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20/05/2015

Génocides du Rwanda: entre la complicité des églises et l'échec de l'ONU

         (En mémoire à toutes les victimes innocentes des génocides du Rwanda à qui on devra la vérité)

Comment peut-on quitter une école retranchée qui abrite des centaines de familles et enfants quand derrière ses murs circulent des centaines de criminels, assoiffés de sang, armés de machettes, pour la plupart ivres et drogués ? C'est pourtant ce qu'a fait un contingent d'une centaine de casques bleus belges de l'ONU le 11 avril 1994 ! La suite fut une désolation horrible pour les plus de 2000 réfugiés qui se sont fait massacrés sauvagement sur place...Alors que le  Rwanda a connu plusieurs génocides un Tribunal pénal international pour ce pays (TPIR) vient d'établir des faits qui ont été longtemps renié...Voici le décryptage saisissant du carnage insoutenable qui en dit long sur les mécanismes de la manipulation des foules. Les récentes révélations font froid dans le dos (âme sensible s'abstenir).

Le Rwanda l'un des plus beaux petits pays d'Afrique qui comptait environ 7,9 millions d'habitants en 1994 a perdu en seulement 2 mois un huitième de sa population dans des massacres d'une sauvagerie qui dépasse l'entendement humain. Comment en est-il arrivé là ?

Les racines du génocide du Rwanda

On ne peut pas comprendre cette effroyable tuerie aveugle si on ne met pas les événements dans leur contexte.

cvg.jpgLe Rwanda est probablement le dernier pays d'Afrique exploré et colonisé par les européens. C'est à la Conférence de Berlin, en 1884, que les puissances coloniales vont se partager le continent africain. Les allemands vont s'atribuer le Ruanda-Urundi. Le comte allemand Gustav von Götzen (photo ci-contre) sera le premier Européen à traverser le Rwanda et être reçu à la cour du roi (Mwami) Kigeri IV Rwabugiri. Il sera le premier gouverneur du Rwanda sous mandat germanique. En 1894 il traversa le pays en 4 semaines et trouva les hutu dans une dépendance d'esclaves des Tutsi.

Bien qu'on ne possède que très peu de traces de son histoire plus lointaine, le Rwanda est composé de 3 ethnies différentes: les Hutu (majoritaires à 80% en 1994), les Tutsi (15%) et l'infime minorité Twa (1 %).

Les premiers colons allemands trouvèrent la population du Rwanda divisée en trois groupes :

  • Les agriculteurs Hutu (ou Bantou)
  • les chasseurs, cueilleurs et potiers pygmées Twa (ou Batwa)
  • les éleveurs, et chefs des armées Tutsi (ou Batutsi)

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Les premiers colons furent très impressionnés par la monarchie rwandaise, et considérèrent cette catégorie, les Tutsi, comme une « race » supérieure, assimilant aussi tous les Tutsi à ceux de la cour royale. Pour eux, les Tutsi sont plus grands (avec une taille de 1m80 à 2m10), plus clairs de peau, avec un nez plus long, plus beaux, plus intelligents, plus fiables, plus travailleurs, plus semblables aux européens en somme, ce qui les rendrait plus aptes à diriger. Ils constituaient un intermédiaire idéal utile c'est pourquoi les colons envoyèrent leurs enfants à l'école pour en faire une élite. Notons que certains Hutu pouvaient devenir Tutsi (en fonction de leur bétail) et vice versa.

ethnologues.jpgCes stéréotypes confortèrent l'idéologie ethniste et génocidaire. Des siècles de brassage entre ces trois groupes ont été parasité par de forts préjugés encouragés en partie par des colonisateurs occidentaux influencés par la théorie de Darwin sur la supériorité des races sur d'autres.

Pour contrecarrer les missionnaires anglicans le gouvernement allemand avait encouragé la fondation d’une première mission catholique. Celle-ci se révèlerait utile également dans l'éducation des foules. Dans cet œuvre d'exploitation, l'entreprise colonisatrice bénéficia d'un précieux pilier; le clergé catholique très présent. Pour garder la mainmise, à l'unisson ils vont contribuer à implanter localement de forts préjugés tribaux. Les premières missions catholiques à s'établir furent des Jésuites de l'OPUS DEI qui y voyaient l'occasion de créer une dictature catholique par le biais du Vicariat du Nyanza (Territoire sous juridiction de l’Église catholique indépendamment de l'autorité coloniale), lequel s'implanta de 1894 à 1929.

Les missionnaires qui semèrent la haine tribale

lavigerie.jpgLe cardinal Charles Martial Lavigerie (1825-92) fut le fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères blancs; une branche des Jésuites) qui devait pousser des études ethnographiques sur place pour les besoins de la science. En 1874, il déclarait à ses missionnaires qu’ils sont 'destinés par Dieu à être des instruments de ses miséricordes pour tant d’âmes plongées dans les ténèbres les plus affreuses de la barbarie'. A cela s’ajoute la fameuse malédiction des "Noirs" qui seraient les descendants de Cham le "maudit" fils de Noé (ce qui est bibliquement erroné). Dans ce contexte, dès 1890 le Cardinal charge l’Évêque Jean Joseph Hirth de consolider l’Église catholique dans la région et en particuliers au Rwanda.

Alors que les membres du clergé avaient une influence considérable sur les administrateurs et la royauté locale, dès 1919 des pères blancs ont changé d'attitude à l'égard des Tutsi. Selon un témoignage, "le père Brard admirait les Tutsi pour leur air intelligent, éveillé, curieux, mais discrets cependant, convenables dans leurs manières et méprisait les Hutu. Mais après quelques mois de relations fréquentes et frustrantes avec les Tutsi, [il] se mit à détester les chefs Tutsi: certains furent humiliés et contraints de transporter des briques..." En 1922, les pères Brard, Schumacher, Barthélémy déclenchèrent donc un vaste programme d'Inquisition, soutenu en sourdine par l'Evêque Léon-Paul Classe au Rwanda et le père Canonica au Burundi. Dans le contexte antisémite de l'époque le clergé stigmatisa les Tutsi 'd'ancêtres des juifs et d’envahisseurs'. Il y avait alors 30 000 missionnaires dans ce petit pays de plus de 4 millions d’habitants !

L'administrateur du Rwanda Richard Kandt écrira: "Si l’on fait abstraction de ce qu’il conviendrait plutôt d’attribuer à leur personnalité, tous les supérieurs [de missions catholiques], dans les premiers années de leur mission, avaient en commun une solide haine couplée à la méfiance envers les Watussi et des prises de position injustes contre les chefs ". L’évangélisation du Rwanda a été mise en œuvre dans la perspective d’évincer en même temps le pouvoir des Batutsi.

Plus tard (1923), suite à la défaite de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, la Belgique se verra confier l'administration du territoire Ruanda-Urundi par la Société des Nations (ancêtre de l’ONU). La Belgique confiera l'éducation de la population à L’Église. Elle était donc en terrain "fertile". L'éducation étant faite par l’Église, le Rwanda était appelé à être l'idéal chrétien: "le royaume de Dieu" sur terre".

 La question controversée de l'origine juive des Tutsis

 Pour certains historiens tout comme l'Institut Havilah (du nom de la célèbre région biblique selon la Genèse difficilement localisable les Batutsis sont d'origine hébraïques et descendraient de Salomon. « Nous lançons un appel à Israël et à la Communauté Internationale pour condamner et prendre des actions contre toute violence anti israélite, perpétrée par les non-israéliens à travers l'Afrique, sur plus de 500.000 Tutsi-Hébreux Israéliens au Rwanda. »- Le journal Jérusalem Post du 23 novembre 1998. D'autant plus que les Tutsis étaient réputés plus grands de tailles que les hutus ce qui correspondait à l'idée qu'on se faisait de ses ancêtres juifs. Ne voulant pas créer de nouveaux mythes sur les cendres des anciens, la Fondation Ntarama estime que l’enjeu de la théorie « radicaliste » de l’Institut  Havila est plus de nature politique qu’historique. S'il y a bien des juifs d'Afrique, il est difficile de bien retracer leur généalogie. Certains musulmans maliens ont, par exemple, des patronymes hébreux qui furent arabisés. Certains de leurs rites rappellent des pratiques religieuses juives.

 
Les Belges vont s’appuyer sur le Roi pour gouverner et favoriseront les Tutsi à qui ils confieront des tâches administratives importantes, quoique toujours subalternes. 

Alors que les pères blancs trouvaient les Hutu plus dociles pour en faire des adeptes les missionnaires protestants misaient sur les Tutsi. Les chefs Tutsi finirent par mépriser ouvertement les missionnaires étrangers. Du même coup, aux yeux de ces derniers, la "race supérieure" devenait "hautaine", "arrogante" et "hypocrite"... Les prêtres se faisaient donc un malin plaisir de maltraiter et d'humilier les chefs Tutsi !

"Les chefs, nous les avons laissés à l'écart. On a trop dit, un chrétien vaut mieux que dix Batutsi...nous avons souvent laissé à l'écart les Batutsi: trop riches, trop hostiles, ils ne sont pas encore mûrs pour notre sainte religion"- Note de l’évêque Léon-Paul Classe dans une lettre au supérieur général en 1907 ; Rutayisire, p.41.

La plupart de ceux qui étudient l'histoire des haines tribales du Rwanda accusent ouvertement les missionnaires qui ont évangélisé le Rwanda d’en être en partie responsables, pour avoir voulu à la fois semer et entretenir le bon grain et l’ivraie. En 1994 plus de 90% de la population se réclamait du christianisme, avec environ 73% de catholiques et 20 % de protestants.

Reste qu'en Kinyarwanda, la langue du pays, il n'existe pas de terme pour désigner l'ethnie. Les cartes d'identité « ethniques », instituées par les colons belges en 1931, utilisent le mot ubwoko, qui désigne en fait le clan. Comment ces stéréotypes ont-ils conduit aux massacres les plus sauvages du XX ème siècle ?

Chronologie du génocide tribal

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  •  Dans les années cinquante, l’élite tutsi formée en Europe était acquise aux idéaux tiers-mondistes et manifestait sa volonté d’indépendance, en allant jusqu’à contester l’omnipotence de l’Église. Dans ce pays devenu une théocratie catholique, c’était littéralement insupportable pour l’Église qui faisait du Rwanda-Urundi son fief et sa base d’implantation en Afrique centrale. Elle inversera donc ses critères de valeurs, idéalisant les Hutu comme « un peuple de Bantou très croyants, simples mais honnêtes et travailleurs », assujettis par « de cruels féodaux tutsi »
  • En 1956, le roi Mutara Rudahiga commence à discuter avec l’ONU afin d’obtenir l’indépendance du Rwanda. Il mourra 3 ans après dans des conditions mystérieuses.
  • En 1957, un séminariste catholique hutu, Grégoire Kayibanda (qui deviendra président du Rwanda) fait publier des Notes sur l’aspect social du problème racial indigène au Rwanda connu sous le nom de Manifeste des Bahutu. Ce texte fondateur des deux premières Républiques rwandaises a été rédigé par deux Pères Blancs belges, les Pères Ernotte et Dejemeppe, sous la supervision de Mgr Perraudin. Ce texte traduit bien le racisme « biologique » de leurs auteurs occidentaux.
  • eveque.jpgLe 11 février 1959, l’Évêque André Perraudin fait lire une lettre pastorale qui confortera l'intégrisme ethnique dans toutes les paroisses (ce qui fera de lui un des principaux idéologue et inspirateur de la Révolution sociale): « Dans notre Rwanda les différences et les inégalités sociales sont pour une grande part liées aux différences de race, en ce sens que les richesses d’une part et le pouvoir politique et même judiciaire d’autre part, sont en réalité entre les mains d’une même race » Ayant une énorme influence politique, il sera l'un des inspirateurs de la politique génocidaire en place. Il assimilera le retour des tutsi exilés à une "menace communiste qui vient de Satan".
  • En 1959 Kigeli V Ndahindurwa devient roi ce ne plaît ni aux représentants de l’Église, ni aux Hutu qui désirent être intégrés au nouveau gouvernement.Les manifestations vont dégénérer en guerre civile et beaucoup de Tutsi  sont tués. Les principaux promoteurs de la violence raciste sont les Pères Bellomi, Duchamp, Noti, de Vincke, Paul Klep, Jules Guyssens, Aelvoet, Dejemeppe, Endriatis, Ernotte et Perraudin — ce dernier en étant l’animateur principal —, tous mis en cause par des prêtres rwandais« pour avoir prêché ouvertement la haine contre les Tutsi, avoir encouragé et aidé les groupes responsables des violences».
  • Le 25 septembre 1960, un référendum est organisé. Ceux qui y participeront voteront à 80% pour la mise en place d’une république chrétienne et ethnique. L'ancien gouvernement quitte le pays vers l'Ouganda, ainsi que plus de 200 000 tutsi.
  • Aussi, en 1961, le parti politique hutu Parmehutu obtiendra 78% des sièges à l’Assemblée nationale du Rwanda. Pour la Belgique et l’Église catholique c’était, face à la volonté d’indépendance de l’élite tutsi, un moyen politique astucieux de préserver leur tutelle. Il formera le premier gouvernement hutu. Suite à ces événements, le Conseil de tutelle des Nations Unies insistera pour que la Belgique accorde l’indépendance au Rwanda. L’indépendance du Rwanda sera donc proclamée le 1er juillet 1962. Le 26 octobre 1962, Grégoire Kayibanda devient le premier président de la République du Rwanda.
  • En décembre 1963 suite à des combats à la frontière avec des éxilés qui reviennent, par représailles entre 8 000 et 12 000 hommes, femmes et enfants tutsi sont massacrés au pays. Le journal Le Monde évoque un génocide (édition du 4 février 1964)
  • En 1973, à la suite d'une violente campagne anti-tutsi dans les institutions scolaires, un coup d’État a lieu, et Grégoire Kayibanda est remplacé par son ministre de la défense, le général Juvénal Habyarimana. Le nouveau président Habyarimana ne sera pas aussi drastique dans sa politique de discrimination ethnique qui empêchait les Tutsi d’accéder à des postes de responsabilité politique. Il appliquera plutôt un système de quotas. Seuls 10% des Tutsi seront admis dans les écoles, les universités et les emplois, et presque aucun Tutsi ne pourra accéder à un poste de maire ou de préfet. Une nouvelle vague de Tutsi prendront le chemin de l'exil à la suite de ces événements.
  • En 1975, Habyarimana fondera son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND) dont la politique ethniste et raciste sera soutenue par l’Internationale Démocrate 'Chrétienne' (IDC) dont le secrétariat est basé à Bruxelles. Sur place les prêtres géraient les affaires du parti ! Pour aller à l'école les enfants devaient être baptisés.
  • En 1980 l'IDC organise sa première réunion publique international en Afrique à Kigali alors que le parti était une dictature qui enfermée en prison tous ceux qu'elle jugeait gênant. Grisée par son pouvoir l’Église possédait les meilleurs terres du pays alors que le menu peuple connaissait la misère. Il n'était pas question de mettre en place une politique de contrôle des naissances (vu que la contraception fut interdite) en royaume chrétien. Ce qui explique la forte croissance démographique du pays.
  • En 1987, les exilés tutsi s’organisent et forment le Front patriotique rwandais (FPR).
  • Après avoir été formé dans des écoles militaires aux Etats-Unis et à Cuba, Paul Kagame lance au début des années 1990 des opérations militaires du Front patriotique rwandais (FPR) depuis l'Ouganda avec d'autres exilés tutsis rwandais
  • Le Pape Jean Paul II se rend au Rwanda très catholique en septembre 1990.
  • L’Armée patriotique rwandaise (APR), la branche armée du FPR, attaqua le nord du Rwanda le 1er octobre 1990. Environ un million de personnes essentiellement des hutu fuient les combats et se déplacent vers le sud.
  • Aussitôt, le président Habyarimana demanda l’aide des pays alliés, dont la France, la Belgique et le Zaïre. En même temps, à Kigali, les Tutsi sont traqués, car ils sont considérés comme des traîtres qui supportent le FPR. Pour Mittérand le FPR est une menace de la prépondérance anglo-saxonne sur un territoire francophone, un ennemi des intérêts de la France.
  • Dès le 4 octobre 1990, la France, le Zaïre et la Belgique interviennent brièvement pour aider à évacuer des occidentaux. Le soutien militaire français fort de 688 hommes est maintenu sous la dénomination opération Noroît jusqu'à la mise en place des troupes de l'ONU. Le ministre de la coopération Robert Galley témoignera que l'armée française a bien été utilisée afin de stopper l'avancée du FPR. De 1990 à 1993 les FAR sont formées et réorganisées par l'armée française, pour contrer les attaques du FPR. Au nom d'une opération secrète, les livraisons d'armes qui ont été effectuées pour cela vont finalement servir aux génocidaires !

    Des machettes financées par une association vaticane

    Au moins cinq cent mille machettes avaient été achetées par le Rwanda entre 1992 et 1994 pour une valeur de 725.669 dollars américains, provenant du détournement des aides extérieures. Parmi ces machettes, 816 auraient été achetées en commande spéciale par Caritas-Rwanda, le 5 août 1993, auprès d’une société locale de Kigali, Rwandex-Shillington. Ces machettes ont ensuite été distribuées dans tous les centres de santé et centres nutritionnels de l’Église catholique du Rwanda, partout dans le pays. Caritas est une association vaticane à laquelle est affilée le Secours Catholique français.

