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22/10/2014

Le synode sur la famille veut préparer la société sur deux ans à changer la pratique sans la doctrine

Le Parisien a consacré un article intéressant sur le synode qui s'est tenu récemment à Rome pour réformer l’Église catholique. Le constat est sans appel; comme on l'avait indiqué dernièrement l'institution vieille de 17 siècles a du mal à se réformer. C'est un énorme bouleversement pour la chrétienté ! Comme certains médias ont du mal à décrire objectivement ce qui a eu lieu et sans verser dans l'anticléricalisme voyons ce qui s'est vraiment passé.

Un synode "historique" sur la famille

Comme le protestantisme les Églises catholiques et orthodoxes sont à la recherche de réformes qui leur permettent d'être plus accessibles ou plus en phase avec leur environnement de plus en plus hostile à la religion. Cela suppose qu'elles touchent à leurs traditions. C'est un exercice très difficile. Comment jongler avec des croyances et des traditions ancrées plusieurs fois centenaires et la modernité ?

Du 5 au 19 octobre dernier, pour son premier synode, le pape François a convoqué à huit-clos près de 200 évêques et quelques auditeurs extérieurs au Vatican pour "se pencher sur l'énorme fossé entre ce que l’Église dit de la famille et ce que des dizaines de millions de catholiques font."

Ceux qui ont cru à un «grand soir» de l’Église catholique sur les questions du divorce et de l’homosexualité resteront sur leur faim; pour les plus optimistes le pape a perdu une bataille mais pas la guerre.  "En apparence, les conservateurs ont finalement gagné la partie. Samedi 18 octobre, le vote du rapport concluant cette première phase du synode (uniquement consultatif), échelonné sur deux ans, corrige cette première impression de victoire «libérale». Les deux points les plus controversés portant sur l’accès à la table de communion interdite aux divorcés-remariés et sur l’organisation d’un meilleur accueil des homosexuels dans l’Église ont été rejetés. Ou plutôt, ils n’ont pas recueilli l’imposante majorité des deux-tiers qui était exigée de la part des votants" explique Slate. L'article ajoute: " Le pape François qui, en 2016, aura le dernier mot, ne fait d’ailleurs pas mystère de ses préférences. On ne peut pas présumer de ce qu’il tranchera dans le texte final de sa main qui, seul, fera autorité, mais plus personne n’ignore désormais l’extrême habileté de ce pape jésuite à introduire le changement dans la pratique «pastorale» de l’Eglise, sans changer d’une virgule la sacro-sainte doctrine."

Un intérêt médiatique sur la question de l'homosexualité

L'article du parisien est intéressant puisque beaucoup de personnes en France comme ailleurs attendent depuis longtemps des changements de position l’Église sur les homosexuels. D'ailleurs au début de ce synode les attentes étaient immenses, témoin la façon dont le Parisien commentait les premières journées:

"Le rapport des interventions de la semaine, présenté lundi par le cardinal hongrois Peter Erdö, l'affirme : les personnes homosexuelles «ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne». Une manière de reconnaître que l'identité d'une personne «n'est pas déterminée principalement par sa tendance sexuelle», a précisé le cardinal de Budapest [une autre façon plutôt de ne pas évincer les nombreux prêtres qui vivent dans cet état caché...]

Autre évolution sensible : l’Église semble reconnaître pour la première fois le caractère potentiellement positif d'une union durable entre personnes de même sexe. «Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu'il existe des cas où le soutien réciproque jusqu'au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires», précise le document de travail."

"VIDEO. Mariage et divorcés: le Pape en synode sur des eaux agitées"-Citation du Parisien:

 "Le texte encore provisoire, qualifié de «séisme pastoral» par le vaticaniste américain John Tavis, ne propose cependant pas de modifier la doctrine condamnant l'acte homosexuel. Et les évêques restent unanimes pour réserver le terme de «mariage» à l'union homme-femme. De même sur l'homoparentalité, l’Église indique que «les droits des petits doivent être toujours au premier rang». Ce texte marque la volonté de «miséricorde» de l’Église vers l'homosexualité. Une résolution qui semble transcender le clivage conservateurs/réformistes qui anime le catholicisme. «Sans nul doute, nous avons été lents à assumer un regard respectueux de la dignité et de l'égalité des personnes homosexuelles», a même reconnu Mgr Angelo Scola, le cardinal conservateur de Milan, proche de , dans une interview au quotidien Repubblica."" Que s'est-il passé par la suite ?

