, que les Témoins de Jéhovah sont juridiquement aujourd’hui à même de bénéficier du statut d’association cultuelle à part entière. Et il faudra que vous nous disiez pourquoi l’administration fiscale réclame 50 millions d’euros, je crois, à peu près, de redressement fiscal, puisque les dons manuels dont ils ont eu bénéfice sont quand même tombés sous la coupe fiscale. Pourquoi cette contradiction ? Et je vous demande, mais alors très clairement, parce que je crois que le moment est très important, si effectivement vous êtes en train de nous dire qu’aujourd’hui l’administration n’a aucun grief à faire aux Témoins de Jéhovah, pour leur refuser le statut d’association cultuelle, au même titre que n’importe quelle religion.

M. Didier LESCHI :

Monsieur le Président, d’abord il faut être très clair et très précis dans les termes. Je sais qu’on fait parfois, on a fait cet été une fausse polémique au ministre de l’Intérieur à propos des Témoins de Jéhovah. Ce n’est pas le ministre de l’Intérieur ou le ministère de l’intérieur qui reconnaît les Témoins de Jéhovah, comme ça : c’est l’application des décisions, des arrêts du Conseil d’État. Et comme je vous l’ai indiqué dans mes propos préliminaires, nous avons mis 7 ans avant de nous mettre en conformité avec la jurisprudence du Conseil d’État, donc je vous le redis, dans cette affaire, nous n’avons pas fait preuve d’un très grand libéralisme. Nous sommes, comme tout fonctionnaire, soumis au contrôle du juge dans nos actes administratifs et en l’occurrence, le juge administratif est très clair : les Témoins de Jéhovah ont le droit de bénéficier des avantages des associations cultuelles.

En ce qui concerne le mineur, je vous ai simplement rappelé les textes qui ont été votés par la représentation nationale, c’est-à-dire que le mineur, dans le cadre de la loi Kouchner, et bien, on lui demande son avis et puis le médecin peut passer outre, et je vous ai indiqué que c’était sans doute un dispositif qui renforçait la protection du mineur, puisque le médecin peut passer outre, sans passer par l’étape de l’autorisation de justice comme il y avait avant. Donc, je vous ai dit que la loi 2002 protégeait tout à fait les enfants mineurs, Témoins de Jéhovah, qui seraient confrontés à un problème de transfusion sanguine une fois qu’ils sont à l’hôpital. Donc là, la question n’est pas celle, de la manière dont vous la posez.

Enfin en ce qui concerne le redressement fiscal des Témoins de Jéhovah qui est un redressement technique opéré dans la période 96-97 sur la base d’un texte qui a été modifié à la fin des années 80, en ce qui concerne la taxation des dons manuels, l’administration fiscale a, sur la base d’une assiette qui était de 18 millions, opéré les redressements qui étaient juridiquement inscrits dans le code général des impôts. Cela dit, les dites associations aujourd’hui sont tout à fait en conformité avec le droit fiscal, puisqu’elles ont le bénéfice du droit des associations cultuelles. Alors certes, il y a un contentieux fiscal passé entre l’administration fiscale, entre l’Etat et les Témoins de Jéhovah, il n’y a pas de contentieux présent sur ces dons manuels.

Cela dit, ce qui a compliqué la discussion en ce qui concerne les Témoins de Jéhovah et les dons manuels, c’est que la loi, le cadre juridique, en ce qui concerne le droit des cultes, ne suppose pas l’existence d’une association pour exercer une activité cultuelle. C’est la loi de 1907 dans son article 4, qui prévoit qu’on peut avoir une activité cultuelle sans association, avec une association loi 1901, avec une association loi 1905. Aujourd’hui par exemple, 90 % des associations qui gèrent des lieux de culte musulman ne sont pas des associations loi 1905 mais loi 1901, et indéniablement elles reçoivent des dons manuels, et je pense qu’il faut mesurer avec une extrême attention une application peut-être par trop systématique d’une législation, qui serait à terme vécue par les fidèles musulmans comme ponctionnant leurs dons pour la construction par exemple des lieux de culte, alors qu’elles sont en association loi 1901.

M. le Président :

Donc, M. Leschi, je ne me suis pas trompé dans l’interprétation de votre exposé, de votre texte fondateur aujourd’hui ?

M. Didier LESCHI :

Mon interprétation, M. le Président, c’est que je ne vois pas, mais je suis prêt à tout examiner, je ne vois pas aujourd’hui de dossier montrant un trouble à l’ordre public. Je veux dire que je ne confonds pas la liberté de conscience et le trouble à l’ordre public.

M. le Président :

Comprenez bien que c’est très important...

M. Didier LESCHI :

Et quand j’ai demandé à la Miviludes d’essayer de constituer ces éléments de preuves, de troubles à l’ordre public, par exemple en interrogeant les ARH, les directeurs d’hôpitaux, pour savoir si, par exemple, dans le cas d’un refus de transfusion sanguine, il y avait une entrave au fonctionnement du service public hospitalier. Je n’en ai pas. Donc je ne vais pas inventer un trouble à l’ordre public, qui plus est qui serait durement sanctionné par le juge, et je sais que vous y serez sensible, alors que l’on n’a pas apporté un dossier étayé.

M. le Président :

Monsieur Leschi, on n’est pas en train de faire le procès de votre bureau, on n’est pas en train... on veut comprendre, non, non...

M. Didier LESCHI :

J’ai eu le sentiment à travers votre question que…

M. le Président :

Pas du tout, non, non, nous sommes là pour essayer de comprendre, vous avez fait un exposé d’une extrême importance que je considère vraiment comme une première, je ne pense pas avoir entendu un discours aussi net et clair sur la question des Témoins de Jéhovah, je parle sous le contrôle des plus anciens que moi, que ce soient M. Alain Gest ici présent ou Martine David et d’autres. C’est la première fois que, officiellement, l’administration vient nous dire, les Témoins de Jéhovah doivent être considérés, étant précisé que nous sommes dans un régime de séparation de l’Église et de l’État, mais il n’y a aucune raison de traiter ….

M. Didier LESCHI :

Je vous explique la pratique administrative .

M. le Président :

Oui, vous êtes en train de m’expliquer la pratique administrative...

M. Didier LESCHI :

Tout à fait. Je la défends.

M. le Président :

Il n’y a aucune raison de traiter autrement les Témoins de Jéhovah que l’Église catholique, juive ou protestante, oui ou non ?

M. Didier LESCHI :

Tout à fait.

M. le Président :

Je crois que ça a le mérite de la clarté.

M. Didier LESCHI :

Tout à fait, tout à fait, tout à fait !

M. le Président :

Je crois que vous, votre position aujourd’hui est vraiment fondatrice puisque à ma connaissance c’est la première fois...

M. Didier LESCHI :

Je dirais : mais comme les Témoins de Jéhovah, l’Église Catholique, le Protestantisme, d’autres courants peuvent être susceptibles à travers certaines de leurs associations à un moment donné, de constituer des troubles à l’ordre public.

M. le Président :

Très bien, simplement, et je pense que mes collègues veulent, ont le souhait aussi de vous poser quelques questions. Je voudrais vous dire, et que faites-vous, vous avez parlé beaucoup de la maltraitance, que faites vous de la maltraitance psychologique des enfants ? Nous avons ici entendu des jeunes Témoins de Jéhovah, des jeunes majeurs, qui nous ont raconté leur parcours d’enfermement psychologique. Vous savez comme nous quel est le traitement social du mineur au sein des Témoins de Jéhovah qui ne peut pas participer à un certains nombres de manifestations laïques, qui vit entre la Salle du Royaume et sa famille et qui d’un certain point de vue, qui nous a été exposé ici, ne correspond pas aux normes internationales, notamment celle de la convention de New York sur le droit de l’enfant, qui exige que l’enfant soit élevé et éduqué pour atteindre un esprit critique pour en faire un citoyen libre. Est-ce que cela fait partie de la problématique qui puisse constituer un trouble à l’ordre public aux yeux de votre administration ?

M. Didier LESCHI :

Écoutez, vous savez bien que ce sont des questions qui sont extrêmement difficiles et délicates, cela dit moi je suis tout à fait preneur d’un dossier étayé, par exemple il y a un défenseur des enfants, il n’a jamais saisi l’administration du ministère de l’Intérieur pour, en indiquant qu’il y avait manifestement quelque chose qui était un trouble à l’ordre public. En ce qui concerne la liberté de conscience et le droit d’éduquer ses enfants selon les valeurs que l’on souhaite transmettre, vous savez bien qu’il y a toujours une appréciation qui peut être très différente en fonction des personnes. Il fut un temps où l’on expliquait, on pouvait expliquer, que quelqu’un qui adhérait à un mouvement communiste était dépouillé de sa personnalité et quand il en sortait il avait le sentiment d’une extrême douleur, puisque ses anciens camarades refusaient de leur parler. Et du reste, quand j’étais étudiant en sciences politiques, il y avait un ouvrage qui était donné en usuel dans une salle célèbre, des usuels qui s’appelaient « la secte », à propos du parti communiste et qui étaient écrits par un sociologue que l’on entend souvent dans les ondes, qui s’appelle Marc Lazar. Voilà, tout ça est une question d’appréciation.

M. le Président :

Je crois qu’il faut quand même éviter de tomber dans la comparaison qui risque de banaliser…

M. Didier LESCHI :

Mais si vous avez... pour l’instant aucune procédure judiciaire...

M. le Président :

l’intérêt de notre commission pour ces sectes…

M. Didier LESCHI :

Aucune procédure judiciaire, aucun fait, aucune condamnation, ne nous a été présentée, mais si elle nous l’est présentée, eh bien on en tiendra compte, et qui indiquerait, qu’il y a là quelque chose de systématique et sui generis au mouvement considéré.

M. le Président :

M. le Rapporteur.

M. le rapporteur, Philippe VUILQUE :

Merci M. le Président ! Monsieur Leschi, votre audition est inquiétante et édifiante et nous ne regrettons pas de vous avoir invité à cette audition. Pour compléter ce que vient de dire le Président, vous avez l’air de faire fi complètement de la convention internationale des droits de l’enfant que la France a signé en 1990. Et ce qui nous inquiète c’est que le Conseil d’État dans sa jurisprudence ne fait pas, ne fait jamais référence, sauf à ce que je me trompe, à la Convention internationale des droits de l’enfant, encore une fois signée par notre pays. Et pour illustrer mes propos, question très simple : si demain la Scientologie ou le mouvement Raëlien demandent au ministère de l’Intérieur, créent une association et demandent au ministère de l’Intérieur de reconnaître cette association, association cultuelle au régime existant aujourd’hui, puisque vous vous fondez sur l’ordre public, sans autre procédure, qu’est-ce que fait le ministère de l’Intérieur ?

M. Didier LESCHI :

Il appliquera les conclusions fameuses du rapporteur Arrighi Casanova, qui expliquait que la définition d’un culte et ce qui permettait la reconnaissance pour les associations des droits des associations cultuelles, c’est le fait que les gens s’assemblent pour vénérer une divinité et, par ailleurs, qu’il y ait une manifestation suffisamment ancienne et stabilisée du culte considéré. Ça ne me semble pas le cas des Raëliens et de l’Église de Scientologie.

M. le rapporteur :

Alors pourquoi également... donc si je comprends bien, aujourd’hui, lorsqu’un Préfet interroge le bureau des cultes, notamment aujourd’hui avec les Témoins de Jéhovah... donc si je comprends bien systématiquement, par rapport à la jurisprudence, il est conseillé à ce Préfet, qui s’interroge par rapport à cette... à tout ce que l’on connaît aujourd’hui sur le mouvement, donc le ministère de l’Intérieur lui dit très clairement : « allez-y M. le Préfet, reconnaissez et acceptez la demande de l’association locale des Témoins de Jéhovah d’être reconnue association cultuelle ».