 

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  • Le général Varret, de l'armée française, a rapporté aux députés français avoir entendu en 1990 du principal responsable de la gendarmerie rwandaise l'explication suivante à propos des Tutsis : « ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider »
  • Les autorités de Kigali entament dès octobre 1990 une politique de traque des Tutsi à l'intérieur du Rwanda. Plus de 10 000 Tutsi sont emprisonnés. La majorité d'entre eux échappe aux exécutions envisagées grâce aux interventions de la communauté internationale et des ONG. L'ambassadeur de Belgique prendra spectaculairement et courageusement la parole au nom des Droits de l'Homme au milieu de milliers de Tutsi détenus dans le stade Amahoro à Kigali. Malgré ces interventions, plusieurs dizaines de prisonniers succombèrent aux tortures pendant les interrogatoires dans les diverses prisons du pays.
  • Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d'état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un génocide contre les Tutsi. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le régime d'Habyarimana.
  • En décembre 1990 sont publiés et diffusés les 10 commandements hutu parmi lesquels celui de "cesser d'avoir pitié des tutsi".
  • Dès janvier 1991, dans le Nord-ouest du pays le massacre de la tribu minoritaire Bagogwe (apparenté aux tutsi) est organisé dans des camps où sont aussi installés les formateurs de l'armée française qui prétendent n'avoir rien remarqué. Ce massacre sera perçu comme une répétition du génocide. Les autres Tutsi sont traqués par leur voisinage, au gré de l'obéissance des autorités locales aux injonctions gouvernementales. La Fédération internationale des Droits de l'Homme fera deux rapports en 1992 et 1993 sur ces événements pré-génocidaires.

« Là il y avait une queue de véhicules qui attendait un contrôle. La tension était à vous couper le souffle. De loin j’ai aperçu les autos blindées [...] avec comme chauffeurs des militaires blancs. Mes amis canadiens ont chuchoté : “les Français”… Nous avons vu les militaires qui contrôlaient, les miliciens qui tenaient les barrières en agitant les machettes dans tous les sens. [...] Je me suis rendu compte que parmi les militaires il y avait aussi des Français qui demandaient aussi les cartes d’identité des Rwandais où figurait la mention “Hutu, Tutsi, Twa”. Les Tutsi se faisaient sortir de la voiture et les militaires français les remettaient aux mains des miliciens agacés qui les coupaient à coups de machettes et les jetaient [...] au bord de la grande route [...]. »-Témoignage d'une rescapée dans un bus fuyant le pays en avril 1991 à Ruhengeri, au croisement de la route de Kigali et de la montée vers les volcans.(cité dans le Communiqué de presse du 22 mars 2004 de la « Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 », Paris du 22-26 mars 2004)

  •  En 1992, le MRND créera la tristement célèbre milice Interahamwe (qui signifie en kinyarwanda « ceux qui combattent ensemble »). Les partis d’opposition remporteront les élections et le président Habyarimana perdra progressivement une grande partie de ses pouvoirs. Mais le président avec les milices Interahamwe et la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) qui seront les principaux organes du génocide s'autoqualifieront de Hutu Power. La radio qui appelle au meurtre des Tutsi dès 1992 est un élément important du conditionnement des esprits. Parmi ses animateurs un belge Georges Riggiu proche de l'IDC qui lança des prêche haineux contre les tutsi sur fond religieux !
  • Au début de 1993, le FMI et la Banque mondiale mettent fin à l’aide monétaire qu’ils offraient au gouvernement en place. Le Président Habyarimana est donc contraint de signer les accords d’Arusha (Tanzanie) qui prévoient la mise en place de nouvelles institutions de transition. La mise en œuvre de ces accords est partiellement retardée par le président Habyarimana dont les alliés extrémistes de la CDR (Coalition de défense de la République) n’acceptent pas les termes.
  • Le 3 mars 1993, face aux accusations de la presse sur place, « pour renverser les charges », le général Quesnot propose au président Mittérand d'incriminer la rébellion en exigeant « une réorientation forte et immédiate de l'information des médias [français] sur notre politique au Rwanda en rappelant notamment (…) les graves atteintes aux droits de l'homme du FPR : massacres systématiques de civils, purification ethnique, déplacement de population… ».
  • bago.jpgA la fin de l'année 93 le pouvoir ne pourra plus contrôler les milices ou escadrons de la mort qui font régner la terreur dans les rues sous la direction du colonel de l'armée Theoneste Bagosora. Il a organisé "dans l'ombre" la distribution des machettes et les mouvements des milices sanguinaires pour qu'elles "tuent 1000 tutsi à la minute".
  • Arrivée de la MINUAR, le contingent des casques bleus commandée par le général Dallaire en décembre 1993 avec environ 2 300 hommes, essentiellement des Bangladais, des Belges et des Ghanéens.
  • Dans un câble crypté le général Dallaire, commandant la MINUAR, informe le Secrétaire général de l'ONU, le 11 janvier 1994, de la mise en place de listes de Tutsis dressées.
  • Dans un télégramme diplomatique du 12 janvier 1994, l'ambassadeur de France à Kigali rapporte les confidences d'un informateur du représentant des Nations unies, qui lui a livré les détails « graves et plausibles » d'un plan de déstabilisation radicale du pays grâce à des provocations contre les troupes du FPR à Kigali, pour susciter une riposte. « Les victimes rwandaises que ne manqueraient pas de provoquer ces réactions seraient alors le prétexte à l'élimination physique des Tutsis de la capitale », explique le diplomate
  • En mi-mars 1994, selon ses aveux qu'il fera plus tard, le père Theunis connaissait le but des extrémistes de la CDR (la Coalition pour la défense de la République et de la démocratie) : « recommencer les massacres de 1959 »
  • Le 3 avril 1994, un message bizarre est diffusé sur la RTLM: "Le 4 et 5 avril il va se passer un petit quelque chose à Kigali en ces journées de Päques; une petite chose est prévue à Kigali, cette chose va continuer les jours suivants". Pour certains c'est un aveu de planification du génocide.
  • Le 6 avril 1994, l’avion du président Habyarimana est abattu par des missiles sol-air alors qu’il s’apprêtait à atterrir à Kigali. Les deux parties antagonistes vont s'accuser mutuellement pour cet assassinat. Les membres dissidents du gouvernement, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana ainsi que des opposants, sont éliminés dès le lendemain et un gouvernement intérimaire est mis en place à l'ambassade de France, avec Jean Kambanda pour premier ministre. C’est le début du génocide.
  • Le jour même la Radio RDMC ('radio machette') utilise le drame pour inciter les hutu à éradiquer les tutsi en diffusant la liste des noms des personnes à éliminer.

Kantano_Habimana.jpg « Les Inyenzi-inkotanyi [cafards-Tutsi] sont une race de gens très mauvais. Je ne sais pas comment Dieu va nous aider à les exterminer…Continuons à les exterminer pour que nos petits enfants n’entendent plus parler d’Inkotanyi. » « Réjouissons nous, amis ! Les Inkotanyi ont été exterminés…Dieu est juste ! »-Déclaration chantée de Kantano Habimana (probablement drogué), Radio Télévision Mille Collines, 2 juillet 1994.

  •  Le 7 avril, la garde présidentielle assassine le premier ministre qui s'apprêtait à lancer un appel au calme à la radio nationale. Dix casques bleus belges qui assuraient sa protection sont désarmés et eux-mêmes assassinés plus tard dans la matinée.
  • Les journalistes à la radio RTLM entrain de fumer de la drogue appelèrent la population hutu à dresser des barrages pour servir "d’abattoirs". Ils encouragent les tueurs à prendre de la drogue "pour avoir plus de courage et à ne laisser passer aucuns cafards qu'il faut massacrer."
  • baril.jpgSelon plusieurs sources Paul Barril (ancien responsable du GIGN et conseiller du Président Juvénal Habyarimana) aurait été l’intermédiaire dans l’achat de deux missiles sol-air, entre novembre 1993 et février 1994, pour le compte du Hutu Power. L'ex-gendarme affirmera plus tard agir sur les ordres de François de Grossouvre (de l'Elysée). Il se vanta d'avoir assuré la défense de Kigali face aux rebelles du FPR sous l'opération appelé "Insecticide" financée par l’État français (ce fut sous le qualificatif de cafards qu'on traitait les tutsi)
  • Le 7 avril, le jour même, François de Grossouvre, le conseiller international des avions Marcel Dassault du président Mittérand est retrouvé mort à l'Elysée ! Celui qui était comme les yeux du président et qui avait tissé de grands réseaux d'affaires et politiques en Afrique (étant franc-maçon) était devenu subitement la bête noire du président. La thèse du suicide est officiel alors que le rapport d'autopsie précise que le corps de Grossouvre présentait « une luxation avant de l'épaule gauche et une ecchymose à la face ». En réalité étant proche d'Habyarimana il fut probablement impliqué dans le génocide. En savait-il trop ? Le mystère demeure. La coïncidence est tellement évidente qu'elle amène à penser que l’Élysée était tellement impliquée qu'elle a voulu cacher certaines choses gênante en rapport avec le Rwanda.
  • Beaucoup d'églises dans lesquelles viennent se réfugier des milliers de Tutsi deviennent "des chambres de la mort" où des miliciens viennent achever un par un les tutsi, femmes enfants compris, avec la complicité et parfois l'aide des membres du clergé !
  • Du 7 au 10 avril des milliers de Rwandais cherchent refuge dans les divers cantonnements de la MINUAR. Celle-ci se trouve débordée et n'a pas les moyens de leur apporter eau et nourriture.
  • Le 8 avril 1994 la France et la Belgique évacuent leur ressortissants. Les soldats n'ont pas le droit de confisquer les armes ni d'intervenir. Le colonel Marchand du contingent belge avouera plus tard que "si ses supérieurs avaient une vision plus responsable des choses, il avait suffisamment de troupes sur place pour empêcher que le génocide démarre à Kigali"
  • Le 9 avril, madame Agathe Habyarimana la veuve du défunt président est exfiltrée en France et reçoit une gerbe de fleurs, un appartement en dotation et 200 000 francs pour frais de bouche- (L’Inavouable, Les Arènes, 2004, de Patrick de Saint-Exupéry, page 259.)
  • Dans un communiqué du 10 avril 1994, publié dans l'Osservatore Romano, les évêques de l’Église catholique du Rwanda, apporte clairement leur soutien au nouveau gouvernement intérimaire et aux forces armées rwandaises.
  • Le 11 avril 1994, sur ordre de l'état-major belge, les soldats belges de la MINUAR cantonnés dans l’École technique officielle Don Bosco (ETO) , dans l’est de la capitale, se replient pour aller renforcer l'aéroport, abandonnant de fait les plus de 2000 rwandais qui s'étaient réfugiés à l'ETO à leur sort. Ceux-ci sont aussitôt massacrés (voir en introduction). Une centaine de rescapé a réussit à survivre.
  • Alors que les appels à envoyer des hommes de Boutros Ghali le secrétaire général de l'ONU restent lettre morte pour des raisons financières, le 21 avril 1994, la résolution 912 de l'ONU réduit les effectifs de la MINUAR à 270 personnes, soit 10 % de ce qu'elle était sur le terrain et 5 % de ce qui avait été prévu initialement. Le représentant du Rwanda à l'ONU fait passer son pays comme "victime d'une invasion étrangère" pour susciter la sympathie des autres pays. La secrétaire aux affaires étrangères Madeleine Albright, et l'ambassadeur français à l'ONU firent pression pour que le terme génocide ne soit pas employé tout en parlant de "guerres ethniques". Les troupes doivent se retirer ce qui suscite la colère des casques bleus sur place.
  • L'armée française qui a évacué les ressortissants vers la métropole avait reçu la mission secrète de protéger la famille du président déchu et le directeur de la radio des milles collines en les exfiltrant sous protection ! Elle devait aussi empêcher le FPR de progresser. Elle livra donc des minutions aux soldats rwandais qui ont les mains plein de sang.
  • Le 27 avril, au milieu du génocide, Jean-Bosco Barayagziwa, idéologue et leader du Hutu Power fut reçu officiellement à l'Élysée, à Matignon et au Quai d' Orsay, par François Mitterrand, Édouard Balladur et Alain Juppé . Pourquoi s' en offusquer ? « Dans ces pays-là, un génocide, c'est pas trop important », confiera le Président à des proches, durant l'été 1994 .
  • Le 8 juin 1994, 2 mois après que ses observateurs soient sur place,  le Conseil de sécurité de l'ONU dénonce des actes de génocide commis au Rwanda.
  • Le 22 juin 1994, la France intervient au Rwanda dans le cadre de l'opération Turquoise, autorisée par la résolution 929 des Nations-Unies (Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression), elle est dotée du mandat de pouvoir agir par la force, mandat qui a toujours été refusé à la MINUAR qui intervenait au titre du chapitre VI. Les zones d'intervention de la France, au sud-ouest du Rwanda, sont négociées avec le FPRL. Mais l'opération Turquoise fut ainsi un formidable trompe-l'œil. L'alibi humanitaire ne trompait que les caméras complaisantes. Le corps expéditionnaire français de plus de 2500 militaires était équipé de véhicules blindés, pour le combat. Il s'avéra souvent incapable de transporter et sauver les survivants Tutsis qu'il découvrait : drôle d' opération humanitaire ! Les organisateurs du génocide préparèrent un accueil triomphal aux troupes françaises. Leur station de radio, RTLM , avait même pensé aux détails. Plusieurs jours avant l'arrivée des Français, elle diffusait des messages du genre : « Vous, les filles hutu, lavez-vous et mettez une belle robe pour accueillir nos alliés français. Toutes les filles tutsi sont mortes, vous avez vos chances .»

La complicité de la France dans le génocide

Pour Annie Faure de l’association sur place des Médecins du Monde,  « l’opération Turquoise a permis de  tuer plus de Tutsi, elle a été faite pour sécuriser les tueurs et leur permettre d’exterminer les Tutsi restant. Par cette opération la France a entérinée sa solution finale à elle. ».

 

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  •  Le 28 juin 1994 les soldats français arrivent dans la forêt du Bisesero pour aider 50 000 tutsi entourés par des meutes de tueurs sauvages hutu lourdement armés et épaulés par des militaires et gendarmes rwandais formés eux-mêmes par des instructeurs français. Comme les tueurs s'étaient cachés, ils repartent et promettent de revenir dans 3 jours. En revenant, ils découvrent malgré les tueries parfois à la grenade, une sorte de foyer de résistance qui ressemblera au ghetto de Varsovie.  Ils installent les quelques centaines de rescapés dans un camp.
  • De son côté les troupes du général Belge Dallaire vont sauvé environ 30 000 tutsi.
  • Tout au long du mois de juillet l'armée française va permettre à des milliers de génocidaires hutu de fuir au Zaïre (actuel Congo) dans des camps de refugiés pour éviter les poursuites et représailles du FPR qui en avançant par le nord en exécutant des hutu (entre 25 et 45 000 ). Des exactions génocidaires furent donc commis des 2 côtés.
  • Le 4 juillet, les troupes du Front patriotique rwandais (FPR), conduites par l’actuel président Paul Kagamé, s’emparent de Kigali après une longue avancée depuis l’Ouganda, au nord du pays. Ils mettent un terme à 100 jours de génocide contre les Tutsi et les opposants hutu, en faisant tomber le régime de Juvénal Habyarimana. Le génocide aura fait entre 800 000 et un million de morts en grande partie tutsi.
  • Le 17 juillet l’état-major tactique français organisa l’évacuation vers le Zaïre du gouvernement génocidaire rwandais
  • La plupart des médias français à la grande déception des journalistes sur place se focaliseront sur l'épidémie de choléra qui affectait les réfugiés hutu pourtant génocidaires au Zaïre, alors que 3 km de l'autre côté de la frontière le pays était tapissé de cadavres. La tentative pour occulter le génocide réussit mais pas pour longtemps.
  • À partir du 15 septembre, la force africaine présente en Centrafrique passe le flambeau aux Casques bleus de l’ONU. La nouvelle mission onusienne, la Minusca, va déployer 7 600 hommes, dont une grande partie se trouve déjà sur place. À terme, elle devrait compter 12 000 hommes.
  • Une fois que le FPR pris le contrôle du pays il mit en prison de nombreux génocidaires. L'IDC a exigé à plusieurs reprises leur libération ! Ce qui lui fut refusé.
  • Le 25 mars 1998 le président Bill Clinton s'est déplacé jusqu'à Kigali pour présenter ses excuses au nom de sa nation. Il expliquera qu'il n'était pas intervenu parce qu'il n'y avait aucuns intérêts en jeu pour les américains tout en reconnaissant sa part de responsabilité dans la tragédie du Rwanda.
  • Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions gacaca (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994 — prononcer « gatchatcha ») ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles s'ajoutent aux sept cent cinquante gacaca pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines régions du pays. Les gacaca sont inspirées des anciennes assemblées villageoises sauf qu'ici certains jugent ont de la famille parmi les inculpés. Elles ont été créées pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'ONU.