Une fin de synode sous une intense pression médiatique et sociale

Le Parisien du 18 octobre poursuit :"Ce synode agité, le premier convoqué par François, est la première phase d'un long processus de consultations. Un deuxième synode «ordinaire», chargé d'élaborer des propositions, est prévu pour octobre 2015. Ses conclusions seront remises au pape, qui aura le dernier mot. Certains cardinaux craignent que l'édifice de l’Église ne s'écroule tout entier en cas d'ouvertures majeures sur le divorce, l'union libre ou l'homosexualité. Les évêques du Sud se plaignent notamment que certaines ONG, l'Union européenne ou l'ONU soumettent certaines aides  l'acceptation de programmes contraires à leur conception des mœurs et de la vie, comme la contraception et l'homosexualité.

Les 183 pères synodaux ont participé au vote final sur chacun des 62 paragraphes. Pour être approuvés, chacun devait être voté aux deux-tiers. Trois paragraphes n'ont pas obtenu cette majorité qualifiée. Deux concernent certains aspects du texte initial sur l'accès aux sacrements des divorcés remariés (104 et 112 pour, 74 et 64 contre) et le troisième sur l'accueil des homosexuels (118 pour, 62 contre). «Sur ces points, on ne peut considérer qu'il y a un consensus du synode. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont complètement rejetés», ont expliqué ensuite plusieurs porte-paroles.
Les paragraphes en question n'ont d'ailleurs pas été retirés du texte final. Celui-ci avait été qualifié de «séisme pastoral» par le vaticaniste américain John Tavis. Il ne proposait toutefois pas de modifier la doctrine condamnant l'acte homosexuel. Et les évêques restent également unanimes pour réserver le terme de «mariage» à l'union homme-femme. De même sur l'homoparentalité, l'Eglise indique que «les droits des petits doivent être toujours au premier rang»."

Le Parisien reconnaît: "La médiatisation du synode a été aussi jugée responsable des tensions. «Ce qui a été publié par les médias sur les unions homosexuelles, est une tentative pour pousser l’Église à changer sa doctrine», a ainsi jugé le cardinal guinéen Robert Sarah. L'archevêque de Malines-Bruxelles André Léonard avait de son côté déploré «l'incident» qu'a représenté, selon lui, la décision de rendre public lundi ce texte provisoire. «On a dû alors se focaliser sur les questions qui intéressent la presse au lieu de travailler sur celles qui intéressent les familles», avait-il dit à Radio Vatican."

Dès le 28 juillet 2013, il faisait sensation en déclarant à propos des homosexuels:«Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?» Cela prête à sourire quand on sait qu'il y a quelques siècles en arrière il suffisait que les papes utilisaient leur seule position pour faire mettre à mort n'importe qui !

Avez-vous remarqué la différence de traitement médiatique du synode entre le début et la fin ? L'intérêt est vite retombé !

En réalité, les enjeux sont vitaux pour l'institution puisque de plus en plus d'homosexuels occupent des postes politiques, médiatiques, sociaux et diplomatiques importants. Le pape François est donc pris au pied du mur. Pour sauver l’Église de la grande vague de désaffection il ne peut reculer sur ces questions. Ne pouvant toucher aux dogmes catholiques, il n'a pas d'autres choix que de gagner du temps en préparant les esprits à ce que l’Église change sa façon d'accueillir ces nouvelles mœurs sociétales qui sont en vogue. Exercice difficile et périlleux à la fois puisqu'il laisse fermenter de nouveaux schismes ou de nouvelles tensions à l'horizon.

08/12/2013

Les Jésuites et 'la Compagnie de Jésus', le puissant réseau d'influence du pape

  Aborder objectivement les œuvres politiques de la Compagnie de Jésus, cette société secrète composée de "Jésuites initiés", s’avère être un exercice périlleux et complexe au vu des nombreuses rumeurs et caricatures qui circulent à leur sujet. La tentation est tout aussi facile pour cet ordre très puissant de brouiller les pistes...Qui sont-ils vraiment et que sait-on à leur sujet ? Par-delà les polémiques qui prennent souvent des allures excessives, il reste néanmoins quelques zones d'ombres surprenantes. Un petit récapitulatif historique permettra de s'en faire une idée plus réaliste et plus précise.