M. Didier LESCHI :

M. le Rapporteur, je veux dire : ce que va faire le Préfet, c’est d’appliquer le cadre normatif, sachant que ses actes sont contrôlés par le juge administratif et le Conseil d’État.

M. le rapporteur :

Justement, je me permets de vous interrompre...

M. Didier LESCHI :

Et comme je l’ai rappelé, tout ça n’est pas descendu du ciel, si je puis me permettre...

M. le rapporteur :

Alors, si vous permettez...

M. Didier LESCHI :

C’est plus de 10 ans de procédures devant le tribunal administratif.

M. le rapporteur :

D’accord, alors imaginons que le ministère de l’Intérieur ait une attitude différente, il dit au préfet : « refusez ». Donc les Témoins de Jéhovah vont aller devant le tribunal administratif.

M. Didier LESCHI :

Ce qu’on a fait pendant 7 ans, et on a perdu.

M. le rapporteur :

Voilà ! Et ensuite, ils vont aller au Conseil d’État ! Et qu’est-ce qui vous empêche, le ministère public, d’invoquer la convention internationale des droits de l’enfant ? Qu’est-ce qui vous empêche ? Pour que le Conseil d’État prenne enfin en compte la convention internationale des droits de l’enfant ?

M. Didier LESCHI :

Écoutez, la question que vous évoquez, le droit de l’enfant, je vous rappelle quand même que le Bureau central des cultes n’est pas en charge de la protection de l’enfance, mais si des Conseils généraux, si les associations spécialisées, si les autorités administratives qui ont été mises en place pour protéger les enfants constituent un dossier suffisamment étayé qu’ils peuvent transmettre au ministre de l’Intérieur en lui disant : « voilà, sur la base de l’ensemble de ces faits avérés, de ces dossiers, nous avons un mouvement dont la philosophie fait que systématiquement les enfants sont élevés en contradiction avec les conventions internationales signées par la France », mais nous examinerons le dossier. Pour l’instant je ne l’ai pas vu, je ne vais pas l’inventer. Et je vous signale que dans le cadre des compétences qui sont dévolues, tant à l’État qu’aux collectivités locales, je ne suis pas en charge de la PMI.

M. le rapporteur :

D’accord, ce n’est pas une question M. Leschi, mais je vous fais part quand même de mon étonnement de votre conclusion, je suis, et je pèse mes mots, scandalisé par ce que vous avez dit, parce que vous parlez du trouble à l’ordre public et vous avez évoqué le fait qu’un certain nombre d’associations et d’autres personnes luttant contre les organisations sectaires seraient elles-mêmes à même de participer au trouble à l’ordre public en stigmatisant un certain nombres d’organisations. Permettez-moi de vous dire... Ah ! excusez-moi mais je ne suis pas, en tout cas, moi, c’est ce que j’ai compris... vous avez cité les Frères de Plymouth, vous avez cité un certain nombres d’autres organisations sectaires et en fait c’est un renversement de la charge de la preuve, comme si ceux qui luttaient contre les organisations sectaires étaient eux-mêmes, participaient eux-mêmes au trouble à l’ordre public. Permettez-moi, j’ai peut-être mal compris, permettez-moi là d’exprimer par mon étonnement et ma colère, pour ne pas dire plus sur une telle affirmation et ça confirme nos inquiétudes, nous vous avions, M. Leschi, il y a quelques mois de ça, entendu dans le cadre du groupe d’étude « sectes » à l’Assemblée nationale et vous nous aviez déjà tenu des propos qui nous avaient interpellés. Encore une fois je le dis : nous ne regrettons pas de vous avoir invité aujourd’hui.

M. le Président :

Martine David.

Mme Martine DAVID :

Oui, je vais pas, enfin je vais un peu participer à la curée quand même. Excusez-moi, mais on se connaît un peu par ailleurs. On est, oui effectivement, ici un petit peu atterré quand même, mais c’est temporisé par le fait qu’effectivement on était inquiet depuis votre audition par le groupe d’étude, qui remonte à 2005 je crois, début 2005, et même 2004 puisque tout de suite après je crois nous avions demandé rendez-vous à M. le ministre de l’Intérieur, qui nous avait reçu d’ailleurs, c’était à ce moment là M. Sarkozy, et on avait essayé de lui faire partager notre sentiment d’inquiétude. On avait quand même eu le sentiment qu’il y avait eu de sa part compréhension et écoute, alors ça ne veut pas dire systématiquement derrière mesures, et d’ailleurs il n’y a pas eu mesure, mais en tout cas à ce moment là, on avait quand même eu le sentiment qu’il prenait conscience quand même des risques qui s’attachaient au fait qu’une éventuelle reconnaissance, au niveau par exemple des Témoins de Jéhovah, entraînerait inévitablement vraiment un positionnement très fort, et de ce mouvement sectaire, et je dis bien « mouvement sectaire », voire d’autres mouvements.

Alors moi, M. Leschi, je voudrais vous demander : vous avez parlé de la Miviludes, vous avez indiqué que vous travaillez avec la Miviludes. Vous êtes, je crois, dans le comité de pilotage ou en tout cas vous avez assez régulièrement travaillé avec eux. Je comprend mal que vous donniez le sentiment d’être totalement imperméable aux témoignages qui ont pu être livrés à la Miviludes à plusieurs reprises par des adeptes sortis de différents mouvements : Témoins de Jéhovah ou d’autres, je vois pas que les témoins qu’ici, des anciens adeptes qu’on a reçus n’aient pas livré de témoignages dans d’autres instances et notamment la Miviludes. D’ailleurs, pour certains, c’est la Miviludes qui nous les a indiqués. Donc je comprendrais mal que vous, vous ne soyez pas au courant de la nature de ces témoignages, nature de ces témoignages sur lesquels je suis un peu étonné que là aussi vous ne soyez pas attentif au caractère de maltraitance psychologique ; parce que quand même vous donnez, vous dites à chaque fois, c’est la liberté des parents d’éduquer. On est d’accord. Jusqu’à quel point la liberté des parents ou plutôt sur ce phénomène-là, la société doit fermer les yeux totalement, alors que nous disposons déjà depuis de nombreuses années de témoignages avérés, que bien entendu, il faut prendre avec précaution comme tout témoignage, mais ça c’est le cas devant la justice à n’importe quel moment. Enfin, quand même, quand ici sous le sceau du serment, des anciens adeptes obligés d’ailleurs, parce qu’en général ils sont placés aux Témoins de Jéhovah depuis leur plus tendre enfance, et ils sont maintenus par leurs parents et sont donc obligés de se soustraire en fait à la société. Est-ce qu’on peut considérer que vous n’avez pas connaissance de ces témoignages, jamais, et donc moi, ça c’est la première question que je vous pose parce qu’elle est très simple : vous pouvez quand même pas nous dire que de ça vous n’avez aucune connaissance, ce n’est pas possible ou alors il y a quelque chose qui dysfonctionne ou c’est le Bureau des cultes, je ne vous met pas en cause vous personnellement, mais le Bureau des cultes depuis longtemps, vous n’occupez pas cette direction depuis si longtemps, mais ça veut dire que depuis longtemps le Bureau des cultes dysfonctionne, ou bien alors il y a d’autres maillons faibles, si j’ose dire, mais on peut quand même pas laisser penser, laisser dire que ces anciens adeptes ont tout inventé, que ça sort de leur imaginaire et qu’il n’y a rien de possible.

Je reviens aussi sur le positionnement du juge administratif, vous dites : « on ne peut pas faire autrement que de se soumettre, évidemment, à ces jugements répétés », sauf que je me pose un petit peu la question quand même : ces jugements, ils sont alimentés par quoi et par qui ? Parce que si jamais ne remontent des départements, des préfectures, des cellules de coordination de lutte contre les sectes, si jamais ne remontent ou ne sont transmis des éléments qui sont de nature à apporter au moins un équilibre dans le jugement, au moins des vrais faits qui pourraient laisser penser au juge que, y compris ce qu’on pense, n’est pas complètement non plus sorti de notre imagination, peut-être que l’on avancerait d’une façon un peu plus équilibrée dans ce dossier et qu’en tout cas le droit des enfants soit véritablement respecté.

Moi, aujourd’hui, je doute. Je voudrais bien M. Leschi qu’avec nous de temps en temps, vous acceptiez de douter sur le véritable respect du droit des enfants qui sont dans des sectes comme les Témoins de Jéhovah ou comme la Scientologie et que vous acceptiez de regarder en face cette réalité, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, oui, il y a des enfants en France, je ne sais pas combien, ça je ne peux pas le dire, mais il y a quand même un certain nombre de milliers d’enfants en France qui, pour lesquels le droit à la vie en société, le droit à l’accès à l’éducation dans toute sa plénitude et son épanouissement n’est pas respecté. Alors, est-ce que là dessus on peut discuter ou pas et est-ce que vous acceptez de penser qu’à partir du moment où on entrerait dans la véritable reconnaissance des Témoins de Jéhovah comme un culte, c’est fini tout ça, c’est terminé, il n’y a plus moyen de s’en sortir.

M. Didier LESCHI :

Mme la députée, moi j’applique un cadre juridique et je ne suis pas en charge des décisions de justice. La question n’est pas celle là, la question ce n’est pas de savoir si le bureau central des cultes reconnaît ou pas les Témoins de Jéhovah, je vous dis que tout ça était tranché par la jurisprudence administrative. La deuxième chose que j’aimerais vous dire c’est que si votre commission étaye un dossier à charge avec des éléments précis, systématiques, des preuves qui en plus pourront être transmis aux juges pour éventuellement des poursuites, puisque il y aura maltraitance à enfant, eh bien il y a aura là peut être un début de dossier, pour l’instant on ne m’a jamais avancé de choses précises ces dernières années.

Vous parlez des commissions locales, bien évidemment les rapports remontent, à chaque fois, tout ça remonte, je constate l’imprécision, voilà ! Maintenant s’il y a des adeptes ou des anciens adeptes qui à un moment donné considèrent qu’ils ont été spoliés dans leurs droits, soit quand ils étaient mineurs, soit quand ils étaient majeurs, et qui engagent des procédures, eh bien il y aura des condamnations et à ce moment là on en tiendra compte.

Je vous ai dit par exemple que pour les Frères de Plymouth, nous avions arrêté tout le dossier de demandes pour bénéficier des avantages cultuels, simplement parce qu’il y avait une instance en cours au TGI de Lyon pour une affaire d’enlèvement d’enfant, nous n’avions même pas attendu le résultat, nous avons dit : « il y a une instance en cours, on ne connaît pas le résultat, on n’instruit pas le dossier ». À la fin, qu’est-ce qu’il s’est passé ?

M. le rapporteur :

Sinon vous l’auriez accordé bien volontiers.

M. Didier LESCHI :

Si vous voulez la question, pour un courant aussi ancien, qui par ailleurs ne l’avait pas demandé jusqu’à présent. Mais si il n’y pas trouble à l’ordre public, si il n’y a pas de choses qui attestent, si il n’y a pas de dossiers qui remontent, ça veut dire quoi « c’est bien ce qui pose problème ».

M. le rapporteur :

C’est bien ce qui pose problème.

M. Didier LESCHI :

Ça veut dire quoi « c’est bien ce qui pose problème » ?