Le guêpier rwandais qui implique la complicité internationale

La décision de l'ONU de ne pas intervenir au Rwanda partait du constat d'échec de ses casques bleus à Mogadiscio en Somalie qui étant sous couvert du fameux paragraphe 7 stipulant qu'ils pouvaient utiliser la force s'est soldé par la mort d'une cinquantaine de soldats onusiens. L'ONU de guerre lasse a donc cédé le terrain aux tueries les plus folles...Paradoxalement se sont les militaires français dépêchés un peu tard pour protéger les civiles (en réalité principalement les hutus des représailles des forces rebelles ) qui ont agit sous le paragraphe 7 de l'ONU ! Les responsables politiques de gauche comme de droite vont jusqu'à ce jour toujours nier ou minimiser leur responsabilité dans ce génocide, allant jusqu'à dire que "si c'était à refaire ils referaient la même chose". Aujourd'hui les politiques concernés continuent de réfuter les accusations de complicité. A supposé que ce soit faux on ne peut pas dire que les opérations militaires françaises soient une réussite. Ce carnage insoutenable à grande échelle sur 3 mois démontre plutôt l'incompétence de toutes les autorités qui auraient pu l'éviter.

Du côté des français et de l'Onu auquel ils étaient affiliés, les militaires furent obligés d'obéir aux ordres; ils ne pouvaient pas faire usage de leur conscience ou de leur humanité sans en avoir à en rendre compte à leur hiérarchie: ils fonctionnaient donc comme une espèce d'instrument ou de machine. Ce "machin" comme disait De Gaule ou cette "chose" a hélas causé une horrible désolation en Afrique.

Le fait que des milliers de génocidaires aient traversé la frontière au Congo a participé à la déstabilisation toute entière de la région qui a encore des répercussion aujourd'hui. Les tensions perdurent (voir ancien article à ce sujet). Même si les conflits interethniques ou interraciaux se sont estompés, il demeure une force de motivation beaucoup plus grande qui malheureusement entraîne encore des guerres. Ces tensions sont encore de nature religieuses.

La complicité des églises

Concernant le cas spécifique du Rwanda, on a constaté qu’une distance de façade est affichée publiquement par l’Église vis-à -vis de ses membres impliqués dans le génocide. Mais en même temps, cette soi-disant distance s’accompagne d’une forte solidarité discrète de la hiérarchie catholique, envers ces hommes et ces femmes aux mains criminellement souillées. Jusqu’à maintenant, aucune mesure ne serait-ce que disciplinaire (encore moins un châtiment canonique) n’a été prise à leur endroit, de la part de l’Église. Pire encore, on leur confie divers ministères pastoraux, et toute dénonciation de leurs crimes est considérée comme une persécution de l’Église. Parmi les cas connus du grand public, il y a celui du tristement célèbre Abbé Wenceslas Munyeshyaka qui vit à Gisors, près à Évreux en France. Son cas est un symbole vivant de l’impunité bénie et soutenue par l’Église catholique. Le cas de l’Abbé Wenceslas a même valu à la France une condamnation par la cour européenne des Droits de l’Homme, pour ne l’avoir pas jugé dans un délai raisonnable. Ce verdict date d’il y a dix ans, c’était le 8 juin 2004. D'autres affaires récentes concernant des responsables religieux sont en cours.

"S’il est effectivement certain que la France aura été le bras armé du génocide, il est non moins avéré que – avant, pendant, comme après – le Vatican et l’église catholique au Rwanda auront eu des responsabilités tout aussi décisives. Il n’est pas exclu qu’en tournant nos regards vers Rome, on découvre un jour les ressorts de ce crime inconcevable"- Jean Paul Gouteux, chercheur en entomologie médicale à l’Institut de recherche pour le développement.

Des protestants sont aussi impliqués. Par exemple, Michel Twagirayesu, président de l'Église presbytérienne du Rwanda et ancien vice-président du Conseil Œcuménique des Églises a été accusé par des membres de la municipalité et par des paroissiens d'avoir eu une participation active.

Il est fort intéressant de noter que la première liste officielle des présumés génocidaires concernait quelques deux mille personnes toutes responsables du crime de génocide, or parmi celles-ci figuraient onze ecclésiastiques de l’Église Catholique dont deux missionnaires européens: l'abbé Maindron Gabriel (de France) et le prêtre Bellomi Carlo (d'Italie) ! L'affaire du génocide au Rwanda est clairement à rattacher à toute une idéologie extrémiste catholique qui s'est installée en un laps de temps d'au moins 30 ans.
Certains parlent de filières vaticanes (Opus Dei ?) qui auraient permis à une cinquantaine de prêtres rwandais génocidaire de fuir vers l'étranger en particulier au Canada. Reste qu'en 1997 le Pape Jean Paul II a envoyé une lettre publique pour absoudre l’Église catholique de toute responsabilité au sujet du drame rwandais ! Trois ans après avoir fait disparaître les preuves  ?

L’attitude du Vatican sur le Rwanda en 1994 en question:

 « N'avoir jamais condamné la discrimination raciale dans le pays, pis, l'avoir pratiquée activement sur le terrain et au plus haut niveau dans les instances officielles de l’Église rwandaise, puis se taire alors qu'on peut et qu'on doit défendre les victimes tutsi pendant et après le génocide, enfin demander avant leur procès la clémence pour les bourreaux hutus armés avec le silence complice des autorités religieuses du pays - ce qu'a fait Jean-Paul II -, voilà qui ressemble étrangement au comportement de Pie XII avec les juifs pendant le IIIe Reich, non ? »-Michel Onfray

Dans ce contexte, la folie funeste à gagner tous les courants religieux, à l'exception des Témoins de Jéhovah. Même des pasteurs de l’Église pentecôtistes ont participé aux massacres.

Le Rwanda l'exemple typique de l’échec de l’Église catholique

Rappelons que le pays était presque qu'un territoire à 73 % catholique avec des élites le plus souvent gagné à ces enseignements implantés depuis plus d'un siècle. Comme le reconnaîtrons des ecclésiastiques les foules de tueurs n'ont pas comprises le message du christianisme; elles étaient chrétiennes pour la forme. On ne leur avait pas enseigné les valeurs simples de fraternité et d'impartialité. Pire la plupart des membres du clergé avaient soutenu, quand ils ne les ont pas fomenté, les idéologies racistes et anti tutsi. C'est l’échec tout entier de ce qui était une dictature catholique. Aujourd'hui le nombre de rwandais qui se disent catholiques est estimé à moins de 43 % au lieu de 73 % il y a 20 ans. C'est dire combien la désaffection fut importante. Loin de conforter leur religion les jésuites ont lamentablement échoué dans leur entreprise qui s'est retournée contre leur propres plans.

L’exploitation des peurs et complexes à l’origine de la haine ethnique

Au lieu d’enseigner les vraies valeurs, les pères blancs ont exploité les plus bas instincts pour parvenir à leurs fins.

Il est arrivé que des hutu de petites tailles qui s'en prirent à des tutsi de plus grandes tailles les narguaient en leur coupant les pieds pour qu'ils soient de mêmes tailles ! Ce qui est surprenant dans ce drame c'est de voir comment des frustrations naissant de complexes de petites tailles ou d'infériorité peuvent conduire à une haine aussi ridicule et monstrueuse ! Ces incidents ignobles en disent long sur le fond du génocide: une profonde jalousie malsaine qui affecte l'ensemble d'un groupe ethnique. Certains hutu pratiquaient toujours leurs rites sorciers dans les camps de réfugiés de Ngara dans le nord de la Tanzanie en sacrifiant la nuit des individus.

Autre détail significatif; le sentiment d'appartenir à une caste pauvre qui serait exploité par une riche là aussi c'est un autre facteur de haine. Beaucoup se sont vengés par cupidité en volant tout à leurs victimes.

Enfin l'effet miroir; j'accuse donc je suis. Sous l'effet de la propagande et de la peur les génocidaires ont attribués à leurs victimes leurs propres intentions meurtrières. L'effet de groupe a fait s'enflammer la haine.

Par contre tuer des enfants, des nourrissons, des femmes après les avoir violé et éventré; tout ceci est proprement inhumain. On ne peut expliquer cette folie démoniaque que par l'intervention d'esprits cruels et profondément malfaisants.

 

Le dernier génocide du XX ème siècle fut sans doute le plus rapide et il a entre autres rayé de la carte plus de 70 % d'un groupe ethnique dans l'indifférence totale de la communauté internationale. Les médias français ont réussit à berner l'opinion publique pendant des mois en 1994; l’histoire montre que cela peut se répéter, obéissant aux diktats de la pensée unique. Pire ils peuvent toujours aussi facilement basculer dans la stigmatisation et la haine. Le temps écoulé nous permet de saisir, a posteriori les raisons qui ont poussé les Pères Blancs, à recourir à la politique du bâton et de la crosse, lors de leur apostolat au Rwanda. De mon point de vue, mais je veux rester humble, car il est très facile de parler vingt ans après les faits, toute la lumière n'a pas été faite sur ceux qui ont plus ou moins échafaudé ce macabre plan. Néanmoins on ne peut que saluer le courage et l'endurance des rescapés qui dans leur silence sont un témoignage vivant de l'extrême cruauté possible qui peut encore gagner les humains. Leurs souffrances relativisent largement les nôtres.

08/02/2015

L'Algérie, le pays aux mille empreintes coloniales (1ère partie)

De l'autre côté de la Méditerranée s'étend un vaste pays presque cinq fois plus grand que la France qui a connu une succession de colonisateurs. Et pour cause, la variété des paysages de l'Algérie ainsi que ses climats sont attrayants. Si chacun y a laissé ses traces, il y en a un en particuliers qui a réussi à implanter durablement et en profondeur ses croyances, son mode de vie, sa langue à ce pays pourtant très diversifié. Quel est ce conquérant et comment a-t-il fait ? 

                  Une splendide terre d'accueil pour les conquérants

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Parmi les premiers occupants du pays auraient figuré les gétules puis les berbères, bien avant l'arrivée des phéniciens. Les premiers rois berbères gouvernaient les Numides, Gétules, et Bavares qui ont survécu jusqu'à l'époque romaine. Les Numides formaient une civilisation avancé. Les Berbères, qu'on a aussi appelés Libyens, apparaissent dans l'histoire 3000 ans avant notre ère.

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Vers 2700 avant N-E, apparut, pour la première fois, une croyance en un Dieu unique, fondée par l'Hébreu Abraham. Certaines familles juives d’Égypte qui étaient groupées en tribus, au moment de "l'Exode", allèrent vers la partie occidentale de l'Afrique du Nord et gagnèrent à leur croyance de nombreuses populations berbères.

Au IXe siècle avant N-E, les Phéniciens dépendant de Carthage en Tunisie (carthaginois) s'établirent sur le littoral algérien et fondèrent la puissance carthaginoise. Au fil des siècles les Gétules développèrent une cavalerie efficace, et devinrent un peuple nomade et migrant du Sahara vers le Nord de l'Afrique face aux numides.

Au IIIe siècle avant N-E Massinissa unifie les royaumes numides (berbères)  et fait de Cirta (Constantine) sa capitale.
En 146 avant N-E., à la suite de la destruction de Carthage, les Romains prirent possession du pays, qu'ils conservèrent pendant 575 ans et dont ils firent le principal grenier de l'Italie. On voit encore les ruines des villes nombreuses qu'ils bâtirent dans la région du Tell et jusque dans le bassin du Hodna, jusqu'au pied du versant Nord de l'Aurès.

De 112 à 105 avant N-E  Jughurta, petit-fils de Massinissa, se rebelle contre Rome. Il combina des manœuvres militaires face aux Romains avec son voisin de l'ouest, le roi Bocchus Ier de Maurétanie. Ce dernier le trahit et aide les romains à le capturer. Après l'exécution de Jugurtha, la Numidie occidentale est offerte à Bocchus pour être rajoutée à son royaume de Maurétanie, tandis que la Numidie orientale est gouvernée encore quelque temps par des princes Numides soumis à Rome (voir carte ci-dessous).

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Qui sont les berbères ?

alg 1.jpgLe nom de « berbère » est issu du mot barbarus, par lequel les Grecs, puis les Romains, désignaient tout peuple ignorant les coutumes et la civilisation gréco-romaines. Connus depuis l’antiquité pharaonique sous d'autres noms, les Berbères subsistent dans un immense territoire qui commence à l’ouest de l’Égypte. Les Berbères ou Imazighen ('hommes libres') sont un ensemble d'ethnies qui occupaient un large territoire allant de l'ouest de la vallée de Nil jusqu'à l'Atlantique. Ils y fondèrent de puissants royaumes, Organisés en tribus. Par la suite, les Romains ont maintenu l'usage du mot « Berbères » pour désigner les peuples d'Afrique du Nord qu'ils n'ont jamais réussi à soumettre totalement. L'avènement de Jésus-Christ fit connaître une nouvelle croyance en un Dieu unique. Cette religion fit de nombreux adeptes parmi les populations berbères du Nord Occidental de l'Afrique. Plus lard, les Hillalis leur donneront un autre nom en Algérie : les "Kabyles" c'est à dire "soumis". Une forme de christianisme se développa rapidement parmi les populations berbères, prit un grand essor et dura jusqu'à l'arrivée des Arabes en 640. Il y a eu 3 papes chrétiens d'origine berbère. La plupart des Berbères furent sédentaires. Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parlé berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les Banou Ifren et Maghraoua, etc). Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l'Auras et à laquelle appartenait la Kahena. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. L'ensemble des ethnies  Imazighen (le pluriel d’« Amazigh ») a pour territoire la Tamazgha. Dans ces groupes il faut différencier les tribus qui ont des coutumes souvent différentes. Aujourd'hui sur une population algérienne de 40 millions d'habitants il  y aurait 12 millions de berbères (plus du tiers). Ce pays est le 2eme pays francophone au monde.

12 millions de Berbères1. D'autres sources indiquent qu'il y a 8 millions deKabyles46. Les berbérophone Chaouis sont environ 2 870 000 en 2005 47. Parmi les Touaregs subsahariens, il y a près de 3 millions de Berbères 48. Selon Francis Manzano et Fernande Krier9 réf. à confirmer : : En Tunisie, environ 60 000 Berbères9. En Mauritanie, entre 100 000 et 500 000 Berbères9. En Égypte, il y a entre 10 000 et 50 000 Berbères9. En Libye, la population est Berbère, mais elle a été arabisée. 4% de la population y maîtrise le berbère

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Au Maroc, 19 millions de Berbères1. En Algérie, 12 millions de Berbères1. D'autres sources indiquent qu'il y a 8 millions deKabyles46. Les berbérophone Chaouis sont environ 2 870 000 en 2005 47. Parmi les Touaregs subsahariens, il y a près de 3 millions de Berbères 48. Selon Francis Manzano et Fernande Krier9 réf. à confirmer : : En Tunisie, environ 60 000 Berbères9. En Mauritanie, entre 100 000 et 500 000 Berbères9. En Égypte, il y a entre 10 000 et 50 000 Berbères9. En Libye, la population est Berbère, mais elle a été arabisée. 4% de la population y maîtrise le berbère

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En 17 le chef de guerre numide Takfarinas se révolte contre Rome après avoir été enrôlé dans son armée. La guérilla qui s’ensuivit dura 7 années et fut écrasée dans l’œuf. Pour coloniser cette partie de l'Afrique, Rome s’appuya sur l'intégration des aristocrates locales qui connaissaient bien la culture hellénique.

Les romains ont bâti des villes, tracé des voies, édifié des aqueducs, fertilisé des terres arides et le pays, peu à peu, s'est épanoui dans la Pax Romana. Alors que le latin devenait la langue officielle de l'Algérie, on a vu y naître penseurs, philosophes et poètes tandis qu'insensiblement, les Berbères et les Numides s'éloignaient des cultes sanguinaires et païens pour se tourner vers une forme de christianisme en vogue.

La romanisation profonde de la population berbère s'amorce au point que de nouvelles méthodes de cultures rendent plus productives les terres jusque vers 235 l'époque où la crise frappe de plein fouet le pays en pleine période de 'christianisation'.

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De 311à 314 un berbère fut élu pape: Miltiade (ci-contre). En 347, les tribus berbères insurgées s’allient aux donatistes, une secte chrétienne opposée à Rome (ceux-ci refusaient d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, et exigeant la séparation de l'État et de la religion.)
En 354 "saint" Augustin naît à Thagaste, dans le nord-est de l’Algérie. Cet évêque berbère catholique d'Annaba essaya de calmer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Il influencera profondément la pensée de la chrétienté. A l'époque, le pays comptait plus de quatre cents églises et des milliers de fidèles.
En 429 les Vandales, venus d'Espagne, mirent fin à la domination romaine et devinrent les maîtres du sol pendant 104 ans. Ils atteignirent l'Algérie par l'Espagne en traversant le Maghreb.
De 439 à 533 les Vandales (venus d'Espagne mais sont à l'origine des germains du nord) règnent sur le Maghreb romain. Alors que les Romains avaient su admirablement mettre en valeur la terre africaine, celle-ci, après l'invasion arabe, était redevenue inculte et improductive. Le général Bélisaire, en 534, anéantit leur empire et soumit le pays au sceptre des empereurs de Constantinople. L'Algérie est sous la domination byzantine (Empire romain d'Orient).
 