Un ordre au service du pape

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Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola est né le 24 décembre (jour du réveillon) 1491 dans le Pays basque espagnol. Trésorier de la Reine de Castille, Isabelle la Catholique, il mena pendant dix ans une vie de Cour "adonné aux vanités du monde et principalement en se délectant dans l'exercice des armes". Renvoyé en 1516 de la Cour il entre dans l'armée du vice-roi de Navarre. À l’issue d’un accident de guerre, en 1521, au siège de Pampelune, grièvement blessé à la jambe par un boulet de canon, il resta longtemps allongé ce qui lui permit d’analyser ses mécanismes psychiques les plus subtils. Il sublima l’énergie sexuelle de manière contrôlée sur la base d'exercices spirites, ce qui va l'amener à codifié un système de développement occulte. Dans un mélange de ferveur et d'anxiété, il voit en songe lui apparaître « Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus », il rejette « sa vie passée et spécialement les choses de la chair». En 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de chevalier, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge Noire devant laquelle il y déposa ses larmes. 

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Il mena jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite, de mysticisme et d’ascétisme au cours de laquelle il commence la rédaction de ce qui deviendra les "Exercices spirituels". Il rejoint par la suite la prestigieuse université de Salamanque et décide à se rendre à Paris en février 1528. Ordonné prêtre en 1537, ses compagnons et lui firent vœu d'allégeance au pape dans une Église en crise et menacée par la Réforme protestante. C'est ainsi qu'il se proposèrent de fonder un ordre de prêtres savants, rigoureux, intègres et d’un immense volontarisme réformateur . Le projet de créer la Compagnie de Jésus est acceptée par le pape Paul III le 27 septembre 1540. Il promit au pape de sauver son trône du danger de la Réforme, établit une milice totalitaire camouflée en ordre religieux et partit à la conquête de l’univers « Pour la plus grande gloire de Dieu » selon sa formule qui deviendra l'adage de l'ordre. Le 22 avril 1541, Ignace est élu premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans le catholicisme. À la tête des Jésuites, il devint le fer de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme. Il orienta sa congrégation vers l'œuvre 'missionnaire', en particulier vers les Indes et la Chine.

" J’irai même jusqu’à ne pas croire aux Évangiles si la Sainte Église devait les interdire "-François Xavier, le plus grand missionnaire jésuite (1506-52).

Un dessein clair depuis les origines

Comme les autres religieux, les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également un quatrième vœu qui leur est propre, celui de l'obéissance absolue au pape. Ce vœu ne concerne pas le pape, mais les missions que le souverain pontife donne à l‘un ou l’autre jésuite ou à l’ensemble de la Compagnie. La priorité fut donnée à l'instruction de la jeunesse car elle serait un gage de pouvoir et d'influence énorme sur l'éducation des élites. C'est ainsi que certains 'auteurs, poètes, nobles ou savants ont reçu cette 'éducation'. Le but inavoué était donc d'asseoir par tous les moyens la suprématie du catholicisme dans le monde par la culture, et par extension la conversion, l’œcuménisme et les intrigues politiques.

" Je n'aime pas l'Institut des Jésuites. Élevé dans leur sein, je savais discerner, dès cette époque, l'esprit de séduction, d'orgueil et de domination qui se cache, ou qui se révèle dans leur politique, et qui, en immolant chaque membre au corps et en confondant ce corpus avec la religion, se substitue habilement à Dieu et aspire à donner à une secte surannée le gouvernement des consciences et la monarchie universelle de la conscience humaine. "-Alphonse de Lamartine, poète et romancier (1790-1869).

 

"Les jésuites ont répandu dans l’Église les ténèbres les plus épaisses qui soient jamais sorties du puits de l'abîme." - Blaise Pascal, mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français (1623-62)

 Tous les jésuites se distinguent par une formation intellectuelle poussée. Alors que les autres ordres ne réclament qu'un an de noviciat avant la profession solennelle, le futur jésuite doit d'abord subir une probation de deux années, au bout desquelles il émet les premiers vœux qui constituent le premier degré, celui des « scolastiques » pour ceux qui se destinent à la prêtrise, celui des « coadjuteurs temporels approuvés » pour ceux qui seront employés aux offices domestiques. Ils doivent ensuite consacrer cinq années à l'étude de la philosophie et des sciences (scolasticat), puis cinq années où ils doivent s'adonner au professorat, et quatre à cinq années encore à étudier la théologie, qui les mènent vers le sacerdoce. Enfin, chaque jésuite doit prononcer les quatre vœux, dont celui d'obéissance au pape. Au final chaque jésuite initié aura passé au moins 15 années d'études avant d'être comptés parmi les profès.