Mme Martine DAVID :

M. Leschi, juste un point, quand nous constatons dans nos communes, pour certains maires, qu’on fait faire à des enfants, des adolescents du porte à porte, est-ce que vous trouvez que c’est normal ? Moi je vous pose des questions très simples, au-delà même de votre fonction de directeur des cultes, parce que quand même vous n’êtes pas, vous n’êtes pas comme ça simplement... vous êtes aussi, tout d’abord vous êtes préfet, vous avez eu des responsabilités, vous en aurez d’autres, vous ne serez pas toujours là, est-ce que vous accepterez de considérer que nous n’inventons pas tout ça, que c’est la réalité et qu’en plus il n’est pas si simple de témoigner quand on a été adepte, est-ce que ça aussi vous voulez le regarder en face, et que peut-être ça explique que certains éléments d’information ont un petit peu de mal à remonter, parce qu’il y a des témoignages, il y a des anciens adeptes qui ont des difficultés à engager des procédures juridiques, c’est évident aussi, ça veut pas pour autant dire qu’il ne s’est rien passé.

M. Didier LESCHI :

Si vous voulez, je crois qu’il est difficile pour le ministère de l’Intérieur en tant que ministère de se substituer aux personnes pour faire des dossiers qui incriminent d’autres personnes. Ce n’est pas sa fonction, je vous le rappelle. Par ailleurs il y a des institutions qui sont faites pour ça. Si le défenseur des enfants, qui existe, qui a été mis en place, par exemple, m’envoie un dossier en disant : « ben voilà : j’ai 50 cas à travers la France, 50 cas à travers la France, d’enfants Témoins de Jéhovah qui manifestement ont été maltraités dans leur jeunesse » et qu’il l’envoie et que le dossier est étayé, eh bien on en tiendra compte, je ne vous dis pas que je n’en tiens pas compte...

M. le Président :

On a bien compris monsieur.

M. Didier LESCHI :

Je vous dis simplement que le Bureau central des cultes, il n’est pas en charge de procédures de ce type, il est en charge d’examiner du point de vue du droit, du point de vue de la jurisprudence du Conseil d’État une demande formulée par une association.

M. le Président :

Merci M. Leschi, merci ! Nous allons passer la parole à M. Alain Gest.

M. Alain GEST :

M. Leschi, d’abord permettez-moi de vous dire de manière très... très directe que je suis très surpris, au-delà de vos propos, par, comment dirais-je, la passion que vous manifestez depuis votre arrivée ici, au point même de couper la parole au Rapporteur. Premier point : je pense que ce sujet peut se traiter, M. Leschi, avec sérénité, même s’il est, ô combien, difficile.

La deuxième chose que je voulais vous dire, c’est que, du fait que vous êtes arrivé ici dans un état d’esprit de... extrêmement défensif, c’est le moins qu’on puisse dire, vous venez de nous faire une déclaration qui effectivement prend une importance considérable et je vous laisse mesurer le formidable appel d’air que ce genre d’annonce va susciter en ce qui concerne d’autres mouvements, quand la presse, qui est présente ici, aura porté à la connaissance générale ce que vous venez d’indiquer.

Troisième élément, vous venez d’évoquer, non pas les Témoins de Jéhovah, mais un autre mouvement pour lequel vous avez dit : « nous savions qu’il y avait une procédure en cours, avant même de connaître le résultat, on a mis un frein ». Pour moi, ça, ça s’appelle le doute et le doute, en l’occurrence, de mon point de vue, doit souvent être pris en considération dans des affaires de sectes qui, par définition, malheureusement, sont difficiles à définir, si je puis m’exprimer ainsi.

Si des tas de groupes, de commissions d’enquête, de missions, se sont réunis depuis bientôt 25 ans maintenant et ont eu des difficultés à caractériser les choses, c’est pas tout à fait un hasard et c’est la raison pour laquelle ça mérite, de mon point de vue, d’avoir un regard particulier. Alors vous me direz, un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, ou d’un autre ministère d’ailleurs, il est là pour appliquer, j’en conviens volontiers, mais, à titre personnel, ça n’engage que moi, mais, avec ce que vous m’avez dit là, vous nous avez dit là, ça me pose quand même un vrai problème sur la méthode actuellement existante pour définir si oui ou non on accorde le statut cultuel à une association. En clair, le simple fait que vous ayez à en décider dans, comment dirais-je, pour faire la suite de décisions de tribunaux administratifs ou autres, du Conseil d’État, mais que c’est vous qui prenez cette décision, avec toutes les conséquences que ça peut avoir derrière en termes de conséquences sur les autres mouvements, qui pourraient éventuellement vous solliciter et qui, pour certains, vous ont déjà sollicité, vous ou vos prédécesseurs, je vous le dis, ça me paraît extrêmement grave. Et contrairement, ce n’est pas une question, vous voyez, que je vous pose, mais vous pourrez réagir, contrairement à ce que vous disiez tout à l’heure, je ne vois pas bien sur quels fondements vous pourrez dire non à d’autres demandes, parce que, ce que vous avez évoqué comme sujet, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des réunions, je ne sais plus quels sont les termes exacts que vous avez utilisés, mais des réunions visant à reconnaître une personnalité importante ou un homme fédérateur ou quelque chose de fédérateur, ou en tout cas c’était cela que vous avez évoqué tout à l’heure, à l’extrême limite, des tas de mouvements pourront utiliser ce genre d’appréciation et encore une fois, vous allez avoir à mon avis de bien grandes difficultés pour éviter d’ouvrir grand la porte, et par conséquent, quand on voit ce genre de conséquences poindre, on fait preuve de prudence. Je m’étonne que vos propos soient éloignés de la prudence.

M. le Président :

M. Leschi, oui.

M. Didier LESCHI :

Merci, M. le Président ! M. le Député, d’abord, je suis peut-être un peu vif, d’abord c’est dans ma nature, mais peut-être, mais aussi parce que bien souvent je sais entendre et écouter, et j’ai bien vu que sur les Témoins de Jéhovah il y avait une mise en cause quasi-systématique et parfois dans des termes extrêmement violents de la part de certains de vos collègues, de l’action de mon bureau et de la mienne en particulier. Donc, permettez-moi, pour une fois, je suis là devant vous, donc j’y réponds. La deuxième chose que je voulais dire, c’est que nous avons agi avec une très grande prudence puisque, je vous l’ai dit, en ce qui concerne les Témoins de Jéhovah, c’est plus de 10 ans de procédure, 10 ans de procédure, et que tout çà a d’abord commencé par des refus quasi-systématiques, quasi-systématiques, et c’est le juge administratif, c’est le Conseil d’État, qui a obligé l’administration et le Ministère de l’Intérieur à changer sa pratique administrative.

M. le Président :

C’est faux ! C’est faux ! M. Leschi, vous ne pouvez pas dire ça !

M. Didier LESCHI :

Pourquoi ?

M. le Président :

Parce que le Conseil d’État n’a jamais dit cela. Le Conseil d’État a confirmé quelques décisions de quelques tribunaux administratifs, qui exonéraient fiscalement, mais jamais le Conseil d’État a dit que les Témoins de Jéhovah ne troublaient pas l’ordre public et devaient être considérés comme un culte à part entière. Jamais. Il faudra me produire cette décision, il n’y a pas de décision du Conseil d’État qui ait dit cela. Donc, ne dites pas ce qui n’est pas.

M. Didier LESCHI :

M. le Député, M. le Président, si un des critères pour accorder les bénéfices de la loi de 1905, c’est justement qu’il n’y ait pas de trouble à l’ordre public. Donc si le Conseil d’État nous dit : « eh bien, cette association, vous avez eu tort puisque nous la justifions », à chaque fois nous avions justifié le refus justement parce qu’il y avait un trouble à l’ordre public, si à chaque fois le Conseil d’Etat, dans 3, 4 décisions, nous dit : « bien non, votre appréciation du trouble à l’ordre public comme le fait qu’il existe un trouble à l’ordre public est fausse », ça s’appelle une jurisprudence. Donc, on peut continuer de dire, eh bien vous refusez, et puis après on se fera de nouveau reprendre par le Conseil d’État. Donc, pendant 10 ans nous avons motivé le refus du bénéfice des articles 200 et 238 pour les associations Témoins de Jéhovah en expliquant qu’elles constituaient un trouble à l’ordre public. Plusieurs fois, le Conseil d’État nous a dit : « Non, appréciation erronée de l’autorité préfectorale. » Ça s’appelle une jurisprudence, alors, ou sinon je ne sais pas de quoi on parle. Et par ailleurs...

M. le Président :

Question importante.

M. Didier LESCHI :

Excusez-moi, mais, deuxième chose, c’est que bien évidemment, moi, en tant qu’administration laïque, je ne porte pas de jugement sur les croyances. C’est quelque chose qui est effectivement difficile, tout à fait d’accord, mais parce que...

M. Alain GEST :

C’est bien ça le problème, d’ailleurs. Permettez-moi juste de vous couper, c’est un peu difficile, mais...

M. le Président :

Micro, s’il vous plaît !

M. Alain GEST :

Le problème c’est que vous n’aviez pas commencé votre intervention depuis 30 secondes que déjà vous évoquiez le terme « croyances », et « liberté de... » reprenez votre texte et vous verrez, et à partir de là et religion.

M. Didier LESCHI :

Liberté de conscience.

M. Alain GEST :

Et quand on examine les problématiques de sectes, je le disais à votre prédécesseur à cette place tout à l’heure, on sait très bien qu’il y a un écran de fumée qui souvent est organisé autour de la croyance religieuse, parce que c’est évidemment le moyen, justement, de rejeter les éventuelles accusations de certains. Par conséquent, quand vous êtes, dès le départ, dans cette logique, et que d’une certaine façon, dès le départ, vous placez sur le même plan d’égalité les Témoins de Jéhovah et les autres églises qui à ce jour étaient reconnues par l’État français comme associations cultuelles, c’est ça le problème, c’est que si vous partez de votre raisonnement de base, il est de mettre à égalité les choses, évidemment le résultat il est connu d’avance. C’est-à-dire vous rentrez dans le discours de ceux qui nous disent : « Il n’y a pas de problème de culte, de secte en France, il n’y a pas de problème. »

M. Didier LESCHI :

Moi, je pense que...

M. Alain GEST :

Tous les gens sont des affabulateurs, il ne s’est jamais rien passé, le Temple Solaire est une aimable plaisanterie, etc, etc, etc. Eh bien, si vous pensez ça, pardonnez-moi, je répète ce que je disais tout à l’heure, je considère que c’est peut-être la remise en cause même de l’organisation selon laquelle vous décidez de donner oui ou non l’appellation « association cultuelle » à tel ou tel mouvement.

M. le Président :

M. le Rapporteur.

M. Didier LESCHI :

Je peux répondre à M...

M. le Président :

Oui, excusez-moi, M. Leschi, çà appelait effectivement une réponse, oui.

M. Didier LESCHI :

D’abord, dans mon texte, je dis bien, je parle bien de liberté de conscience et de libre exercice du culte, donc de ce point de vue là, il n’y a pas de...

M. Alain GEST :

Oui, mais c’est quoi un culte ?