Des coutumes païennes 'christianisés' encore en vogue:

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Aujourd’hui il n’est pas rare de voir des femmes berbères avec des tatouages en forme de croix sur le front, les mains, le menton, les tempes ou les joues. Elles le font soit avec un crayon spécial soit avec du henné lors d'événements importants (rituel de la “nuit du henné” avant le mariage, à la naissance, au baptême, ou à la circoncision.). Pourtant ces tatouages appelés “el-âyachaétaient lié à un ensemble de rites païens de sorcellerie et de magie. Dessiné sur les enfants avec du noir de fumée on pensait qu'ils les protégeaient du mauvais sort et de la malchance. On retrouve cette coutume lorsque le jour de la naissance d’un enfant coïncide avec un événement néfaste. Ainsi, la croix était très répandue dans la culture berbère; elle symbolisait les 2 jambes ou les deux bras de l'homme. Sa généralisation fut facilitée grâce au culte de la croix païen très présent dans le reste de l'Afrique avant que l’Église catholique ne l'officialise. Hormis son côté embellissant, le tatouage dans la culture berbère est aussi un symbole d'appartenance à une tribu particulière, ou à un groupe social, ou un statut. Bien qu'on lui prête encore des vertus guérissantes (maux de têtes etc...), il était aussi un signe de démarcation. Les Imazighen par exemple se démarquaient des arabes en traçant des symboles propres à eux comme le signe Amazigh. Il peut être aussi un moyen d'expression comme la douleur puisque certaines femmes berbères du Maghreb ayant perdue leurs mari à la guerre, se faisaient un tatouage du menton jusqu'aux oreilles: comme une représentation de l'homme qu'elles ont perdues. L'interdiction islamique des tatouages sous peine d'être "enlevés en enfer avec des pinces rougies au feu" n'a pas réussie à endiguer cette habitude. En effet, il suffisait, pour ne plus redouter ce châtiment, de recouvrir les tatouages au henné après la mort. En effet, pour pallier cette contrainte religieuse, on lui a substitué le henné (non mutilant) qui faisait déjà partie de la culture arabe.

enmaillontement.jpgD’autre part une ancienne tradition berbère est souvent perpétuée dans la façon de langer les nourrissons avec des bandelettes blanches du pied jusqu’au ventre pour éviter qu’il ne bouge (ma propre mère nous bandait ainsi étant tout petit, moi et mes frères et sœurs en faisant le signe de croix avec ses avant-bras sur notre ventre). Après être langé de la sorte la mère fait des signes de croix avec ses avant-bras sur le ventre du bébé. D’après-vous d’où viennent ses coutumes ? Nul ne peut nier qu'elles ont un lien avec le culte de la croix.

Pourquoi emmaillotait-on les petits ainsi ? Hormis ces vertus sécurisants tant sculpture-emmaillotement.jpgpour l'enfant que la mère, c'est une coutume hérité des païens. En effet dans la Rome antique, à la naissance, l’enfant recevait des soins pour son nombril, avec un linge imbibé d’huile, aidant à la cicatrisation. Ensuite, il était emmailloté, selon soit la technique en spirale ou en rectangle. Partie intégrante de l’éducation romaine, l’emmaillotement a une signification particulière. Les Romains considèrent l’enfant proche de l’état animal. En emmaillotant le bébé, il passe de la position fœtale à la verticale, ce qui l’humanise. Cette tradition 'christianisée' s'est répandue sous différentes formes en occident où elle fut observée jusqu'au début XX ème siècle dans certaines parties de l'Europe.

 
La rude transformation de la Berbèrie en Maghreb arabe

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En Orient, le califat omeyyade d’Abd al Malik débute en 685 jusqu'en 707. Celui-ci nomme Hassan Ibn Numan gouverneur au Maghreb, lequel mènera la reconquête de cette région en 686 avec le cruel général Oqba Ibn Nafa (illustration ci-contre). Celui-ci conquit la Maurétanie en convertissant par la force ses habitants à l'islam. En 693 malgré la résistance de la plupart des berbères qui se retranchèrent dans les montagnes, la plupart de la population accepta les nouveaux dirigeants arabes.
 
 

          Une islamisation plus rapide et ancrée dans les cultures:

alg 6.jpgComment expliquer que les anciennes provinces romaines d’Afrique, en grande partie christianisées et constituant la région la plus prospère de l’Occident latin, soient devenues en quelques siècles le Maghreb arabe ? Serait-ce la langue arabe imposée comme lecture du coran qui aurait surpassée les langues locales ? Non car plusieurs populations islamisées ailleurs (perses, turcs, afghans, pakistanais, africains, irakiens, syriens, etc...) ont non seulement conservées leurs langues mais aussi la plupart de leurs populations chrétiennes. Deux facteurs ont aidés:

Premièrement Rome avait réussi, pendant quatre siècles, à contrôler les petits nomades des steppes africaines par la fortification de leurs garnisons et provinces.  Cette irruption de la vie nomade dans l’Afrique du nord devait avoir des consé­quences incalculables. Modifiant durablement les genres de vie, elle prépare et annonce l’arabisation. Quand les arabes coutumiers de la vie migratoire  sont venus envahir l'Afrique du nord la plupart de ces peuples étaient préparés à cette vie nomade qu'ils ont facilement incorporés en adéquation avec l'islam qui s'inspire de ce mode de vie.

Deuxièmement, les querelles théologiques sont un autre ferment de désordre, elles ne furent pas moins fortes chez les Chrétiens d’Afrique que chez ceux d’Orient. L’Église, qui avait eu tant de mal à lutter contre le schisme donatiste, est affaiblie, dans le royau­me vandale, par les persécutions, car l’arianisme (d'Arius le berbère qui rejeta la trinité dès 312) est devenu religion d’État pour le royaume vandale d'origine germanique.

Kuseyla, le chef de la résistance à la conquête musulmane du Maghreb entra en conflit avec Oqba Ibn Nafaa jusqu'en 688, année ou Kahina prit la tête de cette résistance.

Une 'Jeanne D'arc' et féministe d'avant l'heure

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La reine guerrière Berbère Kahina des Aurès qui régna de 686 à 693 combattit les omeyyades (syriens musulmans) lors des invasions islamiques au VII eme siècle. Elle fut en même temps une des première reine guerrière et féministe de l'histoire. Les auteurs sont partagés sur sa confession; nombreux sont ceux qui la considèrent comme juive alors que pour d'autres elle est 'chrétienne'. Elle aurait pratiqué la divination. La difficulté vient du fait que plusieurs historiens arabes qui ont écrit à son sujet n'étaient pas objectifs.
Selon Mohamed ALAOUI elle fut en réalité "une païenne au sens non idolâtre ou polythéiste, mais dont le paganisme s’apparente à un matérialisme moderne (...) Une adoratrice de la terre, seule divinité qu’elle reconnaisse. Cette passion pour la terre est synonyme de patriotisme."- Source

Vaincue en 693 par l'émir Hassan Ibn Numan, elle est faite prisonnière et décapitée en 704.

En 711 les Arabes sont maîtres de l’ensemble du Maghreb, qui devient une province omeyyade (de Syrie). Les populations se convertissent à l’islam.

En 911 les Fatimides (une dynastie califale égyptienne) détruisent le royaume berbère de Tahert (région d’Oran). La domination des Arabes dura environ 400 ans: elle prit fin à l'extinction de la dynastie des Fatimides en 1171. Alors le pays tomba dans un état d'anarchie à la suite duquel les Berbères, dirigée par la dynastie marocaine des Almohades, sont redevenus maîtres chez eux, se divisèrent en un certain nombre de principautés dont les plus florissantes furent celles qui se livrèrent à la piraterie. En 1269, la chute des Almohades marque un tournant dans les relations avec les puissances chrétiennes. Ces dernières profitant des divisions au sein des musulmans, s'organisent pour la Reconquista. Au 13e siècle, de nombreux pirates opèrent en méditerranée.

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De 1492 à 1609 entre 300 à 400 000 musulmans espagnols et quelques juifs forcés de se convertir au catholicisme fuient l'Espagne dont une partie se réfugient en Algérie; on les surnommera les Morisques.
En 1509 une armée espagnol commandée par Pedro Navarro prend la ville d'Oran. Au fil des années ils y établissent une place forte en y chassant les Morisques. (La présence de cet autre envahisseur va durer jusqu'en 1555).

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Un pays molesté par la domination turc et les pirates

barberousse.jpgOn fit appel aux pirates pour empêcher l'Espagne de s'approprier l'Algérie. Le résultat c'est que ce sont eux qui ont exploité ces plus beaux quartiers. Les pirates des mers furent la terreur et le fléau des côtes de la Méditerranée. Tous les chrétiens qu'ils capturaient subissaient un dur esclavage. Au début du I6ème siècle la régence d'Alger fit appel à des corsaires turcs, les fameux frères Aroudj (photo ci -contre) cet Khayral Din tout deux plus connus sous le nom de Barberousse pour chasser les espagnols et rattacher cette contrée à l'Empire Ottoman. Par la suite, le pays devînt le fief de l'esclavage organisé de main de maître et la base arrière de la piraterie qui faisait de la Méditerranée l'objet de tous les dangers.Ils s'emparèrent de plusieurs villes:  Djidjelli, Alger, Cherchell, Ténès et Tlemcen. Ils devinrent par la suite gouverneurs de la régence d'Alger; pour le premier de 1515 à 1518 et le second de 1518 à 1533. Pour s'assurer un appui tant contre les indigènes que contre les États chrétiens, ils se firent vassal des Turcs. Pendant cette période le commerce des femmes et des esclaves se développa considérablement.

Courte vidéo (moins de 4 minutes) sur l''échec de la Reconquista espagnol

L'imprégnation profonde du maraboutisme

Avant l'arrivée des arabes, certains marabouts d'Afrique noire étaient venus s'installer en Algérie (Le mot « marabout » signifie en arabe 'l'homme vivant dans un ribāṭ' ou 'couvent fortifié'). Ils proposaient leurs services de guérisons pour de l'argent en utilisant toutes sortes de rites magiques païens. Avec l'islamisation des peuples le maraboutisme s'est adapté et a incorporé les croyances religieuses musulmanes avec ses pratiques lucratives. Par la suite pour avoir une plus grande emprise sur les gens, les marabouts finirent par être les gardiens de l'islamisation des villages éloignés des villes plus ancrées dans les pratiques religieuses. Bien que timidement condamné par l'orthodoxie islamique, le maraboutisme fut en réalité le deuxième bras de l'islamisation. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'influence considérable de l’islam sur les cultures locales.
 

La culture berbère matriarcale

Saviez-vous que certains villages berbères étaient administrée par des femmes ?

fatmala-rousse_small.jpgFatma Tazoughert (la rouquine?). Nous lisons dans une contribution de Nadhir Sbaâ: «Guerrière redoutable, elle sacrifia ses deux frères pour exalter le respect de la discipline.» «Née dans la montagne de Hitaouine (Merouana, les Aurès inférieurs, Titaouine), Fatma «la Rousse», (1544-1641) prêtresse et reine, réussit sous son règne, non seulement à unir plusieurs groupes berbéro-arabes, mais à perpétuer le matriarcat en désignant uniquement des femmes au sein du conseil des sages. Unique femme, dit-on, des siècles après la Kahina, qui ait régné sur les Aurès et perpétué le matriarcat, on la retrouve partout dans les chansons des «Rahabas» et les «contes». Ses caractères distincts, sa forte personnalité et son instruction avaient fait d’elle, comme écrit Nadhir Sbaâ, une femme «crainte, prêtresse admirée, jouissant d’un grand prestige grâce à sa culture ancestrale». Pas étonnant que la culture berbère continue de rester  difficilement conciliable avec les préceptes de l'islam sur la condition de la femme.

 
En 1587 L’Algérie finit par devenir une régence dépendant directement de l’Empire ottoman.
 
De 1804 à 1827 plusieurs tribus et confréries se révoltent à travers toute l'Algérie.
Le 29 avril 1827, à la suite d’une dispute au sujet d’une dette française impayée, le dey d’Alger convoque Deval, le consul de France. Pour l'histoire officielle cette crise diplomatique franco-algérienne déboucha sur la conquête de l'Algérie. En réalité cet affront n'est qu'un prétexte. La régence d'Alger abritait un immense trésor;  l’équivalent de plus de 500 millions de francs de l’époque !

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A la recherche de 'la France nouvelle'
 
Le 11 mai 1830, le roi de France Charles X ordonna la conquête de l’Algérie avec le soutien du Pape et de l’Église catholique ce qui transformait l’action de l’armée française en une lutte de la chrétienté contre l’Islam dans la filiation directe des croisades. La France prétexta l'insulte faite au consul français par le dey d'Alger  pour envoyer une flotte et une armée de débarquement qui prit terre à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830, et s'empara d'Alger. La prise de la ville signifie la fin de l'administration de l'empire ottoman et le début de la colonisation française.
Le 5 juillet 1830, le dey d'Alger signa sa capitulation et fut considéré prisonnier. Une convention signée entre le Bey local et le général de Bourmont engageait la France à respecter la liberté de tous les habitants de l’Algérie, leur religion et leur propriété.
Débarqué à Alger, de Bourmont, s’adressant aux aumôniers militaires au cours d’une cérémonie religieuse, déclarait : « Vous venez de rouvrir avec nous la porte du christianisme en Afrique. Espérons qu’il y viendra bientôt faire refleurir la civilisation chrétienne qui s’est éteinte »
Le roi de France prend sa place, y compris la propriété de tous ses biens (et ils sont innombrables). Le dey a la vie sauve avec une partie de ses femmes, de ses enfants et de son entourage, avec une partie de son trésor, il gagne la Turquie.

Deux mois après la prise d’Alger et malgré la convention signée par le général de Bourmont, le général Clauzel inaugura une politique de lutte contre la religion musulmane en la privant de ses moyens d'existence par la confiscation des biens habous. Environ deux millions d'hectares de terre furent confisqués et plusieurs dizaines de mosquées furent fermées. Un grand nombre de cimetières furent labourés afin de les transformer en terres arables pour les colons. Les religieux, qui refusaient de faciliter ces confiscations, furent voués à l'internement et à l'exil, comme le mufti malékite Belkebabti qui fut déporté puis emprisonné en Corse avant d'être expulsé plus tard à Alexandrie. (-Sources). Aussi des mosquées furent transformées en églises.

Profitant de la misère créée par la colonisation, qui avait détruit le tissu social existant avant 1830 entraînant un processus de « clochardisation » des régions rurales, les missionnaires recueillaient les orphelins algériens pour les christianiser. Les orphelinats de Ben Aknoun et de Boufarik furent créés dans cette optique par le père jésuite Brumault.

Regards croisés de quelques écrivains sur l’Algérie avant 1830 :

 "Toute l'instruction qu'on donne aux enfants consiste à les envoyer à l'école, où ils apprennent à lire et à répéter cinquante ou soixante aphorismes du Coran. Quand un enfant est susceptible de ce gigantesque effort d'instruction et de science, son éducation est finie." (…) "Les sectateurs de Mahomet trouvent plus convenable à leur politique barbare de couvrir les yeux du cheval condamné à moudre le blé." -Pananti

"Les gens de lettre, appelés alfagui et talbi, sont pour l'ordinaire des imposteurs qui font usage du peu de talents qu'ils possèdent avec la seule vue de maintenir la plus profonde ignorance dans la populace. Les Imams et les Musulmans, exclusivement dévoués à l'étude du Coran, forment une barrière impénétrable contre la connaissance."-Pananti

"Très peu de femmes ont ici quelque idée de religion. On regarde comme tout à fait indifférent qu'elles prient ou non; qu'elles aillent à la mosquée ou qu'elles restent chez elles. Elles sont en conséquence élevées dans l'ignorance la plus grossière. Elles ne semblent faites que pour être les dupes des hommes."-Laugier de Tassy

"Les Algériens se sont toujours fait gloire de négliger toutes les précautions employées par les chrétiens pour prévenir la communication de la peste. C'est, à leur avis, s'opposer aux décrets éternels de la Providence et au cours de la prédestination absolue qui en est le résultat." Laugier de Tassy, Histoire des Etats barbaresques qui exercent la piraterie, 1757 -Sources.

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Le Souk d'Alger

'La mission civilisatrice' de la France

Dans le Bled de ce pays que les Français ont trouvé sans médecins et sans hôpitaux, des fléaux tels que le trachome, la diphtérie, le typhus, le tétanos avaient régressé et presque disparu. Chaque fermette, chaque école rurale, chaque petite exploitation avait son officine, chaque « Roumia » ou homme blanc (allusion aux romains) apportait au voisinage les conseils d'hygiène et de premiers soins vitaux qu'on lui avait enseigné.
 