L'écrivain théoricien Eric Phelps écrivit:

"Lorsque Loyola se présenta au Pape pour lui offrir ses services, il lui dit en substance: "Que les Augustins continuent à faire des monastères pour que les esprits contemplatifs s'y retirent; que les Bénédictins continuent à se donner à l'œuvre littéraire; que les Dominicains maintiennent la responsabilité de l'Inquisition; mais nous, les Jésuites, nous allons capturer les collèges et les universités. Nous prendrons le contrôle de l'instruction sur la loi, la médecine, la science, l'éducation, ainsi nous extirperons tous les livres d'instruction injurieux à Rome. Nous moulerons les pensées et les idées de la jeunesse. Nous nous engagerons comme des prédicateurs Protestants et des professeurs dans les diverses croyances du Protestantisme. Tôt ou tard, nous réussirons à faire discréditer l'autorité du Nouveau Testament Grec d'Érasme, ainsi que les traductions de l'Ancien Testament qui osent s'opposer à la Tradition. De même nous déprécierons la Réforme Protestante"

Une 'police secrète' à la conquête du monde

Quand Ignacio de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, il faut comprendre le mot “compagnie”, comme l’équivalent d’un “régiment” dans l’armée. Ce sont des soldats, des missionnaires du Vicaire du pape. Le Jésuite François Xavier débarque en Inde à Goa dès 1542 et y fonde le premier collège de jésuites, avant de se rendre au Japon plus tard. À Goa, les jésuites se lancent dans une opération de christianisation massive, visible dès la fin du XVIè siècle. En 1582, commence la mission jésuite en Chine puis aux Amériques et enfin en Océanie. 

À la mort d'Ignace de Loyola (1556), la Compagnie compte plus d'un millier de membres. En 1615, elle en regroupe 13 000 et en 1749, 22 500 dont 15 000 professeurs pour 649 collèges créés. Aujourd'hui les Jésuites sont présents sur tous les continents dans plus de 112 pays et compteraient environ 19 200 membres (chiffres 2007).

Chef Jésuites.jpgComme pour la plupart des ordres religieux catholiques, leur nombre est en diminution : les jésuites étaient 36 000 en 1966 et encore 30 000 en 1973. En perte de vitesse en Europe, ils sont maintenant majoritairement répartis en Asie (3 800 en Inde), en Amérique latine et en Afrique. La Compagnie est également confrontée à la concurrence d'instituts religieux plus récents. Son actuel supérieur, élu par la 35 ème congrégation générale de janvier 2008, est Adolfo Nicolás (photo ci-contre). L'immense pouvoir du « Supérieur général » nommé à vie appelé le pape noir en raison de son rôle obscur derrière les décisions du Vatican n'est pas sans contrôle : au-dessus de lui la « Congrégation générale » contrôle son administration et peut le révoquer si nécessaire. La société secrète est active dans l'enseignement scolaire (dix-sept établissements dont le lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris) et supérieur (cinq établissements, dont les célèbres classes préparatoires du lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles). Elle possède ses propres facultés de théologie et de philosophie, regroupées dans le Centre Sèvres, à Paris ainsi qu'une faculté de théologie à Bruxelles.

Un enseignement fortement teinté d'occultisme

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Les Jésuites ont contribué puissamment à répandre la croyance à la magie et à la sorcellerie. Eric Phelps précise que "par les "Exercices Spirituels" de Loyola, les Jésuites devinrent des experts dans la distorsion de la volonté. Ce système de mysticisme témoigne de toutes sortes de phénomènes occultes étranges. Les mystères, la méditation, les visions, les apparitions qui proviennent des sensations d'illuminations y jouent un grand rôle.(...) Ces différentes formes d'illuminations occultes furent orchestrées par Loyola dans une idéologie grandiose qu'il nomma "les Illuminati", c'est à dire "les Illuminés".