M. Didier LESCHI :

Mais c’est une question difficile et c’est tout simplement suivant la jurisprudence. Tout cela a été défini par le Conseil d’Etat, oui et c’est pour cela que je m’en réfère. La définition a été faite par le Conseil d’Etat, pas par l’administration. D’autant que, je vous le rappelle, le régime juridique de la loi de 1905 est un régime qui indique très clairement, très clairement, qu’on peut faire du culte, c’est-à-dire s’assembler pour faire du culte sans association, avec une association 1901 ou avec une association 1905. Donc c’est effectivement un régime de très grande liberté, et toute la difficulté c’est de ne pas revenir à une notion de culte reconnu, parce que c’est l’inverse du cadre juridique de 1905. Alors, en ce qui concerne les mouvements sectaires, moi, je pense que la meilleure approche, celle qui a été synthétisée par la dernière circulaire, qui est toujours en vigueur, qui est celle de l’approche en terme de dérives sectaires. Je considère moi, que tous les cultes, toutes les activités de ce type sont susceptibles de dérives sectaires. Je pense que l’appréciation simplement par liste est une appréciation qui réduit la focale et qui évite de s’interroger sur ce que c’est vraiment qu’une dérive sectaire et sur le fait que ce n’est pas cantonné à tel ou tel mouvement. Je ne dis pas qu’il ne peut pas y en avoir aux Témoins de Jéhovah, ce n’est pas ce que je vous dis. Je vous dis que la stigmatisation sur la base d’un critère qui est la simple appartenance ne permet pas de faire avancer la question et par ailleurs, c’est pour ça qu’on avait fait évoluer la Miviludes vers justement la notion de dérive sectaire et pas de se cantonner simplement sur un problème de liste.

M. le Président :

Oui, M. Leschi, nous prenons acte de toutes les explications qu’en tant que chef du Bureau des cultes vous venez de nous donner et de votre souci, ce qui est tout à fait naturel, d’être en conformité avec la jurisprudence administrative de notre pays. Ceci dit, les choses peuvent évoluer, elles ne sont pas figées. J’ai sous les yeux une décision de la Cour de Cassation première Chambre civile du 18 mai 2005, qui vise parmi les articles qui fondent sa décision, non seulement les articles du code civil et du code de procédure civile mais également les articles 3-1 et 12-2 de la Convention de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l’enfant. C’est-à-dire que la Cour de Cassation intègre dans notre droit interne la convention de New York. Ai-je besoin de vous rappeler les articles 12 et 13 que vous connaissez aussi bien que moi sur les droits de l’enfant : citoyen libre, capacité de jugement, éveil, etc. Est-ce que cela, puisque vous demandiez des faits tout à l’heure, est-ce que cette décision qui intègre la convention des droits de l’enfant n’entre pas en ligne de compte dans votre appréciation pour accorder ici ou là des petites reconnaissances.

M. Didier LESCHI :

C’est une décision qui fait référence aux Témoins de Jéhovah, c’est ça ?

M. le Président :

Absolument pas. Je dis que la Convention...

M. Didier LESCHI :

Moi, je dis que je ne suis pas le juge, si j’ai des décisions officielles, je les appliquerai...

M. le Président :

Vous n’êtes pas le juge. Vous n’êtes pas le juge, vous êtes le représentant du gouvernement au ministère de l’Intérieur, chargé de coordonner une action publique en matière de culte. Bon, à partir de là, vous ne pouvez pas ignorer d’un trait de plume, comme çà, d’un revers de la main, ce qui est la convention internationale qui a été ratifiée par la France.

M. Didier LESCHI :

Je l’intègre tout à fait, j’en ai fait référence dans mon texte. Ce que je dis simplement c’est que : si on m’apporte des décisions de justice qui démontrent que les Témoins de Jéhovah sont un mouvement qui éduquent de manière systématique leurs enfants dans quelque chose qui est l’inverse des textes internationaux qu’a signés la France et bien, bien évidemment, vous avez là un dossier qui peut constituer un trouble à l’ordre public. Il y aura une atteinte aux droits des personnes.

M. le Président :

Donc le dossier peut évoluer ?

M. Didier LESCHI :

Ce que je vous dis, c’est que pour l’instant je constate qu’il y a systématiquement imprécision des faits, impossibilité d’avancer des décisions de justice et que je ne suis pas en droit de me substituer à cette absence de preuves.

M. le Président :

Monsieur le Rapporteur ?

M. le rapporteur :

Oui M. Leschi je voudrais rapporter, rappeler, pardon, puisqu’on parle beaucoup des Témoins de Jéhovah que les Témoins de Jéhovah c’est pas notre problème, c’est pas du tout notre problème. Notre problème ce sont les pratiques des organisations, que ce soit les Témoins de Jéhovah ou d’autres, par rapport au sujet qui nous intéresse, notamment les enfants. Et ces pratiques par rapport aux valeurs de la République et au respect de la loi. Le reste, comme vous l’aviez dit, chacun a sa liberté philosophique, de conscience, on n’en a rien à faire, ce n’est pas notre problème. Mais c’est notre problème lorsqu’il y a enfance en difficultés, enfance en danger, d’accord ?

Ceci étant dit, moi je voudrais vous poser une question sur le rapport Machelon, vous savez qu’il y a un rapport qui circule, le rapport Machelon, qui fait comme propositions notamment de modifier la loi de 1905 et d’étendre l’origine du bail emphytéotique administratif réservé aujourd’hui aux seules associations de la loi 1905 à toutes les associations, y compris à vocation cultuelle de la loi de 1901 ou de la loi de 1905. Est-ce que vous ne croyez pas que c’est une porte ouverte là aussi, comme mon collègue Gest le disait tout à l’heure, une sorte d’appel d’air à des organisations sectaires qui verraient un intérêt évident de demander le statut d’association cultuelle.

Et puis, cette affaire d’association cultuelle... laissez-moi terminer, laissez-moi terminer ! Et puis, cette affaire d’associations cultuelles, parce que pour ceux qui nous écoutent ils sont en train de se dire : « mais qu’est-ce que c’est cette histoire d’association cultuelle ? » À la limite pour dire : « mais ce n’est pas méchant d’être reconnue association cultuelle ». Mais on connaît l’agissement des organisations sectaires, parce que « association cultuelle » c’est uniquement une reconnaissance fiscale, des avantages fiscaux. Or, comment s’en servent les organisations sectaires, c’est là notre problème, c’est là le fond du problème. Ils disent : « on a obtenu de la part de l’état une reconnaissance association cultuelle, association cultuelle, donc culte, donc religion : nous sommes une religion ». Pourquoi vous venez nous chercher des poux dans la tête, que ce soit les parlementaires, associations et autres, c’est là la question, c’est là la question qui se pose. Et la question qui se pose aussi, je reviens sur ce que vient de dire le Président, c’est de dire : vous, vous avez la capacité aussi peut-être de faire évoluer la jurisprudence du Conseil d’État en refusant, en refusant et en donnant les instructions aux Préfets en refusant le statut d’association, d’association cultuelle, en évoquant la convention internationale des droits des enfants et on verra ce que le Conseil d’État va dire, mais faites-le ! Qu’est-ce que vous attendez pour le faire ? Faites-le !

M. Didier LESCHI :

Écoutez M. le Député, il y a deux choses alors : parmi tous les mouvements dont les noms ont été cités, le seul qui bénéficie des articles 200 et 238 et des autres articles ce sont... enfin, des articles 200 et 238 en l’occurrence, pas des exonérations de la taxe foncière, ce sont les Témoins de Jéhovah. Il n’y en a pas d’autres. On est bien d’accord donc la discussion en ce qui concerne l’association cultuelle se limite aux Témoins de Jéhovah.

Deuxième chose, ce que dit le rapport Machelon , ce n’est pas l’extension des baux administratifs emphytéotiques aux associations cultuelles, puisque les associations cultuelles peuvent déjà le faire, ce sont des associations à caractère culturel ou social, c’est-à-dire d’étendre un droit qui existe aujourd’hui pour les 1905 à des 1901, c’est ça que propose le rapport Machelon.

M. le rapporteur :

M. Leschi, c’est bien ce que je dis, ça veut dire qu’une association de 1901...

M. Didier LESCHI :

C’est un rapport commandé par le ministre de l’Intérieur. Je veux dire, si vous me le permettez : je réserverai mon appréciation sur le rapport Machelon au ministre de l’Intérieur. Voilà !

M. le Président :

Nous devons rencontrer M Machelon la semaine prochaine, donc, nous lui poserons la question. Pas d’autres questions mes chers collègues ? Je vous remercie M Leschi, vous pouvez disposer, merci !

M. Didier LESCHI :

Merci M. le Président !

M. le Président :

La séance est levée."

Reportages canadiens sur l'histoire des Témoins de Jéhovah

Voici ci dessous une série de 6 reportages canadiens présentant objectivement l'organisation des Témoins de Jéhovah (en français). L'intérêt de la première partie, qui dure environ 7 minutes, est qu'elle retrace bien les débuts de leur histoire récente qui furent l'objet de polémiques les plus insensées. Il est bien dommage qu'on puisse trouver ce genre de documentation objective, une fois de plus, à l'étranger...

2ème partie (7 mn):

3ème partie (environ 10 mn):

4ème partie (environ 10 mn):

5ème partie (environ 7 mn):

6ème partie (environ 4 mn):

Reportage objectif de la Raï Italienne sur les Témoins de Jéhovah

Voici ci dessous un reportage édifiant de la chaîne Rai italienne et parlementaire réalisé en 2009 (sous-titré en français). Le thème est centré sur leurs oeuvres de bienfaisance hormis leurs activités d'évangélisation. Il faut dire que là bas les catastrophes naturelles sont courantes. Reste que la présentation de cette religion en Italie comme dans bien d'autres pays (Allemagne, Autriche, Suisse, et Angleterre par exemple) tranche énormément avec celle de la France qui ne le fait que pour illustrer le caractère sectaire toujours non prouvé...

Activités humanitaires des Témoins de Jéhovah en temps de crise:

12/10/2012

Le besoin d'aumôniers dans les prisons françaises

Au vu des nombreux drames bouleversants causés par des récidivistes, il ne se passe pas un jour sans qu'on remette en question les conditions de détention en milieu carcéral. Suicides, radicalisation des jeunes musulmans, criminels dangereux multirécidivistes, malades mentaux laissés sans soin...La violence inhérente aux prisons appelle une réflexion d'ensemble et de profondes réformes et c'est dans ce cadre que se pose la question de la pratique cultuelle. Les autorités pénitentiaires sont tentées de la favoriser.

prisonniers.jpg

Quelques chiffres sur les prisons en France en 2012:

  • 191 prisons françaises pour un nombre de 57 408 places
  • 67 373 prisonniers dont:
  • 810 mineurs (soit 1,5 %: chiffre en hausse)
  • Plus de 2 500 femmes (environ 4 %)
  • 17 000 prévenus en attente de jugement (environ 25 %)
  • 12 609 personnes bénéficient d’un "aménagement de peine sous écrou" (semi-liberté, bracelet électronique...)
  • 6 cultes autorisés à visiter les prisonniers en tant qu'aumôniers: catholique, protestant, orthodoxe, juif, bouddhiste et musulman.
  • 20 000 à 33 680 détenus de souches musulmans (de 30 à 50 %); en majorité des hommes de 18 à 35 ans, venant de banlieue, sans formation professionnelle, culturelle ni religieuse. Ils constitueraient 70% des prisonniers en Ile de France, à Marseille, ou dans le Nord ! Il y avait 173 Salafistes recensés en 2005.
  • 13 500 détenus de souches catholiques ou protestants (environ 20 %)
  • Une centaine d'étudiants de la Bible et de Témoins de Jéhovah détenus
  • Quelques dizaines de détenus bouddhistes
  • 1083 aumôniers agréés par le Ministère de la Justice
  • 655 aumôniers catholiques
  • 287 aumôniers protestants
  • Et 151 aumôniers musulmans dont 83 bénévoles (6 fois moins que les 'chrétiens')
  • Une rémunération moyenne perçue de 383 euros par mois pour certains.
  • Un budget pénitentiaire estimé à 2 milliards dont 3 millions pour l'aumônerie.