"On ne voit pas un seul médecin à Alger, ni dans le reste du royaume. Les bigots mahométans en censurent l'usage. Ils prétendent que c'est tenter Dieu que de prendre dans les maladies internes des remèdes prescrits par l'art de l'homme. J'ai vu le dey Baba Hali emporté par une fièvre violente sans qu'on pût l'engager à prendre aucun remède; quoi qu'un habile chirurgien français, qui était son esclave, lui promît guérison, il rejeta tout secours sous prétexte que le nombre de ses jours était fixé par les décrets éternels."- Laugier de Tassy en 1757

 

Dès l'occupation de l'Algérie en 1830, la France avait aboli l’esclavage, position officialisée plus tard lors du Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, qui devait s'appliquer également dans les colonies. Cependant, afin de ménager les susceptibilités et les intérêts des chefs de tribu et des marabouts, l'esclavage est maintenu.
En novembre 1832, l’émir Abd El-Kader proclame le djihad contre les Français. Il s'efforce de créer une force militaire permanente. Voyant l'armée française composée en grande partie d'infanterie, il forme un corps de cavalerie capable d'attaquer et de poursuivre ou d'éviter un combat inégal. Ce premier corps ne compte d'abord que 400 hommes. En réponse à une lettre du général Desmichels, l'émir répondit que l'Islam lui interdisait de se soumettre aux envahisseurs, mais qu'il lui permettait d'accepter une paix si elle lui était proposée.
La France reconnaît par le traité de la Tafna, signé le 30 mai 1837, la souveraineté d’Abd El-Kader sur les deux tiers de l’Algérie. Elle conserve toutefois plusieurs « possessions », dont Alger, Blida et Oran. Le 13 octobre, les troupes françaises s’emparent de Constantine.
Le 5 mai 1839, l"émir demanda et obtint l'appui du sultan du Maroc, ainsi que la concession du territoire situé entre Oujda et Tafna. Il voulut annexer le Constantinois en y nommant un « khalifa ». En réaction, la France organisa l'expédition des « Portes de Fer » en kabylie en octobre 1839, expédition qui fut considérée comme une violation du traité de Tafna. À partir de ce moment, la guerre reprit avec violence.
Le tournant de la guerre fut la nomination du maréchal Bugeaud comme gouverneur général de l'Algérie en 1842. Celui-ci changea complètement la tactique de l'armée française, aidée de nombreuses troupes composées d'Algériens : troupes régulières (zouaves et spahis) et corps irréguliers.
A cette époque, le général de Lamoricière expliquait : « une fois installés à Alger, nous avons pris les collèges pour les changer en magasins, casernes ou écuries. Nous avons fait main basse sur les biens des mosquées et des collèges. On prétendait appliquer au peuple arabe les principes de la Révolution française. Malheureusement, les musulmans n’ont vu là qu’une attaque brutale à leur religion et un manque de foi »
 

«Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c’est à nous d’illuminer le monde.» - Victor Hugo dans une conversation avec le maréchal Bugeaud

 
La conquête du pays qui ne fut pour l'essentiel terminée que le 23 décembre 1847, jour où Abd-el-Kader se livra à la France. Après quinze ans de vaine tentative pour évangéliser le peuple algérien, le père Brumault renonça à son projet qui fut repris par les évêques d’Alger, Dupuch et Pavy.
 

Une colonisation approuvée par les précurseurs du communisme

prop.jpegEn 1848, Friedrich Engels, qui sera bientôt le complice de Karl Marx, est correspondant à Paris pour le journal britannique Northern Star. Sous le titre "Défense de l'impérialisme progressif en Algérie" , voilà ce qu'il écrit dans l'édition du 20 janvier 1848:

"A notre avis, c'est très heureux que ce chef arabe [Abdelkader] ait été capturé. La lutte des Bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l'Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation."

Cet exemple pour montrer que ce parti qui milita plus tard contre le colonialisme s'appuie sur une idéologie qui au départ encourager le peuplement et les missions dites 'civilisatrices'.

La « francisation »

De 1850 à 1870 des Insurrections dans les Aurès et en Kabylie, sont réprimées dans le sang. La famine ravage l’Algérie entre 1866 et 1868.

Le 31 août 1858, le prince Jérôme, ministre responsable de l’Algérie expliquait sa politique d’assimilation en ces termes : « nous sommes en présence d’une nationalité armée et vivace qu’il faut éteindre par l’assimilation ». Louis Veuillot, qui fut secrétaire du maréchal Bugeaud, écrivait : « Les Arabes ne seront à la France que lorsqu’ils seront Français et ils ne seront Français que lorsqu’ils seront chrétiens ».

En 1862, il ne restait plus que 4 grandes mosquées, contre 17 chapelles à Alger.

lavigerie.jpgLa République continua à soutenir l’Eglise dans sa politique d’évangélisation menée, notamment, par le fondateur de la société des Pères Blancs, le cardinal Lavigerie. Celui-ci débarqua à Alger le 15 mai 1867, explique:  "ma mission est de faire de la terre algérienne le berceau d'une nation grande, généreuse, chrétienne, d'une autre France en un mot: de répandre autour de nous les vraies lumières d'une civilisation dont l'Évangile est la source et la Loi; de les porter au-delà du désert, jusqu'au centre de cet immense continent, encore plongé dans la barbarie.»

Une politique d’évangélisation fut activement mise en place par le cardinal tout en profitant de la grande famine de 1867 à 1868, qui fit environ 300.000 morts, pour tenter d’imposer sa religion.A l'école on interdit d'employer l'arabe.

‘‘ Le fondateur magnanime de l’État algérien ‘’

abdelkader_1.jpgFigure majeure de l’histoire des relations coloniales franco-algériennes, l’émir Abdelkader est généralement présenté par ses compatriotes comme le modèle politique, militaire et religieux du résistant au colonialisme français du 19ième siècle. En pleine guerre de conquête, il négocie les échanges de prisonniers avec Antoine-Adolphe Dupuch, évêque d’Alger, dans des conditions qui lui valent de durables amitiés. En 1852, Napoléon Bonaparte enverra Abd-el-Kader en Turquie avec une énorme somme d'argent: 150 000 francs. En 1860 il sauves des centaines de chrétiens en Syrie ce qui lui vaut ce qui lui vaut une notoriété mondiale et la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. L'émir devint par la suite franc-maçon dès 1864 au contact dela loge « Les Pyramides » d'Alexandrie et a rendu visite en 1865 à la loge parisienne « Henri IV ». Il y renonça par la suite et mourra à Damas en 1883.Même s’il est porté comme membre honoraire de la loge La Syrie, à l’Orient de Damas, ses contacts avec la franc-maçonnerie se relâchent. La cause de cette attitude réside surtout dans l’évolution de la Franc-Maçonnerie française. Celle-ci avait en effet abandonné progressivement la philosophie religieuse pour une philosophie laïque étrangère à l’esprit d’Abd el-Kader, qui avait vu dans l’institution maçonnique une société de pensée pouvant être le trait d’union entre chrétiens et musulmans. Ayant fréquenté d'autres loges au Liban il fut considéré par les franc-maçons comme une preuve d'une possible accointance entre la pensée soufiste de l'islam (dans sa dimension intérieure) et l'humanisme du XIX ème siècle. Aujourd'hui c'est chose impossible avec l'emprise de la laïcité depuis 1905. L'orthodoxie islamique voit dans les loges une œuvre sioniste.

Le décret Crémieux, promulgué le 24 octobre 1870, accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie afin de pouvoir les incorporer à l'armée et étoffer son effectif. La formule finalement retenue par la République restaurée après 1871 est celle du gouvernement civil, de la colonisation massive et de l'« assimilation » de l'Algérie à la France. Seuls les colons (environ 220 000) ont les mêmes droits que les citoyens de la métropole. Les populations arabo-berbères sont quant à elles « à peu près totalement dépourvu[e]s de pouvoir économique, politique et social. »

« Nous les avons réduits, je ne dis pas à la condition d’esclaves, mais à celle de bêtes de somme ; et nous sommes raisonnables ! Et nous sommes chrétiens ! »-Diderot

En mars 1871débute la révolte kabyle des frères Mokrani contre les projets de confiscation des terres. Mokrani est tué le 5 mai. Près de 500 000 hectares de terres sont confisqués et attribués aux colons.

En 1881 Jules Ferry fait adopter en juin le code de l’indigénat, qui instaure un régime juridique spécial pour les Algériens de confession musulmane. L’Algérie est entièrement intégrée à la France par le « système des rattachements ». Ces lois anti-arabes avaient pour inconvénients de poser des problèmes de retranscription des noms des citoyens en Algérie dans leur état-civil !

La loi du 26 juin 1889 accorda la nationalité française à tous les descendants d’Européens présents en Algérie, mais pas aux musulmans.

En janvier 1912, les musulmans sont astreints au service militaire en vertu de nouveaux décrets promulgués. Ceci marque le début d'une autre époque. En effet, les années suivantes viennent préparer la 'grande guerre', celle qui affectera durablement la plupart des soldats algériens engagés dans cette tourmente mondiale.

Si nous récapitulons, d'après les sources que nous possédons, ce pays a connu au moins 8 occupants qui ont chacun laissé leur héritage; carthaginois, romains, byzantins, vandales, arabes, espagnols, turcs et français. Les faits sont là: exceptés les arabes aucun autre n'a réussi à assimiler religieusement et socialement les berbères. Et pour cause la colonisation forcée des musulmans a opéré de façon totale par absorption et fusion des modes de vie. Elle a bénéficié aussi du soutien non négligeable du maraboutisme. Pour ce qui est de la culture la tentative semble avoir échouée pour les raisons invoquées plus haut. Pourtant par le passé les colons européens avaient plus ou moins réussi à assimiler des peuples en les 'christianisant' au mépris des droits de l'homme comme au Rwanda ou ailleurs.  Si l'Algérie a également reçu de nombreux immigrés, paradoxalement les choses vont être inversée suite à la présence française en Algérie. Ne manquez pas de lire le dénouement de cette fascinante histoire dans la 2 ème partie qui est toute au plus assez instructive pour notre époque.

25/01/2014

L'héritage de mai 68 dans la dégradation des mœurs

Dans son rapport de 2010; "Standards pour l’éducation sexuelle en Europe",la branche européenne de l'OMS préconise (sources ici) d’apprendre la « masturbation enfantine » aux enfants dès la maternelle en les laissant exprimer « leurs besoins, leurs désirs et leurs limites » sexuels tout en « jouant au docteur » ! Comment en est on arrivé là ? Personne ne peut nier que depuis quelques décennies nous assistons à de gros bouleversements des mœurs et des valeurs qui divisent profondément les gens. Un petit rappel des faits sur cette crise de civilisation rendra compte de l'étendue de ce processus idéologique qui semble irréversible et mener au chaos moral...

Les premiers précurseurs du combat utopiste

 Bien des régimes politiques ont vu leur existence à la suite de révolutions (France, États-Unis, etc...) Pourtant, la plupart des mouvements de contestation tirent leur racine dans le socialisme utopique qui se caractérise par la volonté de mettre en place des communautés idéales soient radicales soient libertaires. On pourrait faire remonter les premières expériences socialistes utopiques aux mouvements franciscains et dominicains du XIV ème siècle dont celui du moine Tommaso Campanella (1568-1639).

tomaso.jpegDominicain à 15 ans, Tommaso Campanella quitta son couvent et préconisa une forme de christianisme unissant tous les peuples. Traduit devant le Saint-Office, il abjura et, libéré, organisa un soulèvement paysan en Calabre (1599). Arrêté et torturé, il simula la folie, et sa peine fut commuée en prison à vie (1600). Il y passa 27 ans ; protégé par Urbain VIII grâce à l'astrologie, à laquelle tous deux s'intéressaient, il finit sa vie en France, avec l'appui de Richelieu. C'est en prison qu'il écrivit son œuvre majeure, la Cité du soleil, utopie communiste où famille et propriété, distinctions professionnelles et sociales n'ont pas de place.

Autre grand précurseur; la Mission jésuite du Paraguay qui est à la fois une entreprise de mission catholique telle qu'il en a existé d'innombrables à partir du XVI ème siècle, et un véritable État théocratique gouverné par les Jésuites où ces derniers ont mis sur pied entre 1609 et 1763 une organisation sociale "utopique" sans équivalent dans l'Histoire. La zone géographique de ces missions fut à cheval sur les États contemporains du Paraguay, de l'Argentine, du Brésil et de l'Uruguay. Elle est le fondement de la théologie de la libération qui ont marqués les révolutions en Amérique latine depuis les années 1950, en particuliers celles menées par le célèbre Ernesto 'Che' Guevarra ou le révérend Camillo Torrès prêtre guérillero de Colombie.

Un mouvement de contestation intergénérationnel et international

Au XXème siècle les révolutions utopiques ont pris un tournant moral à travers la littérature et les arts. William Burroughs, Allen Ginsberg et Jack Kerouac sont les précurseurs de la libération sexuelle et du mode de vie de la jeunesse des années 1960, notamment par le biais du 'Beat Génération', le courant littéraire et artistique "qui a ébranlé la société américaine dans ses certitudes".

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En 1959 le triomphe de la révolution cubaine, conduite par Castro et Guevara (assassiné en 1967) fait naître d'immenses espoirs chez les peuples opprimés et chez tous ceux qui rejettent les exploitations impérialistes et capitalistes. 

love not war.jpgLa cruelle guerre du Viêt-Nam avec son cortège d'horreurs et le massacres des populations civiles pour renforcer de grands intérêts économiques, telle que le rapporte la presse, provoquèrent stupeur et émoi dans la population américaine. C'est alors que commença une révolution de la culture américaine et que s’installe le mouvement 'hippie' qui est le courant majeur de contre-culture des années 1960 aux États-Unis, avant de se diffuser dans le reste du monde occidental dès 1966. Les hippies, issus en grande partie de la jeunesse nombreuse du baby boom de l'après-guerre, en vinrent à rejeter les valeurs traditionnelles, le mode de vie de la génération de leurs parents et la société de consommation.

Le mouvement a eu une influence culturelle majeure, en particulier dans le domaine musical. Les membres de ce courant n'utilisaient pas ce terme pour se désigner eux-mêmes. Ils se disaient plutôt « flower children » (« enfants fleurs »), « beautiful people » (« belles personnes » ou « bels gens ») et ils aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient trouver idées et techniques dans des sociétés traditionnelles. Aux États-Unis mêmes, les premiers hippies commencent à s’installer à San Francisco, dans le quartier de Haight Ashbury. C’est le temps de Bob Dylan et du LSD. Les grands prêtres de l’époque, Timothy Leary, Allen Ginsberg, William Burroughs et Jack Kerouac déclarent ouverte la révolution psychédélique (ou hallucinogène)...

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Emmett Grogan (1943-1978) de son vrai nom Kenny Wisdom, était l'une des figures marquantes du mouvement Hippie. Ancien camé à l’héroïne, à 15 ans il  est jeté en prison puis est libéré pour étudier chez les Jésuites. Débarqué sur le Vieux Continent, il devient cinéaste de courts-métrages expérimentaux en Italie, écrit des romans pornos à Londres, aide quelques terroristes de l’IRA à faire sauter des passerelles à Dublin, tue à la carabine celui l’a donné, est jeté en prison deux fois pour de menus larcins et frôle même les dix ans de pénitencier. On comprend que, revenu aux Etats-Unis en 1965, Grogan ait la fibre révolutionnaire. Il fut l'un des fondateurs des Diggers qui ont pris leur nom des Anglais Diggers (1649-1650), un mouvement radical opposition à la féodalité, l’Église d'Angleterre et la Couronne britannique. Selon lui «Quand on fait les lois, on n'a pas besoin de les transgresser». C'est ainsi qu'en 1968 les Diggers et les Yippies présentent à la convention Démocrate de Chicago leur mascote - un cochon - comme candidat aux élections présidentielle ("pig for président" !

Quel est le message des hippies ? Des pacifistes en un mot, objecteurs de conscience le plus souvent, sinon même anarchistes.Ils sont aussi anti-commercial, anti-intellectuel, anti-culturel.  Ils professent une subversion par la jouissance du bonheur. Ils rêvent de croissance zéro, de retour à la nature, de décloisonnement social. Ils sont bien entendu des réfractaires antinucléaires.

Jack Weinberg.jpgJack Weinberg, membre du « Free Speech Movement » qui en 1964 sur le campus de l'Université de Berkeley réclamait la reconnaissance de la liberté d'expression et de la liberté académique des étudiants, protesta contre la guerre du Viêt-Nam et contre l'interdiction prise par l'administration de l'université d'exercer des activités politiques sur le campus... Il fut l'auteur de la célèbre phrase : « Ne faites pas confiance à quelqu'un de plus de trente ans » qui traduisait sans équivoque la volonté de se distinguer de la génération précédente envers laquelle il fallait se méfier...

Le mouvement pacifiste hippie ("Peace and love") véritable révolution culturelle et populaire issue de la jeunesse véhicule une puissante utopie remettant en cause les fondements de la société occidentale capitaliste et puritaine. Libre sexualité, vie communautaire, drogues "psychédéliques", mystiques orientales, sont autant d'expériences foisonnantes vers une conception radicalement autre de la société et de la vie qui est actuellement reprise par le New Age...Les hippies se sont beaucoup inspirés de Gandhi pour son pacifisme, sa non violence et sa façon de résister au système ainsi que de Martin Luther King pour sa lutte pacifique contre le racisme. En août 1969 eut lieu le célèbre festival de musique de Woodstock, un rassemblement emblématique de la culture hippie qui eut lieu sur les terres du fermier Max Yasgur, à une soixantaine de kilomètres de Woodstock dans l'État de New York et qui rassembla durant 3 jours 500 000 spectateurs. Avec la fin de la guerre du Viêt-Nam en 1975, les médias perdirent leur intérêt pour les hippies. Ils furent plus tard désignés sous le terme de « baba cool » . Le mouvement punk qui vient après eux est un autre type de révolte qui revendique son désespoir à travers l'expression nihiliste « no future »...La perte des repères moraux a été moins marquant aux États-Unis qu'ailleurs. En effet, la culture anglo-saxonne doit sa richesse que parce qu'elle a gardé quelques repères de l'héritage biblique (du point de vue cinématographique) tandis que les autres cultures qui les ont abandonné ont décliné plus rapidement.