Un ancien Jésuite, le Dr. Alberto R. Rivera indique qu': "avec l'aide d'un Directeur, les fils de Loyola se dévouent aux "Exercices Spirituels" et deviennent imprégné de ses forces psychiques dans un but très précis, dévoilé par H. Boehmer (Les Jésuites):"Nous injectons dans l'homme des forces spirituelles qu'il trouvera très difficile de se débarrasser plus tard; des forces plus tenaces que tous les meilleurs principes ou doctrines. Ces forces reviendront à la surface même après plusieurs années, et deviendront si importantes que la volonté ne pourra plus s'y opposer et elle en suivra les moindres impulsions".

"Les jésuites constituent la seule organisation occidentale disposant de pouvoirs occultes, à côté de laquelle les sociétés secrètes ne sont que des boy-scouts" - Rudolf Steiner, philosophe, occultiste et penseur social (1861-1925).

Le ciment de la franc-maçonnerie moderne

En 1754 des jésuites rédigèrent les 25 premiers degrés du Rite Écossais de Franc-Maçonnerie, depuis le Collège de Clermont, qui devint le Collège Louis Le Grand, à Paris.  Adam Weishaupt, qui était jésuite et maçon fut le premier. Des jésuites étaient impliqués dans la rédaction des 8 derniers degrés du Rite Ecossais de la Franc-Maçonnerie. "

Weishaupt était professeur de théologie (professeur de droit canon). Le 1er mai 1776 il fonda l'ordre des Illuminés de Bavière (NDLR: illuminati). Il est probable que les idées de Weishaupt jouèrent un rôle important dans l'origine de la "Révolution française". Selon lui, il faut supprimer la propriété, la religion et la morale. Tout doit être détruit, après quoi le monde pourra être réorganisé. Le but de l'ordre: faire de l'humanité un seul corps, dirigé par les initiés, autrement dit un "Gouvernement Mondial". Les doctrines nihilistes et révolutionnaires de Weishaupt se sont largement répandues en Allemagne et ailleurs. Elles ont été la cause de grands désordres en Allemagne. En 1784 un document des illuminati à destination de Robespierre est intercepté par les autorités. Une enquête et des fouilles des loges confirmèrent l'existence d'une "conspiration" de grande ampleur: En 1785 les Illuminati et les loges du Grand Orient sont interdits en Bavière.
Interdit en 1763 le pape pie VII rétablit les jésuites en 1814 pour contrer la république Bonapartiste en France et se partager avec elle l’hégémonie culturelle sur les peuples de la chrétienté. Le communisme, le nazisme et l'anarchisme se sont inspirés des pensées du jésuite Weishaupt !

 Censure ou désinformation ?

Arrivé à ce stade des informations sur cet ordre particulier, on pourra se demander pourquoi les encyclopédies et les dictionnaires occultes ses véritables activités ainsi que ses dérives; serait-ce par ce que Pierre Larousse lui-même en était un ?

Dans son livre "La piste Jésuite" Joël Labruyère nous livre une explication plausible et intéressante:

"Lorsqu'on explique à des gens qui se gargarisent avec le complot des illuminati que tout repose sur la Société des Jésuites, il y a comme un flottement. Les gens ont été conditionnés à ne voir dans les Jésuites qu'un groupe de prêtres en noir qui rasent les murs. C'est l'image que les Jésuites ont voulu donner, afin qu'en les prenant pour des religieux au demeurant parfaitement repérables, on ne puisse imaginer à quel point leur duplicité dépasse les normes".
"Ils sont experts dans de nombreux domaines de pointe. Ils sont pauvres avec les pauvres et riches avec les riches. Mais ils peuvent faire exactement le contraire que ce qu'on les croit occupés à faire. Depuis quatre siècles, ils ont pris à la fois l’Église catholique et la Franc-maçonnerie en otage pour faire avancer leur grand projet : le Grand Œuvre de l'Ordre Mondial. Le nouvel ordre mondial est leur invention.

La Compagnie de Jésus est la société secrète la plus structurée et sans doute la plus active sur la terre. C'est en tout cas le seul groupe qui ait réellement des pouvoirs occultes concentrés et efficaces. Cela est ignoré par la plupart des gens qui croient que les Jésuites sont un ordre ecclésiastique dédié à l'éducation de la belle jeunesse issue de la bourgeoisie"
"Les illuminati sont de vrais Jésuites et vice-versa. Il ne peut pas en être autrement. Les jésuites ont fondé le célèbre ordre des Illuminés de Bavière qui est devenu un leurre pour amateur de curiosités initiatiques. Si cet ordre était vraiment une société secrète, vous ne le connaîtriez pas. Car ce qui est vraiment secret demeure secret. Par contre, l'ordre intérieur des Jésuites est une véritable société secrète.