Si la république française est laïque, et qu'elle ne finance plus les cultes depuis 1905, elle conserve une tradition d'avoir des ministres des cultes (aumôniers) dans les prisons, les hôpitaux et l'armée. Ces 'ministres du culte' ont généralement un statut de contractuels de la fonction publique. La plupart sont rémunérés par l'Etat. Libres de circuler dans les établissements pénitentiaires, les aumôniers répondent aux demandes d'entretien individuel et animent des cérémonies religieuses collectives.

Le 11 octobre dernier la ministre de la Justice a annoncé sur Europe 1 le recrutement de 15 aumôniers musulmans (en équivalent à temps plein) en prison en 2013, pour lutter contre le prosélytisme. "Je ferai le même effort en 2014", a précisé Christiane Taubira.

Un besoin selon les autorités pénitentiaires

Dans son dernier rapport annuel, le contrôleur des prisons avait insisté sur la nécessité de permettre aux détenus de pratiquer leur religion. L'intervention des imams formés est en général saluée par les cadres pénitentiaires comme un gage de pacification. Leur arrivée n'a été formalisée qu'en 2005 par Dominique Perben.

Certains commentateurs se demandent si en formant des Imams supplémentaires on parviendrait mieux lutter contre le radicalisme religieux. Le quotidien Le Figaro avait dressé ce constat sur la religion: " Très «utile» et «apaisante» pour les autorités pénitentiaires dans la mesure où elle offre aux détenus un moyen de conserver leur dignité et d'obéir aux lois sans renoncer à leur culture, la religion suppose quelques aménagements comme la possibilité d'avoir des corans, des chapelets, faire la prière, respecter le ramadan et manger halal."

Didier Voituron, directeur de la maison d'arrêt du Val-d'Oise, raconte : «On a besoin d'aumôniers en prison, tout comme on doit pouvoir proposer du sport à ceux qui le veulent, ou un travail, ou la poursuite d'études. Mais la religion musulmane n'est pas tendre pour les délinquants et il nous était très difficile de trouver des aumôniers. C'était toujours quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un. Mais il est vrai que les détenus sont apaisés, comme ceux qui font de la philo, du foot ou de l'anglais. L'essentiel est de donner un sens à leur peine Bernard Godard explique aussi le temps perdu par le manque d'organisation centralisée du culte musulman jusqu'à la création du CFCM en 2003.

Des discriminations persistantes

Le rapport de Jean Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, souligne les manquements de l'administration pénitencière quant à la pratique sereine des cultes religieux, et plus particulièrement du culte musulman. Difficile de pratiquer une religion minoritaire en prison. Ce rapport paru le 17 avril 2011 au Journal Officiel et dont l'Express a pu se procurer un exemplaire, donne des avis et souhaite que les Pénitenciers respectent des objets de culte...Il ajoute que d'après la loi de 1905 établissant la séparation entre l'Église et l'État, et le code de procédure pénale, les prisons doivent garantir «le libre exercice des cultes», l'Etat prenant en charge les dépenses nécessaires à cet effet. Or, d'après le rapport, «tel n'est pas toujours le cas aujourd'hui». Il souligne le manque «d'égalité de traitement» et les «discriminations» entre les religions. Des témoins de Jéhovah se voient par exemple confisquer leur Bible et fouiller intégralement avant de voir une personne de leur connaissance... 

Si les sept pages chocs du rapport de Jean-Marie Delarue restent très prudentes en ne citant à aucun moment le nom des cultes on y apprend ainsi que «le contrôleur général a été saisi de plaintes relatives à la disparition ou la dégradation volontaire d'objets de culte ou des comportements de mépris affichés». Une autre discrimination est en cours de règlement.

Des aumôniers Témoins de Jéhovah

En 2008, des Témoins de Jéhovah avaient formulés trois demandes individuelles pour avoir l'autorisation de visiter les prisonniers- qui en font la demande- en tant qu'aumôniers agréés et bénévoles, à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris. Cette dernière leur avait refusé ce statut. Le tribunal administratif de Paris avait condamné ce refus et demandé à la Chancellerie de revoir sa copie. Le ministère de la Justice avait fait appel du jugement. Mais la cour administrative d'Appel de Paris a en mai dernier tranché dans le même sens que les magistrats de première instance : elle a demandé à l'Administration Pénitentiaire de réexaminer les demandes dans un délai de deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Les tribunaux ne peuvent eux-mêmes délivrer ces agréments qui relèvent de la Chancellerie. Le recours du ministère de la Justice ayant été rejeté celui-ci s'est réservé le droit de se pourvoir en cassation devant le Conseil d'Etat. Pourquoi ?

Pour justifier son refus d’agréer des aumôniers Témoins de Jéhovah, l’administration pénitentiaire et le Garde des Sceaux leur ont répondu qu’il n’y a pas assez de détenus se réclamant de leur culte (alors que les détenus bouddhistes sont moins nombreux) tandis que la MIVILUDES exerce ses pressions sur les autorités en mettant en avant la dangerosité et le prosélytisme qui en découlerait à l’intérieur des lieux de détention.

Pourtant, comme le signale Jean-Claude Pons, en tant que porte-parole du Consistoire national des Témoins de Jéhovah sur France Culture : «Il y a plus d’une vingtaine d’années en arrière, il y avait des objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah dans les prisons. Et à l’époque, les ministres du culte pouvaient leur rendre visite et avoir des salles dans lesquelles le culte était exercé.»

Si l’agrément de quelques-uns de leurs ministres du culte est considéré comme la dernière étape de leur reconnaissance par les pouvoirs publics, ce n’est pas la véritable motivation de la demande des Témoins de Jéhovah de disposer d’aumôniers agréés par l’administration pénitentiaire. Il ne s'agit pas non plus de chercher à être rémunéré par l'Etat. En réalité ils cherchent tout simplement à mettre fin aux perpétuelles entraves à l’assistance spirituelle qu’ils souhaitent apporter aux détenus qui en font la demande expresse.

Le caractère cultuel validé par les juridictions administratives remet en cause le refus persistent de l’administration pénitentiaire d’agrémenter les aumôniers de ce mouvement chrétien. En fait, la Cour d'appel applique simplement la décision du 22 février 2010 de la HALDE et les 14 jugements de tribunaux administratifs prononcés en faveur des Témoins de Jéhovah depuis 2007. Dans un communiqué  la Fédération française des Témoins de Jéhovah a rappelé que "la communauté disposaient d'aumôneries dans de nombreux pays  d'Europe". "L'administration ne peut, au motif qu'une religion est minoritaire, donner un statut minoré aux aumôniers", avait critiqué le contrôleur des prisons, Jean-Marie Delarue. Nous attendons, dans les prochains jours, que le Conseil d'Etat statue sur cette affaire litigieuse. Selon Maître Michel Trizac avocat de personnes détenues témoins de Jéhovah  "deux solutions sont donc désormais possibles, soit le Conseil d’État va rejeter le pourvoi en cassation car ce dernier ne repose pas sur des moyens sérieux (s’il est invoqué par exemple que les témoins de Jéhovah ne sont pas assez nombreux), soit l’arrêt de la CAA va être cassé". Affaire à suivre.

Il ressort de tout cela qu'au vu des souffrances dans les prisons, bien utilisée, l'aumônerie peut jouer un rôle non négligeable dans la réinsertion sociale. Limiter les offices d'aumônerie à 6 religions c'est comme 'tirer sur l'ambulance'!  Si le ministère de la Justice souhaite d'autres imams formés pour contrer le radicalisme faut-il donc appartenir à une religion qui risque de dévier dans ce travers pour avoir le droit d'avoir une assistance spirituelle en prison ?  Ce serait une grande injustice. Aussi on ne peut que regretter que les besoins spirituels des citoyens ne soient reconnus comme nécessaires qu'après avoir été condamnés par la justice et enfermés. C'est bien avant qu'il aurait fallu leur inculquer ce genre de valeurs...Reste que selon Jean-Marie Delarue "il ne s'agit pas de privilégier le rôle de l'aumônier par rapport à celui de l'enseignant, du visiteur de prison, de l'avocat ou de la famille. Il faut simplement réaliser que l'aumônier apporte un réconfort qui permet au détenu de transcender la détention pour se projeter dans le monde libre... où il retournera."

07/09/2012

Une persécution orchéstrée contre les chrétiens au Pakistan qui en rappel d'autres !

Au Pakistan, l'imam Hafiz Mohammed Khalid Chishti a été écroué le 2 septembre dernier pour avoir orchestré une persécution contre les minorités chrétiennes dans le quartier pauvre de Mehrabad, à la périphérie d'Islamabad. Ce fait qui illustre jusqu'où peut mener l'intolérance religieuse sonne comme un écho en France où l'on a vu des personnes influentes monter des stratagèmes de toutes pièces visant les minorités de conviction.

Persécution ignoble organisée au Pakistan

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 Le 16 août dernier, l'Imam avait accusé Rimsha une adolescente trisomique illétrée d'environ 14 ans, de blasphème pour avoir, selon des voisins, brûlé des versets du Coran, un crime passible de la prison à vie au Pakistan. Il avait alors mobilisé ses fidèles et fait pression sur la police pour qu'elle arrête la jeune chrétienne. Elle a été arrêtée et maintenue en prison durand plus de 3 semaines en attendant son jugement ! Entre-temps quelque six cents familles chrétiennes vivant à proximité de la jeune fille ont fui dans les forêts proches de la capitale, craignant des violences, après que des musulmans en colère ont manifesté devant sa maison, selon le Whashington Post. Peu avant, des musulmans reprochaient aux chrétiens de jouer de la musique, qui était entendue dans le quartier parfois au moment de la prière musulmane, et souhaitaient reprendre les terrains qu'ils occupaient, selon des témoins. Ce fait scandalise la communauté internationale... comme il embarrasse le gouvernement pakistanais. Il renouvelle, en effet, l'attention portée sur ses lois menaçant les minorités religieuses, explique le New York Times.

Inculpé pour fausses accusations et blasphème

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"L'imam (Hafiz Mohammed Khalid Chishti) a été arrêté, après que son assistant, Maulvi Zubair, et deux autres personnes eurent affirmé devant la justice qu'il avait ajouté des pages du Coran aux feuilles brûlées qu'un témoin lui avait rapporté", a déclaré un enquêteur de la police, Munir Hussain Jaffri. L'Imam a protesté de son innocence lors de sa comparution devant le tribunal dimanche. "Je n'ai rien fait de mal. C'est de l'invention pure et simple", a-t-il affirmé.

L'arroseur arrosé !

L'assistant et les témoins ont prié l'imam de ne pas fabriquer de fausses preuves contre Rimsha, selon la police. "Mais l'imam Chishti a répondu : 'il s'agit de la seule façon d'expulser les chrétiens de ce quartier'", selon l'enquêteur Munir Hussain Jaffri. "En plaçant des pages du texte sacré sur des cendres, il a profané le Coran et a donc aussi été accusé de blasphème", a précisé le policier.Un tribunal d'Islamabad a ordonné dimanche la détention préventive pour deux semaines de M. Chishti lors d'une audience pour fausses accusations et fabrications de preuves sous haute surveillance policière. La libération conditionnelle n’a pourtant pas encore été accordée à la jeune Rimsha, en prison depuis le 16 août, rapporte le quotidien pakistanais Dawn. Elle encourt la perpétuité. En détention provisoire, l’imam attend d’être jugé à son tour pour avoir profané le Coran. Si sa culpabilité est prouvée, c’est lui qui pourrait être condamné pour blasphème.