Des mouvements de révolte de la jeunesse (étudiante et lycéenne) ont lieu presque simultanément dans divers pays du Monde. Selon le dossier de Courrier International n°894-895 du 20 déc. 2007, p.39-62 :

- Aux Pays-Bas, le mouvement Provo (1965-1967), précurseur des mouvements écologistes, anticipe les mouvements de 1968 en manifestant de manière festive contre la pollution, le travail aliéné, le racisme ou le militarisme. Lire une présentation sur le site de la revue Multitudes.
- En Allemagne (RDA), où les anciens bureaucrates du régime nazi sont toujours en place, les étudiants se mobilisent contre la guerre du Vietnam, face à "l'indifférence criminelle" de la population, et contre l'immobilisme étouffant d'une société autoritaire et sans morale, refoulant un passé sordide, et tout entière tournée vers la réussite matérielle. L'un des leader syndicaux étudiants, stigmatisé par la presse du pouvoir, fut victime d'un attentat. Berlin 1968 du collectif A.R.C. (1968).
- En Angleterre aussi les étudiants manifestèrent contre la guerre du Vietnam.
- Aux Pays-Bas, la contestation est inspirée par le mouvement Provo.
- L'Italie est un pays sous le contrôle direct de la C.I.A. depuis la fin de la guerre (mise en place du réseau Gladio pour faire face au "péril communiste"). Celle-ci s’appuie localement sur la mafia, les groupes fascistes et les dirigeants corrompus de la démocratie-chrétienne (cf. le scandale de la loge P2). Dans cette société verrouillée les étudiants se révoltent et font face comme ailleurs à une répression violente.
- En Grèce, en Espagne, au Portugal où règnent trois dictatures militaro-fascistes, la contre-culture de 1968 s'oppose à un pouvoir plus directement oppressif (y compris sur le plan des moeurs) mais qui n'en a plus que pour quelques années.Au Brésil, la police investi les campus dans la capitale, il y aura quelques morts et de nombreuses arrestations.  Barra 68 - Sem perder a ternura, de Vladimir Carvalho (2001).
- Au Mexique, avant la tenue les Jeux Olympiques en 1968, alors qu'un mouvement étudiant accompagné d’enseignants s'est rassemblé contre la dictature à Tlatelolco; l'armée et la police qui encerclaient la place ont ouvert le feu sur les assistants désarmés. Le bilan sera de plusieurs centaines (plusieurs milliers ?) de morts. La reconstitution du massacre est dans le film  Rojo amanecer, de Jorge Fons (1989).
- Le Japon est lui aussi le théatre de révoltes estudiantines et sociales.  Kashima paradise de B.Deswarte & Y.Le Masson (1973)
- Même dans le monde arabe, l'influence de la libération sexuelle se fait sentir dans les milieux étudiants : on voit des minijupes à Beyrouth.

 Il est vrai que de tout temps le fossé des générations tend à attiser les conflits sociaux mais aucun n'a laissé autant de traces dans la civilisation comme ceux des années 60; voyons une autre preuve avec ce qui s'est passé dans une France très catholique...

Du bouillonnement social français à la crise de civilisation

Quel contexte a conduit à cette crise ?

1/En France, dans les années 1960, alors qu'elle est très influente, le mouvement de la Jeunesse Etudiante Chrétienne (JEC) [dont firent parti François Mitterrand, Jean-Yves Le Drian] prend position contre la guerre en Algérie. Pendant cette guerre, la JEC s'illustre en dénonçant la torture et en militant pour l'autodétermination du peuple algérien. Les prises de positions du mouvement et la politisation de la branche étudiante engendrent des tensions avec l'épiscopat qui en 1965 retire son mandat au mouvement. Ces dissensions interviennent alors que la plupart des gens viennent de suivre avec passion le Concile de Vatican II (1962-65), qui a profondément rénové mais aussi ébranlé le catholicisme traditionnel et surtout les mouvements d'action catholique...Le mouvement des prêtres-ouvriers, dont la condamnation est levée en 1965, reprend son essor. Beaucoup de chrétiens se préoccupent de rénover les relations des fidèles aux autorités religieuses, de revisiter les pratiques et les dogmes, voire de concilier foi et révolution. Une crise spirituelle s'est durablement amorcée.

2/Dans le même temps le contexte économique fut préoccupant, le nombre de chômeurs s'est accru régulièrement : début 1968, ils furent près de 500 000. Les jeunes se trouvaient les premiers touchés et en 1967, le gouvernement doit créer l'ANPE. Un nombre important de grèves se tiennent aussi entre 1966 et 1967, en région parisienne comme en province. Deux millions de travailleurs sont payés au SMIG et se sentent exclus de la prospérité, dont beaucoup d'ouvriers des usines, de femmes ou de travailleurs immigrés. Les salaires réels commencent à baisser et les travailleurs s'inquiètent pour leurs conditions de travail. En réalité, la crise est survenu au terme d'une décennie de prospérité inégalée. Sur le plan économique, c'est l'apogée des « Trente Glorieuses ». La société de consommation s'est installée dans les mœurs, sans que l'on prenne vraiment conscience de toutes ses implications ni des déséquilibres mondiaux qui se développent. Une vaste révolte spontanée, de nature à la fois culturelle, sociale et politique, dirigée contre la société traditionnelle, le capitalisme, l'impérialisme et, plus immédiatement, contre le pouvoir gaulliste en place.

3/Les clivages sociaux furent extrêmement rigides. 92 % des étudiants viennent encore de la bourgeoisie. Le paternalisme autoritaire est omniprésent. On commence à ouvrir des lycées « mixtes », mais beaucoup d'établissements scolaires sont encore réservés aux garçons ou aux filles seulement. Les filles ne sont pas autorisées à porter le pantalon. Il est impossible de fumer dans un établissement ou, dans les universités, d'accéder pour les hommes aux internats de filles.

Pour comprendre le contexte rude et rétrograde* de ces années ; voici des extraits d’un "manuel scolaire de l’économie domestique pour les femmes" de 1960 :

"Si votre mari suggère l’accouplement, acceptez alors avec humilité en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui de la femme"-Source

Précisons que ce dogme est absent de la Bible qui encourage le contraire (1ère Lettres aux Corinthiens 7 :5)

 

4/La jeunesse est en rapide mutation idéologique; l'avènement de la culture des loisirs, du spectacle et des masses médias représentent des changements accélérés et sans précédents en moins d'une génération. Les années 1960 sont aussi celles de l'affirmation de la jeunesse en tant que catégorie socio-culturelle et politique à part entière. En particulier, la jeunesse a maintenant sa propre culture, avec une presse qui lui est destinée (Actuel !, Hara-Kiri !), des émissions de radio très suivies (Salut les copains !) ou ses chanteurs attitrés (les Beatles, les Rolling Stones, etc.). Elle a aussi ses propres malaises et ses propres revendications (notamment en matière de liberté sexuelle) que les pouvoirs publics et le monde adulte tardent à comprendre.

Une partie de la jeunesse radicalisée regarde avec fascination vers les mouvements révolutionnaires du Tiers-Monde : Che Guevara, Fidel Castro, Ho Chi Minh servent de modèle, tandis que l'irruption sur la scène chinoise des jeunes gardes rouges donnent l'impression que la jeunesse en tant que telle peut avoir un pouvoir politique dans la société et remettre en cause l'autorité des adultes et des pouvoirs. On suit aussi attentivement les luttes menées aux États-Unis par le mouvement d'émancipation des Noirs, ou encore par les sit-in et les diverses recherches du mouvement hippie et étudiant (Berkeley). Le caractère international de ces mouvements permet de replacer les événements français au sein d'une dynamique mondiale. Qu'est-ce qui a mit le feu aux poudres ?

'Mai 1968'chronnique d'une révolution toujours en cours

Les premiers incidents annonciateurs de la crise se produisent début 1968 à la Faculté de Nanterre, ouverte en 1963 pour décongestionner la Sorbonne à Paris. Isolé au milieu d'un immense bidonville, ce campus s'avère propice à la fermentation politique et au développement de mouvements d'extrême gauche, qui prônent la révolte contre l'institution universitaire, considérée comme un des rouages de la société capitaliste. Ainsi naît le Mouvement du 22 mars, conduit par Daniel Cohn-Bendit (en photo ci dessous).

LDany le rouge.jpege 20 mars 1968, à l'occasion d'une manifestation organisée par le Comité Viêtnam national (CVN) « pour la victoire du peuple vietnamien contre l'impérialisme américain », 300 étudiants saccagent le siège de l'American Express, à l'angle de la rue Scribe et de la rue Auber à Paris. Six personnes sont arrêtées du service d'ordre de la Jeunesse communiste révolutionnaire. Le 22 mars 1968, à 15 heures, une Assemblée générale étudiante constitue un mouvement de soutien, le Mouvement du 22 mars pour la libération des militants interpellés et en garde à vue. A 21 heures, ces étudiants occupent le huitième et dernier étage du bâtiment administratif de l'université, la salle du conseil des professeurs. Le 28 mars, en riposte à cette initiative, le doyen Grappin suspend tous les cours pour deux jours, mais sans réussir à empêcher l'organisation de plusieurs journées de débats parmi les étudiants. La multiplication des incidents à Nanterre conduit à la fermeture de l'université, le 2 mai.

Dès lors, l'agitation se transporte au centre de Paris ; ce qui n'était qu'une série d'incidents devient une crise nationale. Tout bascule le 3 mai quand la police intervient brutalement pour disperser le meeting de protestation tenu par les étudiants dans la cour de la Sorbonne. La répression (500 arrestations) provoque immédiatement la solidarité du milieu estudiantin avec la minorité militante. La révolte étudiante commence dans les rues du Quartier latin. Barricades, pavés, cocktails Molotov, contre-charges de CRS, matraques et gaz lacrymogènes : les affrontements s'amplifient de jour en jour, suivis en direct à la radio par la population.

Affiche_de_mai_1968.jpgLe point culminant est atteint dans la nuit du 10 au 11 mai : étudiants et CRS s'affrontent en de véritables combats de rues (voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées), faisant des centaines de blessés. Au lendemain de cette « nuit des barricades », le pays est stupéfait. L'agitation étudiante, jusque-là isolée, rencontre alors la sympathie de l'opinion publique : le 13 mai, à Paris et dans toute la France, les syndicats manifestent avec les étudiants pour protester contre les brutalités policières. La crise prend alors une nouvelle dimension, car le lendemain, de façon tout à fait inattendue et spontanée, une vague de grèves s'enclenche : à la révolte étudiante succède une véritable crise sociale.

C’est le temps où l’on crie, rue Gay-Lussac, « CRS SS », « Vivre sans temps mort, jouir sans entraves », « Il est interdit d'interdire ! », « détruire, par tous les moyens hyper-politiques, l’idée bourgeoise du bonheur », « l’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste. ». La fièvre libertaire commença a enflammer les esprits par une étonnante contagion.

La contre-offensive prend les apparences d'un drame spectaculaire : le 29 mai, le président de Gaulle disparaît de l’Élysée, créant un sentiment d’affolement dans la population. Le lendemain, dans une brève allocution radiodiffusée, le général annonce la dissolution de l'Assemblée et la tenue d’élections anticipées. La manifestation organisée le soir par les gaullistes sur les Champs-Élysées rassemble 500 000 personnes ; elle marque le retournement d'une opinion inquiète et lasse qui, à défaut d'alternative claire, n'entrevoit d'autre débouché à la crise et à la paralysie économique que le retour à l'ordre.

Bien que sur le moment, en France, les évènements s'achèvent avec les accords de Grenelle qui ne concèdent qu'une augmentation de pouvoir d'achat aux travailleurs, quelques jours de congés payés et quelques facilités pour les syndicats, l'influence de 68 sera profonde et durable sur la décennie qui va suivre, et elle se fait sentir encore jusqu'aujourd'hui.

Comment la révolution des mœurs s'est prolongée dans les esprits

Le milieu des années 60 est marqué par une intense floraison culturelle, utopique et révolutionnaire. Les œuvres littéraires et cinématographiques portent peu à peu l'empreinte de cette révolution idéologique. Une véritable culture populaire (par le peuple, pour le peuple, mettant en scène le peuple) fait irruption sur une scène culturelle "dominée par la médiocrité bourgeoise (exception faite bien sur de quelques géniaux précurseurs)". Le cinéma, qui est le plus jeune des arts n'avait pas encore atteint la maturité. Dans les années 1950 il était dominé par le classicisme des productions propagandistes hollywoodiennes vendant le rêve américain, où celui du "cinéma de papa" en France.  Aujourd'hui la révolution des mœurs a envahit le cinéma et la culture !

sartre.jpegIntellectuel, et militant actif, Jean Paul Sartre s'est fait l'écho de la révolte dans la rue, sur les estrades, dans les journaux, et jusqu'aux portes des usines en grève. A 73 ans, il interviewa le leader Daniel Cohn-Bendit dans le Nouvel Observateur, lui donnant l'occasion de s'expliquer dans un grand hebdomadaire. Il dénonce ensuite les « élections pièges … » de de Gaulle. Il écrira : "Ces jeunes gens ne veulent pas d'un avenir qui sera celui de leurs pères, c'est-à-dire le nôtre, un avenir qui a prouvé que nous étions des hommes lâches, épuisés, fatigués, avachis par une obéissance totale et complètement victimes d'un système clos, qui se referme sur le travailleur dès le moment où il a l'âge de travailler. [...] La violence est la seule chose qui reste, quel que soit le régime, aux étudiants qui ne sont pas encore rentrés dans le système que leur ont fait leurs pères et qui ne veulent pas y entrer. [...]"

La culture hippie est le phénomène culturel majeur des années 60/70 : libre sexualité, vie en communauté, pacifisme, proximité avec la nature, écologie, drogues psychédéliques, musique folk et influences orientales (et amérindiennes) en sont les principales lignes de forces. De fait la décennie 1970 a été marquée par les luttes féministes notamment pour "le droit à disposer de son propre corps " : notamment pour la GPA, la contraception et l'avortement - autorisé qu'avec la loi Veil du 29 novembre 1974.

« On nous a appris à aimer tout ce que nous détestions et à détester tout ce que nous aimions »- Marcel Gauchet

Une idéologie morale relativiste qui montre ses limites

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Dans tous les domaines ces années furent un âge d'or de courte durée. Depuis la fin des années 70 force est de constater un tarissement général de la créativité artistique et de la pensée critique. On constate que les principales organisations de défense des droits humains et de l'environnement sont apparus dans la lignée du mouvement soixante-huitard (Amnesty, Survival, Greenpeace...).
La parcellarisation des luttes en une myriade de causes et d'associations permettra certes à la critique et l'engagement politique de se diffuser largement au sein de la société. Néanmoins les objectifs de transformation sociale radicale sont dans la plupart des cas évacués au profit d'une vision réformiste qui ne remet pas en cause le système dans sa globalité mais seulement ses prétendus "dysfonctionnements".

Ébranlé dans ses bases, le système capitaliste "libéral" (les classes dominantes, les États) a souvent utilisé ses moyens répressifs (police, armée, milices, presse réactionnaire et syndicats) pour survivre. La désillusion est à la mesure des espoirs soulevés par la mobilisation populaire. Les drogues des désespérés (héroïne - dont la diffusion serait à mettre à l'actif du F.B.I. qui l'aurait utilisé pour briser le mouvement noir américain) ont remplacés leurs utopies...

slogan.jpegCe sont les effets du relativisme ! Il est notoire que l'idée selon laquelle il n'y a pas d’autres vérités absolues que celles de l'intérêt de l'individu crée un vide spirituel profond puisqu'il amène justement à développer l’individualisme que cherchait à combattre le mouvement hippie ! Bien qu'aujourd'hui des soixante-huitards occupent des postes politiques, leur base idéologique semble être en contradiction avec 'l'art de diriger'. En effet par définition, gouverner, c’est fixer des limites et c’est donc parfaitement incompatible avec le trop fameux « Il est interdit d’interdire ». D'un autre côté, le relativisme morale a montré ses limites puisqu'on constate qu'aucun individu ne peut savoir ce qui est vraiment bien pour lui et donc pour les autres !!!

Témoignage d’une personne qui avait 26 ans en mai 1968 : « Qu’est-ce que Mai 68 a apporté ? A part un joyeux bordel, une perte des valeurs, l’illusion d’une liberté chèrement gagnée qui n’a fait que les choux gras que pour une certaine tranche de la société, les autres sont retournés au boulot…»

 

Des soixante-huitards qui s'étaient battus contre l'exploitation dominent !

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Il est vrai qu'en toile de fond lutter contre la guerre et l'obscurantisme est une noble cause puisque c'est une horreur pour tous ! Mais consciemment ou non, la référence au mouvement de mai 68 (et aux luttes et réformes qui ont suivis dans les années 70) évoque :

  • La remise en cause de l'autorité (de l'autoritarisme)
  • La remise en cause du travail obligatoire, de la consommation, de la course au profit ;
  • Mais avant toute chose cela évoque la libération sexuelle.