Les Jésuites mènent une guerre terrible depuis plusieurs siècles, et tous les conflits ont été directement ou indirectement déclenchés par leur volonté avec le soutien financier de leur généreuse banque, rien moins que l'honorable maison Rothschild. Ce sont les Rothschild qui ont financé les Illuminés de Bavière, et encore les Rothschild qui offrent des cadeaux somptueux aux Jésuites, tel le château de chantilly. L'origine de la fortune des Jésuites est inconnue, mais si on cherche un peu du côté de la mafia, alors tout s'éclaire, et l'on réalise que les fils d'Ignace de Loyola sont les plus grands trafiquants de drogue et de chair humaine de ce coin du système solaire."
" Les bons sentiments, l'humanitarisme, le progrès scientifique et social, voilà les meilleures armes des Jésuites. Pourtant lorsqu'on suit leur action à la trace, il n'y a que des larmes et du sang, depuis le massacre des indiens d'Amérique jusqu'à la boucherie de Pol Pot, en passant par les purges de Staline et les massacres de la révolution culturelle de Mao. C'est signé. A chaque fois, les illuminati jésuites sont à l'arrière-plan, et si l'on ne comprend pas la raison d'un génocide, eux le savent. C'est toujours " Pour la plus grande gloire de Dieu ", selon leur folle devise dont l'application pratique exige que " la fin justifie tous les moyens "


Des 'robes noires' experts en manœuvres politiques

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Leur formation diplomate et leur position amènerait les jésuites initiés à s'immiscer habilement dans les affaires politiques en vue de satisfaire les plans de la Curie romaine. D'ailleurs, certains sont devenus des hommes d’État, des courtisans ou des confesseurs très recherchés. Ces succès leur ont rapidement procuré beaucoup d'argent et un pouvoir énorme.
Ayant, avec son ordre, fait vœu de pauvreté et d'humilité perpétuelle, Loyola ne recherchaient la fortune et le pouvoir que pour les faire servir à la suppression du Protestantisme et au rétablissement de la suprématie papale sur le monde entier. L'un des principes fondamentaux pour y arriver est que "la fin justifie les moyens". En vertu de ce principe, le mensonge, le vol, la parjure, la torture et le meurtre étaient non seulement pardonnables, mais méritoire quand ils servaient les intérêts de l'Église et du Pape.

" Les gens ne peuvent pas s’imaginer jusqu’à quel point ils peuvent être diaboliques et combien de destructions ils ont pu causer et en causeront encore, tout en utilisant en même temps la couverture parfaite de se cacher derrière des robes noires et en se proclamant des hommes de Dieu »-Abraham Lincoln

Eric Phelps nous apprend que "sous des déguisements divers, les Jésuites s'insinuaient dans les bureaux de l'État et devenaient conseillers des rois et des chefs des nations et en dirigeaient la politique, comme ils le font encore d'ailleurs aujourd'hui. Ils fondaient des collèges pour les fils des princes et des nobles et, pour le peuple, des écoles, où ils attiraient les enfants de parents protestants, qu'ils accoutumaient à observer les rites de l'Église Catholique. "Cette pratique existe encore dans notre temps moderne, particulièrement ici au Québec.".

" Aucun événement politique ne peut être correctement appréhendé sans considération de l'implication du Vatican. Et aucun événement d'importance dans le monde ne se produit sans que le Vatican n'y participe, que ce soit de manière explicite ou implicite. " (Avro Manhattan, " Chevalier "de l'Ordre de Malte, Historien britannique / 1960 - Le Vatican et la Politique dans le Monde)


Les Jésuites s'étaient octroyé le monopole de la confession des princes et des rois catholiques de l'Europe. C'est ainsi qu'ils savaient tout sur tout le monde, dressant à volonté un roi contre son cousin, jusqu'à ce qu'excédés par ces manœuvres, les princes les expulsent régulièrement de leur pays...

Aujourd'hui il serait évidemment difficile d'établir une liste précise -avec preuves à l'appui-de leurs intrigues politiques, voire leurs crimes, mais selon plusieurs auteurs, ils auraient contrôlés Hollywood, la presse, le FBI, les services secrets britanniques, et CBS ...De nombreux élites politiques sont passés par leurs écoles : Bill Clinton, Jacques Delors, Fidel Castro...