Derrière le prétexte de "complot international"

Un nouveau procureur a remis en question, jeudi, l'âge de la jeune fille, et affirmé qu'elle faisait partie d'un complot international visant à ridiculiser l'islam – illustrant la puissance de l'extrémisme qui sévit au pays !

Tandis que le sort de Rimsha sera bientôt connu, l'avocat qui représente l'homme accusant la fillette, Rao Abdur Raheem, a affirmé que si elle n'était pas condamnée par le tribunal, les musulmans pourraient "se faire eux-mêmes justice", comme évoque le Guardian. Comprendre : la lyncher de leurs propres mains.Si le cas de Rimsha s'inscrit dans la lignée d'une longue série d'affaires similaires, où des personnes souffrant de troubles psychologiques et des enfants ont jadis été condamnés à mort, l'année dernière !

Sous la pression internationale, Rimsha a été relachée tout en étant vêtue de vert (couleur symbolique de l'Islam; probablement pour l'humiler davantage) elle et sa famille sont placés sous haute surveillance étant transportés par hélicoptère. L'ONG Human Rights Watch a salué de son côté la libération de la jeune fille, exhortant le gouvernement à « assurer sa sécurité après sa sortie de prison ». L'organisation demande par ailleurs un réexamen de la loi sur le blasphème, qui punit tout crime de ce genre de la prison à vie ou la peine de mort.

Sa libération sous caution ne signifie pas pour autant la fin des ennuis pour Rimsha. La justice n'a en effet toujours pas tranché sur son innocence ou sa culpabilité. Cette jeune pakistanaise âgée de 14 ans ne peut pas quitter le pays avant son prochain procès. Affaire à suivre de très près...

L'oppression des minorités religieuses en France

miviludes.jpgEn France, pour l'avoir vécu, il n'est pas exagéré de dire que nous avons aussi une réplique de cette chasse aux sorcières. A la différence près que la presse n'a pas toujours suivie les cris d'alerte des organisations internationales pointant les atteintes aux droits de l'homme dans l'héxagone. De ce fait, tous les moyens étaient bons pour dénigrer des centaines de milliers de personnes du seul fait de leurs croyances non conformes au religieusement correct. Les corrélations sont évidentes:

  • Des membres du clergé, puis des franc-maçons ont tramés en coulisse des plans afin de stigmatiser des mouvements de conviction et les jeter à la vindicte populaire.Un garde des Sceaux avait demandé à la justice de trouver des preuves contre les dites "sectes". C'est ainsi qu'on a pondu en toute hâte une liste parlementaire visant 173 mouvements sous le vocable péjoratif de "secte" mot qui condamne, d'une certaine façon, à la peine de mort symbolique ces associations. Etre désigné sous cette appelation est devenu une preuve suffisante pour être marginalisé dans tous les domaines de la société !
  • Des fidèles ont perdu leur emploi, et des enfants ont essuyés à l'école des intimidations, insultes et pressions. Des lieux de cultes ont été vandalisés tandis que certains ont été faussement accusés.
  • Les méthodes tendancieuse sans preuves de la MIVILUDES ont été souvent critiqués par les chercheurs et sociologues et désavoués par ses résultats peu probants en justice.
  • Certains de ses membres se sont conduit comme de véritables ayatolaïcs de la pensée inique en réduisant leur focale sur les mêmes bouc-émissaires et en s'acharnant à freiner leurs droits les plus élémentaires (liberté d'expression, de réunion et de culte).
  • L'arroseur s'est vite retrouvé arrosé quand des dérives ont été signalés dans des communautés catholiques et qu'il a été lui même catalogué de "secte adversaire des sectes".
  • Tout comme l'Imam, nous attendons le procès en appel de Georges Fenech concernant un cas de diffamation mettant en cause une association de laïcs catholiques, la Société Française de défense de la Tradition, Famille et Propriété - TFP - dans le rapport annuel de la Miviludes, publié en 2009 pour les activités de l’année 2008. Dans cet attente l'intéressé fait valoir son statu de député en défendant son bilan à la MIVILUDES par le biais des médias et de publicités autour d'un livre qui brasse toujours les mêmes sujets ....Waco, Guyana, l'OTS... 
  • Et face aux nombreux procés gagnés par ses adversaires la MIVILUDES crie au complot tant à l'échelle internationale que nationale pour relancer la croisade...La France a été plusieurs fois pointée et condamnée par des instances internationales des droits de l'homme. Enfin cela nous rappel bien ce qui s'est passé au Pakistan...

En France beaucoup commencent à se rendre compte de cette folle chasse aux sorcières et à prendre recul sur cette propagande insidieusement orchestrée.

05/09/2012

Précisions sur la liste des mouvements sectaires établit en 1995

Selon le Courrier des Maires du 24 août dernier "l'Unadfi souhaite que le gouvernement revoit la circulaire Raffarin [de 2005] qui recommanda de ne plus avoir recours à la liste du rapport parlementaire de 1995 sur les "sectes". Derrière cette demande se cache une volonté de stigmatiser plus facilement et sans preuves n'importe quelle association sous le vocable péjoratif de "secte". Pourtant à ce sujet subsiste une grossière erreur que perpétuent encore ,sans doute sans s'en rendre compte, bien des journalistes. Laquelle ?

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Un 173ème groupe sattelite pour étoffer la liste...
 

Si l'on examine bien la liste des sectes, on compte 172 mouvements et une ligne mise à part qui rappelle simplement le nombre de Témoins de Jéhovah (130 000) comme un groupe sattelite qui était  là en réalité pour donner une image subliminale (qui parle dans l'imaginaire collectif) à cette campagne visant à désigner des bouc-émissaires. Pourquoi ?

  • Les cartes de répartition géographique sont claires : la première représente les organisations-mères des 172 sectes ; la deuxième inclut les implantations ; la troisième y adjoint à titre indicatif les Témoins de Jéhovah. Il est d'ailleurs clair que les Témoins de Jéhovah ne sont pas comptés dans les 800 implantations puiqu'ils avaient plus d'un millier de lieux de culte !
  • Même si le rapport est confu sur la question, les Témoins de Jéhovah ne peuvent être inclus dans les 160.000 adeptes des sectes car cela voudrait dire qu'il n'y a que 30 000 autres personnes visées (dont 25 000 mormons). De plus si l'on considère le nombre de membres possible pour chacun des 172 mouvements listés en fonction de leur classification par effectifs, on trouve un minimum de 39.614 membres et un maximum de 208.850 membres. Or si on ajoute les 160.000 "adeptes" des sectes aux 130.000 Témoins de Jéhovah on obtient au total 290 000 membres ! Ce qui ne correspond pas ! Donc, les chiffres confirment que les Témoins de Jéhovah ne peuvent être comptés parmi les fameuses "172 sectes".
  • Une interview du rapporteur de la commission, Jacques Guyard confirme ce chiffrage: " Cent soixante-dix mouvements nationaux regroupant entre cent cinquante et cent soixante mille personnes au sein d'au moins huit cents groupes locaux actifs ont été recensés. Sans compter les cent trente mille Témoins de Jéhovah. " (Le Monde, 27 décembre 1995.)
  • Le Quid 2005, par exemple, fait bien la distinction : il parle de 173 "sectes" en séparant 172 qui répondent à au moins l'un des dix critères de dangerosité et les Témoins de Jéhovah.
  • Enfin le rapport qui a dressé cette liste prétendait que l'inscription des Témoins de Jéhovah sur une liste de sectes se fondait sur une « analyse très complète et très fine » des Renseignements Généraux. Or il fallu attendre le jugement de la Cour administrative d'appel de Paris et celui du Conseil d'État pour que les Témoins de Jéhovah puissent avoir accès aux données collectées par les gendarmes. Le verdict est sans appel: ce rapport qui est à la base de la classification des "sectes" offre, selon le juge, "des appréciations très laconiques et des informations à caractère succinct et anodin en ce qui concerne les Témoins de Jéhovah" (CAA Paris, 1.12.2005 ; Conseil d'État 3.07.2006). Selon Le Monde du 20 décembre 2006, elles comprennent uniquement « une fiche de présentation et la liste de leurs lieux de culte »!

Conclusion : les Témoins de Jéhovah ne font pas partie des 172 " mouvements recensés par la DCRG et répondant à l'un des critères de dangerosité ". Ils sont seulement cités à titre indicatif parmi les 173 groupements retenus dans une étude menée antérieurement par les Renseignements Généraux afin de donner une image plus populaire à un phénomène jugé trop étrange et mystique à l'époque.

La "liste noire" désavouée est contraire à la laïcité 

"Un mensonge a le temps de parcourir la moitié du monde avant que la vérité n’ait eu le temps d’enfiler ses bottes” déclara Winston Churchill. Les faits montrent que ce fut vraiment par choix politique qu'on a désigné un 173 ème mouvement sans preuve pour donner à la campagne une image subliminale. Quelle est la valeur de cette liste ? Les sources de la commission d’enquête n’étaient pas neutres puisqu'à part quelques notes rédigées en toute hâte par les Renseignements Généraux (au lieu de se référer à des spécialistes qualifiés) elle s’est largement inspirée des informations fournies par une association militante, étonnamment baptisée Association pour la Défense des Familles et de l’Individu (ADFI). Suite aux débordements qui en ont résultés, dans une circulaire datée du 27 mai 2005, le Premier ministre Jean Pierre Raffarin a demandé de ne plus avoir recours à une liste de 'sectes'. Etant largement désavouée, on ne devrait donc plus s'y référer pour incriminer tel groupement comme présentant un quelconque risque sectaire.

En réalité beaucoup se sont aperçu que cette liste était discriminatoire puisqu'elle  vise à rétablir le régime des cultes reconnus ce qui contraire à la loi de 1905 relatif à la séparation des Eglises et de l’Etat !
Aussi, lors d’une émission traitant de l’agrément des aumôniers Témoins de Jéhovah, un journaliste de RCF a-t-il demandé franchement au secrétaire général de la Miviludes :
« Est-ce qu’on peut dire que c’est une secte ? »
Sa réponse ne peut être plus limpide :
« Non. Les Témoins de Jéhovah ne sont pas une secte, ça je peux vous l’affirmer puisqu’en France, il n’y a pas l’utilisation de ce vocable de secte, en tous cas depuis 2002. »-( RCF, 1er juin 2011, Journal de 7 heure.)

 Au vu de ces faits, on se demande alors pourquoi quand il s'agit de commenter un fait sur les Témoins de Jéhovah des journalistes se sentent obligés de perpétuer cette erreur selon laquelle ils figuraient dans la liste des 172 "mouvements sectaires" de 1995 alors que ce n'est pas le cas ? Cette liste est aujourd'hui caduque et le rapport ne fait que simplement les citer tendancieusement et à titre indicatif sans toutefois démontrer le moindre rapport entre eux et les dérives sectaires en question.

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04/09/2012

Qui est vraiment formaté ?

Moon est mort à 92 ans! La presse s'en gausse à cœur joie...On parle encore de manipulations mentales pour perpétuer l'idée complètement tendancieuse selon laquelle le formatage mental n'existe que dans les sectes et faire oublier ses ravages autour de nous ! Qui est vraiment formaté ?

Formatage au plus haut sommet de l'Etat !

corruption 2.jpgLe banquier suisse naguère ami de françois Mittérand, Jean Pierre François a bien cotoyer la classe politique dans les années 80. Voilà ce qu'il avoue dans une interview consacrée à Libération: "Les hommes politiques ? Des marionnettes au bout d'une ficelle, manipulées par les groupes industriels et financiers (...) Une campagne législative coûte au minimum 800 000euros. Pas un homme politique sur 50 ne les possède."