On se rend compte que les révolutions des années 60 visant à libérer les individus de toutes contraintes et asservissement ont fini dans le fond à verser dans l'autre extrême-le diktat du plaisir selon une pensée unique préformatée-avec toutes les dérives que cela implique. Il a été difficile de trouver un juste équilibre et cette recherche dépasse largement les compétences humaines.

En effet la plupart de ceux qui ont pris part aux manifestations de mai 1968 sont aujourd'hui aux commandes dans les entreprises, à l'Assemblée Nationale, dans les ministères et au Sénat ! C'est semble-t-il ce paradoxe qui fait bondir aujourd'hui la jeunesse actuelle selon l'écrivain Ivan Rioufol...Les personnes ayant vécu jeunes adultes ces événements auraient aujourd'hui entre 65 et 75 ans (bien que tous n'ont pas pris part à ces revendications) et, pour la plupart, ils auraient profité d'une époque privilégié ne serait-ce que pour la facilité à laquelle ils auraient accédé à l'immobilier (devenu un or rare aujourd'hui), ce qui  fait penser la célèbre formule: "après eux le déluge !". Ils ne resterait plus rien du gâteau...Reste que des soixante-huitards affirment encore que l'époque qu'ils vivaient étant jeune avait préparé ce retournement de situation, et en cela ils n'ont pas tort; ils en ont été des acteurs-victimes d'un processus qui a été orchestré en haut lieu. Peut-on s'attendre à d'autres crises de ce genre ? C'est possible mais celle-ci ne semble pas achevée; de nouvelles revendications ne feront que prolonger celle-ci. On en voit d'ailleurs la preuve tous les jours avec de nouvelles propositions de loi visant à 'moderniser' la vie sociale sur le modèle de l'idéologie des révolutions des années 60...Cela prouve que ces dogmes ont gagnés profondément les esprits malgré qu'une partie de  la jeunesse soit en quête de nouveaux repères...

08/12/2013

Les Jésuites et 'la Compagnie de Jésus', le puissant réseau d'influence du pape

  Aborder objectivement les œuvres politiques de la Compagnie de Jésus, cette société secrète composée de "Jésuites initiés", s’avère être un exercice périlleux et complexe au vu des nombreuses rumeurs et caricatures qui circulent à leur sujet. La tentation est tout aussi facile pour cet ordre très puissant de brouiller les pistes...Qui sont-ils vraiment et que sait-on à leur sujet ? Par-delà les polémiques qui prennent souvent des allures excessives, il reste néanmoins quelques zones d'ombres surprenantes. Un petit récapitulatif historique permettra de s'en faire une idée plus réaliste et plus précise.

Un ordre au service du pape

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Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola est né le 24 décembre (jour du réveillon) 1491 dans le Pays basque espagnol. Trésorier de la Reine de Castille, Isabelle la Catholique, il mena pendant dix ans une vie de Cour "adonné aux vanités du monde et principalement en se délectant dans l'exercice des armes". Renvoyé en 1516 de la Cour il entre dans l'armée du vice-roi de Navarre. À l’issue d’un accident de guerre, en 1521, au siège de Pampelune, grièvement blessé à la jambe par un boulet de canon, il resta longtemps allongé ce qui lui permit d’analyser ses mécanismes psychiques les plus subtils. Il sublima l’énergie sexuelle de manière contrôlée sur la base d'exercices spirites, ce qui va l'amener à codifié un système de développement occulte. Dans un mélange de ferveur et d'anxiété, il voit en songe lui apparaître « Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus », il rejette « sa vie passée et spécialement les choses de la chair». En 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de chevalier, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge Noire devant laquelle il y déposa ses larmes. 

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Il mena jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite, de mysticisme et d’ascétisme au cours de laquelle il commence la rédaction de ce qui deviendra les "Exercices spirituels". Il rejoint par la suite la prestigieuse université de Salamanque et décide à se rendre à Paris en février 1528. Ordonné prêtre en 1537, ses compagnons et lui firent vœu d'allégeance au pape dans une Église en crise et menacée par la Réforme protestante. C'est ainsi qu'il se proposèrent de fonder un ordre de prêtres savants, rigoureux, intègres et d’un immense volontarisme réformateur . Le projet de créer la Compagnie de Jésus est acceptée par le pape Paul III le 27 septembre 1540. Il promit au pape de sauver son trône du danger de la Réforme, établit une milice totalitaire camouflée en ordre religieux et partit à la conquête de l’univers « Pour la plus grande gloire de Dieu » selon sa formule qui deviendra l'adage de l'ordre. Le 22 avril 1541, Ignace est élu premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans le catholicisme. À la tête des Jésuites, il devint le fer de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme. Il orienta sa congrégation vers l'œuvre 'missionnaire', en particulier vers les Indes et la Chine.

" J’irai même jusqu’à ne pas croire aux Évangiles si la Sainte Église devait les interdire "-François Xavier, le plus grand missionnaire jésuite (1506-52).

Un dessein clair depuis les origines

Comme les autres religieux, les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également un quatrième vœu qui leur est propre, celui de l'obéissance absolue au pape. Ce vœu ne concerne pas le pape, mais les missions que le souverain pontife donne à l‘un ou l’autre jésuite ou à l’ensemble de la Compagnie. La priorité fut donnée à l'instruction de la jeunesse car elle serait un gage de pouvoir et d'influence énorme sur l'éducation des élites. C'est ainsi que certains 'auteurs, poètes, nobles ou savants ont reçu cette 'éducation'. Le but inavoué était donc d'asseoir par tous les moyens la suprématie du catholicisme dans le monde par la culture, et par extension la conversion, l’œcuménisme et les intrigues politiques.

" Je n'aime pas l'Institut des Jésuites. Élevé dans leur sein, je savais discerner, dès cette époque, l'esprit de séduction, d'orgueil et de domination qui se cache, ou qui se révèle dans leur politique, et qui, en immolant chaque membre au corps et en confondant ce corpus avec la religion, se substitue habilement à Dieu et aspire à donner à une secte surannée le gouvernement des consciences et la monarchie universelle de la conscience humaine. "-Alphonse de Lamartine, poète et romancier (1790-1869).

 

"Les jésuites ont répandu dans l’Église les ténèbres les plus épaisses qui soient jamais sorties du puits de l'abîme." - Blaise Pascal, mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français (1623-62)

 Tous les jésuites se distinguent par une formation intellectuelle poussée. Alors que les autres ordres ne réclament qu'un an de noviciat avant la profession solennelle, le futur jésuite doit d'abord subir une probation de deux années, au bout desquelles il émet les premiers vœux qui constituent le premier degré, celui des « scolastiques » pour ceux qui se destinent à la prêtrise, celui des « coadjuteurs temporels approuvés » pour ceux qui seront employés aux offices domestiques. Ils doivent ensuite consacrer cinq années à l'étude de la philosophie et des sciences (scolasticat), puis cinq années où ils doivent s'adonner au professorat, et quatre à cinq années encore à étudier la théologie, qui les mènent vers le sacerdoce. Enfin, chaque jésuite doit prononcer les quatre vœux, dont celui d'obéissance au pape. Au final chaque jésuite initié aura passé au moins 15 années d'études avant d'être comptés parmi les profès.

L'écrivain théoricien Eric Phelps écrivit:

"Lorsque Loyola se présenta au Pape pour lui offrir ses services, il lui dit en substance: "Que les Augustins continuent à faire des monastères pour que les esprits contemplatifs s'y retirent; que les Bénédictins continuent à se donner à l'œuvre littéraire; que les Dominicains maintiennent la responsabilité de l'Inquisition; mais nous, les Jésuites, nous allons capturer les collèges et les universités. Nous prendrons le contrôle de l'instruction sur la loi, la médecine, la science, l'éducation, ainsi nous extirperons tous les livres d'instruction injurieux à Rome. Nous moulerons les pensées et les idées de la jeunesse. Nous nous engagerons comme des prédicateurs Protestants et des professeurs dans les diverses croyances du Protestantisme. Tôt ou tard, nous réussirons à faire discréditer l'autorité du Nouveau Testament Grec d'Érasme, ainsi que les traductions de l'Ancien Testament qui osent s'opposer à la Tradition. De même nous déprécierons la Réforme Protestante"

Une 'police secrète' à la conquête du monde

Quand Ignacio de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, il faut comprendre le mot “compagnie”, comme l’équivalent d’un “régiment” dans l’armée. Ce sont des soldats, des missionnaires du Vicaire du pape. Le Jésuite François Xavier débarque en Inde à Goa dès 1542 et y fonde le premier collège de jésuites, avant de se rendre au Japon plus tard. À Goa, les jésuites se lancent dans une opération de christianisation massive, visible dès la fin du XVIè siècle. En 1582, commence la mission jésuite en Chine puis aux Amériques et enfin en Océanie. 

À la mort d'Ignace de Loyola (1556), la Compagnie compte plus d'un millier de membres. En 1615, elle en regroupe 13 000 et en 1749, 22 500 dont 15 000 professeurs pour 649 collèges créés. Aujourd'hui les Jésuites sont présents sur tous les continents dans plus de 112 pays et compteraient environ 19 200 membres (chiffres 2007).

Chef Jésuites.jpgComme pour la plupart des ordres religieux catholiques, leur nombre est en diminution : les jésuites étaient 36 000 en 1966 et encore 30 000 en 1973. En perte de vitesse en Europe, ils sont maintenant majoritairement répartis en Asie (3 800 en Inde), en Amérique latine et en Afrique. La Compagnie est également confrontée à la concurrence d'instituts religieux plus récents. Son actuel supérieur, élu par la 35 ème congrégation générale de janvier 2008, est Adolfo Nicolás (photo ci-contre). L'immense pouvoir du « Supérieur général » nommé à vie appelé le pape noir en raison de son rôle obscur derrière les décisions du Vatican n'est pas sans contrôle : au-dessus de lui la « Congrégation générale » contrôle son administration et peut le révoquer si nécessaire. La société secrète est active dans l'enseignement scolaire (dix-sept établissements dont le lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris) et supérieur (cinq établissements, dont les célèbres classes préparatoires du lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles). Elle possède ses propres facultés de théologie et de philosophie, regroupées dans le Centre Sèvres, à Paris ainsi qu'une faculté de théologie à Bruxelles.

Un enseignement fortement teinté d'occultisme

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Les Jésuites ont contribué puissamment à répandre la croyance à la magie et à la sorcellerie. Eric Phelps précise que "par les "Exercices Spirituels" de Loyola, les Jésuites devinrent des experts dans la distorsion de la volonté. Ce système de mysticisme témoigne de toutes sortes de phénomènes occultes étranges. Les mystères, la méditation, les visions, les apparitions qui proviennent des sensations d'illuminations y jouent un grand rôle.(...) Ces différentes formes d'illuminations occultes furent orchestrées par Loyola dans une idéologie grandiose qu'il nomma "les Illuminati", c'est à dire "les Illuminés".

Un ancien Jésuite, le Dr. Alberto R. Rivera indique qu': "avec l'aide d'un Directeur, les fils de Loyola se dévouent aux "Exercices Spirituels" et deviennent imprégné de ses forces psychiques dans un but très précis, dévoilé par H. Boehmer (Les Jésuites):"Nous injectons dans l'homme des forces spirituelles qu'il trouvera très difficile de se débarrasser plus tard; des forces plus tenaces que tous les meilleurs principes ou doctrines. Ces forces reviendront à la surface même après plusieurs années, et deviendront si importantes que la volonté ne pourra plus s'y opposer et elle en suivra les moindres impulsions".

"Les jésuites constituent la seule organisation occidentale disposant de pouvoirs occultes, à côté de laquelle les sociétés secrètes ne sont que des boy-scouts" - Rudolf Steiner, philosophe, occultiste et penseur social (1861-1925).

Le ciment de la franc-maçonnerie moderne

En 1754 des jésuites rédigèrent les 25 premiers degrés du Rite Écossais de Franc-Maçonnerie, depuis le Collège de Clermont, qui devint le Collège Louis Le Grand, à Paris.  Adam Weishaupt, qui était jésuite et maçon fut le premier. Des jésuites étaient impliqués dans la rédaction des 8 derniers degrés du Rite Ecossais de la Franc-Maçonnerie. "

Weishaupt était professeur de théologie (professeur de droit canon). Le 1er mai 1776 il fonda l'ordre des Illuminés de Bavière (NDLR: illuminati). Il est probable que les idées de Weishaupt jouèrent un rôle important dans l'origine de la "Révolution française". Selon lui, il faut supprimer la propriété, la religion et la morale. Tout doit être détruit, après quoi le monde pourra être réorganisé. Le but de l'ordre: faire de l'humanité un seul corps, dirigé par les initiés, autrement dit un "Gouvernement Mondial". Les doctrines nihilistes et révolutionnaires de Weishaupt se sont largement répandues en Allemagne et ailleurs. Elles ont été la cause de grands désordres en Allemagne. En 1784 un document des illuminati à destination de Robespierre est intercepté par les autorités. Une enquête et des fouilles des loges confirmèrent l'existence d'une "conspiration" de grande ampleur: En 1785 les Illuminati et les loges du Grand Orient sont interdits en Bavière.
Interdit en 1763 le pape pie VII rétablit les jésuites en 1814 pour contrer la république Bonapartiste en France et se partager avec elle l’hégémonie culturelle sur les peuples de la chrétienté. Le communisme, le nazisme et l'anarchisme se sont inspirés des pensées du jésuite Weishaupt !

 Censure ou désinformation ?

Arrivé à ce stade des informations sur cet ordre particulier, on pourra se demander pourquoi les encyclopédies et les dictionnaires occultes ses véritables activités ainsi que ses dérives; serait-ce par ce que Pierre Larousse lui-même en était un ?

Dans son livre "La piste Jésuite" Joël Labruyère nous livre une explication plausible et intéressante:

"Lorsqu'on explique à des gens qui se gargarisent avec le complot des illuminati que tout repose sur la Société des Jésuites, il y a comme un flottement. Les gens ont été conditionnés à ne voir dans les Jésuites qu'un groupe de prêtres en noir qui rasent les murs. C'est l'image que les Jésuites ont voulu donner, afin qu'en les prenant pour des religieux au demeurant parfaitement repérables, on ne puisse imaginer à quel point leur duplicité dépasse les normes".
"Ils sont experts dans de nombreux domaines de pointe. Ils sont pauvres avec les pauvres et riches avec les riches. Mais ils peuvent faire exactement le contraire que ce qu'on les croit occupés à faire. Depuis quatre siècles, ils ont pris à la fois l’Église catholique et la Franc-maçonnerie en otage pour faire avancer leur grand projet : le Grand Œuvre de l'Ordre Mondial. Le nouvel ordre mondial est leur invention.

La Compagnie de Jésus est la société secrète la plus structurée et sans doute la plus active sur la terre. C'est en tout cas le seul groupe qui ait réellement des pouvoirs occultes concentrés et efficaces. Cela est ignoré par la plupart des gens qui croient que les Jésuites sont un ordre ecclésiastique dédié à l'éducation de la belle jeunesse issue de la bourgeoisie"
"Les illuminati sont de vrais Jésuites et vice-versa. Il ne peut pas en être autrement. Les jésuites ont fondé le célèbre ordre des Illuminés de Bavière qui est devenu un leurre pour amateur de curiosités initiatiques. Si cet ordre était vraiment une société secrète, vous ne le connaîtriez pas. Car ce qui est vraiment secret demeure secret. Par contre, l'ordre intérieur des Jésuites est une véritable société secrète.

Les Jésuites mènent une guerre terrible depuis plusieurs siècles, et tous les conflits ont été directement ou indirectement déclenchés par leur volonté avec le soutien financier de leur généreuse banque, rien moins que l'honorable maison Rothschild. Ce sont les Rothschild qui ont financé les Illuminés de Bavière, et encore les Rothschild qui offrent des cadeaux somptueux aux Jésuites, tel le château de chantilly. L'origine de la fortune des Jésuites est inconnue, mais si on cherche un peu du côté de la mafia, alors tout s'éclaire, et l'on réalise que les fils d'Ignace de Loyola sont les plus grands trafiquants de drogue et de chair humaine de ce coin du système solaire."
" Les bons sentiments, l'humanitarisme, le progrès scientifique et social, voilà les meilleures armes des Jésuites. Pourtant lorsqu'on suit leur action à la trace, il n'y a que des larmes et du sang, depuis le massacre des indiens d'Amérique jusqu'à la boucherie de Pol Pot, en passant par les purges de Staline et les massacres de la révolution culturelle de Mao. C'est signé. A chaque fois, les illuminati jésuites sont à l'arrière-plan, et si l'on ne comprend pas la raison d'un génocide, eux le savent. C'est toujours " Pour la plus grande gloire de Dieu ", selon leur folle devise dont l'application pratique exige que " la fin justifie tous les moyens "


Des 'robes noires' experts en manœuvres politiques

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Leur formation diplomate et leur position amènerait les jésuites initiés à s'immiscer habilement dans les affaires politiques en vue de satisfaire les plans de la Curie romaine. D'ailleurs, certains sont devenus des hommes d’État, des courtisans ou des confesseurs très recherchés. Ces succès leur ont rapidement procuré beaucoup d'argent et un pouvoir énorme.
Ayant, avec son ordre, fait vœu de pauvreté et d'humilité perpétuelle, Loyola ne recherchaient la fortune et le pouvoir que pour les faire servir à la suppression du Protestantisme et au rétablissement de la suprématie papale sur le monde entier. L'un des principes fondamentaux pour y arriver est que "la fin justifie les moyens". En vertu de ce principe, le mensonge, le vol, la parjure, la torture et le meurtre étaient non seulement pardonnables, mais méritoire quand ils servaient les intérêts de l'Église et du Pape.