Les œuvres 'théologiques' des Jésuites

Sous la houlette des jésuites, les décrets du Concile de Trente (1542-60) établirent la voie à suivre pour des siècles à venir. Ils indiquèrent le front de la bataille que le Catholicisme livrait contre la Réforme. Premièrement il fallait que la Bible soit discréditée afin de détruire l'enseignement et la doctrine Protestante, ce qu'ils firent vers 1880 en produisant nombre de nouvelles versions issues de la Critique Textuelle néologique et humaniste. Depuis l'ouverture des sessions du Concile de Trente en 1545, jusqu'à l'apparition de la première Bible Jésuite en 1582, quarante années s'écoulèrent dans lesquelles les Jésuites se préparèrent en s'instruisant dans cette science particulière de subversion. Ils réalisèrent très rapidement qu'en semant la confusion sur l'origine et l'authenticité des Écritures, que la certitude des Réformateurs sur ces choses qui confondirent la Papauté, pouvait être dévalorisée afin qu'elle soit négligée et abandonnée. Ainsi les érudits Jésuites produisirent une Bible anglaise dans le but de supplanter celle de Tyndale et semer la confusion.

En 1572 la reine Catherine de Médicis convoqua un colloque pour tenter de concilier le Catholicisme et la Réforme. Face au cardinal Charles de Guise et au général Jésuite Lainez...L'entrevue de Bayonne entre Catherine de Médicis et le duc d'Albe orienta la politique française dans un sens hostile à la Réforme ... Le fait le plus marquant de cette histoire est la massacre de la Saint-Barthélemy. Pendant trois jours, ce ne fut qu'une série de massacres, outrages, viols, pillage. La cour du Louvre ruisselait de sang. Les eaux de la Seine étaient rougies, tant on y jetait de cadavres ensanglantés. Le nombre des victimes atteignit entre 30 à 100 000 morts.

sous l'instigation des Jésuites, un prêtre Catholique français, Richard Simon (1632-1712), fonda l'école de la Critique Textuelle. J.M. Nicole écrivit à ce sujet:
"Le mouvement rationaliste français débute avec le prêtre oratorien Richard Simon qui ouvre la voie à la critique biblique. Simon ne croyait pas que le Pentateuque fut de Moise. L'initiateur de cette critique fut le Français Jean Astruc (1684-1766), qui se basait sur le fait que Dieu est appelé tantôt Elohim, tantôt Yahweh. Eichhorn, de Wette, Kuenen et Reuss élaborèrent toujours plus cette hypothèse". Ce mouvement s'est amplement développé dans les loges maçonniques au XX ème siècle et est en partie à l'origine de la campagne antisecte moderne en France.

Les jésuites sont aussi en pointe sur les questions de bioéthiques et d’éthiques. Ils sont aussi très sensibles aux questions environnementales et écologiques. Les jésuites sont aussi engagés dans le face à face avec l’islam.

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Jésuites au Liban (durant la 1er guerre mondiale)

Certains jésuites ont adhéré et encouragé la théologie de la libération (marxiste). Ils ont pris fait et cause pour les guerres révolutionnaires Cela a été le cas par exemple au Salvador et au Nicaragua avec les sandinistes.

Une 'mafia mystico-religieuse' avec un évangile politique

Il faut rappeler qu'à récemment avec l'élection d'un pape jésuite, les relations des Papes avec les Jésuites s'étaient dégradées depuis 1967 et le Concile de Vatican II. En effet, les Jésuites étaient devenus les principaux partisans du courant "libéral" au sein de l'Église Catholique, en opposition au courant "traditionaliste" qui s'est imposé par la suite, en la personne du Pape Jean-Paul II et de Benoît XVI. Aujourd'hui les jésuites semblent se montrer révolutionnaires non plus sur le plan politique mais doctrinal; allant jusqu'à défendre l'ordination des femmes et la contraception. L’élection du nouveau pape François ancien jésuite suffira-telle a contenir ces ardeurs ?

L'immixtion politique de la compagnie de Jésus à travers les âges n'est plus a démontrer; elle a tenté d'apporter un évangile politique au plus grand nombre d'élites possible dans le but de les assujettir à l'influence du pape. Cela a entraîné des changements et révolutions qui ont fait couler beaucoup de sang. Ces missions ont insidieusement occulté l'esprit du véritable christianisme en lui substituant des traditions et des philosophies humaines.