Pas étonnnant que selon le rapport 2011 de Transparency International, une organisation non gouvernnemental chargée de lutter contre contre la corruption, la France est classée...en 25ème  position !

corruption.jpgAinsi les hommes politiques français s'achètent régulièrement les faveurs des banquiers et des industriels soit  pour garder leur pouvoir soit pour se faire élire; sur ce sujet ils n'ont donc aucune leçon à donner aux américains. Cela se traduit par un lessivage des cerveaux dans le but de promouvoir un commerce lucratif et cela tout en blanchissant le monde politique !

complot télé.jpgIl suffit de se rappeler des scandales liés aux ventes d'armes notamment à l'Angola dans l'affaire Karachi, la fameuse grippe A dont beaucoup y ont crus à tort...C'est ainsi que certains millionnaires pour se soustraire à l'administration fiscale n'hésitent pas à s'acoquiner avec des Ministres de Bercy (aujourd'hui il y en a sept !).

On vend des guerres à l'opinion publique! Des franc-maçons contrôlent le pouvoir politique. Des sondages mettent au pas les pouvoirs executifs et legislatifs. On cache la vérité, ment, manipule l'opinion publique; le citoyen lambda peut-il vraiment s'en prémunir ? Et cela n'a pas l'air de s'améliorer !

L'impact de la téléviciée

La téléréalité a fait son apparution en France en 2001. Sachant que les Français consomment quatre heures de télévision par jour en moyenne, et que la part annuelle réservée à ce type d’émission reste relativement importante, il serait naïf de croire que cela est indolore. Qu’on l’admette ou pas, la télé-réalité produit de réels impacts dans la société française et modifie les mentalités. Un article sur Slate décrypte:"si au début les conversations autour de la machine à café avaient pour thème le Prime de la veille, force est de constater que le phénomène s’est aujourd’hui nettement essoufflé, sauf que les réunions d’équipes, les briefings et débriefings, individuels ou de groupe, ressemblent de plus en à ces séances de coaching retrouvés communément dans toutes les émissions de télé-réalités."

télé ment.jpgQui contestera le fait que la télévision conditionne l'esprit au point de l'empêcher de penser par lui même. Par exemple les journaux télévisés influencent nos modes de vies et de pensées. Les médias nous livrent ce que nous pensons être « une représentation du monde ». Enlèvements, accidents d’avions, maladies, meurtres…. tout cela est bien vrai, puisque ça passe à la télé ! Il est rare que nous remettions en cause ces informations. Pourtant, les journalistes ne se privent pas d’user et d’abuser d’approximations d'amalgames et de montages. Il semblerait que le téléspectateur tienne pour vrai toutes ces informations diffusées sur un mode rapide et via un flux continu. Autrement dit, le plus un flux d’information est rapide et continu, le moins le téléspectateur a le temps d’y réfléchir.

Autre dérive: la répétition d'une information exagérée sans recul. Cette technique de « bourrage de crâne », a énormément été utilisé lors de la crise aviaire : tout le monde pensait qu’un poulet contaminé allait sonner à sa porte et le contaminer. Et ce, à cause des centaines d’images et de détails que les médias télévisuels nous ont mis dans la tète.

Bombardé en permanence d'images subliminales

manipulé par la tv.jpgLa crème de la manipulation: l'omniprésence de la publicité ! C'est une technique de manipulation sournoise qui souvent fait appel à nos sens, nos souvenirs et nos sentiments. Qu'on le veuille ou non la publicité conditionne nos pensées, nos désirs et façonne nos goût ! Dans une expérience, "on a présenté à 223 volontaires des stylos identiques de coloris différents : un bleu, un beige. On leur a demandé d’étudier ces stylos, de les essayer… Quand un volontaire essayait le stylo bleu, on diffusait dans la pièce une musique hindou assez dissonante pour une oreille occidentale. Quand un volontaire essayait le stylo beige, on diffusait une musique populaire agréable et entrainante. Suite à cela, on a distribué aux volontaires un questionnaire afin de savoir quel stylo ils ont préféré, et combien ils seraient prêt à investir pour les acquérir. Une grande majorité de volontaires ont préféré le stylo beige et serait prêt à investir dans cet objet. Très peu de volontaires ont choisis le stylo bleu. Pour confirmer cette étude, l’expérience a été tenté en inversant les musiques et les stylos : c’est toujours le stylo étudié avec un fond de musique populaire qui l’a remporté."

Qui n'est pas formaté ?

Tout cela n'est qu'un petit aperçu qui montre qu'il ne faut jamais sous estimer le pouvoir grandissant des médias, des publicités et autres puissants manipulateurs en coulisse ! Ce lavage de cerveau continue obéit à la stratégie suivante: qui contrôle les médias créer l'opinion publique. Qui fait l'opinion majoritaire tient le monde politique. Qui tient le monde politique fait la loi (dans les deux sans du terme). Qui fait la loi impose la sienne ! C'est ce qu'on appel la médiacratie. D'un autre côté les écoles, les Eglises, les entreprises, les partis, les équipes sportives, les armées, les troupes ne sont pas épargnés par la sujetion et la destabilisation mentale... Même les équipes de sport ont un code de conduite, un certain engagement, qui lie les joueurs les uns aux autres avec un certain objectif. Les militaires aussi avec leurs chants, leurs cérémonies et leurs engagements...Mais que fait donc la CCMM ?

Un parfait exemple de formatage s'est vu en France depuis 30 années les médias ont jetés en patûre des milliers de croyants en les enfermant dans l' impitoyable dénomination péjorative qu'est le mot "secte". Beaucoup sont tombés dans ce délire. Aujourd'hui à ce sujet nous assistons à une période de sevrage ! Démonter le mythe sectaire, c'est priver trop de monde d'un bouc émissaire d'autant plus commode qu'il est silencieux. Les français sont toujours en quête d'un méchant qui incarne ce qu'ils aiment tant détester. Le spectre de l'ogre communiste a disparu, celui du juif a fait son temps, celui de l'étranger ne fait plus autant fantasmer depuis que nous vivons dans un 'village planétaire'. La valeur qui a monté à la bourse des boucs émissaires est le grand méchant loup gourou psychopathe avec son troupeau de moutons décérébrés. Aujourd'hui il semble que l'arroseur* se retrouve arrosé et qu'un dangereux virage s'amorce pour mettre toutes les religions sous ce vocable méprisant de "secte qui a réussie" que l'on retrouve partout sur internet mais pas encore dans la presse ! Ce qui est déjà à l'oeuvre dans le subconscient va t'il trouver bientôt une occasion de se répandre de façon fulgurante dans les médias ?

*Dans un de ses documents l'association Omnium des Libertés signale qu'en été 1996 elle avait contacté le grand Maître d'une loge maçonnique (qu'elle ne cite pas) qui lui aurait répondu par téléphone ceci: "Je n'ai pas voulu engager mon obédience quand des Dominicains sont venus me proposer de collaborer  à la campagne contre les sectes" précisant qu'ils étaient deux...

06/08/2012

Récapitulatif des risques de la transfusion sanguine

Un reportage réalisée par Jeanita Richard et présenté par Gilles Provost au Canada remet en cause les transfusions sanguines qui seraient souvent données inutilement et parfois au dépens de la santé des patients. Quels sont les risques connus de la transfusion sanguine ? Un petit résumé s'impose afin de briser les tabous encore persistants à ce sujet.

 

 

Voici quelques risques post-transfusionnels (liste non exaustive et remise à jour au fur et à mesure des découvertes):

  • Les médecins ont une opinion tranchée quand il s'agit de transfuser ou pas alors que cet acte n'a jamais été évalué avec la même rigueur que les autres traitements puisque le slogan "donner du sang c'est donner la vie" est érigé en dogme.
  • Selon une étude du Professeur Jacques Lacroix le risque de mourir à l'hopital est 7 fois plus élevé chez ceux qui avaient reçu plus de transfusions sanguines que les autres.
  • Selon une étude du professeur Paul Hébert ceux qui font de l'anémie en recevant du sang ont moins d'oxygénation de leur propre sang
  • La transfusion interfère la cicatrisation en la retardant chez ceux qui subissent une grosse intervention chirurgicale ce qui nuit au patient
  • La transfusion augmente par trois le risque d'infections, d'embolies, de crises cardiaques et de maladies rénales.
  • Une étude américaine révèle qu'après seulement 15 jours de conservation le sang devient plus nocif et deux fois plus mortels: les crises respiratoires et rénales augmentent de 70 % et les autres complications comme les infections généralisées grimpent de 40 % !
  • L'oxygénation est ralenti quand le sang a plus de 15 jours de stockage ce qui est inutile pour le patient.
  • Le sang stocké perd de l'oxyde nitrique, un composant clé, dans les 3 heures qui suivent son prélèvement. Or ce dernier facilite le transfert d'oxygène des cellules des globules rouges du sang aux tissus. Les cellules des globules rouges deviennent plus dures alors que le taux d'oxyde nitrique diminue, rendant le passage dans les petits vaisseaux encore plus difficile
  • L'hépatite C, transmissible exclusivement par le sang, pose des problèmes plus sérieux. En effet, cette maladie évolue, dans la moitié des cas, en hépatite chronique ; laquelle entraîne parfois des cirrhoses ou des cancers du foie. Les risques mortels, liés à l'hépatite C, sont d'environ 10%. Il s'agit donc d'une maladie redoutable... Or, on ne dispose pas de tests parfaitement fiables pour la dépister.
  • Un transfusé ne peut pas donner son sang.

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01/08/2012

Ces pratiques devenues embarrassantes qui rendent la société religiophobe

Ces derniers temps devant la multiplications de faits divers des autorités en Europe tentent de légiférer pour contenir les débordements dans les pratiques cultuelles. Réussir à concilier droits et devoirs devient un véritable casse-tête qui amènent certains élus à s'interroger sur la pertinence d'une harmonisation de la lesgislation au niveau européen. Voici quelques faits parmis d'autres qui ont ravivés le débat sur ces questions et remis en question des pratiques cultuelles.

religiophobe.jpg

  • La judokate Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, l'une des deux premières Saoudiennes présentes aux JO, pourra monter sur le tatami la tête couverte, a annoncé le Comité international olympique. Une exigence en contradiction avec les règlements du judo, qui imposent à ses combattants de se présenter tête nue sur le tatami. Si le voile avait déjà été vu aux Jeux, sur des tireuses par exemple, cela n'avait jamais été le cas en judo, et l'affaire Shahrkhani crée un précédent. Cette autorisation est "un mauvais signe" et "un pas de plus vers l'obscurantisme", a dénoncé ce mercredi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). "Nous sommes inquiets, car nous considérons le sport comme un pas de plus vers l'émancipation", a indiqué Carine Bloch, vice-présidente de la Licra chargée du sport.
  • La justice allemande a estimé que la circoncision d'un enfant pour des motifs religieux était une blessure corporelle passible d'une condamnation, suscitant mardi un tollé de la communauté juive qui y voit une atteinte à la liberté religieuse. Dans un jugement qui devrait faire jurisprudence, le tribunal de grande instance de Cologne (ouest) a estimé que "le corps d'un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision", selon un communiqué mardi. "Cette modification est contraire à l'intérêt de l'enfant qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse", selon ce jugement qui n'interdit pas cet acte à des fins médicales. "Le droit d'un enfant à son intégrité physique prime sur le droit des parents", a-t-on indiqué de même source. Les droits des parents en matière d'éducation et de liberté religieuse ne sont pas bafoués s'ils attendent que l'enfant soit en mesure de décider d'une circoncision comme "signe visible d'appartenance à l'islam", poursuit le tribunal.Selon l’expert en droit Holm Putzke, dans le Financial Times Deutschland, cette décision judiciaire (qui est définitive pour je ne sais quelle raison) est « extrêmement importante pour les médecins car ils ont pour la première fois une base légale sur laquelle s’appuyer. Aucun médecin ne pourra plus à l’avenir prétendre avoir cru qu’il devait circoncire un enfant pas encore en âge de décider pour des raisons religieuses. »
  • En décembre 2011, les députés ont commencé à plancher sur un projet de loi visant à pénaliser le fait de nier la théorie de l’évolution darwinienne ou de soutenir l’intelligent design (dessein intelligent). Le nom du député à l’origine du texte est tenu secret afin d’éviter le harcèlement des groupes extrémistes religieux qui ne manqueront pas de réagir. l’Assemblée parlementaire, dans l’exposé des motifs du texte en préparation, « s’inquiète de l’influence néfaste que pourrait avoir la diffusion de thèses créationnistes au sein de nos systèmes éducatifs et de ses conséquences sur nos démocraties. Le créationnisme, si l’on n’y prend garde, peut être une menace pour les droits de l’homme.
  • Interrogé lundi 5 décembre 2011, sur Europe 1, François Fillon alors premier ministre, exprimait « son sentiment personnel », sur le halal et le casher, a jugé que les religions devraient « réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé. On est dans un pays moderne, il y a des traditions ancestrales qui ne correspondent plus à grand-chose alors qu'elles correspondaient dans le passé à des problèmes d'hygiène. On pourrait y réfléchir », a-t-il avancé. Mais « ce n'est pas le jour et pas le moment d'engager ce débat », a reconnu le premier ministre.