" Les gens ne peuvent pas s’imaginer jusqu’à quel point ils peuvent être diaboliques et combien de destructions ils ont pu causer et en causeront encore, tout en utilisant en même temps la couverture parfaite de se cacher derrière des robes noires et en se proclamant des hommes de Dieu »-Abraham Lincoln

Eric Phelps nous apprend que "sous des déguisements divers, les Jésuites s'insinuaient dans les bureaux de l'État et devenaient conseillers des rois et des chefs des nations et en dirigeaient la politique, comme ils le font encore d'ailleurs aujourd'hui. Ils fondaient des collèges pour les fils des princes et des nobles et, pour le peuple, des écoles, où ils attiraient les enfants de parents protestants, qu'ils accoutumaient à observer les rites de l'Église Catholique. "Cette pratique existe encore dans notre temps moderne, particulièrement ici au Québec.".

" Aucun événement politique ne peut être correctement appréhendé sans considération de l'implication du Vatican. Et aucun événement d'importance dans le monde ne se produit sans que le Vatican n'y participe, que ce soit de manière explicite ou implicite. " (Avro Manhattan, " Chevalier "de l'Ordre de Malte, Historien britannique / 1960 - Le Vatican et la Politique dans le Monde)


Les Jésuites s'étaient octroyé le monopole de la confession des princes et des rois catholiques de l'Europe. C'est ainsi qu'ils savaient tout sur tout le monde, dressant à volonté un roi contre son cousin, jusqu'à ce qu'excédés par ces manœuvres, les princes les expulsent régulièrement de leur pays...

Aujourd'hui il serait évidemment difficile d'établir une liste précise -avec preuves à l'appui-de leurs intrigues politiques, voire leurs crimes, mais selon plusieurs auteurs, ils auraient contrôlés Hollywood, la presse, le FBI, les services secrets britanniques, et CBS ...De nombreux élites politiques sont passés par leurs écoles : Bill Clinton, Jacques Delors, Fidel Castro...

Les œuvres 'théologiques' des Jésuites

Sous la houlette des jésuites, les décrets du Concile de Trente (1542-60) établirent la voie à suivre pour des siècles à venir. Ils indiquèrent le front de la bataille que le Catholicisme livrait contre la Réforme. Premièrement il fallait que la Bible soit discréditée afin de détruire l'enseignement et la doctrine Protestante, ce qu'ils firent vers 1880 en produisant nombre de nouvelles versions issues de la Critique Textuelle néologique et humaniste. Depuis l'ouverture des sessions du Concile de Trente en 1545, jusqu'à l'apparition de la première Bible Jésuite en 1582, quarante années s'écoulèrent dans lesquelles les Jésuites se préparèrent en s'instruisant dans cette science particulière de subversion. Ils réalisèrent très rapidement qu'en semant la confusion sur l'origine et l'authenticité des Écritures, que la certitude des Réformateurs sur ces choses qui confondirent la Papauté, pouvait être dévalorisée afin qu'elle soit négligée et abandonnée. Ainsi les érudits Jésuites produisirent une Bible anglaise dans le but de supplanter celle de Tyndale et semer la confusion.

En 1572 la reine Catherine de Médicis convoqua un colloque pour tenter de concilier le Catholicisme et la Réforme. Face au cardinal Charles de Guise et au général Jésuite Lainez...L'entrevue de Bayonne entre Catherine de Médicis et le duc d'Albe orienta la politique française dans un sens hostile à la Réforme ... Le fait le plus marquant de cette histoire est la massacre de la Saint-Barthélemy. Pendant trois jours, ce ne fut qu'une série de massacres, outrages, viols, pillage. La cour du Louvre ruisselait de sang. Les eaux de la Seine étaient rougies, tant on y jetait de cadavres ensanglantés. Le nombre des victimes atteignit entre 30 à 100 000 morts.

sous l'instigation des Jésuites, un prêtre Catholique français, Richard Simon (1632-1712), fonda l'école de la Critique Textuelle. J.M. Nicole écrivit à ce sujet:
"Le mouvement rationaliste français débute avec le prêtre oratorien Richard Simon qui ouvre la voie à la critique biblique. Simon ne croyait pas que le Pentateuque fut de Moise. L'initiateur de cette critique fut le Français Jean Astruc (1684-1766), qui se basait sur le fait que Dieu est appelé tantôt Elohim, tantôt Yahweh. Eichhorn, de Wette, Kuenen et Reuss élaborèrent toujours plus cette hypothèse". Ce mouvement s'est amplement développé dans les loges maçonniques au XX ème siècle et est en partie à l'origine de la campagne antisecte moderne en France.

Les jésuites sont aussi en pointe sur les questions de bioéthiques et d’éthiques. Ils sont aussi très sensibles aux questions environnementales et écologiques. Les jésuites sont aussi engagés dans le face à face avec l’islam.

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Jésuites au Liban (durant la 1er guerre mondiale)

Certains jésuites ont adhéré et encouragé la théologie de la libération (marxiste). Ils ont pris fait et cause pour les guerres révolutionnaires Cela a été le cas par exemple au Salvador et au Nicaragua avec les sandinistes.

Une 'mafia mystico-religieuse' avec un évangile politique

Il faut rappeler qu'à récemment avec l'élection d'un pape jésuite, les relations des Papes avec les Jésuites s'étaient dégradées depuis 1967 et le Concile de Vatican II. En effet, les Jésuites étaient devenus les principaux partisans du courant "libéral" au sein de l'Église Catholique, en opposition au courant "traditionaliste" qui s'est imposé par la suite, en la personne du Pape Jean-Paul II et de Benoît XVI. Aujourd'hui les jésuites semblent se montrer révolutionnaires non plus sur le plan politique mais doctrinal; allant jusqu'à défendre l'ordination des femmes et la contraception. L’élection du nouveau pape François ancien jésuite suffira-telle a contenir ces ardeurs ?

L'immixtion politique de la compagnie de Jésus à travers les âges n'est plus a démontrer; elle a tenté d'apporter un évangile politique au plus grand nombre d'élites possible dans le but de les assujettir à l'influence du pape. Cela a entraîné des changements et révolutions qui ont fait couler beaucoup de sang. Ces missions ont insidieusement occulté l'esprit du véritable christianisme en lui substituant des traditions et des philosophies humaines.

01/12/2013

Des noms de rues françaises célébrant des tyrans

C'est une curieuse spécificité française dans un pays qui a accueilli la plupart des plus grands génocidaires que de leur accorder un semblant d'honneur sur des avenues, des rues , des bâtiments publics ou des places ! Quel paradoxe au pays des droits de l'homme; voyez par vous-mêmes !

1/Avenue de Stalingrad
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Avenue de Stalingrad à Bruxelles

Stalingrad est l'ancienne appellation de la ville de Volvograd en Russie sur la rive ouest du fleuve Volga. En avril 1925, la ville fut baptisée Stalingrad (littéralement : « la ville de Staline »). Ce nom est très répandu dans les rues, boulevards, avenues et stations de bus ou de métro...en France !  

 
 

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Pourtant Joseph Staline dirigea d'une main de fer l'union Soviétique de 1925 à 1953 et fut le plus grand criminel humain de tous les temps, après Mao, en envoyant à la mort directement près de 20 millions de personnes soit en les exécutant soit en les jetant aux goulags ou en les affamant. Le Livre noir du communisme (qui évalue le nombre de morts imputables aux régimes communistes à près de 100 millions en comptant les massacres de guerres, les purges et les disparitions subites comparés aux 25 millions d’Hitler et du fascisme). Les chercheurs spécialisés dans la comparaison de la malfaisance soulignent souvent que Staline a causé davantage de morts qu’Hitler, même si l’on ne tient pas compte des victimes de la famine; ces morts n’ont pas été envisagées de la même manière que ses autres crimes, ou que les meurtres et les gazages d’Hitler dans les camps de la mort. Fusiller ou gazer quelqu’un est plus direct et immédiat qu’affamer une nation entière.

2/ Rue Lénine ( comme à Thénon en Dordogne)

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Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine maître du Kremlin de 1917 à 1924 fit arrêter, torturer, déporter et même tuer des centaines de milliers de personnes pour imposer par la terreur sa dictature à la Russie ! ( Entre 500 000 et 5 millions selon des estimations). Au nom de la lutte anti capitaliste Lénine décrète de nouveaux "droits":

  • Interdiction de manifester
  • Pas de presse syndicale libre       
  • Pas de droit d'association, donc pas de syndicat indépendant
  • Pas le droit de changer de ville ou de province...

Rue "Lénine" à Thénon en Dordogne

Malgré sa santé déclinante, en 1922 Lénine appliqua une politique de terreur contre les opposants. Créant la première police secrète, il prôna une extension de la terreur à toutes les menaces réelles ou potentielles contre le pouvoir soviétique considérées selon son vocable comme des « insectes nuisibles », des « poux », des « vermines », des « microbes », dont il faut « épurer », « nettoyer », « purger » la société russe. Il créa même en 1919, en pleine guerre civile, un système de camps de concentration pour eux ! S'ensuivit une horrible politique de déportation de populations entières comme les Cosaques.

Lénine déclara:"Pas de révolution sans bain de sang. Nous ne faisons pas la guerre contre les personnes en particulier, nous exterminons la bourgeoisie comme classe"

3/Avenue Karl Marx

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Rue Karl Marx à Bobigny et collège Karl Marx à Villejuif

ka m.jpg     En 1867, quand Karl Marx publia sa grande œuvre, Le Capital, à l’âge de quarante-neuf ans, il connaissait Engels depuis que celui-ci avait travaillé pour son journal à Cologne vingt-cinq ans plus tôt. Deux ans après leur rencontre, les deux hommes s’étaient retrouvés à Paris – où Marx résidait alors – et après dix jours d’intenses débats philosophiques, apparemment copieusement arrosés au vin rouge, ils s’étaient juré une amitié éternelle. Mais, à l’époque, peu de gens savaient que Marx dépendait du fils fortuné d’un capitaliste pour vivre et se délectait de sa vie indolente d’homme entretenu. Quel paradoxe pour celui qui a répandu le virus des révolutions sanglantes anti-capitalistes du XXème siècle !

" S'il y a quelque chose capable de détruire,
Je m'y jetterai à corps perdu,
Quitte à mener le monde à la ruine.
Oui, ce monde qui fait écran entre moi et l'abîme,
Je le fracasserai en mille morceaux
A force de malédictions ;

J'étreindrai dans mes bras sa réalité brutale,
Dans mes embrassements il mourra sans un mot
Et s'effondrera dans un néant total,
Liquidé, sans existence :
Oui, la vie, ce sera vraiment cela ! "

Citation sont tirées du livre de Robert Payne, The Unknown Karl Marx, - Karl Marx inconnu - New York University Press, 1971


« Toute révolution dissout l'ancienne société ; en ce sens, elle est sociale. Toute révolution renverse l'ancien pouvoir ; en ce sens, elle est politique [...] La révolution en tant que telle - le renversement du pouvoir établi et la dissolution des conditions anciennes - est un acte politique. Or, sans révolution le socialisme ne peut devenir réalité. Cet acte politique lui est nécessaire dans la mesure où il a besoin de détruire et de dissoudre. »-Karl Marx

Les révolutions socialo-communistes auraient entraîné la mort d'au moins 100 millions de personnes dans le monde.

4/ Avenue Barère

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A Tarbes une avenue lui est consacré avec une plaque mémorielle à son effigie...

Qui est Bertrand Barère ?

barere 2.jpgBertrand Barère de Vieuzac nait en 1755 à Tarbes dans une famille bourgeoise liée à l'aristocratie. Avocat de profession, il est en 1789 député de Tarbes. Il préside le procès de Louis XVI et entraîne par ses discours les députés à voter la mort. Il entre ensuite au Comité de Salut Public. Il justifiera avec éloquence tous les massacres, toutes les exterminations. Environ 23% des habitants de la Vendée (hommes, femmes, enfants) sera exterminée en quelques mois : 175 000 morts sur 770 000 habitants (Source : Emmanuel Leroy Ladurie . Vérités sur le génocide vendéen . 1999) ainsi que 23 000 toulonnais massacrés...Au 9 thermidor, quand le vent tourne, il lâche Robespierre. Il sera néanmoins proscrit par le Directoire. Pendant le Consulat et l'Empire, il vivra comme délateur, faisant chaque semaine un rapport à Napoléon Bonaparte sur l'état de l'opinion publique. Il édite un journal xénophobe, le Mémorial anti-britannique. Il sera exilé sous Louis XVIII et reviendra en France en 1830. Il mourra en 1841, à l'âge de 86 ans.


" Les royalistes veulent du sang. Ils l'auront. Ils l'auront, organisé par l'armée révolutionnaire qui selon le mot de la Commune de Paris mettra la Terreur à l'ordre du jour. " " Le vaisseau de la révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang "-Bertrand Barère (franc-maçon)-1793

5/ Rues des 'révolutionnaires' Marat, Danton,et Robespierre...

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Quel est le point commun entre ces 3 personnages qui fleurissent les noms des rues françaises ? Ce sont tous des franc maçons révolutionnaires ayant plein de sang dans leurs mains. Ils firent partie du Comité de salut public, un organe du gouvernement révolutionnaire mis en place par la Convention en 1793, pour faire face aux dangers qui menaçaient la République. Formé de 749 membres dont la plupart des franc-maçons, ce comité va orchestrer plusieurs grands génocides en France dont celui des vendéens. Jean Pierre Marat s'illustra comme le publiciste qui appela au massacre de "royalistes" de Septembre; plus de 1 300 morts à Paris et 150 morts dans le reste de la France...

Georges Jacques Danton organisa la prise des tuileries le 10 aout 1792 ce fut le début de la Terreur;  des centaines d'exécutions sommaires eurent lieu, dans les prisons de Paris et en province, du 2 au 6 septembre 1792. Bilan: près de 1100 victimes.

Quand à Maximilien Robespierre il orne le tableau de par la violence de ses propos digne d'un bourreau froid et sanguinaire. Il affirma que le ressort de la démocratie est à la fois terreur et vertu. Il élimina en 1794 les hébertistes, inaugura la Grande Terreur et imposa le culte de l'Être suprême (référence à Dieu le 8 juin 1794) tout en dénonçant la déchristianisation comme une manœuvre contre-révolutionnaire. Il fut guillotiné par la suite. Comment en est-il arrivé là ?

Le 10 mars 1793, la Convention avait créé le tribunal révolutionnaire destiné à juger les crimes commis contre la République. Au début, le tribunal travailla avec une relative modération, mais après la promulgation de la loi sur les suspects (17 septembre 1793) tout changea. Robespierre érigea la terreur en système en proclamant la légitimité du nouveau gouvernement révolutionnaire.

Le bilan de ces terreurs sont lourds; si l'on met de côté les massacres vendéens, entre juillet 1792 et juillet 1794, il y a de 100 000 à 300 000 arrestations et peut-être 35 000 à 40 000 morts ; 16 594 morts (chiffre sûr, celui-là) sont ordonnées par les différents tribunaux révolutionnaires. La grande vague se situe entre le 10 juin et le 21 juillet 1794, après les lois de prairial : 2 554 condamnations à mort en six semaines !

Les crimes les plus odieux sous un paravent de "morales" et de "justices"...

Il y aurait bien d'autres exemples mais on remarque aisément chez tous ceux-ci des points communs frappants. Jésuitisme, franc-maçonnerie, Léninisme, marxisme, communisme sont finalement un seul et même produit sauf que c'est juste son emballage qui change tout comme la lessive. Tout cela explique les déclarations de soutien du Grand orient de France envers les idéologies marxistes. Si ces idéaux de pouvoir fort séduisent les franc-maçons il ne faut pas oublier qu'ils puisent leur essence dans la théologie 'chrétienne' radicale selon l'approche philosophique qu'en fit Hégel. Marx qui était animé d'une conviction quasi religieuse lança en réalité un appel moral pour un monde plus équitable. Il s'approcha donc de la théologie chrétienne radicale des Jésuites qui est le ciment des sociétés secrètes franc-maçonnes. La corrélation est tellement évidente que le Grand Orient de France ne s'en cache pas. D'où la présence des noms de ces "exécutants"-quelles que soient leurs abominations- sur les places publiques là où les franc-maçons et les Jésuites détiennent le véritable pouvoir...C'est ignoble ! Finalement, les crimes que ces idéologues ont perpétré sous prétexte de mener de "justes" révolutions utopistes sont d'inspiration diabolique ou trompeuse. Reste que ceux qui ont concocté et appuyé ces "révolutions" à travers la théologie se sont pourtant fait très discrets; cela fera l'objet de la prochaine note fort intéressante à ce sujet... 

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