Ainsi, des athées italiens, britanniques et espagnols ont lancé une campagne d'affichage affirmant l'inexistence de Dieu. Leur slogan : "Il n'y a probablement pas de Dieu. Alors maintenant arrêtez de vous inquiéter et profitez de la vie".Cette  campagne athée, affirmant l'inexistence de Dieu et placardée sur 800 autobus de Grande-Bretagne ainsi que dans le métro de Londres.

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Ces faits interviennent alors que le 26 mai 2011 se sont tenus à Paris des États généraux de la laïcité pour une réflexion sur les religions et la laïcité. Etaient invités le Conseil économique, social et environnemental (CESE), la Troisième Assemblée constitutionnelle de la République et l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires. Ce colloque avait pour thème: « La laïcité confrontée au nouveau paysage religieux, spirituel et philosophique français » et était animée par Richard Michel, journaliste, ancien président de LCP-Assemblée nationale. Autant dire que ces préoccupations deviennent de véritables casse-têtes pour les autorités. Ce qui est regrettable ce sont les amalgames.

29/07/2012

France 24 relaya les victoires des Témoins de Jéhovah qui 'ne sont plus une secte'

Lundi 25 juillet 2011 sur France 24* des journalistes objectifs déclarent qu'on ne devrait plus considérer les Témoins de Jéhovah comme une secte suite aux victoires juridiques qu'ils ont remportés récemment:

La journaliste Aude Soufi commente en présence du présentateur Raphaël Kahane: "une victoire après 15 ans de procédure, la CEDH pour la première fois, a admis que les Témoins de Jéhovah ne sont pas une secte comme la France le retenait mais bien une religion; une très bonne nouvelle pour les témoins de Jéhovah".

 

Bon rappel pour ceux qui ne le savaient pas...Mais contrairement à ce qu'on dit, les Témoins de Jéhovah ne faisaient pas partie des 172 " mouvements à caractère sectaire" recensés par la DCRG et répondant à l'un des 10 critères de dangerosité", mais cités à titre indicatif parmi les 173 sectes retenues dans une étude menée antérieurement par les Renseignements Généraux.

 

Pourquoi les journalistes ont-ils souvent associés les Témoins de Jéhovah à ce rapport parlementaire ? Au vu de ce détail fallait-il vraiment les considérer comme une secte ? C'est un amalgame volontaire des médias concocté avec la complicité de certaines autorités. Il fallait donc que la presse rattrape cette grosse bévue. Chose faite. Tout le monde est content maintenant, enfin presque, sauf une poignée d'anciens fidèles remontés, certains religieux et quelques fonctionnaires et élus un peu trop mal engagés dans cette chasse aux sorcières. C'est assez rocambolesque comme histoire, non ?

* On peut retrouver la vidéo parmis d'autres titres dans ce lien!

19/07/2012

Le bonheur: voulez-vous être ou avoir ?

Un homme pêche tranquillement du poisson au bord d'un petit ruisseau quand un homme d'affaires vient lui dire: "Vous savez monsieur moi je ne serai heureux qu'après avoir laissé en héritage à mes enfants une belle maison et tout le confort qui va avec vous voyez à quoi j'occupe mon temps, moi ?". Le pêcheur lui répond: "hé bien moi je n'ai pas besoin de ça pour être heureux; je suis déjà heureux ! Voyez-vous ?" Cette histoire* qui fut rapportée à la télévision par le sociologue Fréderic Lenoir (passage censuré) illustre deux visions différentes du bonheur que partagent beaucoup de personnes aujourd'hui. Quelle est la votre ? Cherchez-vous à acquerir le bonheur ou à être heureux ?

bonheur.jpg

 

Etre ou avoir ?

Le journaliste Alain Crevier a interviewé le sociologue Fréderic Lenoir pour la télévision canadienne à l'occasion de la parution de son livre "Socrate, Jésus, Bouddah-Trois maîtres de vie". Ce qu'il dit n'est pas dénué de sens; voyez par vous mêmes:

En quête de biens ou de sens ? 

Ce qu'il dit est très intéressant. En résumé, face à la mondialisation et le brassage des cultures, les gens en perte de repères veulent se raccrocher à une source d’identité qui les rassurent et les rattachent à une tradition ou à une histoire; ce qui est l’inverse de la spiritualité qui est personnel et qui nourrit plutôt l’esprit pour rechercher un sens à sa vie; comment vivre plus heureux etc…

Le bonheur et notre malheur ne proviennent pas des évènements extérieurs. Beaucoup pensent spontanément qu’on va être heureux ou malheureux  parce qu’on va avoir tel évènement qui va nous arriver; on fait telle rencontre, on gagne au loto ou à l’inverse si on connaît tel échec on va être malheureux…

Les 6 milliards d'humains ne peuvent pas tous vivre comme des américains en ayant tous 2 voitures, 3 téléviseurs, 3 ordinateurs etc...Cela serait une catastrophe sur le plan écologique !

Mais direz-vous comment peut-on être malheureux et pourtant riche ?

'Le pouvoir trompeur de la richesse'

L'actualité nous donne quelques cas intéressants et révélateurs à examiner:

Des personnes qui ont récemment touchés de grosses sommes au loto ont vu leur vie transformée en calvaire. D'abord euphoriques, ils ont déchanté face aux trop nombreuses sollicitations de leur proches ou de leurs banquiers:

 

milliardaire.jpgPascal Brun, le désormais fameux 'boucher de Bègles' a gagné 26 millions d'Euros en 2004. Petit artisan presque sans histoire, il fut arrêté plusieurs fois pour conduite en état d'ivresse, et est une première fois condamné à 210h de travaux d'intérêt général (ramasser des poubelles) et sa Ferrari est saisie. En 2009, il touchera le fond. A nouveau contrôlé positif à l'alcool alors qu'il conduisait, il propose 1 000 euros aux policiers pour passer l'affaire sous silence. Résultat : procès pour conduite en état d'ivresse et tentative de corruption de fonctionnaire ce qui lui a valu 6 mois de prison dont 3 ferme, annulation du permis de conduire, saisie de sa deuxième Ferrari et 500 euros d'amende à verser aux policiers pour préjudice moral.ordelaise. Du jour au lendemain, le boucher vend son commerce et change de vie.                                                                        Selon ses proches, cités par le JDD en aout 2009, il a été cambriolé. Son neveu l'a été aussi. Un artisan qui faisait des travaux chez lui a volé un chèque et encaissé 20.000 euros. La famille reçoit des demandes d'argent en permanence. Un curé pour le toit de l'église, des maires, des gens qui se disent malades du sida, des bouchers etc...! Passé un temps, le courrier qu'ils recevaient dans une même journée représentait une pile de 15 cm d'épaisseur...' Bref un vrai calvaire !

milliardaire 2.pngAutre exemple; en 2002, Michael Carroll, un jeune Anglais de 18 ans remporte le gros lot de la loterie britannique et empoche plus de 11 millions d'euros. Il va se gâter et gâter ses proches. Il s'achète une maison et inonde son entourage de cadeaux. Facture : 4 millions d'euros. Il ne s'arrête pas là. En 5 ans il va dépenser 1,2 millions dans des jeux d'argent, presque 1 million en gadgets high tech, 500 000 euros pour des voitures, 400 000 dans la déco de sa maison, 270 000 euros de cocaïne, 117 000 euros avec des prostituées, 80 000 de voyages et pour finir 1,2 millions dans un club de foot...Michael mène une vie de rock star. Il s'autoproclame 'roi des lascars' titre qu'il fait graver sur le capot de l'un de ses luxueuses berlines. En moins de 10 ans, Michael Carroll a dilapidé sa fortune. Ruiné, il a revendu sa grande demeure du Norfolk dévastée par les fêtes 1 million de moins que le prix qu'il l'avait payée. L'Anglais est même passé par la case prison pour des problèmes de drogue et d'alcool. À presque 36 ans, Michael Caroll vit désormais des aides sociales, dans un modeste appartement. En 2011, en proie à des problèmes de couple, il a tenté de se suicider. Deux fois.

Toujours en 2002 mais aux Etats-Unis cette fois, Jack Wittaker empoche ce qui était à l'époque le plus gros gain de l'histoire de la loterie américaine pour un gagnant unique : 315 millions de dollars. Ce businessman de 55 ans s'est mis à dépenser des sommes folles en alcool et visites dans des clubs de strip tease jusqu'à attirer l'attention de personnes mal intentionnées. En 2003 et 2004, sa voiture est cambriolée et c'est à chaque fois le jackpot pour les voleurs. La première fois, ils repartent avec 545 000 dollars en cash et la deuxième avec environ 200 000 dollars...Trois mois plus tard sa petite fille meurt d'overdose et ensuite sa propre fille.  Mis à part les tragédies personnelles, Whittaker a eu un certain nombre de procès intentés contre lui en raison de sa popularité. Il a avoué son regret de ne pas avoir déchiré son ticket de loterie !

Face à l'idéologie de l'avoir

Ces exemples parmi d'autres illustrent bien 'le pouvoir trompeur de la richesse' dont a parlé Jésus selon les Évangiles (Matthieu 13:22). Accumuler des biens peut sembler être un gage de bonheur; en réalité c'est cumuler les soucis. Le véritable bonheur se développe intérieurement et se contente de très peu. Des générations gavées de publicités cherchaient à avoir du bonheur sans toutefois se préoccuper de l'être intérieur; la spiritualité. La crise économique nous rappel pourtant que dans cette course frénétique aux biens, nous ne pouvons plus vivre avec cette disparité de richesses, en dépouillant les ressources de la terre avec d'aussi grosses dépenses energétiques. En réalité, plutôt que de coller des sparadraps c'est le système entier qu'il faut revoir. Peut-on se contenter de repeindre en rouge ou bleu ou vert un bateau sur le point de couler ?

*Fréderic Lenoir lors de son interview sur France 5 dans l'émission 'C à vous' donne cette illustration qui a été retirée de la vidéo (qui n'est plus disponible) et qui a été donnée à une Assemblée des Témoins de Jéhovah.